Pas si Forte: un peu de liberté - podcast episode cover
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Episode description

L'entrée au collège, des rencontres décisives et un départ qui marquera mon adolescence.

La place que prendra l'amitié dans ma vie.

L'atmosphère toujours malsaine mise en place de la part de mon beau-père présents malgré la diminution des agressions.

Merci de votre écoute 🙏


Partage d’expérience et surtout

libération de la parole.


Telle une confidente , j’accompagne les personnes

qui souhaitent se libérer de ce quelles ont subit.


Je propose des instants d’écoute et de conseils.

Libérez vous de ce qui vous pèse!

N'hésitez pas à venir me partager votre ressenti par mail : pas.si.forte@gmail.com




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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcript

En parallèle, me voilà au courrélège. J'y retrouve la plupart de mes camarades du CM2. J'y rencontre aussi un nouvel élève, fils de militaire lui aussi, qui aurait prédit qu'il deviendrait l'un des piliers de ma vie. Avec O, nous n'avons jamais été dans la même classe. Par contre, il sera mon ami pour le reste de ma vie. Cette année de sixième sera un cap que je franchirai durant nous tranquillement. Au collège... J'y connais du monde, mais peu d'amis.

A la résidence, je me souviens que des adolescents plus vieux que moi m'avaient vu jouer avec mes poupées. Ils m'avaient alors bien bousculé, me traitant limite d'attardé. J'avais alors 10 ou 11 ans, alors qu'ils pensaient que j'en avais facile 14 ans. Encore une trahison de la part de ce satanique or. Côté vestimentaire, je me cherche un temps, puis cela sera uniquement jean, basket, pull oversize. On ne doit pas voir mes formes.

Il n'était pas rare non plus de me voir avec une veste autour de la taille pour cacher mon postérieur. Le look garçon manqué me va très bien. Je me camoufle et ça va durer tout mon collège. Après avoir vu trois fois une psychologue ordonnée par le juge des enfants, il a été décidé que je n'avais plus l'obligation d'aider par mon père. Même elle, elle n'a rien vu. L'art du camouflage et de la dissimulation sont puissants quand on les pratique depuis l'enfance.

D'ailleurs, un jour on me le dira, tu n'as jamais rien laissé transparaître. Je ressens un soulagement pour ma part, car cette casquette de fionier qui était une de trop à porter. Puis, je n'avais pas vraiment de lien affectif avec mon père en toute sincérité. Je le découvrirai des années plus tard, quand mon père avait eu des suspicions sur le comportement de mon beau-père, en tombant sur des documents juridiques. Mais preuve, s'il en fallait que j'avais raison, il n'était pas fiable.

Il n'a pas pu se bouger que ça. L'expression « le malheur des uns fait le bonheur des autres » s'est vérifiée. C'est triste, car ma mère a vraiment galéré par la suite, une bonne partie de sa vie avec son épaule. Mais cet accident m'aura permis de trouver un semblant de vie d'adolescente normale. L'été de ma cinquième, mes journées se ressemblaient toutes. Le matin, ménage, et ensuite, avec les jeunes de la résidence, on se retrouvait tous les après-midi à la piscine de l'armée.

C'était un peu l'état d'esprit. Quatre vacances à la résidence, autour de la piscine. Je fais des connaissances avec des jeunes que je croisais le reste de l'année. Là, on prend le temps, on parle, on goûte à la buvette, on apprend à se connaître. Il y avait plus de garçons que de filles dans mon souvenir, mais ça ne me dérangeait pas. Ils ne m'intéressaient pas et ils le voyaient très bien. La bande plus âgée qui m'avait malmené finit par s'excuser.

Ils le reconnaissent, ils ne connaissaient pas mon âge. En fait, ils sont gentils et bienveillants. Dans ce groupe d'amis, je suis la plus jeune. Pour la première fois, je me sens protégée. J'ai la maturité qu'il faut, ça match entre nous. Mais je reste la plus jeune. Je serais, disons, comme une mascotte. Colle en balade. Et ça me plaît. À cette époque, je me demande même l'autorisation de sortir le soir. Ils me l'autorisent. J'ai le droit jusqu'à 21h30.

Puis on reste devant la maison sur un banc à parler. Mon clip. Mais sous surveillance, cela marquera le début de mon indépendance. Je respecte les règles à la lettre. Résultat, on n'a rien à me reprocher. Donc, on n'a rien à me refuser. Depuis lors, je passe un maximum de temps avec mes nouveaux amis, et beaucoup moins de temps à la maison. J'ai tout de même le droit à des remarques de la part de mon beau-père, qui me dit qu'il nous espionne, et qui veille à ce que je dis.

La manipulation par la peur continue, puis personne ne parle de ce qui se passe chez lui, en réalité. Alors c'est facile de ne rien dire. Je ne sais pas si c'était de la possession ou de la jalousie, mais le fait que j'ai des garçons dans mon entourage amical ne me plaisait pas du tout. La fourberie allait jusqu'à me dire que si j'avais des envies de relations sexuelles avec l'un d'entre eux, je pouvais aisément les exercer tranquillement à la maison. Mais bien sûr.

La relation avec ma mère était, dirons-nous, normale. J'étais comme son assistante, son bras droit. Cette posture me poursuivra très longtemps. Une voisine m'ira même jusqu'à dire, faire la remarque, jamais sans ma fille. Et c'était vrai, je l'ai aidée en tout. Les ménages, les petits et les courses. Elle ne comprenait pas mon aspect garçon manqué.

Pour vous dire, lors d'une sortie en ville, je vois dans une vitrine une robe, je lui dis que je la trouvais jolie, je n'avais pas fini ma phrase qu'elle était en train de l'acheter. Véridique. Pour lui faire plaisir, je l'ai porté. 10 minutes top chrono. Elle mettait bien trop en valeur mes formes. Hors de question pour moi, c'était insupportable. Je sais qu'elle m'aime, mais je sais aussi qu'elle ne sait pas s'y prendre.

Certes, on parle, on aime regarder des films en simple, mais je ne peux rien lui confier de personnel. A l'inverse, mes amis les plus âgés sont hyper complices avec elle. Mes amis partagent des heures de jeux de dés avec elle. Ma mère est cool, et a une capacité d'écoute qui leur plaît. Elle est là pour mes amis. Et au vu de la situation que certaines d'entre elles ont à la maison, c'est très bien. Je trouve ça bien que ma mère soit là pour les aider.

À un moment même, elles finiront par habiter avec nous. Mis à part ne plus avoir d'espace pour moi dans ma chambre, le reste me va. Un soir d'hiver, je sors. Je me retrouve seule avec J, le beau gosse du groupe. Il est musclé, il prenait soin de lui. Et sans parfum, Fahrenheit, rien n'y pensait. On parle. Et de fil en aiguille, on finit par s'embrasser. C'est comme dans les films, vraiment. C'est officiel, je suis amoureuse. Juste le baiser, comme dans les films.

Le lendemain, comme s'il y avait un monde instinctivement, on a fait comme si rien ne s'était passé. Vous dire si on en avait parlé, j'en sais rien. Mais cela nous arrange. Lui, parce qu'il est avec la petite du groupe, et moi parce que mon père ne pouvait pas salir mon amour pour lui. Notre relation, ou je ne sais pas comment l'appeler, durera plus d'un an. J'ai jamais eu de rapport sexuel avec lui. Le potage, oui, mais pas plus.

Ces soirées durant lesquelles j'avais toute son attention, ou je le crois même, son amour me comblait. Pour la première fois, j'aurais aimé. J'aurai la confirmation de ces sentiments le jour de mon départ pour Djibouti. Cette relation cachée durera, donnera les prémices de mes futures relations. A l'avenir, elles le seront toutes. Ce départ à Djibouti n'était absolument pas prévu. Ma mère avait un bon contrat avec la mairie d'Aubagne et nous devions y rester.

Nous avions même visité une super maison où l'on devait aménager durant l'été, le temps de la mutation de mon beau-père. Sauf qu'une seule conversation avec une femme d'officier l'a totalement retournée. La fameuse expression célibataire géographique prenait tout son sens pour elle. Et ça lui était insupportable. Donc, limite sur un coup de tête, nous voilà partis pour Djibouti. Aubagne aura été mon point d'attache durant plus de cinq ans. Le départ fut le plus difficile de tous.

Je quittais mon premier cercle d'amis, mon premier coup de cœur. Le pansement, dans cette situation, était que le père d'eau avait lui aussi été muté à Djibouti. Donc il arrivera quelques semaines après nous. L'arrivée sur place est... Plus qu'un décalage horaire, un vrai décalage culturel, géographique et caniculaire. En 1996, Djibouti avait vraiment beaucoup de retard.

La première année, nous n'avions que quelques heures d'électricité par jour, ce qui signifiait ne pas avoir d'eau, les pompes fonctionnaient à l'électricité, et surtout pas de climatisateur. Les nuits blanches, les crises de nerfs pour cause de chaleur intense, nous les avons vécues. Mais hormis ces épreuves-là... Djibouti aura été une super expérience humaine de par la mixité des cultures et c'était la première fois que j'étais dans un pays musulman.

Les semaines du samedi au jeudi, les vêtements sur mesure confectionnés chez les tailleurs, coûté moins cher que ce venu de métropole, le marché aux mouches, manger local était une nécessité parce que tout ce qui venait de France était hors de prix, le chouf, le jeune qui gardait la voiture le temps des courses pour quelques pièces, Aussi, nous savions qu'on n'était là que pour un temps, donc les embrouilles ou autres ne duraient pas. Le rapport avec les autres était plus franc et direct.

En même temps, mis à part les locaux, nous étions tous enfants militaires ou enfants d'expats, avec la mentalité de savoir que nous étions là que pour un moment, pas plus. Alors en profitez ! Arrivé à l'école de la nativité tenue par des religieuses, les enfants étaient bilingues dès le début des collèges. Une vraie pression, mais tellement encourageant malgré l'exigence. A Djibouti, c'était comme des vacances permanentes. A l'école de la nativité, c'était un vrai multipote.

Une russe, une égyptienne, un rwandais, un indien, une malgache, des éthiopiens, des expats, des locaux. En début de cours, une prière dans les deux religions pour débuter la journée. J'ai adoré de vivre cette liberté. Je n'avais pas à gérer les petits, ni le ménage, juste mes cours. Et c'était déjà pas mal vu le niveau de mondial. Avec R, l'égyptienne, ça a de suite collé entre nous. Grâce à elle, j'ai découvert et vécu de façon locale.

J'étais sa bonne copine qui rassurait ses parents, c'est qu'il permettait de sortir le soir. Donc, avec d'autres filles de la classe, nous prenions la voiture d'un des frères de R, et nous partions en soirée. Oui, à 15 ans, elle savait conduire. Et étrangement, je ne me posais pas de questions. J'étais libre et avec elle je me sentais en parfaite sécurité. J'avais la permission de 23h, je n'allais pas m'en priver.

Bowling, soirées improvisées sur les terrasses de personnes que je ne connaissais pas. On riait, on profitait de la musique, puis on rentrait. La vie à ce moment-là se résumait. Cours, objectifs, brevets des collèges et sortir avec mes amis. Et certains week-ends, nous allions camper sur les îles avec d'autres familles. À y réfléchir. Ça a été l'une des plus belles périodes de ma vie. Ma première année là-bas a été intense.

J'ai validé mon brevet des collèges, puis j'ai dû intégrer le lycée français. Même si j'ai retrouvé certains camarades les plus aisés de 3e, nous étions plus d'expat que de locaux. R a dû intégrer le lycée d'état, alors j'ai dû me refaire de nouveaux amis. Sachant que l'on n'avait que quelques mois à passer ensemble, tout était intense. Il y a des rencontres importantes dans la vie. Certaines, on en a conscience dès le départ. D'autres, qui plantent une graine.

On voit les effets bien par la suite. En seconde, j'y ai rencontré A, une fille de la haute société d'Iboussiel. Sa mère était avocate, son père diplomate. En donnant le change, au vu de son rang social, elle était intelligente et jolie, et elle avait une super confiance en elle. Lors de nos échanges, elle a un franc parlé, et elle me reprend constamment. C'est-à-dire que je finissais souvent mes phrases par un « je suis désolé » . Avec sa finesse d'esprit, elle relève et elle me reprend.

Je me souviens de ses « arrête de t'excuser pour tout » . Lors des premières fois, je m'en excusais d'ailleurs. Mais avec l'entraînement, j'ai fini par atténuer mes « désolé » intempestifs. Elle avait réussi à avoir au-delà des apparences. En y repensant, ça a été le début de ma reconstruction interne. Cette vie a forgé mon adaptabilité et instinctivement, cela a développé ma faculté à savoir qui j'avais en face de moi.

Grâce à A, j'ai arrêté de m'excuser pour tout, pour avoir donné mon avis ou affirmé mon opinion. Durant notre séjour, il n'y a pas eu d'agression. En même temps, à la maison, elle n'était jamais vide. Ma mère s'occupait d'un club de peinture pour les épouses de militaires et nous avions une femme de ménage. Donc pas la possibilité de se retrouver seule. Et c'était très bien comme ça. Seules les soirées naturistes de sa part continuaient. Avec quelquefois un visionnage de films X.

Je me souviens d'une remarque de ma mère qui me disait « Mais t'aimes ça toi ? » Bah non, franchement parce que j'avais le choix du programme. Une chance que l'école commençait à 7h30, donc ce genre de soirée était plutôt rare. Donc je passais le maximum de temps à l'extérieur, on se croisait lors des repas et c'était très bien pour moi. Comme à l'accoutumée, mon beau-père part quelques semaines avant nous pour préparer notre retour en métropole. Je ne m'en préoccupe pas.

Je veux profiter un maximum des derniers moments avec mes amis, en ayant bien conscience que ce seront les derniers. Quelle surprise quand je rentre d'une soirée, quand je retrouve ma mère avec un autre homme dans la salle de bain. Je suis choquée. Elle a peine surprise. On aurait dit qu'elle avait 15 ans. Mon âge. Lui aussi, même pas gêné. Il regagne la chambre. parentales comme s'il ne m'avait même pas vu.

Les soirs d'après, je me souviens des appels intempestifs de mon beau-père, car elle a du mal à la joindre. Je suis encore malgré moi impliqué dans leur histoire. Je comprenais que dans leur jeu pervers, mon beau-père aurait demandé à ma mère d'avoir un amant le temps de son absence et de tout lui raconter. Manque de peau ou de total discernement, ma mère s'était certainement prise au jeu, mais les sentiments avaient pris le dessus.

Du soir en cette période, je me souviens de ne pas trop la voir. Elle est souvent de sortie, mais je la sens heureuse, sans savoir que le retour allait être plus que mouvementé.

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