J'ai toujours eu en moi cette flamme qui sommeille alors que je l'ignorais. Malgré le fait que je me mets que très rarement en colère, je partais souvent en quart de tour et j'ai tendance à dire ce que je pense, sans volonté de blesser, juste dire ce que je ressens. Aussi, ne me demande pas mon avis si tu n'es pas prêt à entendre la réponse. Une fois on m'a dit « ta vérité me fait mal, car tu es la seule à me dire franchement les choses » .
Cela dit cette franchise, ne m'a pas protégé de l'emprise. Cependant, quand on a la tête dans le guidon, on suit le mouvement. Car à ce moment-là, on ne pense pas avoir le choix. Et cela devient notre normalité. Et quand vous vous êtes donné un rôle, et que ce soit par habitude ou par confort, les autres vous laissent gérer, puisque c'est bien comme tu fais. Puis tu trouves toujours une solution. Cela peut prendre des années à rester dans une telle situation, à prendre sur soi.
Alors arrive le trop-plein, cet instant que l'on n'a pas pu arriver, que l'on n'avait pas prédit, qu'on n'avait pas senti venir, surtout quand on est jeune et inexpérimenté. Durant cette période où la vie, les autres, ont pris leur temps pour tester votre résistance, tester votre limite, jusqu'à cet instant de bascule qui remet tout en question, qui vous priorise. Car à cet instant précis, nous allons dire que nous allons craquer, plutôt exprimer votre colère.
C'est la présence de cette fameuse goutte de trop qui débarque. Celle de l'abus. Celle qui démontre que votre tolérance, votre respect n'y est plus et qu'il est grand temps de rectifier les choses. La colère n'est pas forcément le diable à rage l'écrit, puisqu'avec le temps et l'expérience, je peux m'énerver sur ce ton. Avec la voix bien posée, tout à fait normal. Un, cela surprend l'interlocuteur. Deux, le message passe en toute clarté, je vous l'assure.
Il n'y a qu'en cas de force majeure que je crie. Et cela, c'est plus de l'expression de la peur que de l'énervement tel quel. La colère, c'est surtout dire et affirmer ce qui ne va pas. C'est un vrai mode de langage. Une réaction naturelle de ce qui a été encaissé. Est-ce que les autres modes d'expression n'ont rien donné ? À ne pas confondre, attention, avec la barbarie, voire même la sauvagerie, dont les médias nous rabâchent toute la journée.
On parle rarement, voire même jamais, des bienfaits de la colère. Comme si c'était incompatible, trop assimilé à la violence, jamais assimilé au cap qu'elle aide à franchir. C'est un ras-le-bol de ma situation, du fait que l'on cherche même involontairement à me garder la tête sous l'eau, qui a réveillé cette colère. qui m'a poussé à sortir de ma fausse zone de confort dans laquelle je m'étais retrouvée.
Car c'est ma loyauté envers ma famille qui durant ces années m'a tenue, en occultant mes propres intérêts, en bafouant le propre respect que j'avais envers moi-même. Cette même colère qui avait mis fin au manège de ma mère pour sa quête de l'homme qui allait la sauver, cette fois-ci, elle allait me sauver moi. Et oui, au final... Je bénis chaque colère que j'ai pu avoir sincèrement.
Paradoxalement, il est clair que ce n'est pas agréable, que cela bouleverse, bouscule ses propres croyances et ses limites. La colère et ses effets sont difficiles à digérer. Elle puise au fond de nous-mêmes. Cela prend du temps pour se rendre compte de l'impact intrinsèque qu'elle exerce, qu'elle laisse. Dans le sens où on se surprend de ce que l'on apporte. depuis ce que l'on porte, pardon, sur le long terme, en soi, qui au final ne nous appartient pas.
On se surprend, car on passe pour l'égoïste ou la mauvaise de service, car cette colère au final, c'est un signal d'alerte, qu'il est nécessaire de réaligner certaines choses dans nos vies qui ne nous conviennent pas, qui ne nous conviennent plus. Dans le regard des latitudes des gens qui vous entourent, ça va changer, oui. Elle permet de les remettre à leur place et de vous considérer à votre juste valeur. Rien que pour cela, ça fait du bien, avoir des excuses ou de la reconnaissance.
Pour ce que vous avez fait, cela nourrit. Mine de rien, cela remet la balance en équilibre. Car même si elle sommeille, pour celles que j'ai connues, elles m'ont permis de vraiment me connaître en entièreté. Et deux, elle m'a poussée à agir, à passer à l'action, à sortir de cette situation qui au final n'était plus faite pour moi. A partir de là, Je laisse la vie me surprendre, afin d'éviter de dépenser de l'énergie folle dans des situations qui ne correspondent plus.
Oui, il y a des bienfaits dans la colère, que l'on ignore trop. Ce n'est pas forcément du négatif, cela bouscule, cela bouleverse, mais au final, on est en paix. Je vous remercie de votre écoute, j'attends votre retour. A très bientôt et prenez soin de vous. Au revoir.
