Pas si Forte: Emancipation et Prémices de ma reconstruction - podcast episode cover

Pas si Forte: Emancipation et Prémices de ma reconstruction

Oct 23, 202510 minSeason 2Ep. 9
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Episode description

2005 a été une année décisive dans ma vie où tout à changer. Nouvelle vie, nouvelle rencontre. Découverte de ma propre image et reconquête de ma sexualité.


Pendant des années, j’ai porté un poids en silence.
L’inceste a bouleversé ma vie, détruit ma famille, et longtemps je me suis crue forte parce que je me taisais.

Aujourd’hui, je choisis de parler.
De dire ce qui ne se dit pas.
De transformer ma douleur en voix, et peut-être en espoir pour d’autres.

🎙️ Pas si forte est une série de podcasts de témoignages, de vérité et de reconstruction.
Un espace où la vulnérabilité devient une forme de courage.

Parce que nous ne sommes jamais seuls, même dans le silence. 🌿

#modeReconstructionEnclenché


🌿Partage d’expérience et surtout libération de la parole. Telle une confidente , j’accompagne les personnes qui souhaitent se libérer de ce qu’elles ont subi.

Besoin d’écoute et de conseils. Libérez vous de ce qui vous pèse!

📧pas.si.forte@gmail.com

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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcript

Il y a une expression qui s'applique ici. Aime la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Vous donnez l'origine exacte de cette goutte, je ne m'en souviens plus. Je me souviens juste qu'après trois ans de saison en hybridation, je savais que je n'allais pas en faire ma vie. Alors oui, j'avais pris un rythme. J'avais une rentrée d'argent régulière entre ma saison et le chômage. Mais pas de plan sur le long terme. Puis... Tout mon argent allait dans les charges de la maison.

Aussi, j'avais toujours dit que j'allais reprendre mes études. Je me souviens alors d'une grosse colère. Initialement, quand je m'énerve, alors oui, je crie, je claque les portes, mais celle-ci était différente. Je me souviens avoir cassé des choses, alors plus pour marquer les esprits que par véritable rage. Il y avait dû y avoir une énième coup bas de la part de soit les petits, soit ma mère. et dont j'avais découvert le poteau rose.

Et c'était la fois trop, le ras-le-bol, cette situation inextricable dans laquelle je devais impérativement sortir. Donc, à la suite de cet épisode, ma décision a été prise. Fallait que ça change. Donc, je me suis inscrite à un BTS, communication, celui que j'aurais dû passer des années auparavant. Ma mère a elle aussi profité pour déménager, et cette fois-ci, pour un appartement. Moi, j'étais à Nîmes, à 20 km de là.

Quand on parle d'alignement des planètes, il faut croire que cette année-là, c'est tout le système solaire qui s'était mobilisé. J'avais fait ma plus grande saison, 7 mois. J'ai arrêté le vendredi et le lundi qui suivaient. J'entamais cette nouvelle page de ma vie. En quelques semaines, j'avais monté mon dossier de bourse. J'avais trouvé un appart dans lequel j'avais aménagé durant l'été. Je me suis retrouvée avec mon chat, mon chien et des cartons.

Car à l'époque, j'avais souscrit un prêt étudiant que j'avais réservé pour ma voiture. Par la région dans laquelle je suis, je n'avais pas le choix. Alors même si je campais littéralement chez moi, je m'en fichais, j'étais libre. Qui aurait prédit que la vie allait mettre sur mon chemin des personnes qui allaient m'accompagner tout le reste de ma vie ? Car soyons objectifs et honnêtes. Même s'il est important de se connaître soi-même, on n'apprend pas seul, mais bien au contact des autres.

Ce sont les interactions sociales et les expériences de vie, pro ou autre, qui nous forgent. C'était pour moi mon vrai premier appart solo. J'avais signé le bail de ma véritable indépendance. Entre mon appartement et la distance, ok pas très grande, mais elle a quand même atténué l'emprise ou la toxicité de la relation qu'il y avait avec ma mère. Ou plutôt l'impact de ses choix qu'il y avait sur ma propre vie. L'ambiguïté était... que j'avais une vraie relation fusionnelle avec elle.

On s'appelait tous les jours. Mais notre relation, cette fois-ci, était plus saine. Donc, à 23 ans, j'ai repris mes études. Nouveau challenge d'adaptation. En plus, naïvement, j'avais fait le choix d'une filière, de cette filière parce qu'elle me permettait de nourrir ma curiosité, surtout, et d'analyser la publicité comme miroir sociétal. Ce qui était tout aussi motivant. Je me retrouve... donc l'une des plus anciennes de la classe.

Décalage accentué, puisque pendant plus de trois ans, je côtoyais des personnes qui avaient le plus souvent le double de mon âge. Alors oui, j'avais vu le décalage de l'âge, mais pas celui de l'image et de son importance. Qu'est-ce que j'ai pu être crédule sur ce coup-là ? Jusqu'à présent, j'avais, dirons-nous, tout misé sur mes aptitudes cérébrales, plus que sur mon apparence. Je me suis toujours apprêtée, un minimum, Mais les fringues basiques, quoi. Ça allait très bien.

Et au plus, au vu de ma corpulence, pas envie de faire plus. Et aussi au niveau de mes interactions sociales, pas de quoi... Voilà, pas de quoi de faire d'efforts. Sauf, qui dit communication, pub, dit se vendre aussi. N'est pas Amanda Woodward qui veut, pour ceux qui ont la référence de Melrose Place. C'est là qu'Ono aura tout son impact, en plus du reste. Il y a des rencontres, je vous dis, qui vous tombent dessus et qui vous marquent à jamais. Ok, avec nous, nous étions dans la même classe.

Mais le premier mois, nous n'avions pas vraiment échangé. Elle a toujours arboré son magnifique sourire, ses cheveux parfaitement bouclés, super coquette et avenante envers les autres. Elle était installée de l'autre côté de la salle de cours et ne mangeait pas au réfectoire. D'où le fait que nos interactions avaient été très limitées. Elle avait quitté sa ville natale pour ses études. et rentrer le week-end.

Donc arrive un soir d'automne, limite à la même date qu'actuellement, il y a 20 ans cette année. Nous avions fini les cours plus tôt que prévu et nous nous retrouvons à marcher ensemble. Moi pour rentrer chez moi et elle pour récupérer son bus pour rentrer à la CITU située en Bois-le-Lune-la-Ville. Arrivé à quasi son arrêt, elle me dit « t'as quelque chose de prévu là ? » Je lui réponds « non, pas vraiment » . Et si on allait boire un thé ensemble ?

Donc nous voilà, on se retrouve dans un bar qui n'existe plus, dont le nom m'avait interpellé, le Saloon. Le nom allait parfaitement avec la déco. Nous voilà installés pour un thé, et c'est lors de cet après-midi-là que nous nous sommes vraiment rencontrés, et plus lâchés. Il y a des coups de cœur amoureux, mais il y a aussi des coups de cœur amicaux, et celui-là indéniablement fait partie.

La reconquête de mon image et sa prise de conscience de son importance et de ma sexualité ont également commencé avec ce changement de vie. Il était temps de penser à moi, même si à l'époque je n'y avais pas vraiment réfléchi. Pour subvenir à mes dépenses quotidiennes, alors oui j'avais la bourse, mais pour combler le manque, j'avais des heures de téléphone rose, en accord avec ma mère, attention. J'arrivais à générer entre 300 et 400 euros par mois, avec quelques heures hors de cours.

Puis à l'époque... j'avais très peu d'interactions sociales hors cours, donc ça a été pour moi comme une passerelle. Cela peut paraître salace ou pour autres, mais me plonger dans ce monde fantasmagorique m'a permis dans un premier temps de découvrir certains aspects de la sexualité masculine, l'ambiguïté de la reconstruction et que j'avais besoin d'explorer ces bas-fonds, ces aspects, presque de me ressalir pour m'accepter.

Puis avoir une certaine domination sur certains d'entre eux me permettait d'avoir un sentiment de pouvoir, qui me donnait l'impression de revanche. Puis avoir ces hommes au téléphone, à qui je faisais faire ce que je voulais, était un premier pas vers la reconquête sexuelle personnelle. On m'avait volé ma virginité. Et même si c'est inaudible pour certains, je me devais de retrouver ma propre sexualité, de me réapproprier mon corps et ses envies. Oui, il y avait la masturbation.

Pour physiquement me comprendre et comprendre son ressenti, la jouissance, c'est un acte solo. Mais là, il y avait une interaction directe et cela changeait la donne. Le paradoxe, c'était la découverte autant de la perversité que surtout des envies réelles pour certains, même inavouées, tout en ayant conscience qu'ils ne me touchaient pas physiquement. J'avais ce besoin de me plonger dans ce monde. J'y jouais un rôle. Malgré le fait que certains échanges aient allé au-delà du sexe.

On oublie trop souvent que le sexe est avant tout cérébral. Pour certains, j'avais des échanges réguliers où l'on discutait des banalités, que le reste étonnait d'ailleurs parce que les autres attendaient leur tour. Je naviguais entre sexe pur, parfois sale, avec des banalités. Ayant en parallèle développé mes interactions sociales, j'ai exercé cette activité six mois. N'en pouvons plus. Cela me bouffait beaucoup trop d'énergie, donc j'ai stoppé là.

Durant cette première année, d'études avec nous, nous sommes beaucoup sortis. Nîmes étant une ville jeune et festive, on aurait eu tort de s'en priver. Étrangement, pour avoir la paix, nous avions fréquenté un barguet. Sans le savoir, le contact avec les hommes avec lesquels on ne risquait rien, et paradoxalement, qui aime le corps de la femme, m'a vraiment été salvateur. J'étais ronde. Mal dans ma peau. Et pourtant, à leurs yeux, j'avais tout ce qu'il fallait, où il fallait.

Les entendre me complimenter et connaissant leur franc-parler, ça a été pour moi un boost de confiance en soi. Rien que pour ça, je les remercie. Entre les conseils et le modèle de nous, et avec leurs compliments, j'étais bien entourée pour commencer à prendre conscience de mon sex-appeal. et que j'avais le droit d'être comme je suis, belle, ronde et libre. Aller donc débuter une nouvelle étape qu'à l'époque déjà, j'avais noupée, Carpe Diem.

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