Dans la série de podcasts consacrée au post-suicide de mon beau-père, il a été mis en avant, en exerbe, les faiblesses et fragilités de ma mère. Cela m'a énormément questionnée. Cette mise en lumière et les répercussions inconscientes, involontaires, que cela ait sur moi et mes relations. C'est-à-dire, cela a affecté ma capacité à faire confiance, le doute permanent sur la sincérité de l'autre.
On apprend à ne plus rien en attendre, puis pas envie de me voir asservie par un tocard qui en abuserait de moi émotionnellement. Comme je le disais, cela engendrait pas mal de questions. Qu'est-ce qui fait qu'une personne censée se retrouve volontairement dans une telle situation ? Quel est l'impact réel du manque d'estime de soi ? Ce qui revient à se demander, qu'est-ce qui fait qu'on s'aime vraiment ? Quelle est notre valeur ?
Qu'est-ce que je mérite et qu'est-ce que je veux pour moi et mon bien-être ? Le constat est tout simple. S'il en manque d'estime de soi, on laisse les autres prendre le pouvoir et on les laisse nous manipuler. Pourquoi autoriser l'autre à nous vampiriser émotionnellement et moralement ? Qu'est-ce que cela cache véritablement ? C'est le terreau fertile pour les relations toxiques, la nature ayant horreur du vide. Si on ne s'estime pas, on laisse la place à la dépendance affective.
La dépendance affective dont la définition est la suivante. On parle de dépendance affective lorsque l'estime de soi, d'une personne, est entièrement dépendante du regard de l'autre sur soi. La personne souffrant de dépendance affective On arrive à n'exister que par l'autre. Vous imaginez ? Vivre uniquement au travers du prisme de regard de l'autre, en espérant sincèrement qu'il soit bienveillant, c'est comme jeter une bouteille à la mer en implorant son propre salut.
Cela revient à laisser les commandes de sa vie à l'autre. C'est la porte ouverte au vampire moderne. Car croire que l'autre ne va pas tout faire pour vous garder sous sa coupe, Vous rêvez ? En toute honnêteté, je ne connais aucune des relations de ce type qui ne soit pas toxique, où l'un ne soit pas abusé moralement ou psychologiquement par l'autre, et faire croire en plus qu'au monde entier que c'est de l'amour.
En même temps, le vampire aurait bien tort de s'en priver, puisque sa proie l'a pleinement laissé rentrer dans sa vie et son intimité. Chaque relation est différente, attention, et je suis qui je suis pour juger. Et vous avez pleinement raison. Et dans aucun de mes propos précédents, je me suis permis de le faire. Et je compte pas commencer maintenant. Je me pose juste une simple question. Une relation, qu'elle soit amicale ou amoureuse, ne doit-elle pas être épanouissante ?
Ne doit-elle pas apporter soutien, apaisement, rire, complicité ? Si ce n'est pas le cas, pourquoi la poursuivre ? J'ai un principe. Si tu ne respectes pas mes sentiments, tu n'as rien à faire dans ma vie. Alors oui, c'est douloureux de se faire de faire ce constat-là. J'ai dû le faire. J'ai dû mettre de la distance avec des personnes que j'aimais, mais je suis la serpillère de personne. Dans la mesure où je te traite bien, j'en attends de même. C'est le principe de la réciprocité.
L'estime de soi englobe tellement de choses. C'est la projection... que l'on a de nous-mêmes au final. C'est-à-dire, c'est quoi notre valeur ? Quelle valeur on se donne ? Qu'est-ce que l'on pense mériter ? C'est le respect que l'on a pour soi. Quand on parle d'amour propre et l'image que l'on a, c'est tout ça l'estime de soi. Paradoxalement, je ne parle pas ici de confiance en soi.
Car j'ai vu et constaté que des personnes, même dépendantes effectivement, Avez assez confiance en elles pour s'assumer financièrement et socialement. Sauf elles ont un besoin de briller aux yeux des autres qui est plus fort. Elles ne s'aiment pas assez alors qu'elles ont de l'amour à revendre pour l'autre, mais bien moins pour elles-mêmes. Faisons un petit jeu. Quelle serait pour vous la maison idéale ? Par contre, attention, allez-y franchement.
Vous avez les moyens de vos ambitions, alors ne trichez pas. Puis la réponse vous appartient, donc aucune raison de vous mentir. Je prends cet exemple car j'ai posé cette question à une personne qui souffre de dépendance affective. Et je me suis rendu compte que dès que la question l'a concernée, elle voyait petit. L'essentiel, une chambre pour chacun de ses enfants, basta. Convaincue qu'elle n'avait pas le droit ou le mérite de plus.
Elle en est persuadée, toute seule, qu'elle ne peut pas mériter plus. On a refait cet exercice quelques temps plus tard. Étrangement, Bon, la base était la même, naturellement, une chambre pour chacun des enfants, mais cette fois-ci, une belle et grande espace de vie. Et en extérieur, son estime d'elle-même a évolué, comme l'espace qu'elle s'autorise à avoir dans cette maison, dans sa vie.
Pour ma part, pour jouer le jeu, je ne veux pas appeler un beaucoup trop grand, beaucoup trop de ménage, je ne veux pas en devenir esclave. Par contre, une maison style cottage, cosy, avec une... belle véranda, avec un beau jardin, un atelier et une dépendance. Voilà. Voilà l'estime de ma valeur, de ce que je mérite, et de ce pour quoi je travaille.
Alors attention, c'est pas une compétition, c'est pas celui qui aura la plus grande, c'est un repositionnement du curseur de votre valeur personnelle et de ce que vous pensez mériter. Se choisir, pour certains, c'est faire preuve d'égoïsme. Oh, le vilain mot. Mais ne dit-on pas, charité bien ordonnée commence par soi-même ? si vous préférez. Ce ne sont pas que des mots. Même les anciens le disent. Alors devenez égoïste. Même si ça dérange. Surtout si ça dérange. Et ça dérange qui ?
Que vous portiez plus d'attention à vous que les autres. Car oui, ça va en gêner certains. Certains s'adapteront. Et puis sinon, cela fera un tri naturel. Faites-vous le constat vous-même de vos relations. La seule question qui veille à ce moment-là, c'est qu'est-ce que cette relation m'apporte véritablement ? On ne vit qu'une seule fois et personne ne vivra votre vie à votre place. Vous avez totalement le droit de vous prioriser. N'oubliez pas, dans la vie, il y a trois postures.
Celle des victimes, de bourreaux et de sauveurs. Il y a deux schémas récurrents au début d'une... Au début... La personne souffrant de dépendance affective se positionne en tant que sauveuse. Ah, le syndrome de l'infirmière. Étrangement, elle devient très vite victime. Le second schéma, elle est déjà victime et elle pense ou espère être sauvée par l'autre. Une relation saine, qu'elle soit amicale ou amoureuse, ce n'est pas profiter de l'autre.
Il faut que chacun y trouve son compte, même si on sait que dans chaque relation, un aime plus que l'autre. Mais si l'écart est trop grand, on rentre dans l'abus. C'est là qu'imposer des limites est primordial. Se donner une estimation, ce n'est pas de la prétention. Là encore une fois, ce n'est pas bien vu. Par qui et pourquoi ? La question se pose. Les anglophones n'ont beaucoup moins de soucis à ce niveau-là que nous. Égalité, fraternité, bien ordonné, commence par nous-mêmes.
À force de vouloir tous être tous pareils, tous égaux, on s'en oublie. Exprimer sa valeur, c'est être pleinement conscient de nos capacités. Et ces capacités ont une valeur aussi. Un expert comptable est mieux payé qu'un comptable et cela ne dérange personne. On a tous notre propre valeur et chacun d'entre nous l'estimons. Nous sommes assez grands et expérimentés par la vie pour la connaître. Là où cela est nocif, c'est quand vous laissez les autres la déterminer à votre place.
Si vous n'êtes pas heureux, épanoui, à vous de faire votre propre introspection. Si cela ne vous plaît pas, par contre, ne soyez pas trop sévère avec vous-même. Et aussi, arrêtez de voir parti de ce que vous avez droit ou mérité. Si le bilan n'est pas celui que vous voulez, à vous de le redéfinir et de replacer votre curseur. Car je vous le jure, Ça en vaut la peine. J'adore vos impressions sur ce podcast. Prenez soin de vous et à très bientôt.
