Pas si forte : Agression - Viol- Manipulation - podcast episode cover
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Episode description

Cette année de CM2 sera un cap décisif dans les violences sexuelles mais aussi dans la manipulation.


"Mon corps qui est devenu son objet, son jouet. Ce corps qui me trahit qui me fait paraître plus grande. Je vois les photos de classe, moi une tête de plus que les autres, la poitrine en train de se former alors que je suis qu’en CM2. Ce corps maltraité par lui, par ses agressions et mes parents pour son apparence."


Je vous laisse découvrir et n'hésitez pas à me partager votre ressenti.😊

Je vous remercie de votre écoute, c'est précieux même thérapeutique.🙏


Partage d’expérience et surtout libération de la parole. Telle une confidente , j’accompagne les personnes qui souhaitent se libérer de ce quelles ont subi. Je propose des instants d’écoute et de conseils.

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Transcript

L'année scolaire qui allait suivre allait être la pire de toutes. Durant mon année de CM2, ma mère qui travaillait, il avait tous les mercredis pour laisser s'exprimer ses fantasmes les plus abjects sur moi. Je me souviens du sentiment de bonheur de mes camarades de classe pour ce jour de repos ou d'activité annexe, alors que moi, je savais pertinemment ce qui m'attendait. Ma seule chance dans toute cette merde, c'est que sa pause déjeuner durait deux heures.

Vous n'imaginez pas combien cela peut sembler une éternité. Il y a eu les fellations, durant son café, après le repas, sous la table. Vous vous doutez bien qu'il n'allait pas se limiter à ça. Je me souviens de m'être retrouvée dans leur lit. Il avait la délicatesse de ne pas faire ses saloperies dans le mien à ce moment-là. Ses mains, qui parcouraient mon corps, et qui se tardaient sur mon entrejambe. Ses doigts qui me pénètrent.

Et lui qui me regarde, cherchant je ne sais quelle once de plaisir que cela aurait pu me provoquer. Lui par contre était en extase. La domination qu'il exerçait l'excitait clairement. Il m'explique. Il ne fait rien de mal. Après tout, je ne suis pas sa fille. Les violences sexuelles se sont montées d'un cran. Quand un jour il m'a dépucelé. Je me souviens de la douleur de la pénétration. De son corps collé au mien. À cet instant précis, mon corps est là. Je vois la scène. Je subis l'acte.

La déchirure. La douleur. Et j'étouffe des cris. Je serre les dents. Avec en écho son plaisir. Et sa jouissance. Je suis sa lit. Je suis son objet vivant. Inerte. Priant que ça aille vite. Une fois fini, il m'explique qu'il faut directement se laver à l'eau froide. Je m'exécute. Cette douche deviendra mon rituel de fin d'agression. Je me sens si sale. Je prends l'habitude de me laver à la brosse à ongles. Voir la crasse en sortir de mon corps me donne l'impression d'être presque propre.

Le lendemain, je vais à l'école. Je suis bonne élève. C'est l'un de mes échappatoires. Personne ne sait. Personne ne me touche. À la sortie de la cantine, une tata vient me chercher. Je ne comprends pas. Elle me demande de lui indiquer où j'étais assise. Je lui montre et là je découvre ma chaise remplie de sang. J'ai 9 ans, je viens d'avoir mes règles. Au vu de ma morphologie, elle n'est pas étonnée. Ça me rassure. Elle ne doit pas savoir.

Elle a la gentillesse de m'expliquer et de me prêter un pantalon pour finir la journée. Hormis cet épisode, je ne me souviens pas de la réaction de ma mère ou autre. Moi-même, à cette époque, je ne fais pas lien. Puis comment j'aurais pu le savoir à 9 ans ? Quasi 10 ans. Bon, voilà une femme maintenant. Ces agressions, ces rapports auront lieu régulièrement, les mercredis dans mon souvenir, durant tout mon CM2. Toujours le même rituel, le repas, la chambre, la douche froide.

Le petit était chez la nourrice, ma sœur qui l'envoyait à la sieste après le repas. J'ai le souvenir qu'elle nous avait surpris une fois, mais là encore, pas de bruit, personne n'en parle. Puis elle est bien trop petite pour lui en parler. Elle ne lui dira rien, elle ne fait aucune remarque, alors parfait. Puis en même temps, il faut la préserver, c'est sa fille et il ne lui fera rien. Mon corps est devenu son objet, son jouet, ce corps qui me trahit, qui me fait paraître plus grande.

Je vois les photos de classe. Moins une tête, de plus que les autres, la poitrine en train de se former, alors que je suis cancer M2. Ce corps maltraité par lui, par ses agressions, et mes parents, par son apparence. Par asthème survie, ce corps tente de se protéger des autres. Je grossis, puis on me le rabat chassé. Les jolies filles sont minces, alors je serai ronde. Même si à l'école on me met à côté du beau gosse agitateur officiel de la classe, je me l'aide dans ses devoirs.

Il est gentil, il est drôle. Oui, il est mignon. Je n'ai aucune chance. Je suis la grosse de service. Alors je serai l'intello sympa de service également. Dans ce chaos ambiant, mon corps tente à sa manière de se prémunir de futures agressions. Et mon cerveau compartimente. A l'école, je suis Séverine. J'aime apprendre. Et j'ai compris que ça me permettrait d'être libre plus tard. Je suis social. J'ai des copains. Des copines. Mais pas plus. À la maison, j'ai un surnom.

Sa aide à dissocier l'interne à l'externe. Je n'ai pas vraiment d'amis à la résidence, car même si elle est entourée de pinettes sécurisées, je ne sors que pour surveiller les petits. Et les week-ends, on part en balade en forêt ou autre. Nous sommes souvent qu'entre nous. Quoi qu'il en soit, je n'exprime pas vraiment les émotions dans ce monde réel. Pour cela, j'ai mon sas de décompression, qui est mon monde imaginaire. Et les fictions, film en tout genre.

Dans les tâches quotidiennes, vaisselle, ménage ou autre, je parle aux choses. Je m'invente beaucoup d'histoires about. Après réflexion, je pense que cela m'a réellement sauvé. Alors, pendant des années primaires, je n'ai pas beaucoup d'amis. Alors j'ai mes poupées. Je me souviens d'avoir des remontrances et des reproches, parce que je suis trop dans ma bulle, et que mon beau-père, pour lui, ce n'est pas bien du tout. Sauf que je ne peux pas m'en empêcher. Puis je comprends pas.

Quel mal il y a à ça. Quand je m'occupe de la vaisselle du soir, eh bien je me parle. Je me fais des films, des dialogues remplis d'histoires, d'aventures. D'ailleurs même si j'arrêtais bien plus tard mes films d'imaginaire, je continue à commenter tout ce que je fais. Bah écoutez, se parler est une preuve de génie paraît-il. Alors je continue. L'année scolaire passe, arrivent les vacances d'été. Je vais à moi chez mon père. Ou plutôt chez ma grand-mère Louise.

Même si nous étions rentrés en métropole, je ne le voyais qu'une fois par an. Pas idéal pour construire une relation à père Phil, que je ne cherchais pas non plus, en toute sincérité. La relation avec lui était tout aussi malsaine, même s'il n'y avait rien de sexuel. Si j'avais le malheur de pleurer, pour je ne sais quoi, il se mettait à pleurer lui aussi. Il me faisait promettre de ne pas finir seul. Un été, je suis arrivé chez lui. De grands portraits de moi avaient apparu dans le salon.

Je me suis sentie super mal à l'aise. Mis à part un sentiment d'étrangeté, cela ne me touchait vraiment pas. Chez ma mère, je vivais avec un beau-père, avec lequel il ne faisait pas montrer ses faiblesses. Et à l'autre, le connard, selon ma mère, qui me pleure dans les bras. Niveau adulte complexe, étrange et manipulateur, j'étais cernée. Je dois à mon père mon côté fille unique et capricieuse. C'est vrai, on va bien lui reconnaître ça.

Ma foi, d'une fratrie, vous êtes responsable, vous vous retrouvez avec quelle année il vous passe, vous caprice. Avec plaisir et fierté. Je n'allais pas m'en priver. Le premier aspect, c'est que cela m'a appris que si tu veux quelque chose, il faut tout faire pour l'avoir. Le second, c'est que personne ne m'achètera. Mon père pensait qu'en m'offrant des choses, il pouvait acheter mon amour. Eh bien raté.

Concernant les agressions sexuelles perpétrées de la part de mon beau-père, je ne me sentais pas à l'aise pour lui en parler, ou même en confiance pour en parler à mon père. Il me paraissait trop faible. Surtout que lors de cet été, il avait pris rendez-vous avec une voyante. Celle-ci était étrange. Disons qu'accepter de faire une voyance à une enfant de 10 ans sans qu'elle les souhaitait, c'est déjà très limite.

Mais surtout qu'elle m'avait annoncé la mort imminente de ma grand-mère, maternelle, dans les mois qui suivront. Je suis sortie de cette consultation perturbée. Je n'y comprenais rien. J'avais l'impression d'avoir signé l'arrêt de mort de ma grand-mère. Là encore une fois, on m'a plongée là-dedans sans explication. C'était le dernier été où j'ai accepté de le voir. En rentrant, j'ai alerté ma mère de la mort imminente de ma grand-mère, selon les dires de la voyante. Dans ma tête...

Il fallait urgentement la sauver, la prévenir du danger. De là la procédure pour arrêter les visites ont commencé. Avec mon entrée en 6ème, les agressions ont diminué. Elles continuent occasionnellement, avec toujours le même rituel. Agression et douche froide. Mon ample du temps ayant changé, j'étais moins disponible. Ce qui interrompt pas les agressions, les mercredis. C'était en réalité... C'est un événement que je n'avais pas alors relié qui s'était produit. Je vous explique.

A cette époque, ma mère était aide-ménagère à domicile. Et lors d'une de ses interventions, elle s'est gravement blessée à l'époque. Ce qui lui a valu opérations et pas mal de séances de kiné. Donc, elle était présente à la maison. Donc, plus moyen d'agir pour lui aussi souvent. L'atmosphère à la maison restait, dirons-nous... Même si à l'instant T, ça me l'est normal, une fois les petits couchés, il n'était pas rare que mon beau-père se balade nu dans l'appartement.

Les soirées télévision avec ma mère et lui, ils étaient collés et il n'était pas rare qu'ils prennent les mains et qu'ils les baladent sur ses parties intimes. Tout tournait autour du sexe, dans ses allusions ou dans ses actes.

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