¶ Introduction et Contexte du Procès
Vous allez écouter la reconstitution du procès en appel de Florian Harrell, jugé en février 2021 pour le meurtre de son compagnon. Ce récit contient des descriptions de violences conjugales, physiques, psychologiques et sexuelles. Vous y entendrez les voix de Florian Harrell.
sa mère Claude Henry, l'enquêteur de personnalité Jean-Marie Mani, les docteurs Bruno Frémont et Laurent Martry, l'avocat des partis civils Maître Paul Erhardt, ainsi qu'Isabelle Adam, sœur de la victime. Les autres protagonistes sont interprétés par des comédiens. Épisode 3 Premier jour de procès, partie 2 Si des personnes du public souhaitent sortir de la salle avant que nous passions l'enregistrement, elles peuvent revenir dans quelques minutes.
¶ Reconstruction de l'Appel d'Urgence
L'enregistrement de cet appel a été diffusé aux jurés depuis les enceintes du tribunal. Mais cette pièce fait partie des scellés et ne peut donc pas être utilisée pour les besoins de notre programme. Cependant, Il existe une retranscription exacte de l'appel que Florian Harrell a passé ce soir-là. Vous y entendrez Florian Harrell y interpréter sa propre voix et des comédiens pour les intervenants du SDIS 54 et du SAMU.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Oui, il est conscient mais il tousse. Il tousse, il est pas bien. D'accord, d'accord. Et le couteau, il l'a pris où ? Au niveau du cœur, près du poumon. Ok, je vous envoie du monde. Merci, c'est gentil. Vous restez en ligne, je vous passe le médecin du SAMU. C'est parti !
Il est conscient, là, actuellement, ou pas ? Non, il n'est pas conscient. Il était, mais il est tombé. Il ne va pas bien. Je l'entends encore respirer, mais il ne va pas bien. D'accord. Comment ça se fait ? C'était où l'agression ? Chez vous ? C'était une bagarre. D'accord. C'est la première fois que ça arrive ? Oui.
T'as des problèmes de santé ? Non, non. D'accord. Le couteau, il est rentré à quel endroit ? Entre... Entre le cœur et le poumon, je sais pas. Cet endroit-là, au niveau du cœur. Attendez, attendez. À gauche, à droite ? À gauche, à gauche. D'accord. Bon, bah pour l'instant...
Il respire là ? On est bien d'accord ? Oui, il respire, mais il est pas bien. Les pompiers sont déjà en route, d'accord ? C'est gentil. Vous ne le bougez plus, d'accord ? Vous le mettez en position latérale de sécurité. Je ne bouge plus, je fais quoi ? Je fais quoi ? Je mets un truc ? Oui, vous comprimez là où ça saigne, surtout...
¶ Témoignage Enquêteur et Violence Antérieure
Après la diffusion au juré de l'appel passé aux pompiers, le tour de questions continue, pour Damien Bernardi, le directeur d'enquête. C'est maintenant à l'avocat général de l'interroger. Lui, comme maître Paul et Rart vont dans le même sens, celui de l'accusation. Il est là pour mettre à mal la version de l'accusé et souligner les divergences ou incohérences dans ses déclarations.
afin de faire pencher la balance du côté de l'accusation. Bonjour monsieur, pouvez-vous confirmer à la cour que Mme Harrell a déclaré à vos collègues, lors de leur arrivée sur la scène de crime, que la victime Johnny Adam...
aurait tenté de l'étrangler avec un câble noir qui se trouvait dans la salle de séjour alors oui c'est ce qu'elle a affirmé dans un premier temps or le seul câble que vous ayez découvert dans cette pièce et dans tout l'appartement d'ailleurs se trouvait dans une caisse en plastique noir
en partie recouvert par une veste de survêtement bleu marine et d'une polaire, ce qui peut nous faire douter sur l'utilisation par Johnny Adam de ce câble pour étrangler Mme Harrell, n'est-ce pas ? Oui, cela peut, effectivement. Dans ses premières auditions,
madame harrel vous a également expliqué que lorsqu'elle a refusé de lui rouler une cigarette johnny adam lui a envoyé une grande claque derrière la tête alors qu'elle lui tendait le pot de tabac qu'elle avait elle-même jeté à terre à votre arrivée Des brins de tabac jonchaient-ils le sol ? Alors non, effectivement. Il n'y avait pas de tabac par terre dans la chambre. Le pot était posé sur la table à côté du lit à notre arrivée.
tout comme l'accusé vous a décrit une scène de lutte dans le salon entre elle et son compagnon qu'elle a crié qu'elle s'est débattue or vous avez écrit dans votre procès-verbal de constatation je cite aucune trace de lutte dans le salon
Alors, effectivement, j'ai écrit ça. Disons que l'appartement était sale et en désordre, avec de nombreuses dégradations, comme une porte manquante dans la salle de bain. Mais ces dégradations paraissaient anciennes. Il n'y avait pas de mobilier qui semblait avoir été récemment cassé. Vous n'êtes pas rentré dans les détails lors de votre déposition, mais...
Je l'ai lu dans votre rapport d'enquête. Nous savons aujourd'hui que la deuxième plaie que portait Johnny Adam à l'arrivée des secours lui avait été faite quelques jours auparavant, soit le 24 novembre 2016, par Mme Harrell. Ce jour-là, la gendarmerie avait aussi été appelée. Pouvez-vous nous donner des précisions sur cet épisode ? Confirmez-vous que vos collègues se sont déplacés au domicile de Mme Harrell à sa demande, mais que personne ne l'aura ouvert ?
alors oui effectivement le novembre à la gendarmerie reçoit un appel de mme harrel florian qui se plaint d'être frappée par m johnny adam qui aurait cassé des choses chez elle Puis à 7h56, Mme Harrel rappelle la gendarmerie pour finalement dire qu'il ne la tape pas. Le compte-rendu établi par mes collègues fait état que Mme paraît très excitée.
Elle insulte sans arrêt son conjoint, bien que le gendarme lui ait demandé de ne plus lui parler. De son côté, monsieur paraît très calme. Du coup, suite au deuxième appel, un équipage de gendarmerie a été réquisitionné pour se rendre à la résidence canadienne pour aller voir. Et personne ne l'aura ouvert. Encore une attitude de l'accusé qui interroge. Merci, M. Bernardi, je n'ai plus d'autres questions. Maître Kopf, si vous voulez interroger le témoin... Oui, merci, M. le Président.
¶ Questions Défense et État Accusée
Tout d'abord, je rebondis sur ce que vient de dire M. l'avocat général. Ne pourrait-on pas imaginer que si Mme Harrell n'a pas ouvert ce jour-là, c'est parce que M. Adam l'en a empêché ? Je ne sais pas. Je n'étais pas présent durant cette intervention, mais on peut tout imaginer, oui.
Pouvez-vous, monsieur, le directeur d'enquête, expliquer à la cour et au juré dans quel état avez-vous trouvé Mme Harrell à votre arrivée ? Je ne parle pas de sa condition psychologique, qui peut dépendre de tout un chacun dans ce contexte, mais sa condition physique. Alors, à notre arrivée, Madame Arel avait de nombreux hématomes sur tout le corps, datant d'époques différentes. Des traces de strangulation au niveau du cou et ses cheveux étaient arrachés. Et donc, que pouvez-vous en déduire ?
Bah, que les traces relevées semblent correspondre aux faits dont elle se dit victime, en l'occurrence des violences de la part de M. Adam. Pour nous, il ne fait aucun doute que l'accusé a porté le coup à son compagnon dans un climat de violence conjugale réciproque, sur fond d'alcool et de drogue.
Des violences réciproques. Le corps de M. Adam présentait-il des hématomes ? Non, pas ce que je sache. Mais bon, M. Adam a pris un coup de couteau quand même. Merci. Je n'ai pas d'autres questions. Merci, M. le directeur d'enquête. Nous en avons fini, vous pouvez disposer. Monsieur Luissier, veuillez aller chercher le prochain témoin.
¶ Témoignage Mère et Histoire Relation
Oui. Laissez-moi vous aider avec le micro. Ah, merci. Bonjour madame. Veuillez confirmer à la cour vos noms, prénoms, dates, lieux de naissance, professions et domiciles. Cacar Colette, né le 19 juin 1958, amusé, sans profession. Je vis à Longuillon. Madame, en tant que maire de Johnny Adam, vous n'avez pas apprêté le serment des témoins.
Nous vous entendons à titre de simple renseignement. Toutefois, je vous invite à être la plus sincère et objective possible. Votre audition va se passer en deux temps. Dans un premier temps, nous vous laissons nous parler de votre fils, de sa vie, de sa personnalité et de ce que vous savez de sa relation avec l'accusé. Ensuite seulement, nous vous poserons des questions. Madame Cacar.
Nous vous écoutons pour votre déposition. Je me suis marié en 1976 avec Jean-Marie Doucet. Nous avons divorcé en 1985. De ce premier mariage, on est... Karine, Raphaël et Damien. Puis, le 18 juin 1988, j'ai épousé Armel Adam. On a divorcé en 2001. Et avec Armel, j'ai eu Isabelle, Gaëtan et Johnny.
Quand Johnny est né, on habitait à Cole, mais il allait à l'école maternelle à Villette. À l'école, ça se passait plutôt bien, mais ensuite il a été au collège de Lexie, de la sixième à la troisième, et après il a arrêté. Il a commencé à travailler vers 18 ou 19 ans avec son père en Belgique, mais je ne sais pas où. Ensuite, il a eu des petits boulots un peu partout. Après sa sortie de prison, je n'y travaillais plus.
ils vivaient du rsa la première compagne de johnny elle s'appelait emily elle habite louis ils ont vécu chez moi pendant trois ou quatre ans après Johnny a vécu plusieurs années avec Priscillia Herbin. Avec elle, il a eu une petite fille. Mais elle a été retirée à sa mère et placée au foyer. C'est après Priscillia qu'il a connue Florian Harrell.
Je dirais au début de l'été 2016. Elle est venue en tout deux ou trois fois chez moi à la maison. Johnny ne me disait rien de leur relation. On ne parlait pas de leur couple. Voilà, c'est tout ce que je sais. Bon. on va reprendre les choses madame cacar comment ça se passait entre johnny et ses copines avec la première emily monar vous avez des souvenirs ils ont vécu trois ans chez vous avec emily
Il y a eu des coups de gueule. Des disputes, oui. Ça pouvait arriver. C'est tout. Dans votre audition, quand vous êtes entendu en 2016, vous parlez de bagarre. Vous dites, et là je suis en cote des 666 pour les partis. Avec Émilie, il y a eu des bagarres deux ou trois fois chez moi. J'ai dû intervenir pour les séparer. Ça vous dit quelque chose ? Vaguement. Bon, nous entendrons demain Madame Monard à la barre de cette cour d'assises.
Et que saviez-vous de sa relation avec Mme Herbin Priscilla ? Ça se passait bien ? Je ne sais pas. Ils n'ont pas vécu avec moi. Johnny ne vous parlait de rien ? Non. Pourtant, vous avez déclaré... avec sa deuxième compagne priscilla il se battait mais moins souvent c'est johnny qui me racontait il venait me voir quand ça n'allait pas pour en parler j'ai toujours été là pour mes enfants par contre je ne parlais pas trop avec priscilla
ça ne passait pas entre nous je ne l'appréciais pas vous avez aussi évoqué devant les gendarmes que johnny et priscilla consommaient de la drogue ensemble ça me dit rien d'ailleurs s'agissant de ses compagnes à la question Pouvez-vous nous dire si Johnny a eu des comportements violents avec ses compagnes ? Vous avez également déclaré, oui, il les tapait toutes les trois. Pour Émilie, oui. Pour les aunes, je ne sais pas. Je ne vivais pas avec eux.
¶ Scène Violence Devant Domicile
Comme je vous l'ai dit. Que savez-vous de la relation que votre fils entretenait avec l'accusé, Mme Floriannarelle ? Qu'ils étaient aussi violents l'un que l'autre. Effectivement, Mme Cacar. Vous avez fait état à l'époque devant les gendarmes d'une scène de violence qui s'était déroulée devant votre domicile. Pouvez-vous expliquer à la cour de quoi il s'agissait ?
Cela s'est passé environ un mois avant le drame, en fin de journée. Johnny était passé me voir à la maison. Tout de suite, j'ai vu que quelque chose n'allait pas, même si lui me disait que tout allait bien. Puis... Il a eu un coup de téléphone de Floriane, il est sorti, et juste à ce moment-là, j'ai vu Floriane lui sauter dessus. Elle avait des bouteilles, des canettes de bière dans un sac, et elle est lui jetée. Et vous n'avez rien fait pour tenter de les séparer ?
J'ai voulu les séparer, mais Johnny me disait, laisse maman, ça va aller. Elle tapait dans la figure, des claques et des coups de pied dans les jambes. J'ai jamais vu une fille se battre comme ça. Elle tapait comme un homme. Et que faisait votre fils à ce moment-là ?
Johnny, il l'a laissé faire. Il répondait pas à ses coups. Il disait qu'il fallait la laisser lorsqu'elle s'énervait comme ça. Elle l'a insulté mon copain lorsqu'il s'est mêlé de la situation. Et moi, elle m'a insulté aussi. Et elle m'a dit en parlant de Johnny. Reprends-le chez toi, ton fils de pute. Un jour, je vais le planter. Et que s'est-il passé après cet épisode ? Après ça, j'avais dit à Johnny de la laisser tomber que c'était pas une fille pour lui.
je sais qu'après la bagarre chez moi il est parti vivre chez un copain de jour puis il est revenu avec elle il m'a dit que c'était elle qui lui avait demandé de revenir ok — Je vais en rester là en ce qui me concerne. Maître Errare, pour la partie civile, avez-vous des questions à poser aux témoins ? — Merci, M. le Président. Mme Cacar, diriez-vous que votre fils était quelqu'un d'impulsif ou de violent ?
Je ne dirais pas que Johnny était quelqu'un de violent, non ? Il se disputait et s'emportait. Il criait, mais il n'était pas violent au point de prendre une arme ou un couteau. Je n'ai jamais vu se battre avec une arme. Merci, madame. Je n'ai pas d'autres questions.
¶ Réaction Accusée au Témoignage
Mais monsieur le Président, serait-il possible d'interroger l'accusé sur la scène de violence rapportée par la témoin ? Dans un procès pénal, à tout moment du procès, la parole peut être donnée à l'accusé afin de la faire réagir à telle ou telle audition.
à tel ou tel témoignage, à tel ou tel rapport des différents experts intervenant à la barre, mais également pour répondre aux questions de la cour, des jurés, de l'avocat de la victime, de l'avocat général et de son propre avocat. Madame Harrell, levez-vous. Confirmez-vous la scène de violence que vient d'évoquer la mère de la victime qui a eu lieu devant sa maison environ un mois avant le drame. Pourquoi étiez-vous si en colère ce jour-là ?
Alors oui, effectivement, je le confirme, c'est que Johnny est parti avec tous mes effets personnels, ma clé de voiture, ma clé d'appartement, mon portable, comme dans son habitude. J'ai dû aller chez son copain, chez qui il se trouvait pour se droguer. Mais il fallait le chercher dans Languillon. Il avait une paire de copains, quoi. Et je le trouve devant chez sa mère, en train de faire un peu le cador, quoi.
Oui, tout va bien. Non, tout va mal. Tu viens de partir avec tout. Alors le portable, j'avais l'habitude. J'avais pris l'habitude de ne plus en avoir. Mais quand vous vous retrouvez sans rien comme ça. Moi, j'avais un enfant à l'époque. Donc il fallait aller chercher à l'école et tout. Et j'ai dû prendre tous les sacs de course.
faire 1,5 km à pied. Et quand je suis arrivée, j'ai complètement pété les plombs. Il y avait de l'alcool qui lui appartenait dans mes sacs. J'ai pris les bouteilles et je les ai éclatées sur le trottoir. Je jette tout par terre et tout. Sa maman, elle sort parce qu'elle essaie de s'en prendre à moi.
Au vu de mon geste. Et elle nous sépare finalement. Elle dit à Johnny arrête, arrête. Et il me prend les clés et il me les a jetés sur le trottoir. Je sais que j'ai repris ma voiture et je suis vite partie. J'en ai pleuré encore toute la journée. Je m'en rappelle. C'était compliqué le jour-là encore. Une fois de plus, il y a eu une nouvelle crise, une nouvelle dispute.
Vous vous obstiniez dans cette relation alors que vos deux mamans vous ont mis en garde et vous ont incité à vous séparer. Alors aujourd'hui, ça peut vous paraître confus, mais quand on est... c'est facile de... de réfléchir avec logique quand tu as les esprits clairs, quand tu es posé, quand tu es stable et que tu es solide. C'est tout ce que je n'étais pas à l'époque. C'est tout ce que je n'étais pas à l'époque. J'étais fragile, c'était une énième crise.
C'est ça qu'on se dit, pourquoi on a encore laissé faire ? Si j'avais su être plus solide le choix d'avant, parce que oui, c'était une énième crise, ça ne se serait pas reproduit. Et ça se reproduit. Merci Mme Harrell. Vous pouvez vous reçoire. L'avocat général et la défense n'ayant pas de questions, nous vous remercions Madame Cacar. Merci, au revoir. Monsieur Luissier, veuillez aller chercher le prochain témoin.
¶ Témoignage Sœur Relation Toxique
Bonjour madame, veuillez confirmer à la cour vos noms, prénoms, dates, lieux de naissance, professions et domicile. Je m'appelle Adam Isabelle, je suis née le 3 décembre 1986 à Verdun, en Neuse. Je suis domiciliée à 76 avenue du mai 1945 à Longueu. Et je suis sans profession. Nous vous écoutons pour votre déposition. Ensuite, nous pourrons vous poser des questions. D'accord.
Moi et mon frère, on a toujours eu une complicité très très forte. On a agrandi toute notre vie ensemble. Donc il a eu un parcours assez compliqué avec les femmes. Il a eu une première relation où il était très jeune et elle beaucoup plus âgée. Donc ça s'est bien passé pendant trois ans et ensuite ils se sont séparés.
Ensuite, il y a eu sa deuxième femme avec qui il a eu une petite fille. Et ça s'est fini aussi, mais ça a été plus long, au bout de huit ans. Et ensuite, il a rencontré Florian Narel. avec qui ça s'est très très mal passé dès le départ. Ils étaient tous les deux impulsifs. Dans leur relation, il y avait beaucoup d'alcool, de disputes.
D'ailleurs, moi, je ne voyais plus beaucoup mon petit frère car elle et moi ne s'aimaient pas. Donc, c'était compliqué de se voir à la fin, avant que ça arrive, le drame. Après, si vous voulez que je vous parle de lui... de comment il était, etc. Il avait beaucoup d'amis. Il adorait la pêche, il adorait la musique. C'était quelqu'un qui chantait tout le temps, qui riait tout le temps, qui aimait la fête, c'est sûr.
Il aimait beaucoup sa maman, donc notre maman. C'était son repère. Notre maman, c'était son repère. Il a toujours été proche d'elle, surtout petit. Ensuite... Et du coup... C'était quelqu'un de très joyeux, mais aussi il pouvait très vite s'énerver. C'était un peu contradictoire. Du coup, autant il pouvait rire et autant il pouvait s'énerver.
Ce qui faisait lutte quelqu'un entier. Il était très très proche de mon grand frère Damien, de mon petit frère Gaëtan, de moi-même. On était vraiment des frères et sœurs, on était tout le temps ensemble, on profitait. Et je sais pas si je dois dire encore des choses, si vous voulez savoir des choses. C'est à vous de nous dire, Madame Adam.
On peut aussi s'arrêter là et passer à la deuxième partie de votre déposition, celle où on vous pose des questions. Oui, je vais bien. Très bien, madame. Pour commencer, diriez-vous que votre frère et Florian Arel se ressemblaient ? Oui. Est-ce que vous pouvez développer un peu votre réponse ? Le truc, c'est qu'ils étaient tous les deux, je pense qu'ils avaient tous les deux une vie, on va dire, entre guillemets...
Pas saines, donc un peu catastrophiques. Je dirais pas qu'ils se ressemblaient, mais je dirais qu'ils étaient tous les deux dans un monde où... Dans leur monde, en fait. Dans leur monde à eux, parce que c'était beaucoup la fête, l'alcool, les disputes. Le jour où il y a eu le premier coup de couteau, mon frère est venu me voir chez un ami à moi et il rigolait, il rigolait aux éclats en disant « elle m'a planté celle-là, elle est folle, j'ai trouvé plus folle que moi, etc. »
Et du coup, je lui avais dit, mais c'est grave quand même, elle t'a mis un coup de couteau, enfin là, il faut faire quelque chose. Et non, il était dans sa bulle, elle, elle était pareille. Je veux dire, c'était le genre de fille à pouvoir... Crier, insulter les gens dehors. Et après, deux secondes après, prendre ça à la rigolade, quoi. Est-ce que vous diriez que Florian Harrell est quelqu'un d'hystérique ? Oui. Alors, je dirais même bipolaire.
J'en ai vu des filles où je me suis bagarrée dans ma vie. J'en ai vu des choses, beaucoup. Et cette fille-là, j'ai jamais su comment l'apprendre. Limite, elle me faisait peur. Vous vous entendiez bien avec Mme Haral ? Non, pas du tout. Mais je veux dire, dès le premier contact, j'ai su que ça n'irait pas. J'ai su que moi et elle, ça n'irait pas. Pourquoi ? Son attitude.
Elle avait une attitude de fille déjà pas pudique. Elle était vulgaire, le mot, c'est ça. Même avec mon frère. Dès le premier jour, j'ai eu agressive avec mon frère. Du coup, je me suis dit, c'est quoi ?
¶ Photos et Souvenirs de Johnny
C'est quoi ça ? D'accord. Madame Adam, vous avez apporté des photos. Votre avocat souhaiterait qu'on les projette à la cour et au juré. Accepteriez-vous de les commenter pour nous ? Oui. Madame la greffière. Si vous voulez bien passer la première photo. Alors, Johnny Adam est au centre. Et avec lui, qui est-ce, Madame Adam ? Du coup, sur la première photo, il est avec son ami.
Ludovic Couvert avec son père et son frère. Ils étaient à la pêche, ils venaient de pêcher ce gros poisson qu'ils ont sur la photo. Et c'était un moment joyeux. Il profitait. C'était ça presque tous les week-ends. On peut passer à la photo suivante, madame la greffière. Alors là, on fait un bond dans le passé.
Quel âge a Johnny sur cette photo ? Du coup, ça c'est une photo de famille. Mon frère devait avoir 5 ans. Et on habitait à Colmé, c'était Noël. Donc on n'avait pas beaucoup de moyens, ceux qui se voient. Mais on était quand même tous les 6 et on était heureux à ce moment-là. Mais c'est une photo de lui, petit, avec ses frères et soeurs et sa maman. Et sur celle-là, Madame Adam ?
Qui est la petite fille dans les bras de Johnny ? Il est avec sa nièce, avec ma fille. Ils étaient vraiment forts complices tous les deux. Il l'aimait comme sa fille. Il l'appelait Dédé à cause des jeux à gratter. Et du coup, ils étaient fort proches. Mais ils s'aimaient beaucoup. Et du coup, c'est compliqué. Prenez votre temps, madame. Pardon. On va arrêter ici avec les photos, madame la greffière. Et je vais passer la parole à votre avocat, madame Adam. Maître Erard, c'est à vous.
L'émotion nous prend tous, Isabelle. Je sais que ce n'est pas facile pour vous de commenter ces photos, de vous remémorer ces souvenirs joyeux. En fait, j'essaie un peu de... En fait, c'est rare que je parle de ça du coup. Je ne pensais pas que j'allais pleurer. On va rester du côté des bons souvenirs, Isabelle, si vous voulez bien. On a jusqu'à présent beaucoup parlé des mauvais côtés de Johnny Adam, qui, je le rappelle, est la victime dans ce procès.
Est-ce que Isabelle, vous pouvez, s'il vous plaît, nous parler des bons côtés de votre frère dont vous vous souvenez ? Il y en a beaucoup, il y en a énormément. Ses bons côtés, c'était sa gentillesse pour moi. Il était généreux. Si on devait lui demander quelque chose, il était tout le temps là. Si on avait besoin de lui, il était tout le temps là. Sa joie de vivre, sa façon d'aimer les gens.
Et son côté fêtard, parce que malgré tout, son côté fêtard, c'est pour ça qu'on l'aimait encore plus, j'ai envie de dire, parce que c'était que des moments de joie et de bonheur. Et puis il était fort marrant aussi. Et son côté... aimant, en fait, avec sa famille. C'était une de ses meilleures qualités envers ses petits neveux, ses petites nièces. Merci Isabelle.
¶ Analyse Relation Explosive
J'aimerais qu'on parle maintenant de la relation que Johnny avait avec Mme Harrell. Pour vous, pourquoi cette relation était plus explosive que les autres ? Tout simplement, comme je l'ai dit, je vais le répéter parce qu'il est tombé sur une fille folle. Sur une pareille, excusez-moi du terme, mais... Je ne peux pas dire autre chose. Comme on dit, mon frère était un peu fou, un peu bagarreur, mais elle l'était dix fois plus. D'après vous ?
Le problème de ce couple, c'était eux. C'était leur caractère. dans le monde dans lequel il vivait. Donc l'alcool, le problème de ce couple, c'était ça, c'était l'alcool, le manque de confiance, il y avait beaucoup de jalousie, énormément de jalousie, surtout de son côté à elle. Alors la jalousie, elle, c'était...
C'était terrible, quoi. Elle était jalouse de ma mère, elle était jalouse de moi, elle était jalouse... En fait, pour elle, il devait rester avec elle et voir personne, en fait. C'était elle, elle le centre du monde, et les autres, c'est pas grave. Je sais pas, dès le départ, de toute façon, ça a duré 6 mois, entre 6-8 mois, je sais plus exactement. 5 mois précisément. Oui, c'était ça.
Diriez-vous que la relation entre votre frère et Florian Harrell était une relation toxique ? Oui, très toxique. Pouvez-vous développer ? L'un comme l'autre, il se pourrissait la vie. Quand elle allait voir... Des copains, ça ne lui convenait pas. Quand il venait voir sa soeur ou sa mère, ça ne lui convenait pas. Même par rapport à leurs enfants. C'était toxique. Il y avait beaucoup de jalousie.
C'était toxique et malsain, surtout. Isabelle, diriez-vous que Florian Harrell avait le dessus sur Johnny Adam ? Oui, complètement. Et ça, c'est une certitude pour moi. J'avais jamais vu mon frère comme ça. Jamais. Je veux dire, comme je disais, avec ses autres relations, il y avait des hauts et des bas, parce qu'il y a toujours eu de l'alcool, de la drogue, dans tout ça. Mais c'était pas comme ça. C'était pas... C'était encore des relations correctes, malgré ce que sa première copine a pu dire.
Enfin bref, avec elle, on avait peur. En fait, on avait peur pour lui. On savait que ça allait mal finir. Merci Isabelle. Je n'ai pas d'autres questions. La parole est à l'avocat général. Bonjour madame. Il me semble que vous étiez très proche de votre frère Johnny. Vous vous voyez au moins quatre fois par semaine d'après vos déclarations. Pouvez-vous nous expliquer ce que l'arrivée de Florian Harrell a changé dans votre relation ? À partir du moment où il s'est mis avec elle...
Du coup, on se disputait parce qu'on n'était pas d'accord par rapport à sa relation qu'il avait avec elle. Donc moi, je le mettais en garde. Je voyais qu'il s'éloignait de plus en plus de moi, donc ça me peinait. Ce qui a changé, c'est que je ne pouvais pas accepter le fait de voir mon frère se faire maltraiter par une fille. Elle arrivait à le manipuler, donc forcément, c'est elle qui gagnait. Madame. Lauriane Harrell a-t-elle déjà été violente à l'égard de votre frère en votre présence ? Oui.
Alors, il y a beaucoup de verbales, à chaque fois que je les voyais, c'était ça. Mais oui, je vous dis, des coups de pied, elle le poussait. Et à votre égard ? Il me semble que lors de vos premières déclarations devant les gendarmes, vous avez évoqué une scène qui se serait déroulée lors d'un week-end chez vous. Vous vous en souvenez ? Pouvez-vous nous en parler ? Alors moi j'ai eu une dispute quand ils étaient venus me rendre visite à Longbillot.
On faisait un repas, au début tout se passait bien, jusqu'au moment où il y a eu trop d'alcool à un moment. Elle a voulu aller racheter de l'alcool, quelque chose où je n'étais pas trop d'accord déjà. Et du coup, ils sont revenus, ils ont encore bu. Et là, à ce moment-là, elle a commencé à faire des actions bizarres avec mon ancien compagnon. Je ne suis plus avec lui, mais à l'époque, j'étais avec lui.
Et du coup, elle a commencé à vouloir l'embrasser, à le toucher, à la guicher. Et moi et elle, on s'est fort discuté. Donc on a commencé à se battre. Tout de suite, mon frère et mon ancien compagnon sont venus nous séparer.
Et je me rappelle, elle avait pris un pot de fleur, un gros pot de fleur, elle me l'avait jeté dessus. Et j'ai eu le temps de l'éviter, sinon je crois que j'étais assommé. Et comment Johnny avait-il réagi ? Alors justement, mon frère, il y a sa soeur et sa copine qui vont se battre. Il a essayé de nous séparer mais il a pris sa défense parce que je me rappelle que...
qu'il disait à mon ex-conjoint, calme-la, sinon je lui ai embêté lui. Il voulait me mettre une chiffre quand même. Donc mon ex-conjoint, à l'époque, a dû aussi mettre mon frère dehors parce qu'en gros, il se liguait tous les deux contre moi. Malheureusement. Diriez-vous que Florian Harrell avait l'ascendant sur votre frère ? Ah bah oui, c'est une certitude. De toute façon, toute la relation a été comme ça. Si elle le disait noir, c'était noir. Si elle le disait rouge, c'était rouge.
C'était elle qui commandait, c'était elle qui décidait. Et si madame n'était pas contente, ça amenait à ça justement. À des disputes, à des violences. Voilà quoi. Merci madame, je n'ai plus d'autres questions.
¶ Questions Défense Violence Réciproque
La parole est à la défense. Madame Adam, bonjour. Je suis Maître Copp, l'avocat de l'accusé. Vous nous dites avoir surtout vu des violences verbales entre votre frère et ma cliente. Mais vous étiez au courant de l'existence des violences physiques que votre frère exerçait sur Mme Harrell. Il faut arrêter avec ça. Il y avait des violences des deux côtés. J'étais au courant des violences qui se passaient des deux côtés. Je dirais plutôt ça comme ça.
On ne peut pas dire qu'avec ses précédentes compagnes, Johnny Adam ait été un tendre. Avec Florian, les choses ont été différentes selon vous ? Alors, je dirais que oui, mon frère a toujours eu un peu un côté violent quand même, c'est une vérité. Oui, c'est impulsif, on va dire. Il a déjà pu avoir des réactions impulsives avec ses anciennes copines, mais avec elles, jamais c'est ça le pire.
On lui a toujours dit, t'aurais dû agir avec elle comme t'as agi avec... Enfin, t'aurais dû être un inverse, quoi. Plus méchant avec elle qu'avec tes ex-compagnes, à la limite, quoi. Parce que... Oui, il a toujours eu des côtés impulsifs. Je ne dirais pas qu'il était violent. Il ne le tabassait pas. Ce n'était pas un bourreau. Il ne frappait pas ses conjointes comme ça pour un oui, pour un non, non, pas du tout. Et bien souvent, il y avait des explications à tout ça.
mais quoi qu'il arrive, on n'a pas à donner de coups, ça c'est sûr. Mais avec elle, justement, en fait c'est ça le problème, c'est qu'on voyait directement que c'était elle. qui donnait les coups. Après, forcément, il fallait bien qu'il se défende, et à un moment donné, je pense qu'il a perdu pied aussi, il se défendait, et puis à la fin, c'est devenu un...
Je pense qu'au bout de 4-5 mois, c'est devenu une habitude pour eux de se taper dessus, tout simplement. Vous dites que votre frère n'était pas un bourreau avec ses compagnes, enfin. Quand on lit les différentes dépositions, dont celle d'Émilie Monard, sa première compagne, qu'on entendra à la barre de main, on ne peut pas penser autre chose de lui. Alors ça, c'est totalement faux.
Et ça, parce que moi, la relation qu'il a eue avec Émilie, j'ai été là du début à la fin. Leur relation a été très très bien jusqu'à la fin. Je vous dis, ils ont dû rester ensemble trois ans, il me semble, à peu près. Et la dernière année, ils sont venus habiter chez ma maman.
Et donc moi aussi, j'habitais avec ma fille, mon bébé et mon conjoint chez ma maman. Donc en fait, on vivait tous ensemble. Et jamais, jamais, au grand jamais, j'ai vu mon frère ou même Emilie avec des brûlures. Ça, c'est faux. Et lui, il a déjà mis une gifle ou deux, ou je crois qu'une fois, il l'avait mis un coup de coude ou un coup de pied, je sais plus, il lui avait fait mal aux côtes, ça, c'est vrai, c'est vrai.
chose qu'il aurait jamais dû faire. Mais de là à dire qu'il l'a brûlée avec des cigarettes, qu'il l'a frappée tous les jours, tout ça, c'est faux. Vous admettez à minima des gifs, des coups de poing, ça ne fait pas rêver. Mais la violence semble être un gène commun chez Léa Danon. Vous en savez quelque chose, madame. Vous-même n'avez-vous pas été condamné deux fois pour violence ? Si, oui.
J'ai été deux fois en prison pour violence, oui. Je ne vais pas me cacher, je suis une fille de caractère et je ne me laisse pas faire. Donc forcément, je me suis bagarrée avec des filles, des femmes. Et du coup, nous, on n'est pas du genre à aller à la police ou à se plaindre. Donc forcément, quand on se bagarre et qu'on fait...
des dégâts sur quelqu'un. Ils vont à la gendarmerie, ils portent plainte et c'est toujours ceux qui ne vont pas à la police qui prennent des peines. Et j'ai pris du ferme une fois un an et deux fois un an. Donc ça fait deux ans.
¶ Expertise Médicale Incompatibilité Versions
Merci madame, je n'ai pas d'autres questions. Personne ne sait ce qu'il s'est exactement passé dans le huis clos de cet appartement du 49 rue de Toronto. Flora Narel détient une vérité. Sa vérité, telle qu'elle pense que les choses se sont déroulées entre elle et Johnny Adam. Comme on le constate dans les affaires criminelles, les accusés s'arrangent parfois avec leur mémoire, de manière consciente ou inconsciente. Il arrive que le cerveau réécrive le crime.
ou que les gens mentent. Mais les expertises viennent souvent mettre à mal les souvenirs de l'accusé et la version qu'elle défend. Docteur Martry, veuillez vous lever s'il vous plaît et prendre place à la barre des témoins. Laurent Martry, médecin des J, 58 ans, domicilié au CHU de Nancy. Docteur Martry, vous avez réalisé une autopsie du corps de Johnny Adam le 2 décembre 2016, soit trois jours après son décès.
Nous vous écoutons pour votre rapport. Alors effectivement, on a réalisé une autopsie le 2 décembre 2016. avait été blessé avec un coup de couteau le 28 novembre 2016. Il n'est pas mort sur place, il était allé en réanimation, puis il a été opéré, mais il est mort très rapidement, le lendemain. Du coup, on a fait l'autopsie qui montrait un sujet masculin, mesure 1m71, corpulence moyenne. Il avait un hématome biolacé.
sous palpébal gauche, donc sous l'œil gauche. Et puis surtout, il y avait deux plaies au niveau du thorax. Une qui est pectorale gauche, mais qui n'allait pas très loin. Le cou était resté dans les muscles. Et une plaie numéro 2, qui mesurait 2 cm, sous le même long gauche, et qui, elle, était pénétrante. La lame a pénétré en arrière, on verra ça lors de l'examen de teint de l'autopsie.
Il y avait quelques abrasions à la face postérieure des membres supérieurs et également des échymoses et abrasions au niveau des membres inférieurs, mais qui étaient sans grande signification. Au niveau du crâne, on n'a rien trouvé de particulier, au niveau du cou non plus. Et c'est au niveau du thorax qu'il a été retrouvé des stigmates de chirurgie, parce qu'il avait été opéré à cœur ouvert.
Et là, il y avait plusieurs plaies. Une plaie du diaphragme, qui est le muscle qui sépare le thorax de l'abdomen. Il y avait une plaie... deux plaies au niveau du cœur, une au niveau du ventricule gauche, l'autre au niveau du ventricule droit. On comprend déjà que la lame du couteau avait traversé le cœur. Et donc le trajet de la lame du couteau, c'était de l'avant vers l'arrière.
de la gauche vers la droite, quasiment horizontale, et on peut imaginer que la lame s'était enfoncée d'environ 6 à 8 cm, mais ça restera approximatif. Les poumons n'avaient pas été touchés. Donc nous avons fait des prélèvements, évidemment, à la toxicologie, de l'anapath, de la génétique, sous les ongles, comme on fait toujours à l'autopsie, pour voir notamment s'il y avait eu une altercation entre les deux personnes. Pour résumer les choses, il y avait une plaie.
Sous le memblon gauche qui était uniquement un trajet intramusculaire, donc non mortel, et puis surtout la plaie sous le memblon gauche qui a transpercé le cœur de façon quasiment horizontale. Donc en fait, le décès était bien dû à un choc hémorragique, mais plus d'ailleurs à une ischémie cérébrale, parce que quand le cœur ne peut plus pomper le sang, le cerveau n'est plus irrigué, et donc du coup, il y a un décès par ischémie.
Ce qui explique que le décès n'a pas été immédiat d'ailleurs. On trouvait quelques blessures superficielles au niveau des membres supérieurs, membres inférieurs. En tout cas, il n'y avait pas de traces de lutte ou de défense qui sont importantes ou significatives. La toxicologie montrait qu'il y avait une alcoolémie nulle, donc c'était un point important. Et puis qu'il y avait une exposition récente au cannabis, mais sans plus.
Il y a eu une reconstitution qui a eu lieu. Pour ça, on nous avait montré le couteau qui avait été utilisé, qui était un couteau de cuisine, qui faisait 17 cm de long de 13,5 cm au niveau de la lave. 86 grammes, le manche était recourbé. Le manche était plus lourd que la lame, un point important, et la pointe était émoussée. Mme Harrell reconstituera à la reconstitution et elle dira bien que le couteau lui a échappé des mains.
Et du coup, avant d'aller à la reconstitution, on avait fait de la littérature pour voir s'il y avait dans la littérature scientifique, parce qu'on est expert, on se base uniquement sur les données de la littérature scientifique, des articles qui pouvaient donner... donner des explications justement sur la possibilité qu'un couteau lancé, avec plus ou moins de force, puisse pénétrer au niveau de la cage thoracique, à travers la peau et aller jusque dans le cœur. Et effectivement, c'est possible.
qu'un couteau lâché puisse rentrer dans le thorax. Sauf qu'il faut qu'il y ait des caractéristiques particulières, il faut qu'il soit plus de 86 grammes, donc là ça ne collait pas. il faut que le manche soit plus léger que la lame, et là ça ne marchait pas non plus, et il faut aussi que le couteau soit parfaitement aiguisé, là il était légèrement émoussé.
Vraisemblablement, la gestuelle qui avait été évoquée par les enquêteurs ne collait pas. Merci docteur Martry pour ce rapport très complet. Nous allons vous poser quelques questions. J'aimerais qu'on reprenne. Les explications de l'accusé, à savoir un lancer de couteau involontaire, sont-elles compatibles avec les lésions que vous avez relevées sur le corps de la victime ?
Florent Harrell a reconnu d'emblée être responsable du coup de couteau. Il restait à déterminer comment le coup de couteau avait été porté. Or, sur ce point crucial, l'accusé a donné deux versions successives au cours de l'enquête. Flora Narelle a répété inlassablement avoir lancé le couteau, par réaction ou maladresse. Puis, elle a changé de version, en toute fin d'instruction, au moment de la reconstitution. Flora Narelle a expliqué à ce moment-là
pour la première fois, qu'elle n'avait pas voulu lancer le couteau, mais qu'il était parti tout seul, de manière accidentelle. Pour autant, le Dr Martry a longuement exposé à l'audience l'ensemble des vérifications opérées. quant à la vraisemblance d'un tel acte, que ce soit un simple lancer de couteau ou un lâcher accidentel, pour finalement les exclure tous les deux. Il a conclu que le coup de couteau ne pouvait qu'avoir été porté en estoc, de façon appuyée, Mais euh...
Par ailleurs, après la reconstitution, j'avais reçu des pièces du dossier d'instruction pour pouvoir justement faire des appréciations en fonction des différentes versions que pouvait donner Mme Harrel. Et là, dans une de ces différentes dépositions, on peut imaginer que...
Alors que Mme Harrell tenait le couteau, que M. Adams se serait rapproché d'elle, dans un zeste un petit peu de parade, le couteau aurait été avancé par l'avant, tenu, qu'il n'a pas du tout été lâché, tenu, eh bien il y aurait eu une... pénétration au niveau du thorax, à ce niveau-là, et ce qui aurait pu provoquer les blessures, sachant que la force pour traverser la peau n'était pas suffisante sur un simple lâcher du couteau. La version du lâcher de couteau
La version de Mme Harrell n'est pas compatible avec ce que l'on pouvait voir. Ce qui est certain, c'est qu'ils étaient probablement l'un en face de l'autre. On ne peut pas leur donner la distance parce qu'elle n'a pas été évoquée lors de la reconstitution. Et donc, si on considère que le couteau n'a pas été lancé, il faut qu'il y ait une distance. de l'étendue d'un bras entre les deux à peu près. Le coup n'est pas forcément très violent.
Voilà ce qu'on peut dire. En tout cas, parce que les eaux n'ont pas été touchées, c'est ce qui est la barrière en général qui peut laisser dire que le coup a été porté avec une certaine force.
¶ Arme du Crime et Intention
Merci docteur Martry pour cet exposé de vos travaux. Monsieur Lucier, veuillez aller chercher, ouvrir et montrer au juré le scellé qui contient le couteau s'il vous plaît. Il est courant dans un procès d'assises. que l'arme ayant servi au crime vous soit montrée. C'est un moment toujours particulier que de voir l'huissier déballer l'objet qui a servi à tuer. Surtout que l'arme est encore souvent tachée de sang, puisqu'elle est placée sous scellée telle qu'elle a été trouvée.
Pour la famille de la victime, ce n'est jamais un moment évident. Pour l'accusé, les choses ne sont pas forcément plus simples. Pour vous les jurés qui allaient juger, c'est toujours assez saisissant, mais c'est important que vous la voyez, ça permet de mieux réaliser. Mais très rare. Avez-vous des questions ? Pas d'autres questions, monsieur le président. Monsieur l'avocat général, la parole est à vous. Merci, monsieur le président. Regardez bien ce couteau, mesdames et messieurs les jurés.
Madame Harrell a au final livré deux versions. Dans un premier temps, elle a maintenu avoir lancé le couteau et non planté. Autrement dit, elle aurait lancé le couteau dans les airs et ce serait comme par miracle, planté pile dans le cœur de son compagnon. Une version qu'elle a réitérée lors de ses trois auditions de garde à vue. J'ai simplement jeté le couteau. Je ne l'ai pas planté, c'est sûr. Sinon, je vous l'aurais déjà dit, car je ne vois pas ce que ça change pour moi.
Le juge d'instruction a affirmé par la suite « Je me vois bien faire le geste ». Mais à la reconstitution le 12 décembre 2018, Florian Harrell a expliqué qu'elle n'avait pas voulu le lancer, mais qu'elle avait fait de grands gestes dans les airs en direction de Johnny Adam et que le couteau était parti tout seul. Or, ce n'est pas possible, n'est-ce pas docteur ? En fonction de la littérature qu'on a pu regarder par rapport à ces expertises-là, eh bien...
Il n'est vraisemblablement pas possible que la gestuelle décrite par Mme Harrell ait pu être compatible avec ce qu'on voit à l'autopsie. Est-ce que cela veut dire que Mme Harrell nous ment sur la manière dont les choses se sont passées ? Moi, je ne suis pas là pour parler de mensonge ou pas de mensonge. Je donne ce qu'il en est. Et en tant qu'expert de médecine légale, je ne peux pas répondre oui ou non à la mentie ou pas mentie. Ce n'est pas mon rôle de répondre à ça.
ce qui est certain c'est que la lame a pénétré de plusieurs centimètres la chair de m adam et ce de manière horizontale le cou n'a pu être secondaire qu'à un mouvement des stocks c'est-à-dire descendant direct et violent dans la région thoracique. Votre rapport, docteur Martry, exclut autant le geste involontaire que le simple lancer. Le coup porté à Johnny Adam dans la nuit du 27 au 28 novembre 2016 n'était pas un mouvement de défense.
Et dans ce cas, se pose la question de l'intention homicide. D'ailleurs, ce n'est pas le premier coup de couteau. que Mme Harrell ait porté à Johnny Adam durant leur courte relation. Je vous rappelle, mesdames et messieurs les jurés, qu'à l'arrivée des gendarmes, le torse de la victime comportait deux plaies situées quasiment au même endroit, dans la région du cœur. L'une en dessous...
l'autre au-dessus du téton gauche la première plus ancienne était recouverte par un pansement et du mercurochrome on sait aujourd'hui que le novembre 2016 soit trois jours avant les faits qui nous concernent aujourd'hui Florian Harrell avait déjà blessé son compagnon avec un couteau. Or, l'accusé a énormément varié dans ses explications quant à cette première blessure infligée à la victime.
Lors de son premier interrogatoire de garde à vue le matin des fées, à 9h15, elle commence par affirmer tout ignorer de l'origine de cette blessure. Lors de sa seconde audition, toujours en garde à vue, à 13h45, Elle se souvient et admet que la blessure a été faite le jeudi précédent, le 24 novembre, lorsqu'ils ont chacun appelé les gendarmes, mais elle ne sait pas avec quoi elle a pu le blesser.
affirmant tout de même, et je cite, « je n'ai fait que me défendre ». Lors de sa troisième audition, toujours en garde à vue, le lendemain à 8h45, elle explique qu'ils se sont disputés ce jour-là. et que Johnny Adam avait sorti un couteau repliable. Elle pense, je cite, qu'à un moment, il a dû le poser sur le tabouret de la chambre et comme il s'approchait, je l'ai pris et je l'ai repoussé avec le couteau qui a pénétré dans sa poitrine.
Interrogée par le juge d'instruction le 24 février 2017 sur cette blessure ancienne découverte sur le corps de son compagnon, Mme Harrell paraît plus sûre d'elle. Elle affirme que ce jour-là, Johnny Adam l'avait jeté sur le lit, muni d'un couteau de chasse repliable. Qu'il l'avait déshabillé.
Et alors qu'il allait se mettre sur elle, elle avait saisi le couteau pour le repousser et que, accidentellement, la lame l'avait pénétrée d'environ 2,5 cm dans le muscle pectoral situé dans la région du cœur. Je vous rappelle que ce jour-là, Mme Harrell a appelé la gendarmerie. Dans leur compte rendu, les gendarmes notent, je les cite, « Madame paraît très excitée. Elle insulte sans arrêt son conjoint, bien que le gendarme lui ait demandé de ne plus lui parler. »
Lui paraît calme. On peut donc légitimement s'interroger. Madame Harrel, le drame aurait-il pu se produire le 24 novembre 2016 ?
¶ Fin Journée Audience et Crédits
Vous n'avez pas le droit d'évoquer les faits avec les partis au procès, les journalistes, ni même avec votre famille. Durant les deux prochains jours, vous réserverez vos confidences aux magistrats ou aux autres jurés. Et à personne d'autre. Demain, vous entendrez les témoignages des ex-compagnes de Johnny Adam les rapports des médecins légistes ainsi que les dépositions des amis du couple. Bonne soirée !
Le procès à REL est une production Nouvelles Écoutes. Un podcast écrit et raconté par Clara S. Produit par Julien Neuville. Réalisé et monté par Aurore Mailleux. Mixage de Marthe Cuny. Musique originale de Quentin Sirjac et musique additionnelle de Universal Music Production Sonotech Nicolas Becker Directrice des productions Marion Gourdon Directrice artistique Aurore Mailleux Chargée de développement
Piedra Reginato, chargée de production, Lila Bordelais. Responsable marketing et distribution, Nicolas Procopiadis. Assistante de production, Bérenice Zafini et Adèle Lecharny. Cover, Victoria Mam.
Dans cet épisode, vous avez entendu les voix de Florian Harrell, Paul Erhardt, Isabelle Adam, Laurent Martry, dans les rôles de l'huissier, Victor Lecin, Nicolas Falteau, Dimitri Leroy, Jean Kopf, Nicolas Ullmann, Colette Cacar, Sous-titrage Société Radio-Canada Enregistrement chez Motifs Musiques par Julien Sabourin et Arthur Kern, au Studio Ball par Anguéran Altmeyer, à l'Underroad Records par José Brignoli, au Studio de la MOBA par Arnold Métro, mais aussi chez Chromatic Studio.
Merci à Nicolas Falteau, Jean-Yves Goueffon, Paul Erhardt, Damien Bernardi, Julie Seignura, Nicolas Becker et Anguéran Altmeyer pour leur aide précieuse et leur accompagnement. Tout droit réservé.
