Une version du réel - podcast episode cover

Une version du réel

Jun 30, 202250 minSeason 6Ep. 192
--:--
--:--
Download Metacast podcast app
Listen to this episode in Metacast mobile app
Don't just listen to podcasts. Learn from them with transcripts, summaries, and chapters for every episode. Skim, search, and bookmark insights. Learn more

Summary

Alice raconte comment sa rencontre fortuite avec Charles en covoiturage a rapidement dégénéré en une relation passionnée mais toxique. Entre l'argent facile, les fêtes incessantes et un style de vie flamboyant, Alice découvre peu à peu les mensonges et les comportements dangereux de Charles, notamment liés à l'alcool et à son passé judiciaire. Cette spirale de manipulation et de révélations l'amène à prendre des décisions difficiles pour se protéger et se reconstruire.

Episode description

Quand le jeune Giovanni Drogo, héros du Désert des Tartares de Dino Buzzati arrive au fort Bastiani, où il vient d'être nommé à la sortie de l'école militaire, son premier réflexe est de fuir pour retrouver la ville qu'il aime tant. Mais fasciné par le paysage et la vie de ce fort étrange, il y passera toute une vie, un peu malgré lui, dans l'attente d'un ennemi qui semble destiné à ne jamais attaquer en dépit des signaux que les uns et les autres perçoivent. Un jour, après de longues années, l'heure du combat sonne. C'est trop tard pour Drogo, désormais vieux et malade.

Un jour, Alice décide de tout quitter pour suivre cet homme qui a su la séduire, qui l'éblouit, qui l'inquiète aussi…

L'histoire d'Alice est racontée au micro de Nina Pareja.

Transfert est un podcast produit et réalisé par Slate.fr, sous la direction de Christophe Carron et Benjamin Saeptem Hours.
Production éditoriale: Sarah Koskievic
Prise de son et montage: Victor Benhamou
Musique: Arnaud Denzler

Suivez Slate Podcasts sur Facebook et Instagram (retrouvez-y aussi le compte de Transfert).

Pour participer au podcast: transfert@slate.fr.


Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.

Transcript

Intro / Opening

Cet épisode de transfert vous est présenté par Bouygues Télécom, engagé avec ses clients contre l'exclusion numérique grâce à l'opération Don de Giga. Chaque mois, les clients Bouygues Télécom peuvent offrir des gigas symboliques à l'association de leur choix. Quatre partenaires participent à cette initiative. Les petits frères des pauvres, le Secours populaire, la Fondation des femmes et l'APF France Handicap.

Ces gigas sont ensuite transformés en forfaits et smartphones pour des personnes en situation d'exclusion numérique. Cette année, plus de 925 000 gigas ont déjà permis à des milliers de bénéficiaires de se reconnecter et ainsi de rester en lien avec leurs proches et la société. Pour découvrir l'histoire de ce beau projet et l'impact concret de vos dons, n'hésitez pas à aller voir la vidéo Giga Merci sur la chaîne YouTube ou le site de Bouygues Télécom.

Introduction et nouvelle vie à Bruxelles

Quand le jeune Giovanni Drogo, héros du désert des Tartares de Dino Buzatti, arrive pour la première fois au fort Bastiani, son premier réflexe est de fuir pour retrouver sa ville qu'il aime tant. Mais fasciné par le paysage et la vie de ce fort étrange, il y passera toute une existence, un peu malgré lui, dans l'attente d'un ennemi qui semble destiné à ne jamais attaquer, malgré les signaux que les uns et les autres pensent percevoir.

Après de longues années, l'heure du combat sonne enfin, trop tard pour Drogo, désormais trop vieux et malade. Un jour, Alice décide de tout quitter pour suivre cet homme qui l'a séduite, qui l'éblouit, qui l'inquiète aussi. Vous écoutez Transfer, épisode 192, un témoignage recueilli par Nina Pareja. En janvier 2019, j'habite à Bruxelles depuis cinq mois. Je rentre de Londres, je sors d'une...

relation longue de 5 ans. Ça fait 6 mois que je suis séparée. J'arrive dans une ville que je ne connais pas. Bruxelles, je n'y ai jamais vécu. Et je quitte Londres, qui est une ville que j'adorais. Et je cherche un nouveau travail. Je vois quelqu'un depuis un petit moment, mais c'est un peu incertain. C'est charmant, mais je sens que ça ne prend pas la direction que j'ai envie. Ce n'est pas assez carré ou charismatique. Il manque quelque chose.

En janvier 2019, je décide de retourner à mes premiers amours après quelques mois de freelance et d'autres travails. Je repars dans la mode, je contacte une des créatrices que j'aime beaucoup et j'obtiens un rendez-vous.

La rencontre inattendue en covoiturage

sort d'entretien d'embauche début février. J'y vais en Thalys, mais je rentre en covoiturage parce que je suis un peu fauchée. Je sélectionne une voiture sur l'application. J'ai toujours été attentive aux chauffeurs, aux personnes avec qui j'allais partir en covoiturage, à choisir voiture, chauffeur et un sentiment de sécurité. Et donc, je vois un gros 4x4 qui rentre à Bruxelles. Je vois que c'est un jeune homme et je vois qu'on a à peu près le même âge.

À un an près, Charles et moi, je boucle cette voiture. J'en parle avec une amie, on plaisante sur le fait qu'on ne sait jamais de quoi les rencontres sont faites. J'embarque dans ce blabla car, j'ai une super énergie. Et ça s'est super bien passé. Donc, je suis très heureuse. Ce garçon est absolument charmant. Il fume dans sa voiture. La conversation est hyper fluide. Il fait très beau. Et d'une chose et d'autre, on s'entend super bien.

Le soir même, j'ai un de mes proches qui organise une exposition à Bruxelles et donc je l'invite au vernissage. Viens avec nous, ça va être hyper sympa, il y a des chouettes photos, ça te permettra d'encontrer du monde. Il m'explique que lui aussi est arrivé à Bruxelles depuis peu. Et donc le soir même, on se revoit à ce vernissage-là. Moi je vais à ce vernissage accompagné de la personne que je vois depuis.

L'intensité des débuts et l'intégration rapide

ces derniers mois. Et donc Charles vient et tout de suite je sens un espèce de rapport de force. C'est-à-dire que c'est deux hommes au complet opposés. La personne que je vois est un belge très doux, très grand, blond. de profession plutôt dans le design. Et Charles est à l'inverse, brun, typé, pas très grand, un peu rond. très intense, très extravertie. Donc, le garçon que je vois s'enfuit, carrément. Et donc, Charles reste toute la soirée. C'est une soirée avec un open bar.

Très vite, tout le monde devient un peu jovial, l'alcool est dedans, la fête devient un peu plus folle, on va dîner tous ensemble à la fin du vernissage. Finalement, il me dit, viens, on continue à prendre un verre. Et de fil en aiguille, on finit par passer la nuit ensemble. On discute jusqu'au petit matin, c'est charmant. Il y a un côté vie volée où je fais quelque chose d'interdit, de mal. C'est très excitant. Et on continue à beaucoup boire.

On finit par se chamayer, m'expliquer qu'il fait de la boxe. Mais comme des enfants qui joueraient ensemble, ce moment-là, il me fait mal au nez. Et je ne prends pas dessus. Je me dis juste, voilà, nous avons... beaucoup bu. Et donc voilà, on passe la nuit ensemble. Le lendemain matin, il s'habille pour partir au travail. Donc, costume, il est tout fier de montrer son super costume. Moi, je prends mes affaires, je rentre chez moi un peu penaud.

J'ai la gueule de bois, j'ai besoin d'éclaircir un peu mes idées. Je suis à l'aube de mes 30 ans, donc je vais bientôt partir en voyage avec ma famille. Je me dis que j'y verrai plus clair une fois que j'aurai pris de la distance. Et en fait, dès le lendemain, c'est très intense. C'est des messages, c'est « je suis dans ta rue, je suis dans ton quartier », donc on vit dans le même quartier. Il me dit qu'il est agent d'immobilier.

Comme il travaille à son compte, il a un emploi du temps qu'il fait lui-même. C'est assez charmant de se sentir désiré, de se sentir que quelqu'un vous fait la cour. Et en même temps, je temporise. Parce que toujours avec cet autre garçon que je ne vois quasiment plus, à qui j'explique que j'ai besoin de temps et aussi à Charles que j'ai aussi besoin d'un peu d'espace pour réfléchir.

Je coupe court un peu à toute communication et je pars faire ce voyage pour mes 30 ans. Là-bas, encore une fois, beaucoup d'appels, beaucoup de messages. Ils ne respectent pas trop la distance que j'essaie de prendre. Et à la fois, encore une fois, je trouve ça...

Très mignon, ce côté intense, ce côté début de relation un peu adolescente où on se parle tout le temps, où il y a beaucoup de flirts, beaucoup de désirs. C'est assez amusant, surtout en sortant d'une relation longue où on a... plus forcément l'habitude de ces tout feu tout flamme des débuts de relations. Sur la fin du séjour, je mets fin à la relation avec le garçon que je voyais et j'ai décidé de tenter ma chance avec Charles.

Quand je rentre, il m'annonce qu'il vient me chercher à l'aéroport. Sauf que je ne rentre pas seule, je rentre avec une des personnes de ma famille à qui j'explique que quelqu'un m'attend à l'aéroport et que s'il veut, il peut rentrer avec nous. Donc tout de suite, ça veut dire que ça mêle.

Ma famille a cette rencontre qui s'est donc passée littéralement trois semaines auparavant. Ce que j'aime bien, parce que je me dis que c'est quelqu'un qui n'a pas peur de l'engagement, qui n'a pas peur de rencontrer la famille. Bien souvent, c'est plus l'inverse. J'avais le sentiment que justement, présenter quelqu'un à ma famille, c'était tout de suite prendre beaucoup d'engagement. Après, j'ai aussi une grosse pression familiale pour rencontrer quelqu'un.

Voilà, j'en avais 30 ans, donc j'ai déjà... Plusieurs personnes qui me disent « à quand les enfants ? » À savoir qu'à partir de 35 ans, c'est compliqué. Je vis déjà une pression fémininale quand à la rencontre, quand à la rencontre de la bonne personne ou d'une personne pour faire des enfants. Et puis autour de moi...

Je vois mes amis qui commencent à se marier, à faire des enfants. Et je vis aussi ma rupture comme étant un renoncement à un chemin de vie et où justement ma famille était très impliquée. Et donc c'est très important pour moi. que mon conjoint soit quelqu'un qui soit apprécié par ma famille.

Donc, même si c'est très rapide, je trouve que le fait que Charles prenne les devants et propose de lui-même de ramener cette personne de ma famille chez lui, je trouve ça charmant et aussi plutôt de bonne augure. Et donc là, on se met ensemble et c'est très intense parce que lui, travaillant à son compte, fait ses propres horaires. Moi,

Je travaille en distanciel, je fais mon propre emploi du temps. Je vais en usine quand j'en ai besoin et qui ne sont pas forcément ni en France ni en Belgique. Je fais des allers-retours. Donc nos emplois du temps sont quand même assez libres et donc on se voit beaucoup. Il m'appelle 12 fois par jour pour savoir si j'ai mangé, si j'ai faim, qu'est-ce que je veux faire comme cours, si mes rendez-vous sont bien passés. Et encore une fois, charmant.

J'étais pas du tout habituée à ça, parce qu'avant j'étais avec une personne qui n'était pas disponible à cause de son travail. Donc j'avais plus l'habitude d'être seule que d'être aussi entourée. Donc on se voit quasiment tous les soirs, soit il est chez moi, soit je suis chez lui.

Très rapidement, il rencontre mes cousins. On fait des soirées ensemble. Donc, il rentre dans mon cercle vite. Comme il vient d'arriver à Bruxelles, il n'a pas vraiment de connexion. Et j'ai l'impression que c'est à moi aussi de l'introduire. dans ma vie, parce que j'ai l'impression que mon cercle est plus inscrit et plus présent que le sien. Je pense que je tombe amoureuse très vite, mais comme une fièvre. C'est-à-dire que je n'ai pas le temps de réfléchir.

Je tombe amoureuse très vite. Tout est très intense. Le sexe est très intense. Les sentiments sont très intenses. Il est présent partout. Je n'ai littéralement pas une heure seule. C'est empirique. C'est-à-dire que ça va monter très vite. en très très peu de temps, et on va être dans une fusion quasiment totale jusqu'à ne plus rien voir d'autre.

Comme les journées sont très intenses et que les semaines aussi, la notion du temps et le fait qu'on travaille tous les deux à notre compte, elle n'est pas diluée, mais quasiment. Puisque tout va vite, puisque c'est je t'aime rapidement, puisque c'est et si je venais habiter chez toi rapidement. Une nuit, son téléphone sonne.

Plein de fois, mais en plein milieu de la nuit. Et lui, ça ne le réveille pas. Et moi, ça me réveille. Donc le lendemain, je lui dis oui, quelqu'un a appelé. Il y avait une jeune femme. Je vais aller chercher ton téléphone. Je l'ai éteint parce que tu as reçu de multiples appels. Et lui, il ne prend pas du tout dessus, il me dit « Ah oui, c'est une amie, de fait, à Paris, avec qui on aime beaucoup sortir tard, de fait, en after. »

Ça ne m'étonne pas que ce soit quelqu'un de Paris qui lui téléphone, étant donné qu'il a grandi là-bas, qu'il est à Bruxelles depuis très peu de temps. Les peu d'amis dont il me parle, les relations dont il me parle, ce ne sont que des gens à Paris.

Indices d'argent, excès et style de vie

Pour moi, que quelqu'un de Paris téléphone en pleine nuit et que ce soit une copine de fête, ça me paraît complètement normal. Dans cette relation très intense, je me rends rapidement compte qu'il y a beaucoup d'argent. Dans les premiers jours, non. Et en fait, très vite, quand je vais rentrer du Mexique, je vais me rendre compte qu'on mange tout le temps dehors, midi et soir.

Et pas n'importe où. Il adore être flashy. On va dans des grands restos, on fait des bonnes tables. Il a toujours énormément de cash avec lui. Et je ne me pose pas de questions. Parce que... Ça ne m'étonne pas qu'il ait du cash. Il m'explique qu'il vient d'une grande famille, qu'il a touché un héritage. Avec son travail, il me dit aussi qu'il fait de très bonnes com. Et fiscalement, c'est plus intéressant, surtout quand on voyage, d'avoir des coupures.

plutôt que d'avoir une carte bleue. Que ce soit pour le déjeuner ou pour le dîner, il y a toujours de l'alcool, on célèbre la vie, c'est bonne chair, bon vin. Il n'y a jamais limite. C'est-à-dire que c'est un entrée plat dessert plus une bouteille, voire deux, suivant le soir ou la journée. Il y a toujours une bonne raison pour célébrer la vie. Donc encore une fois, on est dans les excès.

de la chair, du sexe, de l'amour, de l'alcool. C'est hyper vivant. Et moi, j'ai besoin de ça, en fait. J'ai besoin de me sentir en vie. Je quitte une relation. Et l'Angleterre... Parce que justement, j'étais en train de me rabougrir et ne plus avoir vraiment de sentiment de savoir qui j'étais. Et j'étais dans une relation avec un militaire. Et donc il n'y avait pas ce côté vivant, bonne chair, que finalement je trouve chez Charles, mais dans un extrême. Et je pense que j'ai terriblement besoin.

De me sentir envie, de me sentir désirée et aussi de pouvoir vivre tous les caprices possibles. C'est-à-dire que l'argent permet tout. Et comme là, il y en a profusion. On fait ce qu'on veut. On fait des séances de shopping, alors pas pour moi, pour lui, mais où, encore une fois, il n'y a pas de limite. Et aussi, il y a des voitures de sport. Il faut savoir qu'il a plusieurs voitures à la fois.

Donc, ça va du 4x4 BMW dernier modèle avec toutes les options. Donc, il faut savoir que je ne connais rien de voiture. Je ne sais même pas quel genre d'essence on met dans une voiture. Je ne conduis pas. Je n'ai pas le permis. Donc, c'est vraiment très, très, très loin de moi, tout ça.

à une Porsche, à une Bentley, à l'échange de voitures toutes les semaines. Et moi, je ne me pose pas de questions. Je vois juste les mouvements passer dans moi. Et en même temps, j'ai appris à ne pas poser de questions. C'est-à-dire que je viens d'un milieu où les hommes font ce qu'ils veulent et où bien souvent on ne sait pas trop ce qu'ils font comme métier et où en fait on ne pose pas de questions. C'est comme ça.

Chacun a sa vie. Et puis aussi, il y a un grand respect du jardin privé de la personne en face. C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on est en couple ou qu'on est de la même famille qu'on doit tous avoir les uns sur les autres. Et donc, je ne pose pas de questions. Et pareil aussi pour les montres.

où je ne connais rien non plus aux montres. Et donc, monsieur échange, vend des montres. Et encore une fois, je n'en pense rien, je ne connais pas le prix des montres. Et en plus, ça ne me fascine pas du tout. C'est aussi comme tout dans les extrêmes. On fait beaucoup d'allers-retours entre Paris et Bruxelles. Il a un appartement de plus de 300 mètres carrés vers Odéon. Encore une fois, un truc un peu démentiel. On fait beaucoup d'allers-retours. Comme moi, je bosse un peu à Paris.

Mon bureau est là-bas. Et le reste du temps, à Bruxelles. Ça m'arrange aussi beaucoup qu'ils veuillent bien faire des allers-retours avec moi. Puis lui, il m'explique que justement, ces affaires sont entre Paris et Bruxelles. Et ça conduit très vite sur l'autoroute. Et c'est vrai que j'ai peur en voiture. Et là...

Le choc social et les premières alertes

Je n'ai pas peur en voiture, alors que c'est beaucoup d'intensité. Donc plusieurs fois à Bruxelles, je l'emmène en soirée. Quand nous sommes dans un grand groupe, je me rends compte qu'ils ne s'entendent pas du tout. Que la rencontre n'est pas facile, qu'il est très jugé. Parce que mes amis, c'est plus art, culture, design. Très propre sur soi, bien éduqué. Et lui, ses conversations, c'est plus Paris Saint-Germain, voiture, montre et beaucoup d'alcool.

Et il a un comportement très excessif, il parle beaucoup, il dit des gros mots. Donc, très rapidement, je me rends compte que ce n'est pas une bonne rencontre avec mes amis. Je me dis que mes amis sont un peu snobs. En fait, je m'en fous. Ce n'est pas avec eux que je vais faire ma vie. Et du coup, je choisis Charles et je... Je prends la distance et je me sens aussi excessivement jugée, donc j'ai un peu honte. En même temps, je me dis que je n'ai rien à prouver à personne.

Et ce qui est important pour moi, c'est d'avoir rencontré quelqu'un, de m'engager dans une relation. J'ai des œillères aussi complètes parce que j'ai mon meilleur travail, tout ce que j'ai voulu. J'ai rencontré un garçon avec qui l'arbre des possibles.

semble être absolument infinie. Donc en fait, que mes nouveaux amis, puisqu'en plus c'est une ville où je viens d'arriver, ne s'entendent pas avec lui, est-ce bien grave ? Même si ça me met mal à l'aise, je sais que c'est pas avec mes amis que je vais faire ma vie. je passe à autre chose. Un soir, je reçois des messages sur Instagram alors que mon compte est en privé et d'une jeune femme que je ne connais pas qui me dit « Voilà, je pense que tu es la... »

Dernière victime de Charles, j'aimerais que tu fasses attention à toi, tu as l'air d'être une personne plutôt sympathique. Je veux te prévenir, c'est un type dangereux, il est mythomane. Donc je vois ses messages, je les montre à Charles, je dis voilà, écoute, je reçois ça d'une personne que je connais, ni d'Ève, ni d'Adam, il serait bon de m'expliquer. Et lui me dit voilà, écoute, elle est complètement folle.

folle amoureuse de moi, depuis des années, elle me harcèle, elle a même trouvé ma nouvelle adresse en Belgique, elle est venue jusqu'à chez moi, elle m'écrit des lettres, elle contacte les gens autour de moi, ne lui répond surtout pas.

C'est un cauchemar sur Terre. Et donc, il prend mon téléphone et c'est lui qui lui répond. Il lui laisse un message hyper vulgaire en venant de mon téléphone. Une voice note sur Instagram, en l'insultant, en disant maintenant, ça suffit, tu me laisses tranquille. Je suis un peu choquée.

quant au ton de ce message parce que je pense pas que ça soit nécessaire de parler aux personnes comme ça je dis surtout si cette fille est pas l'amoureuse de toi il y a des façons de traiter les gens et en fait il y a quelque chose comme prendre soin d'un enfant Charles dit des gros mots, jette ses papiers par terre, insulte les gens. Il a tout pour être désagréable. Quand il se donne la peine d'être désagréable, il est vraiment désagréable.

Ce jour-là, il est vraiment odieux sur ce message. Je lui dis que je ne pense pas que ce soit une façon de traiter les gens. Lui me répond que de toute façon, je m'en fous des gens. C'est un truc récurrent. Il le dit souvent, mais moi, j'emmerde les gens. Je m'en fous des gens. Je m'en fous des autres. Je vis ma vie. Peu importe le jugement des autres, je ne m'excuse pas d'être qui je suis. Je suis moi, comme je suis, et advienne que pour un.

Je vois ce message avec cette fille et encore une fois, j'en pense rien. Il y a quelque chose de très maternel aussi, d'un peu d'ordre éducatif.

Gérer les alertes et la manipulation

Où il y a des fois où je dis « non, on ne fait pas les choses comme ça, ce n'est pas possible ». Et où je vois que lui, il a envie. Il y a un côté un peu enfant sauvage, où une gosse pourrait gâter qu'on a laissé grandir un peu tout seul. à qui finalement j'ai envie d'aider à grandir et à aller plus vers le côté adulte que ado. Et ça me plaît parce que c'est hyper libre et en même temps c'est très responsabilisant parce que ça me donne la place de l'adulte.

Après ça, Charles m'explique qu'il est jaloux et que lui n'a pas de contact avec ses ex. Il me parle souvent d'une de ses ex. Son prénom revient tout le temps. J'ai l'impression que c'est une espèce de grand drame dans sa vie, la rupture avec cette jeune femme. Et donc il m'explique qu'il apprécierait que moi, je coupe le contact avec mes ex. Et en fait, il supprime lui-même mon ex de mes réseaux sociaux.

Mon ex, ce n'est pas quelqu'un avec qui on plaisante, ce n'est pas quelqu'un drôle. Donc en fait, là, je signe avec un aller sans retour pour ne plus jamais avoir de contact avec mon ex, qui est quelqu'un avec qui j'ai passé cinq ans et j'ai eu une relation merveilleuse qui m'a énormément construite.

Et aveuglée, et par ce côté aussi adolescent, on se promet une espèce de fidélité, une espèce de « il n'y avait personne avant, il n'y aura personne après », très intense. Et je suis rien d'intense aussi. Yalla, j'y vais. Je ne me pose pas de questions. Ça fait un mois qu'on se voit et un soir il me dit je vais aller prendre un truc à emporter au bout de la rue et il ne revient pas. Et donc j'attends.

Premiers signes d'alcoolisme et inquiétudes

J'ai un rendu assez important le lendemain, donc j'attends jusqu'au moment où je n'attends plus. Je vais me coucher, j'ai une de mes amies qui essaye de l'appeler. Il ne décroche pas au téléphone, ni à moi, ni à mon amie. Et finalement, il finit par rentrer, ivre, sans nourriture, et ses propos ne font pas vraiment de sens. Donc il m'explique, oui...

C'était un traquenade, ils ont ouvert les bouteilles d'alcool, on a fait une dégustation, puis une chose à l'autre. Je n'ai pas vu le temps passer, mon téléphone en silencieux. Je lui exprime que j'étais hyper inquiète, qu'il ne faut pas faire ça. Et là, je commence à me dire qu'il doit y avoir un problème avec l'alcool.

Notre relation continue à avancer et ça doit faire deux mois qu'on est ensemble. Et là un soir il me dit je veux plus attendre, t'es la femme de ma vie, je voudrais faire un enfant avec toi, je suis prêt, j'ai tout pour... Juste pour qu'on soit heureux. Regarde, j'ai l'appartement à Paris, l'appartement à Bruxelles. Tout cet argent, on pourra faire ce qu'on veut. Et moi, je trouve ça charmant. Donc je ne réfléchis pas.

Et je suis juste heureuse. Je suis juste heureuse parce que je m'étais toujours dit qu'à 30 ans, je ferais un enfant. Parce que je pensais qu'avec mon ex, on serait mariée et en train de faire un enfant à ce moment-là. Et puis, j'ai aussi cette pression familiale de « il faut faire un bébé, vite, vite, vite ».

avant que ça soit trop tard. Il faut rencontrer la personne parce que déjà 30 ans, parce qu'après, pour la carrière, c'est compliqué. Et donc, c'est un grand tic dans la liste des choses à faire dans la vie. On en parle à deux, trois amis. J'ai un ami qui me dit peut-être qu'il faudrait faire la théorie des quatre saisons, vivre quatre saisons avec lui et déjà voir si on tient quatre saisons. Je me vois bien avec un enfant, même si ce n'est pas très...

construit là où je vais, vu que je viens entre deux pays. Et moi, qui suis fille unique, j'ai toujours eu envie d'une famille, j'ai toujours eu envie de construire ça. Et puis, ma meilleure amie est enceinte à ce moment-là. Donc l'idée me plaît. En même temps, il y a des moments où je ne sais pas si je peux vraiment m'engager avec cet homme-là dans l'aventure d'un enfant.

Parce qu'il y a des soirées où il ne répond pas au téléphone. Il y a une soirée où on devait se retrouver. Et je n'ai pas eu de nouvelles et on n'habite pas très loin, donc je suis passée chez lui. Et en fait, la clé, ça n'ouvrait pas la porte. Donc c'est qu'il est à l'intérieur de chez lui. Pas de réponse au téléphone.

Comme il boit de l'alcool, est-ce qu'il a fait un coma ? Est-ce que ça va ? Est-ce que j'appelle les pompiers ? Et tous ces appels, ce peu d'espace pour moi avoir le temps de réfléchir. Et en même temps, il y a des rendez-vous non honorés, des changements de programme à dernière minute, et cet alcool constant. Et il y a des moments où je me demande même si le matin, il est passé où.

quand je l'ai au téléphone déjà à 11h du matin. À chaque fois, c'est avec des clients, c'est parce que j'ai célébré une bonne vente. Il y a toujours une bonne raison. Tant que je m'étais dit, faire un enfant, idée charmante, mais peut-être pas avec n'importe qui.

La révélation de la prison

Un soir, il m'explique, toujours autour de beaucoup d'alcool, qu'il a fait de la prison. Une douche froide et à la fois, je lui demande... pourquoi il a fait de la prison et il m'explique qu'il a fait de la prison pour alcool au volant après de nombreuses arrestations pour avoir conduit en état d'ébriété sur des vitesses excessives. Je ne sais pas trop quoi en penser.

Quand il m'explique ça, il y a un côté partage de secrets lourds, grosse confiance, il pleure, il y a un côté révélation. En fait, c'est un peu... Un drame. On est dans un drame absolu. Et c'est surtout la peur que je le quitte parce qu'il a fait de la prison. Et moi, ça me touche qu'il ose s'ouvrir à moi. Et à la fois, je n'ai jamais été avec personne qui avait fait de la prison.

C'est effrayant. Mais le côté... Je t'avoue que j'ai fait quelque chose de très mal qui m'a conduit jusqu'à la prison. Il y a un côté privilège de savoir ce genre de choses. Je pense qu'on a tous des choses à se reprocher. À ce moment-là, je suis aussi très amoureuse et je pense que ça, ça vient renforcer encore plus le sentiment amoureux puisque je me dis maintenant, on s'est tout dit.

Lui, il connaît toute ma vie. Moi, maintenant, même les zones d'ombre, jusqu'à la prison, je la connais. Si c'est que pour de l'alcool au volant, ça me confirme aussi qu'il y a quand même cette notion d'alcool qu'elle a depuis un moment. chacun a ses squelettes dans le placard et j'ai les miens et je me dis ok moi c'est finalement pas un problème pour moi et j'en parle à mes proches et pareil

sans en parler à ma mère, parce que c'est hors de question d'en parler à ma mère. J'en parle à mes proches et tout le monde me dit « Alcool au volant, écoute, si c'est ça, c'est pas très grave ». Il a un décès dans sa famille d'une personne qu'il a quasiment élevée. Et je comprends très vite que pour lui, la famille, c'est un sujet particulier. Lui, il a l'air d'avoir grandi beaucoup avec ses grands-parents.

D'où lui vient sa fortune. Et la personne qui est décédée est de la génération de ses grands-parents et une de ces personnes qui l'a accompagnée toute son enfance. Et j'ai sa mère au téléphone, puisqu'il fait des... FaceTime audio avec sa mère de temps en temps. Elle me remercie d'être dans la vie de Charles. Elle me dit qu'elle le sent plus apaisée, qu'il y a quelque chose d'un peu plus mature, que c'est très agréable et qu'elle espère avoir...

qu'elle espère pouvoir me rencontrer. Et donc là, l'enterrement va se passer au Sable d'Olonne. Il m'explique qu'il aimerait bien que je vienne avec lui. Donc là, c'est aussi à moi de rencontrer son clan à lui. Je n'ai pas l'enterrement avec lui et je ne rencontre pas ses parents. Encore une fois, il y a une bonne excuse. Finalement, ça ne le fait pas, c'est trop compliqué. Et puis, c'est un enterrement, donc moi...

On n'est pas ensemble depuis longtemps. Aller en enterrement avec lui, enterrement égale souffrance, tristesse, besoin d'être qu'en intime. Je ne connaissais pas cette personne, donc je le laisse aller au sable d'Olonne seul.

La rencontre avec Loïc et la vérité

Et on se dit que je rencontrerai sa famille à une autre occasion. Un peu de temps après, à Paris, je rencontre un de ses amis. Loïc est un garçon charmant. Sur le moment où je me rends compte qu'il est... Le directeur du bar vient de nous voir en nous disant « Charles, ce soir, j'aimerais que tu te tiennes. » Et lui, il lui répond « Je suis amoureux. Maintenant, j'ai changé. Ma vie est différente. » Et moi, je trouve ça...

mignon. Je rencontre cette amie Loïc, on passe une soirée très sympa. On rentre à Bruxelles et quelques temps plus tard... Ce Loïc me téléphone et là, il m'explique « Mais où es-tu ? Je vous attends. Je suis à Bruxelles. Que se passe-t-il ? » Et je me fais insulter.

Et comme quoi je suis une mytho, que je suis une putain de dingue comme Charles, qu'on s'est bien trouvés, qu'on est cinglés tous les deux. Donc je ne comprends pas du tout ce qui se passe. Et surtout, je n'ai pas le temps de répondre. que la personne en fait se raccroche.

Du coup, je rappelle, j'envoie des textos expliquant que je ne sais pas ce qui se passe, que j'ai besoin de comprendre, que j'entends que cette personne est fort fâchée, mais que moi, je ne sais pas du tout ce qui se passe. Je suis en train de travailler, je suis à Bruxelles et je ne sais pas pourquoi cette personne m'attend.

Et donc, il finit par me rappeler. Il m'explique qu'il faut que je prenne du temps, qu'il va me raconter qui est Charles et que je ne sais pas qui est Charles. Et qu'en fait, finalement, je suis quelqu'un de bien qui s'est fait prendre au piège. par un mythomane. Et donc là, en fait, j'apprends que Charles ne travaille pas du tout, que oui, il est héritier, qu'il a énormément d'argent, mais qu'en fait, il n'a pas besoin de travailler, donc il ne fait rien de ses journées.

À part faire des paris de sport, vendre des montres, changer des voitures, qu'il n'a en fait jamais travaillé de sa vie, à part 15 jours dans l'immobilier où il a fait n'importe quoi avec ce Loïc justement, qu'il le connaît depuis ce moment-là. Et surtout qu'il voit plein d'autres filles, en fait, qui m'a déjà bien trompée, qu'il est sur toutes les apps possibles et imaginables à Paris et à Bruxelles.

Et qu'en fait, il faut que je me sorte de là le plus rapidement possible parce que lui pensait que j'étais complètement au courant de absolument tout ça. En fait, Loïc m'a téléphoné parce qu'on était censé être en chemin depuis la soirée d'avant. Pour aller chez lui, il avait cuisiné avec sa compagne pour nous. Et Charles leur avait envoyé des photos de son sac de voyage, de lui en train de conduire, et leur avait dit qu'il était sur le chemin.

Or, le soir d'avant, on faisait un dîner chez moi, avec des amis à moi, et jamais j'ai été mise au courant qu'on était censé aller dîner chez Loïc à Paris. Je me rends compte qu'il m'en... à ses proches. Il m'a menti à moi sur toute la longue et qu'en plus de ça, il emmène ses mensonges au-delà de l'entendement. C'est-à-dire que c'est une espèce de jeu de manipulation parce qu'il n'a jamais été une seule seconde question qu'il aille apparaître.

Et donc Loïc me dit voilà, sache que tu es la bonne personne pour qu'il veut faire un enfant avec toi, parce que ça présente bien, parce que ça fera bien sur le papier et devant tout le monde, dans son milieu. à lui aussi. Mais qu'à côté de ça, il continue à se taper des jeunes femmes sur les réseaux, sur les applications. Et que moi, je fais juste bonne figure et que c'est un bon investissement.

Du coup, j'appelle Charles, qui s'énerve, qui raccroche, qui dément, qui aussi pète les plans en me demandant pourquoi je me suis mêlée à ça. Chose que je lui explique, c'est que moi, je me suis mêlée à rien, en fait. On est venu me chercher. Et on m'a raconté tout ça. Et donc, je lui propose qu'on se voit pour en parler. Et le soir, même, je vais à un événement de travail dans une vente aux enchères.

Incident, arrestation et prise conscience

Je lui dis qu'on peut se retrouver après. Il va trouver l'adresse de la vente aux enchères où je travaille. Il va arriver ivre. Sauf que si on ne connaît pas bien Charles, on peut prendre ça pour quelqu'un avec une certaine... une certaine gouaille et des manières peu élégantes. Sauf que moi, je sais qu'il est saoul, en fait. Je passe une soirée en enfer. C'est-à-dire qu'il va en chérir sur des objets. Je sais qu'il ne les achètera pas.

qui fait juste ça pour me mettre mal. Je suis en train de payer la conversation que j'ai eue avec son ami. Et quand je sors de cette soirée, j'ai des copains qui me disent « mais viens prendre un verre, on est dans tel endroit ». Il vient avec moi. Et là, mes copains sont aussi en pleine forme. J'ai deux, trois copains qui sont assez bons vivants aussi. Donc, on s'engraîne à prendre des verres. Moi, je n'ai pas du tout d'énergie. Je suis fatiguée. La soirée m'a saoulée.

Clairement, j'ai juste envie que ça s'arrête. Et donc, il renverse des verres, il est odieux avec les voisins d'à côté, il a un côté un peu bagarreur et provocatif. Donc, j'en peux plus. J'ai un ami qui me dit « ramène-le chez lui, écoute, il est saoul ». Charles insiste pour rentrer quand même en voiture. Et là, on part en voiture. Il démarre en trombe devant le bar. Et 600 mètres ou 500 mètres plus loin, on se fait arrêter par la police.

Il me dit, écoute, explique-leur que tu vas me larguer, que je viens de vivre un décès. Il faut absolument que tu me sortes de là. Je ne peux pas retourner en prison. S'il te plaît, appelle mon avocat. Donc là, je me retrouve avec la police.

Il doit être une heure du matin, en talon, en robe du soir, avec ce bolide, cette espèce de mec en face de moi. Et je me dis, mais là, je prends la distance. C'est-à-dire que la situation est tellement à dormir debout que je me dis, mais tu fais n'importe quoi. Genre, réveille-toi. J'explique à la police, je vais le quitter. En effet, il a eu un décès. Monsieur ne va pas très bien en ce moment. Et puis, je pars, en fait.

Tout ce qui nous est passé ces deux derniers mois, cette jolie bulle intense d'amour, de délire adolescent de plus, plus, plus, elle explose parce que ça va trop loin. Parce que là, on est en plein milieu de la nuit, je suis avec la police.

suffisamment peu loin du bar où on était pour que tous mes amis sachent que là, je suis avec la police. Et en fait, je me vois moins et la police me dit « Mais mademoiselle, pourquoi c'est pas vous qui conduisez ? Vous êtes pas en état d'ivresse ? Puis vous avez l'air d'être plutôt quelqu'un de responsable. » Et en fait, ça vient me sonner complètement. Je me dis, Alice, il faut vraiment que tu te prennes en main. Ce n'est plus possible. Donc je rentre et j'éteins mon téléphone.

L'avocate confirme l'ampleur problèmes

J'ai appelé son avocat avant d'aller me coucher, que j'ai réveillé, qu'il m'a dit qu'elle ne pouvait rien faire. Et surtout, elle me dit « je vous rappellerai demain ». Donc le lendemain, j'ouvre mon téléphone, plus d'une trentaine d'appels en absence, des messages, et puis un message pour me dire que finalement...

Il est rentré chez lui, il n'a pas passé la nuit au poste, et j'ai son avocate parisienne qui m'appelle. Et là, elle m'explique qu'elle suit Charles depuis qu'il a 15 ans, depuis qu'il a hérité de cette fortune colossale.

où elle pense qu'un jour, il n'y en aura plus de fortune, vu la façon dont il la délapide. Qu'en effet, c'est quelqu'un de très intense et très touchant. Qu'elle, elle l'a suivi jusqu'à ce qu'il rentre dans le pénal. Et qu'à partir du moment où il était dans le pénal, bah... elle n'a pas pu continuer à le suivre et qu'en fait, ça allait trop loin, qu'elle a récupéré les parents des dizaines de fois au bout, qu'elle a vu le père et la mère pleurer plein de fois.

Et qu'elle-même a fini par pleurer, qu'il a fallu le chercher en prison, que oui, il a fait de la prison. Et que j'ai l'air d'être quelqu'un de bien et qu'il faut que je m'éloigne de ce garçon parce qu'il va tout me prendre et rien me laisser. Et qu'elle, elle ne voulait plus aider Charles.

Traiter la vérité, honte, tentative

Et elle me confirme qu'il a un gros problème avec l'alcool. Charles est donc alcoolique. En fait, je me demande comment j'ai fait pour aller si loin. Pourquoi j'ai eu besoin d'aller si loin ? Qu'est-ce que je suis allée chercher ? Parce que je suis quelqu'un qui tire des enseignements de tout ce que je vis.

Et donc là, en fait, la prise de décence, elle est énorme. D'un coup, je mets tous les éléments les uns à côté des autres et je me rends compte que c'est absolument n'importe quoi du début à la fin. Et je m'en veux beaucoup, j'ai terriblement honte, je ne sais pas à qui en parler.

Je me sens très, très, très, très, très seule. Et puis, idiote, complètement idiote. Et je ne sais pas quoi faire, en fait. Et j'ai quitté ce garçon adorable, hyper gentil pour cette espèce d'histoire complètement folle. Et je m'en veux.

Et je ne sais pas quoi faire. Et le problème, c'est que oui, on n'arrête pas d'aimer les gens du jour au lendemain. Et puis, il y a aussi ce syndrome de je pourrais peut-être l'aider. Peut-être que moi, je vais être la personne qui va changer la vie de cette personne. Et puis, je me dis, il y a aussi...

pathologie derrière. C'est-à-dire qu'il faut qu'il se fasse suivre, parce que je ne suis pas sûre qu'il ait une bonne prise sur le réel. Je me demande comment est articulée sa pensée. Et j'ose croire que lui aussi... partie de lui qui m'aime vraiment. Je me dis que peut-être je pourrais l'aider, peut-être je peux le sauver, peut-être que moi je peux lui recommander des gens pour qu'il aille mieux. Donc je laisse passer un peu de temps et je lui donne rendez-vous dans une...

place publique. Un truc que j'ai appris dans la vie, c'est que toute discussion importante ou break-up doit se passer dans un espace public. Et il y a des explications un peu floues.

Et en même temps, il me dit qu'il m'aime, qu'il va changer, qu'il va prendre rendez-vous avec un spécialiste des addictions et plus spécifiquement de l'alcool, qu'il est prêt à prendre des médicaments, qu'il va aller voir un psy qui tient follement à moi et qu'en effet, il a changé, qu'il a envie de construire et que maintenant... Il sait que je sais tous ces mensonges. Finalement, il n'y a plus rien à découvrir. Et donc, on se remet ensemble, malgré tout.

La rechute et autres mensonges

Il y a le Tour de France de vélo à Bruxelles et sa meilleure amie vient passer le week-end. Il m'explique, voilà, on va passer le week-end tous les deux, peut-être qu'on arrivera à se croiser en fonction des employés des temps les uns et les autres. On se voit avant qu'elle arrive, en sachant qu'on s'est remis ensemble sans s'être remis ensemble. Je suis quand même sur la réserve et je vois comment les choses se passent.

On passe le début de la nuit ensemble et vers une heure du matin, il me dit qu'il faut que je parte parce qu'elle arrive. Donc, je le laisse partir. Je reçois des appels, des petits messages, des photos, mais on ne se voit pas du week-end. La semaine suivante, on est à Paris. Il fait un temps sublime. C'est Pâques, donc on est très en vacances. Ça se passe merveilleusement bien. Je rencontre un autre de ses copains. On se balade le nez au vent. Il n'y a pas trop d'alcool, pas d'excès.

C'est hyper agréable. Je sens qu'il a envie de changer et qu'il prend les choses en main. Donc je me dis, pourquoi pas ? Ça pourrait être... Ça va peut-être pouvoir marcher. Et finalement, on rentre à Bruxelles et on reprend les mauvaises habitudes très rapidement. Beaucoup d'alcool, des soirées jusqu'à tard encore. Et ces espèces de monologues où...

où il est en bouffe sur un sujet, et plus il y a d'alcool, et plus c'est comme ça, et en fait, moins c'est intéressant, et plus je tourne en rond. Et du coup, l'idée germe qu'il faudrait que je contacte la meilleure amie pour savoir elle. ce qu'elle en pense et comme elle connaît le personnage depuis aussi très longtemps, s'il lui a parlé de moi, si elle sent des changements ou quoi que ce soit. Donc je contacte cette jeune femme via Instagram et on prend un café à Paris. Et en fait...

Elle m'apprend qu'elle n'est pas du tout sa meilleure amie, mais son plan cul. Et qu'en fait, ils couchent ensemble depuis qu'ils ont 15 ans, et que c'est comme ça qu'ils sont amis sans être amis, en fait. Et que le soir où on s'est retrouvés, il a eu des rapports sexuels avec elle.

Et donc là, on se raconte toutes les pires phrases qu'il a pu faire. Moi, en fait, finalement, très peu. Et elle, voilà, elle me fait un peu un compte-rendu de 15 années d'effroi. Et en fait, je ne comprends pas ce que cette jeune femme fait encore là.

Et surtout, je me rends compte de l'emprise qu'il peut y avoir sur les gens. Et je demande à cette fille aussi si elle connaît la jeune femme qui m'a contactée sur Instagram. Elle me répond que oui, qu'en effet, cette fille a été très amoureuse de Charles. Et en fait, là, je me dis, bon, il faut que je me dégoûte de cette histoire. Il faut que ça s'arrête. Il y a un côté hyper addictif. Là, il y a eu l'explosion des mensonges.

il y a eu la police. Maintenant, il y a cette jeune femme qui t'explique qu'en gros, il y a des rapports sexuels avec toi, puis juste après avec elle. À quel moment je vais réussir à m'extraire de ce truc ? Tout en sachant que tout ce que je vis là, je ne le raconte à personne, parce que j'en ai terriblement honte.

Connecter avec d'autres victimes

Et donc, je me dis quand même, là, on arrête et on prend de la distance. Du coup, je contacte aussi l'autre jeune femme. Je me dis, tant qu'à faire. Autant aller aller à fond. Je rencontre l'autre jeune femme qui me raconte, elle aussi, toutes les frasques et qui, en fait... Elle aussi me dit qu'il fait ça avec moi depuis hyper longtemps, mais il y en a plein. Si on enlève cette histoire, ce sont mes filles, somme toute, très normales.

comme moi. C'est des jeunes femmes avec un beau début de carrière, des familles sympathiques, plutôt bourgeoises, éduquées, et qui se sont retrouvées dans un truc où on est une espèce d'englué de ne pas savoir se débarrasser de cette relation. Et en fait, la dernière jeune femme...

que je rencontre, m'explique qu'elle a une application sur Instagram qui lui permet de voir toutes les nouvelles personnes qu'il ajoute. Et que du coup, elle a fait de sa mission de contacter toutes les jeunes femmes qu'il ajoute pour leur dire qu'il est en jeu.

Je me rends compte qu'il y a déjà des nanas qui se sont posées des questions, qui savent que le comportement est dangereux, et en même temps, elle, elle essaye de le voir quand même. Donc c'est hyper pernicieux et pervers. C'est-à-dire qu'il y a un truc où on sait que la personne est malsaine, et en même temps...

le voir quand même, tout en essayant. Donc je me dis, c'est quand même sale. C'est-à-dire que les deux me décrivent un personnage qui est pervers, et en même temps, les deux n'arrivent pas à en sortir. Et encore une fois, je me dis, mais Alice, prends les enseignements et extirpe-toi de ce truc. Où est ton jugement, ton bon sens ? On se voit pas, il y a la distance qui est prise, et puis je lui explique, moi je veux juste récupérer mes affaires, et en fait, je veux passer à autre chose.

La grossesse inattendue et l'avortement

Sauf que 10 jours plus tard, je me rends compte que je suis enceinte. Et là, mon monde s'arrête. C'est-à-dire que j'ai pris la décision de quitter cet homme. de rentrer dans une espèce de phase de désintox où il n'y a pas de réponse au message, où il faut que je sois hyper disciplinée avec moi-même, où je dois me focus sur mon travail. Et finalement, en fait, je suis enceinte. Et il est complètement...

Impossible pour moi d'imaginer de faire un enfant avec cet homme-là, parce que je sais qu'un enfant, c'est signé avec 30 ans de vie avec quelqu'un, quand bien même on n'est pas ensemble. Et en même temps, c'est ni la personne que je suis, parce que moi, je viens d'une...

d'une relation extra-conjugale où ma mère a fait un choix de me garder. Et donc, si elle vient me chercher sur les fondements même de ma personne, ça mêle beaucoup de choses. Donc, il y a énormément de tristesse, beaucoup de solitude, parce que...

parce que je sais pas à qui en parler j'ai pas un cercle suffisamment intime pour pouvoir raconter tout ça à quelqu'un à ma mère c'est juste impensable à mes amis d'Angleterre encore moins je viens de faire une erreur colossale qui dans le milieu dans lequel je viens est... inacceptable, inracontable, de l'ordre de... Donc, je suis juste face à moi-même. Et il faut que je prenne une décision. Et c'est pas une décision que je veux prendre seule.

Donc du coup, je l'appelle, je lui explique. Et comme tout est toujours absolument là où je ne l'attends pas, il est ravi. C'est pour expliquer un peu le degré de folie. On n'est plus ensemble. Il m'a menti, on a fait la police. Et il est encore complètement dans la désillusion. Aucune prise au réel.

Donc là, il me dit, c'est génial, il faut absolument que tu le gardes, ça va être fantastique, on a des parents incroyables. Et je lui dis, mais pas du tout. On ne va pas être des parents incroyables, on ne va pas du tout être ensemble. Et en fait, je t'informe. je t'informe, je ne te demande pas ton avis, juste j'estime que je t'informe. Donc on se retrouve pour discuter, on va au rendez-vous pour savoir à quel point je suis enceinte.

Moi, innocemment, jamais avortée de ma vie, je pensais que c'était le truc le plus simple à faire du monde. Et en fait, j'apprends que ce n'est pas simple du tout, qu'il y a des listes d'attente, qu'en plus, moi, j'ai un régime, je n'ai pas encore de papier de résidence, donc je n'ai pas de numéro de sécu.

J'appelle les hôpitaux, il faut attendre au moins trois semaines, on vous demande de passer des tests psychologiques, on vous demande d'attendre trois semaines ou quinze jours pour savoir si vous prenez vraiment votre bonne décision. Et donc, déjà, je trouve ça hyper dur.

Et donc, on va, finalement, je trouve une clinique privée qui peut bien me prendre pour une échographie. Et moi, je m'étais toujours dit que le jour où je ferais une échographie, ça serait un moment... Vous voyez, c'était un truc un peu cheesy. On le fera ensemble. Ce sera pour avoir un enfant. Ce sera un truc désiré. Et finalement, là, c'est pas du tout ça. Donc, on va avoir ce truc. Et là, je tombe sur un médecin.

complètement délirant. Et le mec me dit, vous êtes un couple génial. Vous allez faire des parents merveilleux. Ça va être hyper rock and roll. Et en fait, moi, j'explique, mais moi, j'ai pas du tout envie de garder cet enfant. Je veux pas. Et donc le mec nous lâche comme ça dans la nature en disant, réfléchissez bien quand même. Alors Charles, lui, il est aux anges. Il est hyper content. Donc encore une fois, il est là avec sa liesse de billet. Il paye le médecin.

cache, on va prendre un verre, il est 14h, je prends un thé vert, lui prend un whisky, et je lui dis, en fait, je ne veux pas le garder. Et je ne ferai pas d'enfant avec toi, en fait. Et en même temps, ça me fait un mal de chien. Il me dit, écoute, je vais rentrer chez moi, je vais me reposer, il faut que je réfléchisse un peu, mais on se retrouve ce soir pour dîner. Et en fait, je n'aurai plus de nouvelles. Plus de nouvelles du tout.

Et donc, j'avais rencontré une fille anglaise adorable. Je prends mon téléphone. Cette fille, je la connaissais littéralement depuis deux mois. Et je lui dis, viens me voir parce qu'en fait, ça ne va pas du tout. Donc, elle reste avec moi pendant plusieurs jours. Elle vient habiter chez moi et on discute.

nuit et jour. Comme elle le dit, autant qu'il faudra. Et puis, vient l'avortement, je crois que c'est une dizaine de jours plus tard. Et donc, pas de nouvelles. Et donc, du coup, ça va pas. Mais j'avance, je fais mon travail. Et je vois quand même ma famille, tout ça. Et puis, le jour d'avant l'avortement, j'apprends que ça va me coûter 700 euros. Je ne les ai pas. Et surtout qu'on va me faire une anesthésie générale. Et en fait, moi, j'ai peur de mourir.

Et je ne m'étais jamais posé toutes ces questions. Et donc en fait, ma famille voit que ça ne va pas. Et finalement, j'en parle quand même un peu. Et puis du coup, j'ai un de mes cousins qui me dit « je vais t'accompagner ». Et puis, je vais te payer ça et tu me le rembourseras ou pas, on s'en fout. Et donc, le jour où on arrive, je lui ai quand même envoyé les horaires de l'opération et tout ça. Et le jour où on arrive...

En fait, il est devant la clinique. Je suis hyper surprise. Il m'attendra dans la salle d'attente. On sortira de ça ensemble. Mais c'est quand même moi qui aurai tout payé.

L'après, la guérison et les leçons

Et après ça, en fait, c'est fini. C'est fini, je ne veux plus. Donc, je passe un été particulièrement seule et confuse. Il se passe pas mal de choses entre la honte, la colère, l'incompréhension aussi. Pourquoi, encore une fois, pourquoi j'ai eu besoin d'aller aussi loin ? Pourquoi je me suis mise dans cette situation ?

pourquoi j'ai flirté avec le danger, avec la mort, avec la vie. Il y a plein de choses qui se mélangent. Et surtout aussi beaucoup de solitude, parce que je ne sais pas à qui en parler, parce que ma meilleure amie vient d'accoucher d'un enfant. Total opposite de ce que moi j'ai vécu. Je finis quand même par le dire à ma mère que j'ai avorté et que j'ai besoin de temps. Je ne regrette pas du tout d'avoir avorté.

Je sais que j'ai pris la meilleure des décisions. Je sais que je ne veux pas faire des enfants avec un homme comme lui. Je sais que c'est une responsabilité à deux et qu'on ne peut pas mettre un enfant dans la vie de quelqu'un qui va aussi mal. On aura des échanges de quelques messages pendant l'été, mais je sais qu'il ne faut pas y retourner, il ne faut pas prendre de nouvelles et il y a cette envie de jouer avec le feu.

Mais je pense qu'elle est en train de... Elle n'a fait que diminuer depuis la conversation avec Loïc où je me rends compte qu'il est mythomane. Puis celle avec sa meilleure amie. Puis la police, puis tout ça. Je sais qu'il ne faut pas y retourner.

La clôture de l'histoire

Donc en septembre, on finit par se revoir pour qu'il me rende mes affaires. Et je récupère mes affaires, il arrive, il est super habillé, parfumé, nouveau soulier. Et je le reçois dans le vestibule de mon immeuble. Et moi, je reste d'un côté de la porte. Et lui, il est dans le vestibule au milieu. Je lui demande de déposer le sac. Là, par l'interfun.

Et il me regarde avec un sourire et il dit mais on va pas déjeuner ensemble ? Et je lui dis non, je récupère mes affaires, j'attends qu'ils soient partis, je récupère mon sac et je leur verrai jamais. Donc j'ai plus de nouvelles, et tant mieux. Et six mois plus tard, vers la date où j'aurais pu accoucher, je reçois un mail avec...

La bague de fiançailles d'une fille en me disant qu'il a rencontré quelqu'un. Et aussi en me disant qu'on aurait pu être parents à ce moment-là. Et donc je lui expliquerai que c'est très inadéquat d'aller me chercher là-dessus. Et aussi que si jamais un jour dans ma vie, je le recroise.

Je ferais comme si on ne s'était jamais rencontrées et que je ne savais pas qui c'était. Parce que c'est la pire personne que j'ai rencontrée de ma vie. Cette histoire, c'est du passé. Ça m'a appris beaucoup de choses sur moi, sur... ma gestion humaine et aussi de prendre plus mon temps, de savoir que les gens ne sont pas forcément ce qu'ils paraissent être. Et aussi, j'ai appris à me méfier de moi-même. Et maintenant, je suis dans une relation hyper saine avec quelqu'un de très gentil.

Et j'étais plutôt quelqu'un avant qui justement faisait confiance à un peu n'importe qui et tout le monde, parce que je croyais que c'était la beauté de la vie. Et je pense que la maturité aussi, c'est de perdre cette innocence, de croire que tout le monde y est gentil.

Parce que c'est pas vrai. Je travaille dans le développement durable maintenant. J'ai envie d'avoir des enfants. Après, quel moment on va leur laisser ? C'est un peu la grande question. Mais oui, j'ai toujours envie de fonder une famille. de pouvoir élever un petit être et voir comment on peut faire un humain décent.

Forcément, il y a des relents de cette histoire. Sans que ce soit la relation avec Charles, c'est plus le corps, avoir déjà avorté. Il y a des questions qui forcément vont avec ça. C'est aussi... Je lui en veux d'une certaine manière de m'avoir volé ma première grossesse. Parce qu'il y a un truc hyper fantasmé. Mais ça, c'est du plateau TV Disney.

Encore une fois, c'est une version du réel qui n'est pas le réel. Et si je deviendrai maman, je pense que tout ça s'efface et ça prendra beaucoup moins de place. Et puis c'est comme tout, avec le temps, les choses prennent moins de place. Abonnez-vous ! Sous-titrage Société Radio-Canada Prise de son, montage et réalisation, Victor Benhamou. Musique, Arnaud Denzler. Retrouvez tous les épisodes de transfert sur slate.fr ou sur votre application de podcast préférée.

Pour proposer une histoire, vous pouvez nous envoyer

This transcript was generated by Metacast using AI and may contain inaccuracies. Learn more about transcripts.
For the best experience, listen in Metacast app for iOS or Android