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Un miracle au bout du couloir

Mar 14, 202419 minSeason 8Ep. 313
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Summary

Alors qu'Amélia commence une nouvelle vie à Londres et tombe amoureuse de Félix, un événement tragique bouleverse tout : Félix est victime d'une rupture d'anévrisme foudroyante. Transporté à l'hôpital en Belgique, son état est jugé désespéré par les médecins. Face à cette situation critique, sa famille et Amélia doivent prendre des décisions déchirantes, mais un événement inattendu redonne espoir et ouvre la voie à une longue et difficile rééducation, scellant leur lien pour toujours.

Episode description

«Car le sommeil, ayant fermé leurs paupières, fait oublier à tous les hommes les biens et les maux», écrivait Homère dans L'Odyssée. Pour s'initier aux mystères du sommeil, les Grecs s'adressaient à deux dieux: Hypnos, dieu du sommeil, frère jumeau de Thanatos, dieu de la mort, tous deux fils de Nyx, déesse de la nuit. L'un est apprécié, l'autre craint. Ensemble, les deux génies ailés partent accomplir leur mission.
Alors qu'elle commençait une nouvelle vie, Amélia s'est retrouvée face à Thanatos. Mais qui sait comment une nuit peut finir, quand la frontière entre le sommeil et le repos éternel est si fine?

L'histoire d'Amélia a été recueillie par Adélaïde Ténaglia.
Transfert est produit et réalisé par Slate Podcasts.
Direction éditoriale: Christophe Carron
Direction de la production: Sarah Koskievic
Direction artistique: Benjamin Saeptem Hours
Production éditoriale: Sarah Koskievic et Benjamin Saeptem Hours
Prise de son, montage et habillage musical: Victor Benhamou
Musique: Moon Rider - Camille Ballon

L'introduction a été écrite par Sarah Koskievic. Elle est lue par Aurélie Rodrigues.

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Transcript

Introduction et nouvelle vie à Londres

Car le sommeil, ayant fermé leurs paupières, fait oublier à tous les hommes les biens et les maux, écrivait Homer dans l'Odyssée. Pour s'initier au mystère du sommeil, les Grecs s'adressaient à deux dieux. Hypnos, dieu du sommeil, frère jumeau de Thanatos, dieu de la mort, tous deux fils de Nyx, la nuit. L'un est apprécié, l'autre craint. Ensemble, les deux génies ailés partent accomplir leur mission.

Alors qu'elle commençait une nouvelle vie, Amélia s'est retrouvée face à Thanatos. Mais qui sait comment une nuit peut finir quand la frontière entre le sommeil et le repos éternel est si fine. Vous écoutez Transfer, épisode 313. Un témoignage recueilli par Adelaide Tenaglia. J'arrive à Londres en 2000 pour faire un master en réalisation et montage dans une école de cinéma. C'était mon rêve, donc j'étais super contente.

Je suis célibataire aussi, super contente. Je recommence tout à zéro. Et je trouve un tout petit appartement sur Porto Bolero Road que j'adore aussi. Vraiment, la vie s'installe. de manière absolument géniale. Et moi qui ai toujours aimé les bandes, il y a certains copains de mes anciennes bandes de Bruxelles, parce que je suis de Bruxelles originellement.

Rencontre et amour avec Félix

sont aussi dans le coin et donc j'ai toute une bande de copains, plus mes nouveaux copains de l'école de cinéma. Il y a un copain dans cette bande que je connais depuis assez longtemps. Il est belge aussi, mais il a grandi à Londres. Il est plus jeune que moi, il ne m'a jamais vraiment intéressé autrement qu'un copain. Un jour, je le croise à Porto Belo Road, puisqu'on était toute cette bande, on se voyait tout le temps.

Après une petite discussion comme ça, je tombe raide, dingue, dingue, coup de foudre amoureuse de lui. Je me dis, ce n'est pas possible, ça va passer. Ça va passer, on tombe amoureux comme ça, quand on est célibataire, mais ça ne passe. Pas du tout. On s'embrasse un soir, je suis super contente, mais après, plus rien. Et moi, je rame, je rame, je suis triste parce que je pense à lui tout le temps et il n'a pas envie, lui, apparemment.

Après avoir ramé pendant peut-être 4-5 mois, on se retrouve à une fête pour son anniversaire. Et là, on s'embrasse et on ne s'est plus quitté depuis, vraiment. Et il s'installe plus ou moins avec moi dans mon petit appartement à Porto Belo Road. Lui, il fait des études d'architecte d'intérieur et moi de cinéma.

Tout est bien, je suis super contente, on est tous les deux super amoureux et on décide même de s'installer ensemble avec un autre couple de copains à Londres, fin septembre de l'année d'après. Donc ça fait un peu moins de six mois qu'on est ensemble.

Et c'est nouveau, un nouvel endroit de fête. On fait beaucoup de fêtes dans cet appartement avec nos colocataires, notre bande de potes. Et voilà, ça fait plus ou moins un mois qu'on habite ensemble. Sa grand-mère meurt, donc il rentre à Bruxelles pour son enterrement.

L'anévrisme et l'arrivée à l'hôpital

C'était un week-end et ce week-end-là, nous, comme d'habitude, on faisait un peu la fête. Et le dimanche matin, il y a mon colocataire qui rentre dans ma chambre avec une drôle de tête. Enfin, il me réveille en fait. Il m'annonce que le frère de Félix... l'a appelé pour lui annoncer qu'il a eu une rupture d'anévrisme. Félix est rentré à Bruxelles pour l'enterrement de sa grand-mère.

qui a donc lieu le samedi, et le dimanche matin, il dort chez lui, avec ses parents, puisqu'il habite à Londres, il n'a pas de maison à Bruxelles, et tous ses frères sont là, ils sont quatre frères. Et au petit déjeuner, un mal de tête extraordinaire, apparemment. Sa mère s'inquiète un peu. Il va prendre une douche. Elle le retrouve à quatre pattes, en train de vraiment hurler de douleur. Il s'évanouit quasiment devant eux.

Il l'emmène à l'hôpital, le transfert dans un hôpital spécialisé. Et voilà, tout ça s'est passé en quelques heures le matin. Ce qui paraît absolument inconcevable, puisque pour moi, une rupture d'anévrisme, on en meurt. Et on a ça, ça n'arrive qu'à des gens vieux. Félix, il a 25 ans, donc j'appelle son frère qui m'annonce qu'effectivement...

Il est bien en soins intensifs, que c'est très grave. Il n'a plus de cheveux, il a des drains dans sa tête qui font en sorte que le sang qui inonde son cerveau soit évacué. Donc, je rentre à Bruxelles pour aller le voir à l'hôpital. J'arrive à Bruxelles, ma sœur vient me chercher, elle m'emmène à l'hôpital, au sous-sol, soins intensifs. On doit suivre une ligne jusqu'au soin intensif où est Félix.

On passe devant une salle de prière et donc je me dis vraiment, qu'est-ce que c'est que cet endroit ? On doit vraiment être mal ici pour ne pas retrouver son chemin. On doit suivre une ligne, on doit prier. Et donc, arrivé au soin intensif, c'est une sorte de couloir avec une porte. On a le droit de le voir 15 minutes, deux fois par jour. Ça bip de partout, il y a des lumières. Et je vois Félix dans le coma.

avec un gros turban sur la tête, deux drains qui sortent de sa tête et des machines partout, partout. Et tout ce qu'on comprend, nous, c'est qu'il faut absolument que cette pression du sang descende dans sa tête, sinon il va avoir des séquelles. s'il s'en sort. Donc cette semaine-là, j'y vais, je crois que j'y vais tous les jours. On se retrouve avec sa famille autour de son lit. Je connais bien ses frères, mais pas ses parents. C'est plus ou moins là qu'on se rencontre.

On essaye de parler à Félix. C'est étrange d'être face à quelqu'un qui ne bouge pas. On s'envoie tous des e-mails. On a une espèce de grande chaîne d'e-mails entre tous les copains pour savoir comment ça évolue. Ce n'est pas terrible. Et sa mère, qui est très croyante, organise beaucoup de groupes de prières. Moi, je suis la petite amie de Félix depuis un peu moins d'un an. Je connais bien les frères de Félix, mais pas très bien ses parents, donc c'est assez curieux.

de se rencontrer là. Je n'ai peut-être pas envie d'avoir une petite amie dans les pattes qui connaît sa peine, mais ça me paraît clair que je dois être là. Tout le monde est très accueillant avec moi. Je reste une semaine à Bruxelles en allant voir Félix tous les jours. Il y a pas mal de copains qui passent. On est tous dans un état de sidération.

Dans les soins intensifs, il y a plein de gens aussi qui ont l'air d'avoir des accidents de moto. Les familles dans ce couloir, c'est vraiment très déprimant. Tout le monde a l'air au bout de sa vie. On nous annonce qu'il est très stable. que je peux retourner à Londres, parce que rien ne va bouger pendant quelques semaines, d'après les médecins. Et donc, moi, je suis à l'école de cinéma, il faut que je termine un court-métrage.

Le diagnostic sombre et la décision

À peine arrivée à Londres, ça fait deux jours qu'on est là, je pense. Recoup de fil de ce pauvre Jacques qui annonce que les mafesses nouvelles et qui m'annonce que c'est terminé. Si Félix en sort, ce sera un légume. Il y a eu trop de sang, trop de pression, trop d'hommage à son cerveau et il ne sera plus jamais le même. Félix, c'est quelqu'un qui est plein de vie.

Un très beau garçon qui adore danser, qui adore la fête, qui adore la musique. C'est quelqu'un que tout le monde aime, Félix. Ça a toujours été comme ça, Félix. Personne ne... ne voit quelque chose de désagréable chez lui. C'est vraiment un garçon charmant, gentil. C'est impensable qu'une telle gentillesse parte comme ça. J'apprends qu'en fait, sa famille doit décider s'il le garde vivant ou non. C'est-à-dire si on enlève la prise ou pas. La mère de Félix...

à un week-end pour décider si elle est d'accord de débrancher son fils ou non. Les frères, et moi d'ailleurs, mais je n'ai rien à dire dans l'histoire, mais on est d'accord qu'on ne veut pas que Félix vive comme un légume. Sa mère va voir les médecins pour savoir combien de chances il a sur cent de s'en sortir. Et les médecins disent « Non, non, mais sur cent, sur mille, non, non, sur un million. »

L'espoir du miracle

Il y a 0% de chance de s'en sortir. Il faudra un miracle pour qu'il s'en sorte. Et donc, je retourne à Bruxelles pour aller dire au revoir à Félix. J'apprends que quelques copains qui habitent à l'étranger aussi prennent des vols pour venir à l'enterrement vraiment de Félix. Et quand j'arrive au soin intensif... Il a complètement changé de tête. On dirait qu'il est devenu un peu gros, rempli d'eau, comme si son corps fondait sur la table. Il a deux petits scotchs qui tiennent ses yeux fermés.

C'est plus lui, quoi. Et je me souviens lui avoir dit au revoir à ce moment-là en me disant de toute façon, il n'est plus dans ce corps. Comme si son âme avait quitté ce corps qui n'était plus du tout lui, quoi. Donc, le médecin parle d'un miracle. Il n'y a qu'un miracle qui va pouvoir sauver Félix.

Il a une grande famille, Félix. C'est une grande bande de potes. Tout le monde s'entend très bien. Grosse famille de cousins. Et les cousins, qui sont aussi mes amis, disent « Ok, on a besoin d'un miracle. Eh bien, ce soir, miracle. On organise ce miracle. » On se retrouve tous dans un grand jardin autour d'un feu. On est plein de copains, de familles. On passe la soirée à parler de Félix, à penser à Félix.

On sait que plein de gens pensent à lui partout parce qu'on avait fait une grande chaîne d'emails et on trouvait ça extraordinaire que partout dans le monde, des gens pensent à Félix en même temps. C'était le début d'Internet. Et tous ensemble autour de ce feu, on sent qu'il y a une ambiance très particulière. On a vraiment l'impression de ne faire qu'un en pensant à Félix. Cette fameuse soirée du miracle.

déclenche vraiment un miracle, parce que le lendemain, Félix ouvre les yeux. Il ouvre les yeux, il avait ouvert les yeux la veille devant son père, et les infirmières... lui ont dit que ce n'était pas possible, c'était un réflexe. Mais pour la mère de Félix, c'était le signe qu'elle ne devait pas prendre cette décision. Et effectivement, à partir du moment où il a ouvert les yeux...

Le long chemin de la rééducation

Il est sorti des soins intensifs en trois semaines après ça, après être resté trois semaines dans le coma. Et petit à petit, il y a de plus en plus de progrès. Par exemple, je retourne le voir. Il n'a plus cette tête toute gonflée, il a de nouveau sa tête à lui. Il est toujours immobile, il est toujours dans le coma. Je lui tiens la main comme d'habitude et quand je repars, il me serre la main.

Il fait des progrès assez rapidement. En une semaine, il peut calculer. Il a une trachéotomie, c'est-à-dire qu'on lui a fait un trou dans la gorge pour qu'il puisse respirer. Avec une trachéotomie, on ne peut pas parler. Donc, on lui enlève ce tuyau dans la gorge en espérant tout ce qu'il va reparler. Parce que nous, on sait qu'il va y avoir des séquelles. On en est quasiment certains. On ne sait même pas si...

s'il pourra remarcher, reparler, rien. Moi, je suis sûre que je vais rester avec lui, qu'il soit aveugle, en chaise roulante. Je sais que je vais rester avec lui. C'est fou. J'ai 26 ans et pourtant, c'est lui, quoi. quoi qu'il lui arrive, quel que soit ses séquelles, une vraie conviction que ce sera lui. Une infirmière nous annonce, il lui aurait dit « Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? »

Ça, c'était ses premiers mots, sans que personne ne les ait entendus, à part l'infirmière. Et puis, il dit à sa mère une petite phrase très belge, qui nous remplit tous de joie, parce que ça veut dire qu'il a de l'humour et qu'il sait qui il est. avec un petit accent belge qui veut un cornet de frites sauce andalouse. Ça, pour nous, c'est... Félix est de retour, quoi. C'est le vrai Félix.

Il a gardé son humour, puissance de dérision. Il est là. Quand il est hors de danger, on le change d'étage. Il est en revalidation. Là, il commence à faire des exercices pour remarcher, pour parler, pour se réorienter parce qu'en fait, il est assez confus. Par exemple, il a un petit calendrier dans sa chambre avec...

Une photo par jour d'un pays différent. Et donc, quand il y a le Mexique, par exemple, il croit qu'on est au Mexique. Le lendemain, il est sûr qu'on est à Londres. Le jour d'après, il me dit qu'il a été prendre... Un pique-nique avec son père sur le toit. Il nous sort des trucs assez ahurissants, un peu inquiétants, mais on est tellement contents qu'il parle qu'il est rentré à l'hôpital.

Début novembre et le 24 décembre, pour Noël, il rentre chez lui, chez ses parents. Il fait 1m80, Félix, il pèse 58 kilos, je pense. Il est tondu, on dirait vraiment un rescapé d'Auschwitz. Il y a toute une rééducation, autant mentale que physique. Il s'est à peine marché.

Et donc, il reste pendant environ six mois à Bruxelles chez ses parents pendant toute cette revalidation. Moi, je retourne vivre à Londres. Et petit à petit, il revient un week-end, il revient deux week-ends et il se réinstalle avec moi. Après six mois, je pense à Londres.

De retour à Londres, on habite ensemble. Félix reprend ses études d'architecte tant bien que mal parce qu'il est très fatigué, très confus. Et il se perd beaucoup à Londres. Cette ville qu'il connaît très, très bien, il se perd. Et il oublie tous les matins de prendre le A to Z, qui est le plan de Londres, et donc il en achète un quasiment tous les jours. On a une étagère remplie de A to Z.

Et quand il rentre à la maison, il est fatigué, donc très confus. Il m'explique plus ou moins ce qu'il a fait à l'école. Il s'endort. Moi, j'essaie de terminer ses travaux pour lui, mais c'est très difficile pour lui. Après, je pense, deux ans à Londres, on retourne à Bruxelles. J'ai un travail de making of sur un tournage et on décide de retourner là-bas. C'est plus facile.

d'être entourée de nos potes, notre famille. Je me sens quand même très isolée avec lui, comme si c'est plus que moi qui vis les séquelles de Félix.

La vie retrouvée, ensemble

Il est vivant, tout le monde est super content, tout le monde a repris sa vie. Mais moi, quand même, je souffre de le voir tous les jours. Récupéré, oui, mais très lentement. Donc ça, ça s'est passé en... En 2001, ça fait 21 ans qu'on est ensemble aujourd'hui, on a trois enfants, on est toujours aussi complices. Il y a une belle anecdote, c'est que quand Félix me demande un mariage, il m'offre une bague.

qui appartenait à sa grand-mère, cette grand-mère qui est morte lors de sa rupture d'anévrisme. Et en fait, cette grand-mère l'a sauvée en mourant, parce que s'il avait eu cette rupture d'anévrisme à Londres, je pense qu'il en serait mort. On était en Vespa, on ne savait même pas où il y avait un hôpital. Il serait sans doute mort dans son sommeil.

Cette grand-mère, en mourant, elle l'a fait revenir Félix chez lui, près de sa mère, qui a tout de suite compris qu'il y avait un truc très grave. Et grâce à elle, je pense que Félix est toujours vivant. Et donc, j'ai cette bague avec moi toujours. Ça me rappelle ce moment-là. Il y a une autre boucle que j'aime beaucoup, c'est que, curieusement, j'ai accouché dans le même hôpital où Félix était en soins intensifs. Et notre premier enfant, on est arrivé trois heures du matin à l'hôpital.

Impossible de rentrer par la porte. Normal, on a dû passer par les soins intensifs. Donc je suis repassée dans ce couloir. en portant cet énorme ventre. Et Félix et moi, on était heureux d'arriver dans ce couloir un peu de la mort avec cette vie nouvelle. C'était magnifique. Direction éditoriale Christophe Caron Direction de la production Sarah Koskiewicz Direction artistique Benjamin Septemours Production éditoriale Sarah Koskiewicz et Benjamin Septemours Chargée de pré-production Astrid Verdun

Prise de son, montage et habillage musical, Victor Benhamou. L'introduction a été écrite par Sarah Koskiewicz, elle est lue par Aurélie Rodriguez. Retrouvez Transfer tous les jeudis sur Slate.fr et sur votre application d'écoute préférée. Découvrez aussi Transfer Club, l'offre premium de transfert. Deux fois par mois, Transfer Club donne accès à du contenu exclusif. des histoires inédites et les coulisses de vos épisodes préférés. Pour proposer une histoire,

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