¶ Intro / Opening
Cet épisode de transfert vous est présenté par Bouygues Télécom, engagé avec ses clients contre l'exclusion numérique grâce à l'opération Don de Giga. Chaque mois, les clients Bouygues Télécom peuvent offrir des gigas symboliques à l'association de leur choix. Quatre partenaires participent à cette initiative. Les petits frères des pauvres, le Secours populaire, la Fondation des femmes et l'APF France Handicap.
Ces gigas sont ensuite transformés en forfaits et smartphones pour des personnes en situation d'exclusion numérique. Cette année, plus de 925 000 gigas ont déjà permis à des milliers de bénéficiaires de se reconnecter et ainsi de rester en lien avec leurs proches et la société. Pour découvrir l'histoire de ce beau projet et l'impact concret de vos dons, n'hésitez pas à aller voir la vidéo Giga Merci sur la chaîne YouTube ou le site de Bouygues Télécom.
¶ Le Prix De La Liberté
Si on vous demandait de l'estimer, quel serait le prix de votre liberté ? Quelle somme accepteriez-vous pour ne plus voir vos amis, ne plus sortir quand bon vous semble, ne plus disposer de votre corps ? Réfléchissez-y. La vie d'Emilia s'est considérablement améliorée quand sa mère a déménagé chez son beau-père, mais elle n'imaginait pas que pour vivre libre, elle allait devoir payer le prix fort.
Vous écoutez Transfer épisode 195, un témoignage recueilli par Oriane Guérito. Attention, cet épisode aborde des sujets sensibles. Pour en savoir plus, reportez-vous au texte de description de l'épisode. Avec ma mère, on a déménagé en périphérie de Nantes. La maison est à côté de la gare. Très très très très à côté. Le jardin donne sur la voie ferrée. On voit les trains passer.
Quand mes amis étaient et qu'on s'asseyait au bord de la terrasse, on pouvait faire coucou aux voyageurs qui étaient dans le train et ils nous répondaient. La nuit, je me fais réveiller par les trains de marchandises parce que la poussière des murs s'écroule sur moi. Ma mère rencontre son nouveau compagnon. Le 14 juillet, elle lui rentre dedans, il se tourne au regard, ma mère lui sourit. Il sourit à son tour, il se demande le numéro, il s'échange quelques messages.
Très vite, ma mère a des sentiments pour lui. Je le rencontre. J'étais allée voir au cinéma un film avec ma copine. Et c'était lui qui est venu nous chercher. Donc il vient nous chercher en voiture, je le vois avec une veste en cuir, ma mère à côté, à côté d'une très belle voiture, d'une très grande marque allemande. On monte dedans, il y avait ma copine, du coup moi, le beau-père.
Et ma mère. Et on nous conduit dans cette maison au bord de la voie ferrée. Donc on prend le repas, on fait un peu en connaissance. Il me semble bien. Il a une belle coupe. Il a l'air gentil. Tout à fait normal. Ma mère repart avec lui chez lui, qui habite au centre-ville de Nantes. Et moi et ma copine, on reste dans la maison, toutes les deux.
¶ Déménagement Difficile Vers Nice
Je suis en seconde. Au mois de décembre, ma mère m'annonce qu'elle veut déménager dans le sud de la France, donc à côté de Nice. Moi, cette idée, elle ne m'enchante pas du tout. J'ai déjà déménagé de Russie. pour venir en périphérie de Nantes. J'ai déjà reconstruit ma vie une fois. Déménager à Nice, pour moi, c'est très compliqué parce que c'est se refaire de nouveaux amis. Je suis en seconde, je me dis, oula, le lycée, il a déjà commencé.
Ça va être la première, tout le monde se connaît. Moi, je ne vais connaître personne. Je suis dans le refus total. Ma mère, ça ne m'enchante pas du tout parce qu'elle se dit... que c'est juste un moyen de me donner une meilleure chance, une meilleure vie, de sortir de cette maison au bord de la voie ferrée. Du coup, voyant que ça la touche et ça lui tient à cœur, je finis par accepter. Et donc, on déménage.
en fin d'année. Pendant l'été, ma mère s'est arrangée pour que je sois plus chez mon père en Russie pour ne pas faire tout le déménagement avec eux, sachant que c'était très compliqué de déménager tous les meubles, etc. Du coup, j'arrive fin août, début septembre pour la rentrée. Je m'attendais à une petite maison classique. Et là, vraiment, c'est une villa. Il y a une énorme piscine, sachant que moi, vraiment, ce que j'avais, c'était des murs, pas de chauffage.
Pas de courante au début. Quand on touchait la prise, on se mettait des coups de jus. Et là, j'arrive vraiment à une piscine. Tout est refait à neuf. Le chauffage, il fait chaud. C'est fou. Je suis très contente. Je me dis vraiment. Moi, l'été, je vais être à la piscine, faire des gros plongeons. Je suis trop contente. En 2016, je fais ma première rentrée en première au lycée, au centre-ville de Nice. C'était toujours un rêve pour moi d'être dans un lycée au centre-ville.
Je me dis enfin, j'ai une famille, j'ai une belle maison. Sauf qu'arriver à la maison. Mon beau-père et ma mère me confrontent. Donc il y a mon beau-père en face de moi, ma mère sur le côté. Et mon beau-père me dit, tu es égoïste, tu ne passes pas l'aspirateur, tu n'aides pas ta mère qui travaille tous les jours, sachant que mon beau-père était au chômage.
Tu n'aides pas ta mère. Vraiment, tu es égoïste. Le soir, ça m'a un peu traumatisée, donc je remonte dans ma chambre. J'habite dans la périphérie de Nice. Pour aller à l'école, il faut que je traverse un champ pendant 20 minutes pour accéder à mon arrêt de bus qui passe six fois par jour. Allez et retour. Le transport me prend une heure et quart. Pendant que je traverse le champ,
De part et d'autre du champ, il y a une route. On passe les voitures, donc moi, je suis sur le côté. J'allume ma lentorche et je regarde des émissions sur YouTube. J'écoute de la musique. Je m'occupe. Tous les autres enfants qui se rendent à cet arrêt de bus sont conduits par leurs parents. Moi, mes parents ne veulent pas me conduire parce qu'ils disent qu'ils ne veulent pas m'habituer et que dans la vie, il faut savoir se faire par soi-même.
¶ Une Relation Avec Le Beau-Père
Donc je fais tous les matins et tous les soirs la route à pied. À partir de février de ma première, je deviens pendant les vacances assez proche de mon beau-père. On fait des activités de bricolage, on regarde la télé, on est souvent tous les deux. Ma mère, elle travaille quasiment tout le temps. Elle est en restauration, donc elle a de très gros horaires et assez prenants sur la journée. Donc ça sera du 6h, elle part le matin, et puis elle revient à 20h le soir.
Et donc, la majorité du temps, je suis avec mon père, toute seule. Et il devient pour moi la figure paternelle que j'ai jamais eue. J'ai jamais été très proche de mon père quand j'étais petite. Et donc, je suis super contente. Enfin, j'ai un papa qui s'occupe de moi, qui m'apprend des choses. Et moi, en vacances, je lui fais le petit déjeuner. Donc, les horaires, c'est assez précis. C'est 11h20.
Et je lui fais son petit déj, le café, le jus d'orange que je presse moi-même, les tartines, le bacon, les œufs. Et tous les jours pendant les vacances, ça va être ça. Autant les vacances scolaires pendant l'année que pendant l'été.
¶ Gestes Déplacés Et Insistance
En été 2017, il devient de plus en plus proche de moi. Et notamment, il me fait des soins de pied. Et il en a fait déjà à ma mère. Moi, il en fait à ma mère, il en fait à moi. C'est trop mignon, franchement. C'est vrai que ça me surprend un peu, mais je me dis, bon, il ne fait rien de mal. Il insiste un peu. Un jour, il demande à me toucher l'épicé. Et je tilte un peu, je me dis, c'est bizarre.
Et il me dit, oui, mais c'est la seule partie de toi que je peux avoir. Et je me dis, bon, OK. Et je lui dis, OK, mais fais-le pendant que je dors. Et donc, je me fais réveiller la nuit, mais je n'ose pas bouger parce que je ne m'attendais pas à ça. Quand il fait ça, j'ai l'impression d'avoir vraiment un poulpe entre les orteils. C'est une sensation qui me dégoûte.
Vraiment. Mais je n'ose pas bouger. Juste avant, il me parle du fait de vouloir quitter ma mère. Donc avant que je m'endorme. Et après ça, il me parle comme s'il était heureux. Elle est totalement en périphérie de ce qui se passe. Ma mère n'est pas du tout au courant. J'ai un petit crush sur un garçon. Il vient me voir. On prend un rendez-vous. Je le vois une fois et mes parents réagissent assez bien.
¶ Jalousie Et Crise Familiale
Une deuxième fois, le garçon, comme j'habite en périphérie de Nice, il me dit qu'il va s'avancer vers mon village pour qu'on se retrouve. Ça me fait trop plaisir. C'est un dimanche et il n'y a pas du tout de transport. La seule chose qu'il y a, c'est une gare où il prend le train et on se rejoint à côté de la gare et de ce train. Juste avant d'y aller, c'est ma mère qui va m'y amener en même temps qu'elle va travailler.
Elle m'appelle pour que je descende, donc je me suis apprêtée, je mets ma petite veste en cuir, je suis trop contente d'y aller, je me suis maquillée, je descends, il est 14h. Il y a mon beau-père qui est là en peignoir, une petite mine, les cheveux gras. Je lui demande si ça va et il me dit tout pato, oui, ça va. Et je lui demande s'il veut que je reste. Et il me dit non, c'est bon, vas-y, va rejoindre ton copain. Du coup, j'y vais.
Je me dis, il n'y a pas voulu que je reste. Ça me reste un petit peu dans la tête. Je suis tellement contente de retrouver ce jeune homme que je l'oublie. Je rentre un peu plus tôt. prévus. Je devais de base rentrer à 20h, je rentre à 19h. J'ai fait une heure de route à pied, puisque ce n'était pas vraiment à côté le village. Je ne vois personne chez moi.
La lumière est teinte. Je me dis que mon beau-père ne doit pas se sentir très bien, qu'il est parti se coucher. Donc je monte, je me démaquille, je finis un petit peu mes devoirs. Et puis c'est dimanche soir, donc moi aussi je vais me coucher. Et là, il monte en haut et je lui demande si ça va. Il me dit que j'aurais dû rester, comment j'ai pu partir, comment j'ai pu le laisser. Mais je lui dis, mais tu m'as dit que ça allait, que tu ne voulais pas que je reste. Donc, je suis partie.
Il m'a dit, oui, mais tu sais très bien que quand je te dis d'y aller, en fait, je veux que tu restes. Et moi, je suis là, je ne comprends pas. Et il me dit, non, mais... Un mec que tu connais depuis deux semaines, tu le fais passer avant moi, après tout ce qu'on a vécu, etc. Moi je suis là, avec mes grands yeux, je comprends pas trop ce qui arrive.
Je me dis, non mais c'est bon, de toute façon, ta mère et moi, c'est terminé. Et ils se disputent du coup avec ma maman. Et ma mère qui me remet la faute dessus. Après, je me dis, oula, ça part beaucoup trop loin cette histoire. Je me sens très mal.
¶ L'Incident De La Chambre Fermée
Et de là, on ne va pas beaucoup se parler avec mon beau-père pendant plusieurs mois. Du coup, un mois après, je reviens des cours. Il est 19h, le temps de prendre le bus d'arriver chez moi, sachant que j'ai terminé à 17h30. Je monte, il fait déjà noir à cette période de l'année.
Je passe un coup de fil. Mon beau-père, je ne l'ai pas vu, donc je pensais qu'il était en train de se reposer dans sa chambre. Et il arrive, et il m'enferme dans ma chambre. Les volets se ferment en même temps, et mon téléphone était branché pour être chargé, et je n'ai plus d'électricité. Je me dis, mais qu'est-ce qui se passe ?
sachant que je viens tout juste de rentrer des cours, j'ai pas eu temps de manger, j'ai pas eu temps de boire, j'ai pas eu temps d'aller aux toilettes. Je lui demande ce qui se passe, parce qu'en plus, le lendemain, j'ai cours. Et il me dit que si je suis trop occupée à parler au téléphone, ça veut dire que j'ai fini mes devoirs, donc je n'ai pas de devoir à faire, donc autant que j'aille me coucher.
Je suis un peu abasourdie et j'ai laissé volontairement le téléphone pour que mon copain puisse entendre ça. Et je lui ai dit « mais ok ». Je raccroche, j'envoie un message à mon copain pour dire « Non mais c'est n'importe quoi, c'est trop injuste, je ne comprends pas. » Le lendemain, ma porte est déverrouillée, j'ai de l'électricité, tout va bien. J'en parle à ma mère, je lui dis « Mais maman, tu te rends compte de ce qu'il a fait ? » Et elle me dit « Bah... »
Tu dois l'avoir mérité. T'as dû faire quelque chose de pas bien. Et donc, voilà, c'est tout. C'était ta punition. C'est bon, ça a duré une nuit. T'es pas morte, quoi. Toi bien, arrête de te victimiser.
¶ Boule Émissaire Des Disputes
Ma mère, du coup, à chaque fois que mon beau-père lui dit quelque chose de mal par rapport à moi, que j'étais pas sage par exemple aujourd'hui, elle va dire non mais...
De toute façon, c'est toujours à cause de toi. Tu te rends compte, lui, il nous héberge chez nous et toi... tu te fais que te victimiser tout le temps, tu ne dis que qu'on t'enferme, t'es un caliméro, arrête quoi, profite de la chance que t'as, t'as une piscine chez toi, t'as une maison, t'as une chambre pour toi, et toi tu fais que de te plaindre.
Depuis l'histoire des pieds, ça ne fait que de s'accentuer. Et depuis l'histoire de mon copain, de la jalousie de mon beau-père, les disputes ne font que monter crescendo. Du coup, je deviens vraiment la cause de leurs disputes permanentes. Ma mère me dit très clairement que c'est de ma faute. Ça me rend triste. Je n'ai pas de colère.
Je me dis, mais purée, c'est vrai que j'ai une chance de fou d'habiter ici. J'ai un beau-père qui m'aime, j'ai enfin un père, et moi je gâche tout. Il faut vraiment que je fasse profil bas. Depuis qu'on est en périphérie de Nice, mon beau-père ne travaille pas, il n'arrive pas à trouver de travail. Et un soir, on est dans le lit à trois, moi, ma mère et mon beau-père, en train de regarder...
orange et un nu black, et dedans, la prisonnière prend les culottes. Le lendemain, ma mère est partie au travail, et mon père me dit...
¶ Le Projet Des Culottes Vendues
On devrait vendre des culottes. Comme dans la série, quoi. Enfin, ça rapporte de l'argent. Et moi, je le prends un peu à la rigolade. Et je me dis, ouais, de l'argent facile. Vas-y, faisons ça. Puis c'est pour rigoler, quoi. On en reparle après, un mois après. Et il dit, du coup, on fait comment ?
Mais comment quoi ? Pour vendre les culottes ? Quoi ? Il me dit oui mais toi tu te rends pas compte, tu coûtes cher à ta mère, t'es la seule qui a pas de source de revenus, moi j'ai le chômage, j'ai acheté la maison, enfin voilà. Ça te permettra d'avoir de l'argent de poche. Puis moi, je me dis, ça me permettra d'avoir de l'argent de poche. Puis je vais aider ma mère, quoi. Et ils vont arrêter de se disputer à cause de moi. Du coup, on s'inscrit sur un site, c'est un peu comme Leboncoin.
J'ai posté une annonce. Il n'y avait pas mes photos. Ce n'était pas mes photos. J'ai volé des photos sur Internet. J'ai un profil et je parle à des gens. C'est moi qui appelle les gens qui sont intéressés. On discute. C'est moi qui fais tout ça. Et on se donne un point de rencontre. Lui, il m'y conduit. Ma mère travaille pendant ce temps-là. Je vais, du coup, donner la culotte, par exemple. Et eux, ils vont me donner l'argent. Franchement, c'était 30 euros, quoi. Donc, c'est rien.
Ça représente trois McDo. À partager, c'est 15 euros chacun. Un jour, il reçoit le message d'un homme qui lui dit que pour 250 euros, il me ferait un annulingus. Et moi, je me dis, merde. Je n'ai pas envie, enfin non. Il me dit, mais tu ne te rends pas compte de ce que c'est 250 euros ? Je dis, non mais c'est non. Il me dit, non mais toi, tu es vraiment une ingrate. Vraiment, ça pourrait rapporter beaucoup d'argent.
Je dis, non mais je ne vais pas faire ça. J'insiste. Il me dit, il commence à souffler, puis il repart.
¶ Confinement Et Culpabilité
Ma mère n'est pas du tout au courant et l'argent qu'il récolte, c'est pour lui acheter des cadeaux. Les vacances d'avril arrivent et le dernier jour d'école, j'ai deux semaines de retard de règles. Je suis avec mon copain à l'époque, donc je me dis, c'est bizarre, j'en parle à mes copines, elle m'achète un test de grossesse, je le fais négatif, tout va bien, j'aimerais qu'il arrive après.
Et il y avait deux tests de grossesse, donc un que j'ai utilisé et un que je décide de garder. Je pars à une soirée et mon beau-père est dans ma chambre. Il m'envoie un message, tu nous as trahis, pourquoi t'as un test de grossesse, c'est n'importe quoi, mais qu'est-ce que t'as fait ? Moi je reçois ça par message, je comprends pas. C'est très bizarre pour moi. Et je lui dis non mais c'est pas à moi, c'est une copine. Voilà.
Et il me dit non mais t'es une menteuse, t'as fait un test de grossesse, tu te protèges pas. Et je lui dis non mais si, enfin je me protège, mets le préservatif, voilà je me protège. Et il m'interdit de sortir jusqu'au bac. Donc je reste enfermée chez moi dès vacances d'avril jusqu'au fin juin, début juillet. Je me dis... Encore une fois, ils se disputent pour moi. J'ai la culpabilité décuplée. Je me sens vraiment comme une merde. Je me dis vraiment, j'étais trop débile.
Mais au final, je me dis, c'est rien au final, c'est juste synthèse, mais une autre partie de moi me dit, non mais t'es trop nulle. Pourquoi tu es encore l'objet des disputes de tes parents ? Ils pourraient être si heureux sans toi et toi, tu t'obliges à être nul. L'été arrive, j'ai mes résultats de bac.
¶ Tristesse Du Beau-Père Et Demande D'Abus
Je suis trop contente parce que j'ai pu ressortir, voir mon copain. J'ai économisé un peu d'argent de côté, de Noël, et je me suis acheté une place pour aller au festival de musique. Et entre-temps, il y a le chien de mes parents qui décède. Mes parents sont très très mal. Mon beau-père, il pleure tous les jours. C'est très compliqué pour lui. Il me demande de rester.
Et ne pas aller au festival, et je me suis dit, bon, ok, pas de soucis, ça me fait chier, je dois prévenir mes amis. Déjà que je ne suis pas sortie depuis avril, la seule fois où je voulais les voir, je ne peux pas.
Il prend des anxiolytiques et il en prend beaucoup. Je ne sais pas exactement la quantité qu'il en prend, mais des fois, il veut prendre le volant. Je prends ses clés, je les cache parce que je n'ai pas envie qu'il prenne le volant. Je n'ai pas envie qu'il fasse mal. Je n'ai pas envie qu'il fasse de bêtises. On s'interpose dans le garage et lui, après, il tombe par terre en s'asseyant contre le dos de la porte parce qu'il a pris trop de médicaments. Après, il va se recoucher et je l'accompagne.
Moi, je me dis, heureusement qu'il n'a pas pris le volant. Enfin, c'est chaud. J'ai de la peine pour lui. Je me dis, ça doit être vraiment une période dure pour lui. Je culpabilise un peu parce que je me dis, peut-être que j'y suis aussi pour quelque chose. Il prend des anxiolytiques, je ne suis pas assez là pour lui, pour l'aider. C'est l'été, c'est les vacances. On est assis en train de manger une salade de pâtes que j'ai préparée.
J'ai pas pu sortir pour voir mes amis, j'ai pu sortir qu'une fois pour voir mon copain. Et il me dit qu'il va très mal, qu'il a des idées noires, qu'il a envie de se suicider, qu'il a envie de quitter ma mère et moi, que cette vie, ça lui convient pas. Et il me dit, il y a une seule chose qui peut faire que j'aille mieux, mais c'est trop te demander, mais je te demande quand même, vraiment, si tu le fais pas, je vais me suicider. Et en fait, il me demande...
de me faire un annulingus. Je ne comprends pas, je ne dis rien. Il m'annonce ça, je ne parle pas. Aucun son ne sort de ma bouche. Il me dit, tu vois pourquoi j'ai envie de me suicider ? Je finis par céder, le voyant mal, voyant qui prend beaucoup d'anxiolithique, voyant qui pleure tous les jours, voyant qui me dit qu'il a envie de quitter ma maman. Je me dis, mais si, il quitte.
Ma mère, on va habiter où ? Parce que moi, je me souviens de la maison où on habitait en périphérie de Nantes. Je me dis, ma mère, où est-ce qu'elle va aller avec moi ? Et je me dis, bon, allez, si je suis leur ennemi, on va dire, s'ils se disputent à cause de moi, il faut que j'aille aider ma mère, il faut que mon beau-père aille mieux.
¶ Accepter Pour Survivre
Donc je décide de prendre sur moi et je le laisse faire. J'avais une technique, c'est qu'il fallait que j'aie quelque chose dans les mains pour pas... parce qu'en fait, même si c'est une zone érogène, je sentais comme si on me touchait la peau. Vraiment, c'était comme un toucher de peau. Donc il fallait que je me touche les mains, il fallait que j'ai quelque chose dans les mains pour détourner mes sens et pour pas ressentir le moment présent.
Et en échange, je vais pouvoir sortir. Il n'y a plus de dispute. C'est calme. Il a arrêté les anxiolytiques. Il va bien. Donc... Pour moi, je sors une fois toutes les deux semaines. En échange, il me fait culpabiliser à chaque fois parce qu'il dit que je fais ça en contrepartie de sortir et que, encore une fois, je suis ingrate.
Et je lui rassure, je lui dis non mais non, je ne fais pas ça pour sortir. Le fait que je fasse ce qu'il me demande aussi, c'est que je voyais mon copain. Donc certes, ce n'était pas agréable sur le moment. La première année de fac arrive. Avant, on était dans la même classe. Ils savent qu'avec la fac, on a pris des chemins différents, des études différentes et on se voit très peu. Il fait tout à ce moment-là pour essayer de me voir.
Au plus, il m'accompagne jusqu'à mon bus. On déjeune ensemble, on travaille ensemble à la bibliothèque. Juste de ne pas se voir en dehors des cours, c'est compliqué pour lui. C'est ce qu'il se comprend tout à fait. Donc, il décide de me quitter. Moi, je suis très mal. Je me dis, bon, j'arrête que mon beau-père me fasse subir ça, parce que je n'ai aucune contrepartie. Là, c'est juste que j'éprouve de la peine.
pour de la peine. Je dis à mes parents ensuite, deux semaines plus tard, que je me suis séparée avec mon copain et ils me disent « Ah, mais on ne l'a pas du tout vu sur toi, mais tu caches tellement bien ton jeu, mais... » « Pourquoi tu ne l'as pas dit ? » Et je dis « Non, mais juste, j'avais pas envie de vous le dire, je vous le dis maintenant, et c'est tout. » Et mon beau-père me fait culpabiliser le fait qu'il ne me touche plus. Il dit que...
Mes fesses lui manquent. C'est horrible à entendre. Moi, ça me dégoûte. On va se remettre ensemble avec mon copain quelques temps après. Et je ne vais pas le dire à mes parents. Je vais le renommer sur Messenger quand il m'envoie un message.
C'est plus son nom qui s'affiche, mais le nom d'une amie. En contrepartie, je vais dire qu'à chaque fois, je vais dormir chez une copine. Toutes les deux semaines, pareil. Et toutes les semaines, je vais aller en journée sécher une journée de fac, on va dire, pour voir mon copain.
Ma mère ne remarque rien à ce qui change à la maison, sauf qu'il ne se dispute plus. Mon beau-père a retrouvé un travail, donc il est moins à la maison. Enfin, il ne travaille que trois jours par semaine. A l'été 2019, je vois deux copines du lycée.
¶ Le Déclic De L'Évasion
Et je me dis que ça va pas du tout. Je leur dis tout. Alors ça sort très rapidement et à la fois c'est long, ça prend deux heures, on parle que de ça, je fais que pleurer. Elles me disent mais fuis !
Puis, il faut que tu partes de chez toi de suite. Mais je lui dis, mais je vais où ? Très clairement, je vais où ? Parce que c'est bien beau de dire ça, mais en attendant, la seule maison que j'ai, c'est là-bas. J'ai pas de revenus. J'ai rien du tout. Et donc, je leur dis, ok, j'ai un an pour partir. Et dans ma tête, je me dis, j'ai un an pour partir et sinon, c'est fini. Je me suicide. Je ne peux pas vivre comme ça. C'est horrible. C'est trop de pression. Ce qui me fait, ce n'est pas normal.
C'est ma deuxième année de fac et j'ai le droit à la bourse. J'économise tous les mois au maximum. Je dépense que pour manger à la cantine de la fac. Le reste, je le mets de côté. Lui, il me demande 100 à 150 euros par mois. de ma bourse, pour acheter des cadeaux à ma mère ou acheter des choses pour la maison. Ma mère, parfois je lui dis, parfois je ne lui dis pas, parfois elle le voit sur mon compte, elle me rembourse, parfois non.
Avec 380 euros par mois, j'arrive à économiser, sachant que je paye mon transport en commun, je paye la nourriture à la fac. Et avec l'argent qui me prend, j'arrive à économiser, tant bien que mal. Et je me dis bon... Je m'inscris sur le site du CRUS et je vais avoir un logement. Arrive le confinement de mars, mon copain et moi on se sépare, et là c'est le déclic. Et là je me dis, ok, meuf, tu le fais pas pour lui, tu le fais pour toi.
tu te casses. Si tu ne le fais pas là, tu vas te détruire mentalement. Tu vas devenir folle. Donc je cherche un logement sur le cruise. Première session, rien. On va voir la deuxième session. Je vois tous les logements qui restent et je postule. Et j'ai la réponse après. Je me dis, je l'ai. Je me dis, waouh, je l'ai. Je vais voir ma mère. Je lui dis, elle me dit, ok, tu peux, tu peux, vas-y.
Je décide de ne pas en parler à mon beau-père parce qu'il va s'effondrer. Si je lui dis, j'ai peur, je me dis, mais je ne vais jamais partir si je lui dis. Je tiens ma mère au courant de tout ce qui se passe. Je dois aller à l'assurance, elle est à la maison, elle le sait, je prends le bus pour aller en centre-ville. C'est très bien calculé parce que je le fais le matin et lui travaille ce jour-là. Enfin voilà, tout colle, c'est parfait. J'arrive le mois de juillet.
J'ai commencé à travailler dans l'endroit où travaille ma mère pour faire des vacations. Ça me permet de mettre encore plus d'argent de côté. Et là, une dispute éclate entre mon beau-père et moi parce que je voulais sortir. Et lui ne voulait pas me laisser sortir. Il me dit qu'il a toujours tout fait pour moi. Et je lui dis non mais c'est moi qui ai toujours tout fait pour toi. J'ai fait des choses qui m'ont fait juste de la peine.
Et il me dit, non mais tu te crois dans Lolita, n'importe quoi. Si tu l'as fait, c'est bien parce que tu étais consentante. Et j'entends ces mots qui me frappent de plein fouet, comme vraiment une vague qui arrive sur moi. Et je me dis, non mais... Il est malade. C'est un gros fou. À quel moment il a cru que faire ça avec moi, j'étais consentante. Mais ça ne va pas ou quoi ? Vraiment, ça m'a vraiment retournée. Ça m'a glacée le sang.
Il me dit, de toute façon, même si tu pars, tu n'auras jamais les moyens de subvenir à tes besoins. Tu ne pourras juste jamais être en cours et travailler en même temps. Et je lui dis, oui, tu as raison. Je ne vais jamais pouvoir travailler et vivre et faire mes études à côté, tu as raison. Et donc il me demande, parce que tu as prévu de prendre un logement étudiant là ? Et je dis non. Alors que si.
Et je lui dis non, pour me protéger. Et je me dis bon, je lui dirai après. C'est pas important. Je suis super contente parce que là, je peux sortir tous les jours de chez moi pour travailler. Donc je travaille dans une maison de retraite. C'est trop bien. Ça me fait sortir de chez moi, j'aide des gens. Même si je ne suis que femme de ménage, je suis trop contente. Tout le monde me dit qu'ils me voient infirmière, puisque les deux ans de fac que j'ai faits, je n'ai pas pu aller au bout.
Je me suis inscrite sur Parcoursup pour faire infirmière. J'ai mes réponses qui sont positives et je me dis, bon, je suis infirmière. Je pars dans ce cursus-là. On est mi-août 2020, je me dis c'est bientôt, c'est bientôt, c'est bientôt, c'est bientôt. Ma mère est au courant, mon père est pas au courant, le temps passe. Et là, on est le 27 août.
2020, c'est la veille de mon déménagement. J'ai accepté une vacation dans l'EHPAD où je suis, donc je n'ai pas préparé mes affaires. Je les prépare très très vite en rentrant le soir à 20h. Le lendemain, il y a une copine qui vient chercher. Je l'annonce à mon beau-père. Il n'en revient pas. Ma mère est au courant. Elle fait semblant de ne pas être au courant. Mon père est parti travailler et moi, je pars. Par miracle, toutes les affaires pile-poil rentrent dans la voiture.
¶ La Liberté Retrouvée Et Le Deuil
Et là, j'arrive dans mon nouveau palace. Il fait 9 mètres carrés. Je n'ai pas de cuisine. C'est une cuisine commune. J'ai la chance d'avoir une salle de bain dans la chambre. Je suis trop heureuse. Pour moi, c'est une libération. Je n'y crois pas trop sur le moment. Le soir même, je sors parce que j'ai terminé mon travail à l'EPAD. J'ai une semaine de laps de temps où je vais voir...
Mes amis, je vais vraiment profiter. Quelque chose que je n'ai jamais pu faire avant, c'est de voir le ciel avec les étoiles. Étant avec mes amis, c'est quelque chose que je n'ai jamais pu faire. Et je me suis dit, c'est merveilleux en fait. C'est juste merveilleux de sortir, juste sortir se promener. Et je découvre cette liberté-là de faire ce que je veux.
Quand je veux, sans avoir la pendule dans ma tête à me dire « Attends, il est 11h20, je vais devoir préparer à manger. Attends, il faut faire la pelouse. Attends, il faut promener le chien. Attends, il faut arroser les plantes. Attends, il faut faire ci, ça. » Non, je fais ce que je veux. Quand je veux, j'ai la chance. D'avoir mon salaire. Et là, je commence mes études d'infirmière. Et je kiffe. Je suis super contente d'avoir ma vie d'étudiante. Sauf que je reçois des appels de 1h, 2h, 3h.
où mon beau-père me dit que je suis une grosse merde. Et moi, je voulais juste venir vous voir le week-end, les vacances. Il dit non, mais nous, on n'est pas un second choix, on a un premier choix le lendemain de ma rentrée. Je l'ai au téléphone et donc je lui demande si ça va. Il me dit que non, qu'il va aller faire un test Covid, qu'il a pris des anxiolytiques. Et moi, je décide de le rejoindre après.
Donc, je fais une heure de transport. Lui, il me récupère à l'arrêt de bus. On rentre à la maison. Je prends soin de lui. Je l'installe dans le lit. Je lui ramène de l'eau ou à manger un petit peu. grosse dispute qui explose. En fait, c'est trop compliqué pour mon beau-père de me voir pas chez eux. Il me demande de rester un an, une dernière année avec eux.
Pour moi, c'est pas possible. Pour moi, s'il reste un an de plus, comme je me suis dit avant, je meurs. Donc je lui dis que c'est pas possible, que je reviendrai les week-ends, tous les vacances, s'il veut. Il me dit non, mais... Non, n'importe quoi, c'est pas une garde alternée, on est ta famille, et toi tu choisis de faire autre chose, tu as choisi de nous abandonner. C'est des mots qui sont assez durs pour moi.
Et donc, je monte en haut, je suis dans la chambre avec ma mère. Et elle me dit, non mais dis-moi pourquoi t'es partie. Elle est assise sur mon lit, elle me dit, dis-moi pourquoi t'es partie. Je dis, non mais c'est juste, c'était trop dur pour moi. Je suis partie. Je suis bien. Et voilà, je vais vous voir le week-end, les vacances. Et elle me dit, non, mais c'est dur pour nous en ce moment ici. Enfin, c'est très dur. Là, il y a mon beau-père qui arrive.
qui veut pareil savoir, et il me dit, bon, c'est pas grave, ma puce, en parlant à ma mère, on va aller dans la forêt, et puis on va les suicider, tous les trois, avec le chien. Ma mère, elle acquiesce comme ça de la tête. Elle pleure. Mon beau-père commence à pleurer aussi. Je descends avec mon beau-père et il me dit « Ouais, je vais tout dire à ta mère. Je vais tout dire à ta mère de ce qui s'est passé. » Je lui dis « Non, s'il te plaît, ne lui dis pas. »
S'il lui dit, c'est moi, je suis dans la merde. Ma mère, j'ai peur de ce qui va se passer parce qu'elle apprend une double trahison de sa fille et de son compagnon. Ma mère, qui n'avait pas d'amis à l'époque, je me disais mais tout son monde tourne autour de ça, c'est pas possible. Et donc je lui dis non mais s'il te plaît, il lui dit pas, il dit ok, je vais pas lui dire.
Donc après ça, le soir vient, on parle et puis je pars dans mon appartement et ils ne voudront plus que je revienne chez eux parce que c'est trop compliqué pour eux. Ils me donnent jusqu'à janvier. 2021 pour revenir chez eux. Je dis que je ne vais pas revenir. Donc, à ce moment-là, je décide de me remettre avec mon copain et je décide de tout lui dire puisque maintenant, je suis partie de chez mes parents.
Lui, il a des larmes, vraiment, qui me montrent. Il me dit que c'est horrible ce que j'ai vécu. Et il me place très clairement dans le statut de la victime. Il me dit que je dois couper tous les ponts avec eux. Et pour moi, c'est pas possible.
c'est mes parents, même s'il a fait des choses horribles, ça reste ma figure paternelle. Je me disais, non mais je ne peux pas faire ça, c'est trop dur. Et puis ils vont se raisonner, ils vont devenir normaux, puis on va être une famille normale. Du coup, je suis allée voir la psy.
Je lui ai tout dit, ça a duré assez longtemps. Quand j'ai fini de parler, elle a dit « Bon, on va prendre un chocolat chaud, là, parce que c'est trop d'informations, je ne sais pas trop quoi dire. » Après ça, elle m'a demandé, mais... Là, t'es en étude d'infirmière, du coup. Imagine, t'as une patiente qui vient te voir, qui te raconte tout ça, tu lui dis quoi, tu lui réponds quoi. Et elle me fait vraiment sortir.
de la position où j'étais. Et là, je me dis, c'est vrai que si j'avais une fille comme ça en face de moi, je lui dis, mais fuis. Aujourd'hui, je suis très contente d'être sortie de tout ça. J'ai eu beaucoup de chance. J'ai déménagé. J'arrive à travailler, à étudier en même temps, et j'en suis trop fière. Et au final, il me retrouve moins indépendante dans mon appart, et qui réussit à échapper à tout ça.
Je découvre ce que c'est au final que d'avoir des relations normales avec son entourage, avec sa famille. Et c'est génial. Je découvre aussi ce que c'est la vie étudiante, même. s'ils étaient pendant la période du Covid. Je découvre ce que c'est que d'avoir des amis, de sortir avec eux, de boire des petits cafés. Enfin, tous ces plaisirs simples. Enfin, je suis trop contente. Vraiment, c'est fou.
Je découvre vraiment ce que c'est que de vivre une vie de jeune fille de 20 ans au final. Et ce qui est dur aujourd'hui, ce n'est pas forcément l'histoire que j'ai vécue, c'est vraiment d'avoir perdu ma mère. Parce que c'est quand même un deuil à faire. Parce que ma mère, aujourd'hui, je ne la vois plus. C'était très dur pendant les fêtes de Noël de cette année. Parce que j'ai eu tout le revers. Je n'ai pas de nouvelles du tout de ma mère.
C'est comme si elle était morte à mes yeux. Je ne la vois plus, je n'ai plus de nouvelles. Je ne l'ai que dans mes souvenirs. Après avoir vécu tout ça, j'ai développé plus d'empathie. J'ai développé un sens d'aider. C'est horrible ce que j'ai traversé. Et quand j'en ai parlé à mes amis, ça les surprend que je souris, que je sois heureuse, que je rigole, même si c'était très dur. Mais en fait, je suis juste contente de m'en être sortie. Sous-titrage Société Radio-Canada
Production éditoriale, Sarah Koskiewicz. Prise de son, montage et réalisation, Victor Benhamou. Musique, sable blanc. Retrouvez tous les épisodes de transfert sur slate.fr ou sur votre application de podcast préférée. Pour proposer une histoire,
