Le dessin - podcast episode cover

Le dessin

Apr 22, 202119 minSeason 5Ep. 134
--:--
--:--
Download Metacast podcast app
Listen to this episode in Metacast mobile app
Don't just listen to podcasts. Learn from them with transcripts, summaries, and chapters for every episode. Skim, search, and bookmark insights. Learn more

Summary

Un infirmier en réanimation pédiatrique raconte l'épuisement face à la dureté de son métier et les doutes sur sa vocation. Une nuit critique passée auprès d'une petite patiente et de ses parents bouleversés, suivie d'une visite inattendue et d'un simple dessin, vont lui rappeler avec force le sens profond de son engagement et la valeur inestimable des liens humains tissés dans l'adversité.

Episode description

L'auteur japonais Natsume Sōseki écrivait: «Tout artiste est précieux car il apaise le monde humain et enrichit le cœur des hommes.» Parfois, il suffit d'une œuvre d'art pour retrouver force et courage.

Alors qu'il pensait quitter son travail d'infirmier, Romain a croisé la route d'une artiste. Elle lui a offert un simple dessin d'enfant qui, encore aujourd'hui, le pousse à avancer dans cette voie si difficile et éprouvante.

Une histoire racontée au micro de Nina Pareja.

Ce onzième épisode des histoires courtes de Transfert a été produit et réalisé par Slate.fr, sous la direction de Christophe Carron, Benjamin Saeptem Hours et Sarah Koskievic avec Aurélie Rodrigues. La musique a été composée par Arnaud Denzler.


Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.

Transcript

Intro / Opening

Cet épisode de transfert vous est présenté par Bouygues Télécom, engagé avec ses clients contre l'exclusion numérique grâce à l'opération Don de Giga. Chaque mois, les clients Bouygues Télécom peuvent offrir des gigas symboliques à l'association de leur choix. Quatre partenaires participent à cette initiative. Les petits frères des pauvres, le Secours populaire, la Fondation des femmes et l'APF France Handicap.

Ces gigas sont ensuite transformés en forfaits et smartphones pour des personnes en situation d'exclusion numérique. Cette année, plus de 925 000 gigas ont déjà permis à des milliers de bénéficiaires de se reconnecter et ainsi de rester en lien avec leurs proches et la société. Pour découvrir l'histoire de ce beau projet et l'impact concret de vos dons, n'hésitez pas à aller voir la vidéo Giga Merci sur la chaîne YouTube ou le site de Bouygues Télécom.

Le Poids Émotionnel du Métier

L'auteur japonais Natsume Soseki écrivait « Tout artiste est précieux car il apaise le monde humain et enrichit le cœur des hommes. Parfois, il suffit d'une œuvre d'art pour retrouver force et courage. Alors qu'il pensait quitter son travail d'infirmier, Romain a croisé la route d'une artiste. Elle lui a offert un simple dessin d'enfant, qui encore aujourd'hui le pousse à avancer dans cette voie, si difficile et éprouvante. Vous écoutez Transfer, épisode 134.

Produit et réalisé par Slate.fr Une histoire racontée au micro de Nina Pareja. Je suis infirmier dans un service de réanimation pour un hôpital pour enfants. J'y travaille depuis un peu plus de deux ans maintenant et j'ai travaillé plus de cinq ans dans un service d'urgence auparavant. Surtout avec les adultes. Pour moi, le métier d'infirmier, c'est un métier passion. Un métier aussi qui a son lot de difficultés, de contraintes, qui demande une capacité à s'adapter à des horaires.

Jour, nuit, plus ou moins complexe, qui se traduit aussi par des difficultés qui sont lors de la charge de travail. C'est un métier qui est dur parce qu'on est confronté aux expériences de vie les plus complexes, et notamment la mort, très tôt.

Déjà quand on est en formation, c'est une ou des étapes assez importantes. Ce qu'il y a de plus dur dans une prise en charge, c'est d'accompagner quelqu'un dans la fin de sa vie, qui fait pleinement partie au final de la prise en charge et par conséquent la mort. J'ai toujours pensé...

que je devais être blindé face à ça et que je devais faire en sorte de m'armer, de me faire comme une espèce de carapace pour pouvoir m'en protéger au plus possible. Parce que quand on travaille dans des services complexes ou techniques... vraiment ce qu'on appelle un petit peu des services en tension, c'est les points chauds des hôpitaux, c'est des moments où les prises en charge sont particulièrement quelques fois critiques.

Et donc on est amené à vivre ça de manière plus ou moins répétée. Moi j'ai toujours cru qu'il fallait être blindé par rapport à ça, bien qu'en formation on nous apprenne à... accepter nos émotions, les analyser, les comprendre pour pouvoir justement avancer avec elles et pas que ça devienne une forme d'ennemi pour nous, que ce soit dans nos colères, dans nos tristesses, dans nos joies, dans ce qui peut nous bouleverser. Et puis j'ai découvert...

justement quand on travaille avec les enfants, que cette ligne-là, elle bouge un peu et qu'on peut être bouleversé. En réanimation, je me retrouve à devoir apprendre plein de choses, découvrir un monde qui est celui de l'enfant et de l'enfant à l'occasion. C'est quelque chose qui est quand même purement de l'inconnu pour moi à ce moment-là, pour lequel je peux m'appuyer un petit peu quand même sur mon expérience précédente, mais sur laquelle je ne peux pas non plus capitaliser.

Complètement parce qu'il y a plein de choses à apprendre et plein de choses complexes autour de l'enfant. Je suis dans un service dans lequel... Je m'épanouis malgré tout parce qu'on apprend énormément et que je me nourris des situations que je rencontre et des côtés techniques qu'un service de réanimation apporte pour un infirmier qui est un des services de pointe.

retrouve aussi à accumuler énormément de fatigue, à me retrouver dans une forme d'épuisement parce que c'est des longues journées, c'est des horaires très particuliers et découpés parce qu'on fait du jour, on fait de la nuit et que de m'exposer à long terme à suivre des enfants alors que...

Avant j'étais dans un service où je passais très vite d'une situation à l'autre. Là je réapprends à... a du coup été obligé de mettre en place d'autres mécanismes pour essayer de couper, me protéger en tout cas des situations que je rencontre pour être déjà efficace quand je travaille et puis à me retrouver aussi affecté. par le côté de la continuité de soi. Ça fait des mois qu'on est en crise du Covid-19. Moi, j'accuse le coup, je suis fatigué.

Ça a chamboulé plein de choses dans nos organisations, quel que soit le service ou l'hôpital dans lequel on exerce aujourd'hui. Puis cette fatigue, elle se cumule parce qu'on nous a demandé de faire des efforts et on en fait déjà au quotidien.

Et puis ces efforts, ils se retrouvent plus trop récompensés s'ils ne l'étaient déjà plus par le manque de reconnaissance et de moyens qu'on peut y savoir. Donc je me retrouve... entre deux parce que je suis pas un jeune infirmier mais je suis pas un ancien non plus et forcément toute cette situation là en plus de la dureté du métier qu'on occupe

m'aident à me poser question à savoir si moi j'ai envie de continuer à faire ça et je sais plus trop pourquoi en tout cas des fois je suis en train de le faire et on ne donne pas les arguments pour pouvoir continuer à le faire à ce moment là et ça c'est assez dur et épuisant en fait parce qu'on est dans des métiers où on est quand même lucide moi je le suis en tout cas j'espère même si là je suis en train de perdre ma lucidité parce que je suis épuisé par rapport à ce que

à ce que je vis. Et en même temps, je commence à me dire que toutes ces situations-là me disent que j'ai choisi ce métier-là, mais que mes choix ont des valeurs et que ces valeurs, elles sont... un petit peu égratiné par tout ce qui est en train de se passer. Un jour, je travaille, je suis de nuit.

sur un des secteurs de la réanimation et j'accueille une petite fille alors que je ne devais pas l'accueillir parce que ce n'était pas à moi de l'accueillir à ce moment-là. Mais la charge de travail fait que je suis le seul infirmier du secteur à être disponible pour pouvoir l'accueillir.

Anna, qui a un peu plus de 4 ans, arrive avec sa maman en provenance d'un service d'urgence qui est assez loin de notre hôpital. Il a fait un transport avec une équipe de SAMU qui l'a amenée sur notre service et qui vient... pour une découverte un peu fortuite d'un syndrome très complexe qui nécessite de venir dans un service de réanimation qui pourra lui proposer d'être surveillé de manière très rapprochée.

Et dès qu'Anna arrive, on est en fin de nuit, j'ai tout de suite à cœur et avec mes collègues d'essayer de... Lui apporter un peu de sourire parce que je vois sur son visage qu'il y a beaucoup de fatigue et je vois surtout dans les yeux de maman qui l'accompagne qu'elle est abasourdie, elle est complètement apeurée, elle ne comprend pas ce qui est en train de leur arriver.

à elle et à sa fille. J'essaye de détendre un petit peu l'atmosphère, à discuter avec elle et tout de suite, je m'attendris de cette situation. Je sens tout de suite que c'est une petite fille qui s'exprime très bien, même si elle communique peu avec nous parce qu'elle est vraiment très fatiguée. On essaye un petit peu de dédramatiser avec maman pour un petit peu désécraliser.

Qu'il est tard ou tôt, ça dépend comment on voit les choses. Elle est arrivée dans un service où le nom fait peur, mais c'est pour faire les choses correctement pour elle. Essayer d'avoir un... leur confiance et puis quelque chose qui est de l'ordre de l'accueil, de leur faire comprendre que...

Elles se sentent attendues, etc. Et c'est hyper important parce que c'est la première image qu'elles ont de nous. Et de ça va dépendre énormément de choses. Comment elles sont accueillies, je suppose, en tout cas. Donc voilà, l'équipe de relève arrive et je rentre chez moi. Je reviens quelques jours plus tard.

La Seconde Admission d'Anna

Travailler toujours de nuit, c'est une nuit qui s'annonce relativement calme pour moi en termes de charge de travail, parce que je n'ai qu'un enfant à charge à ce moment-là. Et au cours de la nuit, le réanimateur de garde me dit qu'il va évaluer une petite fille dans les étages et qu'il me tiendra au courant. Et une vingtaine de minutes plus tard, il revient vers moi pour me dire, on va faire une entrée.

D'une petite fille, son état s'est dégradé. En fait, il me montre la prescription, je reconnais le nom, Dana. Je me dis, c'est étonnant, j'ai fait son accueil quelques jours auparavant sur un des secteurs du service. Je me retrouve à être sur un autre secteur du service et à refaire à nouveau son entrée. Quelques instants plus tard, elle arrive avec son papa qui, je vois, malgré le masque, me fait un sourire et me dit être rassuré que ce soit moi parce qu'il a entendu parler de moi.

Et moi, tout de suite, ça me fait un peu chaud au cœur, en fait, parce que moi, je me souviens très bien d'elle quand elle arrivait les jours précédents et à nouveau refaire son entrée sur une autre partie de la réanimation. je peux m'empêcher de me dire qu'il n'y a pas de hasard. Et forcément, d'un coup, je me sens encore plus impliqué que je ne l'étais. pour la prendre en charge et je me retrouve à faire plein de choses derrière. C'est un autre environnement pour eux, ils viennent d'un...

d'un service où il y a moins de techniques que dans une réanimation. Et là, il y a beaucoup de techniques, il y a beaucoup d'affairements parce qu'on l'installe, etc. Donc c'est forcément toujours, pour les parents, je pense, Un petit peu déroutant de voir tout ça se faire autour de leur enfant. Et donc, leur animateur m'explique que la situation est quand même suffisamment précaire pour que ça puisse basculer à tout moment sur quelque chose qui pourrait ne pas être très bon pour Anna.

Tout de suite, je m'affaire à faire une multitude de tâches plus ou moins précises pour que la nuit se passe bien. Et je quitte Anna au petit matin qui est dans un état stable. Et je reviens le soir et en fait je comprends très rapidement à mon arrivée dans le service que son état s'est dégradé très rapidement dans la journée.

La Nuit Critique et l'Intubation

Anna a été intubée par le réanimateur de garde peu de temps avant que j'arrive. Et à ma prise de poste, je découvre maman prostrée près de sa chambre, accroupie, effondrée au sens propre comme au sens littéral. Dans l'urgence, il a fallu mettre en place une ventilation invasive pour sa fille qui va entraîner aussi plein de choses, d'éléments de surveillance et rajouter encore énormément de techniques dans la chambre.

Et quelque part, on peut plus éloigner les parents de l'enfant au vu de la maladie qui est en train de prendre énormément de place physiquement en plus dans cette chambre-là à ce moment-là. Donc moi, je sais que d'avance, la nuit va être très longue. parce que je comprends que je vais avoir énormément de choses à faire.

Je sens que d'un point de vue émotionnel, je suis affecté parce que ce qu'on voulait éviter est en train d'arriver et que la situation bascule et qu'on est complètement impuissant, que ça a pris une tournure. Tout le monde, vous voulez éviter. La situation est suffisamment dégradée pour amener à des incertitudes et des inquiétudes qui vont être de l'ordre du pronostic vital, de comment ça pourrait se passer après, ça va être quoi l'après, etc.

Vient le temps d'échange avec les parents, donc qu'un entretien, on va, à part dans une pièce, un petit peu débriefer ce qui se passe, ce qui est en train de se passer. Les parents, ils ont des questions de parents qui sont normales.

La Conversation Difficile avec les Parents

Ils veulent en tout cas savoir ce qui va se passer, comprendre. Physiquement, moi je suis en phase 2, à côté du médecin de garde. Je peine à soutenir le regard.

Je sens déjà que ma limite est atteinte parce qu'au-delà de l'empathie, c'est de la compassion que j'ai à ce moment-là. Et c'est très dur de soutenir le regard de ces deux parents qui sont en train de comprendre à demi-mot que la vie de leur fille est... est engagé et n'est plus que sur un fil et qu'à partir de là tout repose sur eux l'irrationnel et pour nous du rationnel mais voilà de ce côté médical en fait et au cours de cet entretien

je sens que papa a besoin de comprendre comment ça va dans le temps s'inscrire tout ça et je lui dis on va travailler heure par heure et qu'on va avancer comme ça pour lui faire comprendre sans lui envoyer un espoir que je pourrais pas me permettre de lui donner mais lui faire comprendre que c'est étape par étape et que vient de s'enclencher une bataille qui est différente.

Après l'entretien, c'est vrai que pour moi, ce n'est pas évident parce que là, on n'est même pas à la moitié de la nuit pour moi. Et je sais que je vais passer encore énormément de temps dans cette chambre et qu'il va falloir à nouveau soutenir le regard des parents et peut-être aussi... répondre à des questions qu'ils auraient après ou qu'ils voudraient juste simplement un peu éclaircir quand je retourne quelques instants après dans la chambre

J'ai deux personnes en face de moi qui sont complètement abasourdies, du coup de massueux qui viennent d'entendre, et j'ai tout de suite à cœur de me dire il faut faire les choses bien, mais comme quelque part on ferait pour n'importe quelle prise en charge, mais là encore plus, parce que... Je suis surimpliqué dans ce que je vais faire et j'ai particulièrement envie que tout se passe bien au mieux, en tout cas au moins de faire le mieux possible pour l'intérêt de Anna.

Son état se maintient au cours de la nuit et avant de partir du service, il y avait des dessins qui avaient été mis dans l'eau de service que je vais raccrocher dans la chambre avant de partir parce que les parents ont fini par aller se reposer. au cours de la nuit pour marquer mon soutien, évidemment, et essayer de remettre un peu d'espace de vie enfantin dans cette chambre de réanimation. Je reviens également quelques jours plus tard travailler. J'apprends que...

L'évolution d'Anna était plutôt favorable et je découvre qu'elle a pu sa sonde d'intubation et que la première chose qu'elle a demandé, c'est si elle pouvait manger des pâtes quand elle s'est réveillée. Je suis juste ravi de l'entendre parce que je me dis que si à la fin, c'est que c'est une bonne maladie. Et au cours de cette nuit-là, toujours par sommet d'échanges avec les parents qui sont là à ce moment-là, s'installe aussi cette relation où ils vont me poser des questions sur moi.

D'où je viens ? Pourquoi je fais ça ? Est-ce que ça fait longtemps que je suis dans le service ? On vient de les accompagner et de vivre à travers eux. On peut avec eux quelque chose qui est un tournant de leur vie. Et au détour de la nuit, Anna a froid et m'appelle par mon prénom et me dit « Romain, j'ai froid ». Moi, à ce moment-là, je me retiens de ne pas pleurer parce que je...

Je comprends que quand je lui parlais, quand je rentrais dans la chambre, quand je disais que c'était moi qui étais à côté, que peut-être que mon prénom est intégré et que je suis identifié dans son environnement.

L'Impact Émotionnel Personnel

Et pourquoi pour caisse ? Là, à ce moment-là, je suis juste bouleversé. Je commence à comprendre que je suis sérieusement fatigué parce qu'en temps normal, j'aurais trouvé ça sympa, mignon. Et je serais passé à autre chose. Et là, juste qu'une petite fille en réanimation appelle par mon prénom, me coupe le souffle et me mette les larmes aux yeux, traduit à quel point je suis...

émotionnellement et physiquement fatigué. Et puis les suites sont tellement favorables pour Anna que le lendemain, en fait, elle repart dans son service où elle avait été admise auparavant. Et je sais que le plus dur est derrière eux. Un peu plus d'une semaine après tout ça, je suis en poste de jour et je suis en train de faire des papiers auprès de notre bureau de poste de soins. Je sens déjà un peu là sur mon côté gauche que...

Il y a du monde qui arrive, mais je ne regarde pas vraiment. Et quand je tourne la tête, c'est Anna et ses parents qui sont là, avec Anna qui est toute souriante, pleine de vie, debout sur ses deux jambes, qui va bien. Je le vois tout de suite.

Le Don du Dessin et sa Signification

qui a un dessin à la main, donc je m'accroupis parce qu'elle vient vers moi, et elle me dit tiens Romain c'est pour toi, je te remercie. Là je peine aussi à contenir mon émotion. Papa le voit tout de suite, évidemment. Et je lui dis en rigolant, ça vaut bien le coup d'être un des seuls garçons du service pour pleurer pour une petite fille de 4 ans. Et papa rigole, ne me répond trop rien parce qu'il est...

tout autant ému que moi je pense à ce moment-là. Et je regarde au dos du dessin, et au dos du dessin, maman m'a écrit un petit mot pour me remercier de toutes ses attentions et de ses paroles échangées dans ces moments difficiles. Et une partie de l'équipe est là à ce moment-là. Ils voient que je suis particulièrement touché par ce qui est en train de se passer. Donc elles le sont aussi. Et puis rapidement, il faut refaire face parce qu'il me reste une bonne partie de ma journée à faire.

Je suis ravi de les voir tous les trois, main dans la main, quitter notre service et retourner à la maison, reprendre leur vie telle qu'elle était avant. Et quand je quitte ce jour-là le service, je ramène ce dessin. Et en fait je le mets dans mon casier en me disant que pour toutes les fois où j'ai la sensation qu'on perd des batailles, ou que c'est dur et que je sais plus trop pourquoi je suis là, que ça, ça me le rappellera en tout cas. Et aujourd'hui ce dessin...

Je le regarde avec autant de tendresse que je pourrais le regarder comme un signalétique de danger. C'est-à-dire que c'est un dessin qui est pour moi qui a scellé cette histoire-là à jamais. Et qui m'a surtout rappelé pourquoi je suis là et pourquoi je fais ça. Et qu'est-ce qui vaut le coup dans notre métier et que c'est pour ce genre de moment-là en fait qu'on le fait. Que c'est une reconnaissance et une gratitude qui m'est très personnelle.

et qui englobe tous les moments où c'est dur, où on baisse la tête, où on n'a pas envie d'y retourner, où on est épuisé, où on ne comprend pas pourquoi les choses se font comme ça alors qu'on ne voudrait pas. Plus que jamais, je le laisse dans ce casier parce qu'il vient me rappeler ces choses-là aussi.

quand les moments sont difficiles et que la journée ou la nuit a été difficile et que je pars. Et ça vient me rappeler que c'est un métier qu'on a choisi et ça me rappelle pourquoi je l'ai choisi aussi. Sous la direction de Christophe Caron, Benjamin Septemours et Sarah Koskiewicz avec Aurélie Rodriguez. La musique a été composée par Arnaud Denzler. Retrouvez tous les épisodes de transfert sur slate.fr ou sur votre application de podcast préférée.

This transcript was generated by Metacast using AI and may contain inaccuracies. Learn more about transcripts.
For the best experience, listen in Metacast app for iOS or Android