¶ Intro / Opening
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¶ Introduction au Récit de Roxane
Théo est le héros du roman « Le pas suspendu de la révolte » de Mathieu Bellizy. Théo étouffe dans sa vie avec sa femme et ses deux enfants. Un soir, au volant de sa voiture, il décide de ne pas rentrer. De partir sur les routes du sud de la France, d'enchaîner les nuits sans lendemain entre jouissance et violence. De vivre libre, seul et indépendant à n'importe quel prix. Roxane, elle, voulait quitter Benoît.
Il manquait à leur histoire ce petit quelque chose qui en ferait l'histoire. Et alors qu'elle s'était enfin décidée à le quitter en douceur, un événement a tout chamboulé. Attention ! Vous écoutez Transfert épisode 269, un témoignage recueilli par Jeanne-Marie Desnos.
¶ Liaison Secrète et Nouvelle Rencontre
En 2016, j'ai 29 ans, j'ai mon propre appartement, je suis très heureuse dans ma vie, je sors beaucoup, je fais pas mal la fête, je vis très pleinement ma jeunesse. Je suis célibataire, je n'ai pas de petite amie, mais j'ai rencontré un homme marié dans le cadre de mon travail. Et on a une relation extra-conjugale qui dure déjà depuis à peu près deux ans.
et qui est à peu près sur la fin, puisque lui, je vois bien qu'il ne va pas du tout avancer dans mon sens, c'est-à-dire qu'il ne va pas du tout ni quitter sa femme, ni abandonner sa vie. Et je me rends compte petit à petit que c'est une histoire qui est vouée à l'échec. On part sur un tournage ensemble. Et lors de ce tournage, il y a une soirée pour fêter la fin du tournage. Et il me dit, écoute, de toute façon, tous les deux, ce n'est pas possible. Moi, je ne quitterai jamais ma femme.
Mais en revanche, tu vois l'homme qui est là-bas, il s'appelle Benoît, c'est un mec super, vous allez très bien vous entendre, j'en suis sûre, je le connais, tu devrais te rapprocher de lui et je suis sûre que ça va marcher. Donc c'est un peu étrange parce que c'est quand même mon amant qui me guide vers un autre homme.
J'étais tellement éprise de lui et tellement amoureuse que de toute façon, je me suis dit, je vais faire exactement ce qu'il me dit. Et puis, ça se trouve, il sera jaloux, je ne sais pas. Et puis, on se remettra ensemble. Donc, je vais effectivement... discuter avec lui toute la soirée. Effectivement, ça se passe très bien, on s'entend très bien. On rentre à Paris et on échange nos numéros de téléphone et on décide de se revoir. On se revoit...
Deux, trois jours après, on va boire un verre dans mon quartier. Ça se passe très bien. Il est effectivement très sociable, très rigolo. Moi, j'aime bien les gens qui parlent beaucoup, qui ne sont pas timides. Il est très sûr de lui. Donc, ça me plaît. Physiquement, il est vraiment... Voilà, c'est un beau mec. Il n'est pas très grand. C'est un brin ténébreux. Il a une barbe mal rasée. Il est très viril.
On boit pas mal de coups. Et bon, évidemment, on finit chez moi. On passe la nuit ensemble. Ça se passe très bien. Il est très... Il est très branché sexe. C'est lui qui dirige. Il aime montrer qu'il est maître de la situation.
¶ Une Relation Sans Amour Véritable
À partir du moment où je commence ma relation avec Benoît, je stoppe toute relation avec l'homme marié. On décide de se revoir et effectivement, on se revoit. plusieurs jours, puis ça dure des semaines. Et puis finalement, ça fait déjà deux mois qu'on se fréquente et on décide du coup de se mettre ensemble. Malgré tout, moi, je ne suis pas vraiment dans l'optique de me mettre avec quelqu'un. Je l'aime bien, mais je ne suis pas amoureuse de lui. Il me fait rire, il est sympa.
Je ne me dis pas du tout que ça va être une histoire qui va durer et je me dis, prends du bon temps, tu verras bien, mais voilà, ça ne va pas durer, ce n'est pas grave, il n'y a pas de problème. Et en plus, je suis quand même encore complètement amoureuse de mon amant marié. Et du coup, je suis quand même un peu triste de ne pas finalement être avec lui.
d'être avec la personne qui m'a désignée, avec qui il fallait que je sois. Il m'emmène pas mal sur des tournages. C'est très impressionnant pour moi, qui suis plus jeune que lui. Tout le monde est très gentil avec lui. Tout le monde l'adore. Donc, c'est quand même quelqu'un qu'on admire. Il donne un peu des paillettes dans les yeux. Quand on arrive quelque part, il...
Il dit à tout le monde, vous vous occupez d'elle en parlant de moi, c'est ma femme, c'est ma femme, personne la touche, personne la regarde, c'est ma femme. Un côté un peu macho, comme on pourrait dire, mais pas dans le mauvais sens du terme, c'est-à-dire quand même, il était respectueux et il ne me faisait pas de mal. L'été se passe.
Et puis en septembre, l'histoire se passe bien, mais je me dis que quand même, je ne suis pas amoureuse. Je n'ai pas envie non plus de rester avec quelqu'un si lui est amoureux de moi, ce que je ressens. Je n'ai pas envie de lui faire du mal ou quoi que ce soit, donc je me dis qu'il faut que ça s'arrête, ça ne sert plus à rien. On est à peu près mi-septembre, nous sommes le vendredi, et Benoît me dit qu'il va sortir ce week-end.
Moi, je pars en tournage le lundi et je commence à être un peu malade. Je sens que j'ai une gastro qui arrive. Je ne suis pas du tout au top de ma forme. J'ai envie d'être au top de ma forme lundi pour partir en tournage. Donc moi, je lui dis que je reste à la maison tranquille chez moi, mais que bien sûr, on se verra dans le week-end avant que je parte et quand lui aura...
des cuvées de sa soirée. Dans ma tête, je me dis que la prochaine fois qu'on se voit, c'est pour que je lui dise qu'on arrête et qu'on ne peut pas continuer comme ça. Surtout qu'en plus, il a une petite fille et que du coup, je n'ai pas envie non plus de... de rentrer dans la vie de cette petite fille et d'en sortir après rapidement. Je passe donc le week-end chez moi. Effectivement, je suis malade et je suis franchement un peu au bord du gouffre, comme toute personne qui a la gastro.
Je m'attends à ce qu'il m'appelle le samedi, mais le samedi, je n'ai pas de nouvelles de lui. Zéro. Et puis, je lui envoie des messages. Pas de nouvelles. Alors qu'il me répond quand même tout le temps. Il m'envoie énormément de messages, beaucoup de textos. Il m'appelle presque tous les jours. Le dimanche, je me réveille le matin.
Je n'ai pas de nouvelles de lui, donc je le rappelle. Pas de nouvelles, téléphone éteint. Je commence à être un tout petit peu inquiète parce que ça ne lui ressemble pas du tout. Mais je me dis, bon, il est quand même assez fait tard. Bien plus que moi. Il aime bien boire. Il se drogue de temps en temps. Mais évidemment, toute proportion gardée.
Il aime bien faire la fête, donc je me dis qu'il doit être en train de cuver et ramasser à la petite cuillère. Ce n'est pas grave, tant pis. Je ne vais pas le quitter ce week-end. parce que c'est vraiment ça mon échéance, en fait, c'est de pouvoir lui dire que je termine cette histoire. Je me dis, bon, je pars en tournage demain, c'est pas grave, on fera ça la semaine prochaine.
¶ L'Appel Désespéré de Benoît
Et puis, j'ai un mauvais pressentiment. Enfin, il y a un truc qui, quand même, cloche. Et il m'appelle. Donc, on est dimanche. Il est 16 heures. Et là, j'entends un... En fait, j'entends un homme qui est aux abois, qui est complètement désespéré, qui crie, qui pleure. Je ne comprends rien à ce qu'il me dit. Mais je comprends qu'il me dit...
C'est fini, je te quitte, c'est fini, je te quitte, c'est fini, ma vie est finie, de toute façon tout est fini. Ça n'a aucun sens, c'est très confus, c'est Ibaragouine, je ne comprends absolument rien, en plus je suis malade. Donc, je lui dis, qu'est-ce qui t'arrive ? Qu'est-ce qui se passe là ? Oui, de toute façon, je suis en bas de chez toi. Mais c'est fini, je suis en bas de chez toi. Donc, je lui dis, monte.
J'ouvre la porte et là, vraiment, je vois quelqu'un de ratatiné. Vraiment le mot ratatiné. Il est blanc, livide, il a des cernes jusqu'aux genoux. Il trempe de partout, il est sale, il est suant. Enfin, il ne ressemble pas du tout à l'homme viril et sexy qui se donne en image tout le temps. Il s'assoit et il me dit, tu ne comprends pas, en fait, je te quitte. J'ai détruit ma vie, je vais détruire ta vie, donc c'est terminé. En fait, moi, sur le coup, je me dis, mais non.
C'est moi qui veux le quitter, c'est pas lui qui me quitte. Donc c'était ma première réaction qui était quand même un peu bizarre. Ça m'a fait très mal à l'ego, en fait. Je suis tellement dans l'incompréhension. Et en même temps, je suis un peu fâchée. qui doit voir dans ma tête que j'attends une explication quelconque. Et là, il me lâche de but en blanc. Je me suis fait violer. Ma vie est finie. C'est terminé. Ma première réaction, c'est de rire.
En fait, j'étais tellement choquée par cette phrase. Je m'attendais vraiment à tout sauf à ça. Je suis malade en plus, donc je suis en plus dans un état de fébrilité atroce et je me prends cette bombe dans le visage. Donc je lui demande de m'expliquer ce qui se passe avec un peu plus de détails. Il me raconte très vaguement qu'il est sorti le vendredi soir et qu'il s'est réveillé le samedi dans un appartement.
nu, qui s'est fait virer à coups de pieds et de mains, et qu'il n'a pas dormi depuis, qu'il n'a pas de souvenirs, mais qu'il a mal, qu'il a très mal. évidemment aux parties intimes, et il est dans un état de contrôle toujours. Donc, c'est pour ça qu'il me dit, c'est terminé, puisque ma vie est terminée.
Moi, évidemment, s'il ne m'avait rien dit, s'il m'avait juste envoyé un message, c'est terminé, bon, je serais passée à autre chose. Mais là, il me met en témoin direct, puisque je suis la première personne qu'il va voir. Il est chez moi et je ne supporte pas la souffrance chez les autres. J'aime bien aider les gens. Là, il est évident que pour moi, je ne peux pas le laisser repartir.
Je ne peux pas le laisser faire je ne sais pas quoi, mais une connerie sûrement. Et je suis obligée de prendre les choses en main, vu qu'il est incapable de faire quoi que ce soit dans l'état dans lequel il se trouve actuellement.
¶ Honte, Police et Première Réaction
Premier réflexe, je lui dis OK, on va à l'hôpital tout de suite. On arrive au service des urgences, il refuse de rentrer dans l'hôpital tellement il a honte. Il ne veut pas se montrer, il ne veut pas qu'on voit son visage. D'ailleurs, il porte une capuche, une casquette, on dirait un braqueur. Il me laisse rentrer toute seule. Je rentre, je prends le premier médecin, le pauvre que j'attrape.
Mon ami est dehors, il s'est fait violer, je ne sais pas quoi faire. Et le médecin me dit non, il faut d'abord aller à la police. Il faut porter plainte et eux vont vous ramener à l'hôpital ensuite. Donc évidemment... Très une longue discussion, il ne veut pas aller à la police. J'insiste et je lui dis qu'il n'y a même pas d'autre solution. On rentre dans le commissariat. Au bout d'un quart d'heure, il prend en charge Benoît qui monte.
dans les étages, et moi, je reste à l'entrée, sur un banc. On est dimanche, il est à peu près 19h-20h. Moi, je pars le lendemain en tournage, à 6h du matin. Je suis malade. Je ne suis vraiment pas du tout au top de ma forme. Et en plus, là, je suis carrément un peu au bord du précipice. Je suis complètement perdue. Je ne sais absolument pas ce qu'il faut faire. Je n'ai jamais entendu ce genre d'histoire. C'est vraiment très stupide de dire ça, mais pour moi, le viol, ça concerne les femmes.
Et je n'imaginais même pas que ça pouvait concerner les hommes. Je sais qu'il y a des cas, mais je ne connais personne ni de près ni de loin qui a eu affaire à ce genre d'histoire. Donc, je ne me le suis jamais imaginée. Ça n'existe pas. Alors que je connais malheureusement beaucoup de femmes qui ont subi des agressions sexuelles. Donc j'appelle ma sœur, qui est médecin.
Parce que j'avais vraiment besoin de le dire à quelqu'un tellement je suis complètement paumée. Et elle-même est extrêmement choquée. Alors évidemment, en tant que médecin, elle est très cartésienne. Elle m'explique que oui, ça arrive, que c'est des cas très rares, mais qu'il faut prendre ça très au sérieux. Les minutes passent, et puis au bout d'un moment, les heures passent.
Là, on est carrément aux alentours de 23h30. Je suis toujours sur ce même banc, le regard dans le vague. Et une policière arrive au bout d'un moment. Elle me dit, vous pouvez venir, il a terminé sa déposition, je vous accompagne. Et dans l'ascenseur, cette policière est très grande, donc je la regarde vraiment d'en bas. Et elle, elle me regarde d'en haut.
Et elle me dit, vous savez, c'est très grave ce qui lui est arrivé. Il va beaucoup souffrir. Ça va être très long. Et il faut vraiment que vous soyez là pour lui. C'est le plus important, c'est que vous soyez là pour lui. C'est un peu horrible de dire ça, mais le premier truc que j'ai pensé, j'ai dit, bon ben voilà, c'est fini. Là, il y a carrément l'autorité nationale qui vient de me dire que maintenant, c'était moi qui étais responsable de Benoît, point.
Et là, je me suis dit, allez, on appuie sur le bouton infirmière et c'est parti pour je ne sais pas combien d'années. On verra bien. J'arrive dans le bureau. Je vois vraiment une scène de film d'un... un film d'Olivier Marchal, avec un flic qui clope, qui boit une bière, Benoît qui clope, qui boit une bière, tout ça dans une espèce de nuage de fumée, de cigarette.
Il y a pas mal de monde dans ce bureau, tout le monde rit, les gens parlent fort. Moi, j'arrive, je suis très intimidée. Déjà parce que j'ai vraiment jamais eu affaire à la police, donc je connais pas du tout, du tout ce milieu. Le flic est très sympathique, très bourru, vraiment un peu grognon comme ça, il parle comme ça. Je vois bien que le flic a complètement détendu Benoît. On dirait qu'il boit un coup avec un pote. Donc...
C'est vraiment quelqu'un de génial, ce flic. Il ne m'explique pas du tout ce qui s'est passé. Il ne me raconte pas ce que Benoît lui a dit. Mais il me dit que la déposition est terminée et que donc... On va devoir aller à l'hôpital. Il appelle le service concerné à l'hôpital en leur disant que nous allons arriver. Je rappelle qu'il est minuit et le médecin de garde ne veut pas nous prendre.
Parce que justement, il est tout seul et qu'il a trop de travail. Et en fait, le flic lui hurle dessus, devant nous. Mais est-ce que toi, tu t'es déjà fait sodomiser, toi ? Alors maintenant, tu fermes ta gueule et on arrive. Déjà, le mot qu'il a dit, j'ai du mal à dire, je l'avoue. Mais en fait, ça m'a tellement choquée. Je me suis dit, il a sodomisé. Je me suis dit, mais attends, c'est pas possible, là. Depuis le début, je suis dans un nuage.
J'observe, j'essaye de gérer. C'est-à-dire, je dis, on va à l'hôpital, on va chez les flics, on prend un taxi, je paye le taxi. Je fais tout ce qui est vraiment comme une machine. Je sais ce qu'il faut faire. Je suis quelqu'un qui a vraiment les pieds sur terre. Je suis d'une famille de médecins, tout ça.
carré, je suis très organisée. Mais tout ce qui était autour, toute l'histoire, tout ça, moi, j'étais dans le flou total et ça ne me dérangeait pas de rester dans ce flou total. Je n'ai pas envie que ça devienne réel, en fait. En fait, les autres rigolent parce que du coup, il a engueulé le médecin-chef. Le médecin-chef se trouve complètement con à ce moment-là et du coup dit oui, oui, pardon, excusez-moi. On les reçoit tout de suite.
On monte dans la voiture de police, première fois de ma vie que je monte dans une voiture de police. Le policier se retourne et nous dit « je vais mettre la sirène, on va rigoler un peu, on va se détendre ». Donc, il met la sirène, on traverse Paris, on fait des dérapages. Je trouve que c'était très sympa de leur part parce que je pense qu'ils ont vu la gravité de la situation et du coup, ils essayent de nous détendre, ils essayent de détendre Benoît.
¶ L'Horreur Révélée et le Protocole Médical
Ils nous font rire, ils sont gentils, ils sont à l'écoute. Donc vraiment, c'était entre guillemets une bonne expérience. On arrive à l'hôpital et là, c'est beaucoup moins drôle parce que le service des victimes est un endroit glauquissime. Pas du tout accueillant. On arrive dans une espèce de couloir à la shining, éclairée par des néons atroces. Le médecin arrive assez rapidement aussi. Je pense qu'il est à peu près une heure du matin.
On n'a toujours pas mangé, on n'a pas dormi. Moi, je reste dans la salle d'attente, donc je m'allonge par terre et je me dis, bon, je dors un peu et je prends le sac à dos de Benoît qu'il avait laissé. Et je le mets en oreiller, mais il y a un truc qui me gêne à l'intérieur, donc je l'ouvre. Et là, je tombe sur le rapport de police. Donc, tout ce qu'il a dit pendant toutes ces heures dans le commissariat.
Il y a cinq pages, c'est un truc énorme. Et je ne sais pas pourquoi, par curiosité malsaine ou par j'en sais rien, je me mets à l'ouvrir et je le lis entièrement du début à la fin. Il se trouve que Benoît a des bribes de souvenirs, donc je lis comme des phrases hachées. de souvenirs qui n'ont pas de sens les unes avec les autres, qui ne se suivent pas, qui n'ont pas de temporalité, qui n'ont pas vraiment de lieu. Mais je lis des scènes d'agression et je lis des choses...
C'était horrible. Je visualise tout ce qu'il a dit. J'imagine les protagonistes, mais lui, je l'ai dans ma tête. Je vois très bien ce qui s'est passé pendant cette fameuse nuit. Et en plus, il dit les choses assez brutalement. Enfin, il y a des mots. De toute façon, ça, c'est des phrases que je ne peux pas sortir de ma bouche. Alors que je ne suis pas du tout quelqu'un de prude, j'ai une vie sexuelle très active, je n'ai pas peur de ça ou quoi que ce soit, mais là, c'est d'une violence.
C'est immonde. Quand le médecin sort avec Benoît, ça a duré à peu près une heure et demie, deux heures quand même, c'est très long. Déjà, je vois que Benoît, il est dans un état parce que là, c'est un examen que lui n'a jamais fait. Bon, alors pour une femme, un examen gynécologique, on a l'habitude depuis qu'on a 12 ans, mais pour un homme, se faire ausculter les parties génitales et l'anus, c'est, voilà, lui, il ne comprend pas ce qui lui arrive.
Donc, il est encore plus dans un état de honte. Je le vois tout de suite à son visage. Il a les yeux baissés. Il est une toute petite chose. Et le médecin vient me parler aussi et me dit, bon, voilà. Il a des échymoses sur le dos, sur les jambes. Il faut lui mettre de la crème, machin. On a fait une prise de sang. Donc, il était positif au GHB. Donc, il s'était fait droguer. Et puis...
Comme il n'est pas venu tout de suite, après son agression, il n'a pas pu prendre le médicament pour prévenir du VIH. Donc, vous allez être sous traitement tous les deux pour 5-6 mois. Et puis, interdiction d'avoir un rapport sans préservatif. Enfin bon, il y avait tout un protocole. On prend un taxi, on rentre chez moi. Il doit être 3h du matin, je me lève dans 2h. On ne dit pas grand-chose.
¶ Devenir la Sauveuse de Benoît
On ne se dit même à peu près rien, à part moi. Je lui dis, écoute, on va faire un pacte. Moi, je vais en parler à quelqu'un. Alors, j'en avais déjà parlé à ma sœur, mais je ne lui avais pas dit. Et toi, tu vas en parler à quelqu'un ? parce que je ne veux pas être toute seule, être à confidente de cette histoire. Je ne veux pas. Surtout qu'il ne savait absolument pas que j'avais lu le rapport de police. Il me dit, d'accord, c'est OK. Il appelle un...
un de ses meilleurs amis, qui travaille de nuit. On se met au lit, on ne ferme pas l'œil de la nuit, mais bon, de toute façon, deux heures plus tard, moi, je fais mes affaires pour prendre un train. Je me dis, OK, je pars quatre jours. Je vais le laisser tout seul. Il est là dans un état de fragilité. C'était catastrophique. C'est aussi pour ça que je lui avais demandé de parler à un ami.
Il me dit, ne t'inquiète pas, je serai avec lui pendant ces quatre jours. Je ne vais pas aller travailler, c'est évident. Donc moi, je pars en tournage. Je n'étais pas du tout en état de travailler. Mais je l'appelle presque toutes les demi-heures quand même pour être sûre que ça va. Et lui, il est quand même dans la répétition de dire « j'ai gâché ma vie et je t'ai gâché ta vie ». Il n'arrêtait pas de répéter ça en fait. Il me dit même à un moment « je veux mourir ».
Comme toute personne qui est dans le désespoir le plus profond. Moi, je ne peux pas dire, bah oui, bah super, ok, bah va mourir. Et puis moi, je vais continuer ma vie, et puis voilà. Donc, en fait, je suis bloquée, quoi. Il faut savoir en plus que j'ai perdu quelqu'un d'extrêmement proche qui a mis fin à ses jours. C'est une histoire qui m'a traumatisée. Et du coup, je me suis dit, ça ne peut pas recommencer, je ne peux pas revivre ça. Donc...
Je me regarde dans le miroir et je me dis, OK, là, ta vie, tu vas la mettre entre parenthèses. Ton but, maintenant, c'est de protéger Benoît. Il doit vivre. Il n'y a que toi qui peux... Le sortir de là. C'est très étrange, c'est un peu égocentrique, parce que je me dis que je suis la seule personne qui peut sauver cette personne. Mais parce qu'il me met aussi une pression.
Personne n'est au courant. Moi, j'ai le droit de le dire à personne. En plus, il me dit « Tu m'as sauvé la vie. C'est grâce à toi qu'on est allé à la police. C'est grâce à toi qu'on est allé à l'hôpital. » Donc, bon, je suis complètement enfermée là-dedans. Quand je suis en tournage, à un moment, je l'appelle. Il me dit, je suis en scooter avec mon ami, donc celui qui lui avait raconté.
Je fais le tour de Paris pour retrouver mes agresseurs et pour les tuer. Je te rappelle plus tard. Bisous. Voilà. Là, je me dis, non, mais là, on va... Ou ça va se terminer très, très, très, très, très, très mal. C'est-à-dire, il va finir en tôle et son pote avec. Il va se faire tuer ou j'en sais rien. Je me rends compte de la gravité de la situation. Et je sais que la police lui a remis un numéro d'un psychologue.
Quand je rentre de tournage, je lui rappelle immédiatement qu'il faut qu'il aille absolument voir un psy. Il me dit « Ok, en fait, je ne lui laisse pas le choix. » Et il commence à faire ses séances.
¶ La Spirale Infernale de la Dépendance
Pendant ce temps-là, moi, j'arrête de travailler. Honnêtement, je ne peux plus travailler. On part à Deauville tous les deux. J'ai un ami qui nous prête un appartement. On part une semaine. J'essaye, en fait. Je m'intéresse beaucoup à la psychologie des gens. J'adore ça. J'aime beaucoup la philosophie. Et du coup, j'essaye de faire un peu ce que j'ai vu, ce que j'ai lu, ce que j'ai entendu. Donc, je l'emmène au bord de la mer.
Je le fais courir, marcher, se vider la tête, en fait. Évidemment, on ne reprend aucune activité sexuelle parce que lui ne veut pas me toucher. Moi, dès qu'il me touche... C'est pas compliqué, j'ai toutes les images que j'ai en tête qui reviennent, donc ça me dégoûte. Ce qui est horrible, ce qui me fait un sentiment de culpabilité encore plus grand, parce que du coup, oui, je l'avoue, parfois, il me dégoûte.
Et je ne peux pas faire autrement, c'est comme ça. Il est évident que je n'ai plus aucun sentiment amoureux. Et on continue comme ça. Il reprend le travail au bout d'un certain moment. Donc, lui, il commence. à reprendre sa vie. Mais moi, j'ai vraiment du mal à retravailler. Je ne comprends pas trop pourquoi, d'ailleurs, j'ai autant de mal à me remettre un peu dans la vie, en fait.
Je sombre un peu dans une espèce de désespoir d'être emprisonnée dans cette relation de couple que je n'aime pas. Et comme je n'ai pas le droit d'en parler, à part ma sœur. J'évite de voir les gens. Je préfère rester toute seule. Quand je vois les gens, je ne parle de rien. Je fais semblant que c'est super, la vie.
Les violences sexuelles faites aux femmes sont des choses qu'on voit tous les jours. Tous les jours. On en parle à la télé, on en parle à la radio, on en parle dans les journaux, de plus en plus en plus. Donc c'est atroce de dire que ça fait partie presque du quotidien. Mais de dire « Ah ben moi, mon mec, il s'est fait violer par quatre types. » Mais c'est horrible. Personne ne veut entendre ça. Personne ne veut lire ça. Personne ne veut regarder ça. Donc...
On ne sait pas vers qui on doit se tourner. Je ne le vois pas, mais je sombre petit à petit. Au bout de quelques mois, on est au mois de décembre, je dirais. J'ai un appel du... qu'on avait vu lors de la plainte. Et il me dit, j'ai eu Benoît au téléphone, il a décidé de retirer sa plainte, donc on arrête les recherches, mais...
Essayer de le convaincre de ne pas retirer sa plainte, c'est quand même dommage. Une enquête, c'est long, mais il faut le faire. Et il me dit, de toute façon, il ne va même plus chez le psy. Depuis, ça fait déjà trois semaines, un mois qu'il ne va plus. Je l'appelle tout de suite et je lui dis « Mais attends, pourquoi tu retires ta plainte ? » Et il me dit « Mais je n'en peux plus, je ne veux pas être une victime. Je ne suis pas une victime. »
Je lui dis, mais tu es une victime. Il n'y a pas d'autre mot. Tu es une victime. Ce n'est pas un insulte. Comme si on lui enlevait ses couilles. Comme si on le castrait, en fait. il y a des coups de massue qui tombent. Et là, ce coup de massue-là, c'est vraiment, on n'en parle plus. On n'en parle plus, mais du coup, moi, je n'ai pas à donner mon avis. Moi, j'aimerais bien qu'on en parle, en fait. J'ai besoin qu'il y ait une fin à cette histoire.
Il me dit souvent qu'il m'aime. Et je l'avoue, je lui dis aussi que je l'aime. Parce que je ne peux pas ne rien lui dire. Je préfère mentir. Lui, il est... dans un truc, on va vivre ensemble, on va faire notre vie ensemble, ça y est, maintenant, on est scellé. Pour lui, en plus, c'est encore pire, parce que pour lui, ce secret nous scelle.
Donc, il me présente sa fille. Je dis oui, présente-moi ta fille, je suis très heureuse. Mais en fait, je ne suis pas du tout heureuse parce qu'une personne de plus. Donc, ça veut dire que si je le lâche lui, je lâche sa fille. En fait, je ne m'occupe de tout le monde, sauf de moi. Et lui ne voit pas que je suis en train de me perdre. Ce qu'il faut savoir, c'est que Benoît, déjà, fume des joints. Il fume beaucoup.
Il prend pas mal de médocs, il prend un peu de drogue de temps en temps. Mais quand cette histoire arrive, là, on passe d'un autre niveau. On passe à quelqu'un qui prend trois, quatre somnifères pour dormir. qui fume des joints toute la journée, qui prend des anxiolytiques, qui se drogue littéralement toute la journée pour tenir. C'est une spirale infernale. Et moi, je suis témoin.
Comme si j'étais au cinéma et je regardais cette vie-là qui passait, je le voyais lui, qui en plus du coup quand même physiquement change. Il maigrit, il a vécu un tel traumatisme qu'il se laisse un peu aller. Il est moins sexy, il est moins charmant. Comme je vois qu'il n'est pas guéri, je vois qu'il s'enfonce. Il a beau dire que tout va bien, qu'il est passé à autre chose, je suis sûre que non.
À chaque fois que je me dis, OK, là, c'est bon, tu le quittes, tu fais ta vie, tu pars. À chaque fois, je le vois et je me dis, non, je ne peux pas. Le soir, il va me regarder, il va me dire... Tu me sauves la vie, heureusement que tu es présente. Et à chaque fois, je me dis, si je pars, il n'y a plus personne parce qu'il n'a pas grand monde de très proche autour de lui. Les mois passent.
On a un quotidien assez banal, j'ai envie de dire. Sauf que moi, je suis très inquiète. En fait, j'ai l'impression d'avoir un enfant. C'est-à-dire que s'il ne rend pas l'heure, je le harcèle. S'il dort chez lui le lendemain à 8h, je le bombarde de messages pour qu'il me réponde parce que vu le nombre de médicaments qu'il prend, j'ai peur qu'il ne se réveille pas. Il sort avec ses amis.
Alors là, je suis angoissée terriblement. On fait tout ensemble. Il veut qu'on fasse tout ensemble. Mais attention, on passe de très bons moments ensemble. Parce que ce n'est pas quelqu'un de méchant, c'est quelqu'un de très gentil. En fait, tout passe extrêmement vite. Je me rends compte que les jours, les semaines, les mois passent extrêmement vite. Et que du coup, à un moment, je me dis, bon, de toute façon, ça passe vite la vie.
Il y en a d'autres avant toi qui sont restés avec des hommes qu'elles ne voulaient pas. Et puis voilà, c'est comme ça, c'est la vie. Puis ça passe vite. On arrive en juin. Ça fait plus d'un an qu'on est ensemble.
¶ La Demande en Mariage Acceptée
On est chez mes parents et entre le fromage et le dessert, Benoît part dans le salon, revient dans la cuisine et il me sort un étui. Et j'ouvre la boîte. Évidemment, c'est une bague de fiançailles avec un beau diamant et une très belle bague quartier. Je deviens blême. Et mes parents qui...
me connaissent par cœur et dont je suis extrêmement proche, mais à qui je n'ai évidemment pas raconté. Mais c'est à ce moment-là que j'ai senti qu'ils avaient compris que quelque chose n'allait pas. Personne ne parle. Il me dit... Je ne te demande pas forcément un mariage, mais quand même, c'est un avant-goût de notre vie future ensemble. Je prends la bague.
Je ne sais pas trop quoi dire. Je lui dis merci, c'est un très beau cadeau, beaucoup trop beau. Dans ma tête, il y a tout qui défile. Je me dis, mais tu étais une fille qui sortait, qui faisait la fête. T'avais des mecs, des copines, tout le monde te connaît comme la fille qui est joyeuse, qui est machin. Et là, t'es devenue le fantôme de toi-même. Et je dis oui, j'accepte, je dis oui, super, mettez-moi les menottes, il n'y a pas de problème. Je suis vraiment traumatisée de la mort de mon amie.
Si je n'ai pas pu la sauver elle, je le sauve lui. Une âme pour une âme. En gros, c'était ça. Une âme pour une âme. J'accepte de me sacrifier.
¶ Rupture Brutale et Libération Amère
Un mois plus tard, on déjeune à Paris, donc on est en plein été. Je suis en train de manger, j'ai ma fourchette dans la bouche. Et là, il pose sa fourchette et il me dit « Bon, écoute, en fait, je ne veux pas me marier. » avec toi, et je ne veux pas avoir d'enfant non plus avec toi. Je pense que tu serais beaucoup mieux sans moi. Il faut que tu prennes ton envol. Donc c'est terminé. On arrête. Fini. Point bas. Alors là...
Ah là, je suis pas contente du tout, là. D'abord, je lui demande quand même de répéter deux, trois fois ce qu'il vient de dire, parce que je suis quand même hallucinée. Elle me dit, oui, oui, non, mais voilà, écoute, tu comprends, moi, ça y est, je suis passée à autre chose, tu vois, ma vie, ça y est, là, je reprends tout en main. Il faut que tu passes à autre chose. De toute façon, moi, je ne pourrais pas t'apporter ce que tu veux.
va vers un mec qui saura t'aimer comme tu es, une personne formidable. Donc là, ce qui se passe, c'est que je pète les plombs. Je lui dis, écoute, est-ce que tu te rends compte que ça fait huit mois que je m'occupe de toi, que j'ai mis ma vie de côté ? mes amis, ma famille, que je suis malheureuse. Il n'y a rien d'autre dans ma vie que toi que de te sauver. Et là, parce que tu t'es réveillée ce matin et que tu t'es dit « Bon, finalement, ça va mieux. »
ça y est, on arrête. Et il m'a dit, bah oui. Voilà, on arrête. Je pars du restaurant, je jette ma fourchette et merci, au revoir, bye bye. J'appelle ma sœur en pleurs. Je lui dis, tu te rends compte ? Tu te rends compte tout ce que j'ai fait pour lui ? Tu te rends compte ? Mais que je suis con ! Que je suis con ! Et en même temps, je n'aurais pas pu m'empêcher de faire ce que j'ai fait.
Je me suis dit que tu as vraiment fait l'infirmière. Le jour où il n'a plus besoin de soins, il a fait sa valise, il est parti. Par contre, toi, tu restes là avec tous les bagages et tout ce que tu as dans le crâne. Par contre, ça, ça reste.
¶ Le Chemin de la Guérison Personnelle
C'est très dur, c'est très très très très dur. Une bonne semaine, 15 jours après, je me suis sentie soulagée. Je me dis, ok, maintenant tu vas respirer un bon coup là. Et le premier truc que je fais, c'est que je le dis à ma mère.
Alors que franchement, ce n'est pas des trucs qu'on a envie de raconter à ses parents. Je rejoins mes parents dans le sud de la France qui sont en vacances. On est au mois d'août. Je suis encore sous le choc, donc je ne vais pas bien. Et donc, mes parents m'accueillent. Ils ont loué une grande maison avec plein d'amis.
Et le premier soir, après le repas, le dîner, je dis à ma mère, il faut que je te parle. On s'assoit au bord d'une pierre, toutes les deux, et je lui raconte tout. Je n'en mets aucun détail. Elle s'effondre. Elle me dit, mais pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Et en fait, elle me dit, mais comment tu as pu survivre à tout ça ? Comment tu as pu te dire, ma vie vaut moins ? que celle de l'autre. Je n'ai plus de contact avec Benoît.
On ne s'est jamais revu. En fait, je lui en veux beaucoup. Je lui en veux d'avoir arrêté les recherches. Je lui en veux d'avoir arrêté son suivi psy. Je lui en veux de n'avoir laissé que moi. pour gérer cette histoire. Aujourd'hui, j'ai 36 ans. Je ne me suis jamais remise en couple avec quelqu'un parce que je suis incapable d'avoir une intimité sur le long terme avec quelqu'un.
Je ne veux pas partager mon quotidien et je ne veux pas rentrer dans le quotidien de quelqu'un parce que j'ai trop peur de redevenir prisonnière. Je n'ai pas assez confiance peut-être en moi. pour me dire que je suis capable aujourd'hui de ne pas justement être là en tant que sauveur, en tant qu'infirmière, de devoir m'occuper de tous les problèmes de l'autre.
de vouloir gérer ces problèmes. Inconsciemment, je le veux. J'analyse beaucoup plus aujourd'hui ce que j'aurais dû faire et ce qu'il ne faut plus que je fasse. J'ai fait une thérapie pendant... des années. Et je continue. Et je me rends compte que voilà, ma vie vaut celle d'une autre. Je ne suis pas responsable de la mort des gens. Et je ne suis pas responsable...
des drames qui peuvent arriver dans une vie. Je peux être là pour les gens, je suis là pour les gens, mais ne jamais dépasser le stade de l'enfermement. L'empathie, c'est bien. C'est important, mais il y a une frontière qu'il ne faut pas dépasser. De l'autre côté, il y a des professionnels. Et les professionnels, ils sont là pour justement prendre le relais au moment où une personne lambda...
dont ce n'est pas le métier, ne peut plus rien faire. Et c'est ça que j'aurais dû faire. J'aurais dû me rendre compte que là, je basculais de l'autre côté et que ce n'était pas à moi d'aller de l'autre côté. Vous venez d'écouter Transfer, épisode 269, un témoignage recueilli par Jeanne-Marie Desnos. Cet épisode a été produit par Slate Podcast. Direction éditoriale, Christophe Caron.
Direction de la production, Sarah Koskevic. Direction artistique et musicale, Benjamin Septem-Ours. Production éditoriale, Sarah Koskevic et Benjamin Septem-Ours. Chargée de pré-production, Astrid Verdun. Prise de son et des rechages, Jeanne-Marie Desnos. Réalisation, Victor Banamou. Musique, Thomas Loupias. L'introduction a été écrite par Christophe Caron.
Elle est lue par Aurélie Rodriguez. Retrouvez Transfer tous les jeudis sur Slate Audio et sur votre application d'écoute préférée. Découvrez aussi Transfer Club, l'offre premium de transfert. Deux fois par mois. Transfer Club donne accès à du contenu exclusif, des histoires inédites et les coulisses de vos épisodes préférés. Pour vous abonner, rendez-vous sur slate.fr slash transferclub. Pour proposer une histoire,
