Intimidation criminelle - podcast episode cover

Intimidation criminelle

Feb 29, 202447 minSeason 8Ep. 310
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Summary

Une femme partage son expérience d'expatriation qui, sous une apparence de vie rêvée à Boston puis Shanghai, cache une réalité de manipulation et de violence au sein de son couple. La découverte d'actes criminels cachés de son mari, son arrestation et son procès serviront de catalyseur pour qu'elle décide de quitter cette relation toxique et de reconstruire sa vie en France avec ses enfants, confrontée aux défis de l'après-abus et de l'indépendance retrouvée.

Episode description

En 2020, selon l'Observatoire de l'expatriation, 27% des Français expatriés envisageaient un retour en France. Ils citaient notamment leur sentiment d'isolement et leurs difficultés d'intégration, mais aussi leur volonté de profiter d'un meilleur accès à l'éducation et à la santé dans leur pays d'origine. Sans oublier, aussi, une certaine sensation: celle d'étouffer dans le petit milieu des expats', celui auquel souvent la vie à l'étranger se réduit.

Quand Elodie s'installe à Shanghai avec son mari et ses enfants, elle se lie tout naturellement d'amitié avec la bonne société française. Mais quand un scandale éclate, elle se doit de conserver les apparences sous peine d'être mise à l'écart.

L'histoire d'Elodie a été recueillie par Jeanne-Marie Desnos.

Cet épisode aborde des sujets sensibles. Pour savoir lesquels, référez-vous à la fin de la description.

Transfert est produit et réalisé par Slate Podcasts.
Direction éditoriale: Christophe Carron
Direction de la production: Sarah Koskievic
Direction artistique et habillage musical: Benjamin Saeptem Hours
Production éditoriale: Sarah Koskievic et Benjamin Saeptem Hours
Chargée de préproduction: Astrid Verdun
Prise de son: Johanna Lalonde
Montage: Mona Delahais
Musique: Arnaud Denzler
L'introduction a été écrite par Sarah Koskievic et Benjamin Saeptem Hours. Elle est lue par Aurélie Rodrigues.

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Sujets sensibles: pédophilie, violences sexuelles et sexistes.


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Transcript

Introduction et Jeune Vie

Générique En 2020, selon l'Observatoire de l'Expatriation, 27% des Français expatriés envisageaient un retour en France. Ils citaient notamment leurs sentiments d'isolement et leurs difficultés d'intégration. mais aussi leur volonté de profiter d'un meilleur accès à l'éducation et à la santé dans leur pays d'origine. Sans oublier aussi une certaine sensation.

Celle d'étouffer dans le petit milieu des expats, celui auquel souvent la vie à l'étranger se réduit. Quand Élodie s'installe à Shanghai avec son mari et ses enfants, elle se lie tout naturellement d'amitié avec la bonne société française. Mais quand un scandale éclate, elle se doit de conserver les apparences sous peine d'être mise à l'écart. Attention, cet épisode aborde des sujets sensibles. Pour en savoir plus, reportez-vous au texte de description de l'épisode.

Vous écoutez Transfer, épisode 310, un témoignage recueilli par Jeanne-Marie Desnos. Je viens d'une famille classe moyenne plus, une famille plutôt tranquille, un petit peu catholique, prêtre de province, qui représente la République, donc c'est important ce qu'on représente.

dans la société, comment on contribue à la société, à la vie de la cité, de manière générale, avec des grands-parents qui sont mères, de chaque côté de la famille. C'est important de bien se tenir, en tout cas, ce que les autres peuvent penser de nous. C'est important de bien agir, je dirais.

À 20 ans, je rencontre un Italien dont je suis très amoureuse. On reste deux ans ensemble. C'est vraiment la passion, le grand amour. Il est très jaloux. Je ne trouve pas ça très pratique d'être avec quelqu'un de très jaloux dans une relation très passionnée et en même temps d'être loin. ça se finit, je dois avoir 22 ans.

Et après, je cours un peu après les hommes. Mais voilà, je n'ai jamais d'histoire vraiment sérieuse. Moi, j'aimerais bien qu'elles soient sérieuses, mais elles ne deviennent pas sérieuses. Je finis mes études, je trouve un boulot, je commence à travailler, j'ai des amis. Je sors le...

week-end, c'est la vie parisienne. Mes amis ont des amoureux ou sont en couple. Moi, je suis un peu l'électron libre. J'ai moins de 30 ans, je me dis oh là là, il serait temps de me faire des enfants. Plutôt en m'attente de rencontrer quelqu'un avec qui construire ma vie.

Rencontre et Mariage Précipité

Avec Eric, on se rencontre à un cours de dessin. J'avais décidé de faire une activité le soir. C'est un bon petit groupe. On se retrouve après les cours et on va boire des pots dans un bar à côté de la salle de dessin. Et on s'entend bien, on rit beaucoup, il me plaît bien. Un jour, je reçois un message d'un numéro que je ne connais pas, signé d'un mec du cours de dessin que je n'aime pas trop, qui n'est pas très sympa. Et donc, je vois son texto qui me dit « Ah, tu n'es pas... »

au cours de la semaine dernière. Tu m'as beaucoup manqué. » Je réponds un truc assez un peu bateau en disant « Écoute, je reviens au cours de la semaine prochaine. » Et là, en fait, il me renvoie un message en disant « Non, mais ce n'est pas un tel, c'est Éric. » Je trouve ça et bizarre et rigolo. Et donc, on se donne rendez-vous pour se voir un soir dans un café. C'est notre premier date qui se finit par un baiser. C'est le début de notre histoire. On est tous les deux, chacun dans nos studios.

On se retrouve le soir ou le samedi pour aller à la laverie parce qu'on n'a pas de machine à laver. On rigole beaucoup, c'est quelqu'un d'assez drôle. Je suis super contente d'avoir enfin un mec. Assez vite, on décide d'habiter ensemble au bout de deux mois. Et donc, il vient habiter dans mon studio. Je pousse un peu mes vêtements, je fais un peu de place pour lui. Et en fait, il rentre dans ma vie et chez moi, comme ça, très rapidement.

Cette période-là, je voyage beaucoup en France, j'ai des déplacements. Et à chaque fois que je pars, il me dit qu'il est triste que je parte, alors que c'est juste un jour, je reviens demain ou après-demain. Ah oui, mais quand même, ça me fait quelque chose que tu partes. Moi, je suis plutôt touchée que quelqu'un m'accorde autant.

d'importance. Et un jour, je rentre de la gare, après deux jours de formation, et en arrivant chez moi, j'ouvre la porte et je vois par terre des pétales de roses et des bougies comme un chemin. Alors, je n'ai pas un très grand appartement, donc j'arrive à voir le bout. où il est assis avec une petite boîte à ses pieds. Et je me dis, ah là là, non, c'est pas ce que je crois. Et en même temps, waouh, c'est ce que je crois. Enfin, c'est très mélangé. Ça fait trois mois qu'on est ensemble.

Je traverse le chemin de pétales de roses. Je prends cette petite boîte, je l'ouvre et je me dis que ce n'est pas ce que je pense. Et en même temps, clairement, on voit ce que c'est quand c'est une boîte de bijoux. Et donc, je l'ouvre. C'est un anneau avec des...

petits diamants. Et en même temps, je pense tout de suite à me dire, waouh, ça y est, il m'a offert une bague, je vais le raconter à mes copines. Waouh, c'est sérieux. Et en même temps, waouh, c'est peut-être trop sérieux, mais enfin bon, voilà. Donc, un petit brouillard. Je suis hyper mal à l'aise et je lui dis, mais j'espère que ce n'est pas ce que je crois.

Et là, il me dit non, non, c'est comme ça. Il est un peu déçu, mais il ne le montre pas trop parce que je suis quand même contente d'avoir un petit cadeau et puis cette petite création romantique avec ses pétales de rose, ses bougies. On est dans cette ambiance-là, donc on passe le reste de la soirée et on se retrouve. trouve, ça reste romantique.

Je n'ai pas le rêve de me marier. J'ai surtout envie d'être comme mes amies, c'est-à-dire en couple, celles qui ont fait des cadeaux, à qui on pense, qui partent en vacances, qui aiment. Et puis aussi, assez vite, ils parlent d'enfants, alors que... Pour le coup, mes copines, généralement, leurs copains, ils se disent « on a moins de 30 ans, c'est un peu trop tôt ».

Dans les premiers mois où on est ensemble, un jour, il me raconte qu'une fois, il a été arrêté par un vigile dans un supermarché. Il l'avait surpris en train de prendre en photo les strings qui dépassent ou les culottes qui dépassent des pantalons de jeunes femmes qui se baissent dans le... magasins pour attraper des produits dans les rayons du bas.

Le vigile l'avait emmené dans la pièce de surveillance pour le confronter en lui disant que les caméras l'avaient filmé en train de prendre les jeunes femmes en photo. Donc, il était mineur à ce moment-là. Et donc, ils allaient prévenir sa mère. Et il avait eu de la chance.

passé quelque chose, le vigile avait été appelé sur un autre sujet et donc il n'avait pas été inquiété. Ça me fait rire en fait, ça ne se fait pas quand même de faire des choses comme ça, mais voilà, c'est plutôt quelque chose de rigolo. Ça doit faire un an et demi qu'on habite ensemble et un jour il m'annonce qu'il a déposé sa candidature pour un boulot à Boston et que sa candidature a été retenue. Et moi je suis à ce moment-là...

un peu empêtrée dans un boulot que je n'aime pas trop. Je suis jeune. Puis les États-Unis, ça fait rêver. Donc, je me dis, bon, bah, OK, on y va. On se rend compte, en se renseignant un petit peu, que finalement, pour les visas, c'est plus compliqué qu'avant le 11 septembre. Les États-Unis ne reconnaissent pas le concubinage ou le PAX, donc il faut se marier.

Deuil et Nouveau Départ à Boston

On décide de se marier en trois semaines, donc c'est très, très rapide. Et à ce moment-là, mon père, ça fait plusieurs semaines qu'il est assez fatigué. Il me dit de ne pas m'inquiéter, mais qu'il fait des analyses. Et puis, quelques jours avant le mariage, ma mère m'appelle, elle me dit que mon père est hospitalisé et en fait, il tombe dans le coma, il fait une tente d'AVC. C'est très bizarre puisque je travaille, je vais voir mon père à l'hôpital où il est...

un tubé, comme on peut l'imaginer, avec une dialyse, des tuyaux dans tous les sens, les bip-bip dans la chambre de réa. Et puis, en même temps, je prépare mon mariage. Alors, ce n'est pas un grand mariage, c'est un mariage civil, mais bon, il faut quand même faire... trois invitations, choisir un resto, choisir une robe.

Et finalement, le jour où je me marie, mon père est toujours à l'hôpital. C'est un peu comme dans un brouillard. Je me vois me marier, je me vois être contente, être le centre de la fête avec mes amis qui ont fait ça bien, qui m'ont préparé des petites surprises, le petit PowerPoint avec des photos morts.

Voilà, mais en même temps, mon père n'est pas là. Et puis, quelques jours après, on nous dit qu'il y a eu des dommages trop importants. Donc, il décède à ce moment-là. Et juste après, je pars à Boston. Je deviens orpheline de mon père, je deviens femme de. Je suis mariée, j'ai une alliance, contrairement à mes copines d'ailleurs. Moi, je suis mariée, je pars sur un autre continent. Je suis assez contente de partir loin, d'aller. vers de nouvelles aventures.

La Vie à Boston : Début de l'Agressivité

À Boston, on s'installe. Alors moi, au début, je n'ai pas le droit de travailler. Mon mari travaille tous les jours dans une entreprise française. Et moi, je m'occupe, je visite beaucoup, je découvre la vie et puis je m'occupe aussi. de faire les papiers qui vont m'autoriser à travailler. Et comme ça prend un peu de temps, je deviens nanny dans une famille qui a très envie d'avoir une Française. C'est très classe d'avoir une Française pour garder les enfants.

D'un côté très joyeux parce qu'on découvre une nouvelle ville, une nouvelle vie. Les États-Unis, c'est assez magique. Il a des congés, donc ça nous permet de voyager, de découvrir la skyline de New York, aller à San Francisco, les grands parcs, Chicago.

la Noval Orléans, enfin tout ce qui fait un peu rêver. Donc c'est très chouette. Et puis au quotidien, c'est un peu plus dur. Il est souvent agressif. On se dispute pour des détails. Ça peut être un jour où j'ai fait la vaisselle. Généralement, c'est moi qui fais la vaisselle.

couteaux, je les ai fait sécher, pointe vers le haut. Et il me dit, mais non, ça se fait pas comme ça. Et je lui dis, c'est pas grave, c'est un couteau à bourreau en plus, donc il y a quand même peu de chances que tu te fasses mal. Je lui dis, c'est pas grave. Et le c'est pas grave, ça le met toujours dans des colères noires. Donc là, il s'énerve. être les couverts par terre. Des choses qui le mettent en colère.

J'arrive à trouver une mission à distance, une étude que je peux faire pour une société française. Donc en plus de mon boulot de nanny, je suis assez contente parce que ça va être mieux payé et puis ça me garde un pied aussi dans mon secteur d'activité. Je me souviens qu'un soir, il rentre, je suis en train de travailler. sur cette étude et je crois qu'il me parle et je ne lui réponds pas tout de suite ou je le réponds mal et il s'énerve et il jette mon ordinateur par terre.

dont l'écran se casse. Et moi, je reste devant en me disant « Mais je dois rendre le truc demain. Pourquoi t'as fait ça ? » Elle me dit « Ouais, mais t'avais capable de parler comme ça. » Enfin, c'est de ma faute. De toute manière, généralement, c'est de ma faute. Mon téléphone aussi passe un jour, il balance mon téléphone, mais après il m'en rachète un. C'est des hauts et des bas.

Quand il est agressif, moi, je ne comprends pas parce que ce n'est pas quelque chose que je connais. Et je suis embêtée pour lui de me dire que c'était drôlement en colère alors que ce n'est pas grave ou ce n'est pas grand-chose. Et je trouve ça aussi injuste parce que vraiment, ça ne nécessite pas de se mettre autant en colère.

Ça m'arrive souvent de me dire que je vais le quitter. Et en même temps, très vite, je me dis que je suis aux Etats-Unis, je n'ai pas envie de rentrer en France. Et puis quand ça va bien, ça va vraiment super bien. Et à chaque fois, je me trouve des raisons. Je me dis non, la semaine prochaine, on a prévu.

telle sortie, ou ah tiens, j'ai de la famille qui vient me visiter, c'est dans 15 jours, je ne vais pas le quitter maintenant, parce que sinon, qu'est-ce que je vais leur dire ? Comment ça va s'organiser ? Au bout de deux ans, on décide de rentrer à Paris.

Retour à Paris et Vie de Famille

On retrouve chacun un travail assez rapidement. On a un premier enfant, on achète un appartement, on s'installe, tout va plutôt bien. Assez rapidement, je retombe enceinte à un deuxième enfant.

Là, ça devient un petit peu plus compliqué, un peu plus fatigant. Forcément, il n'y a pas beaucoup d'écart entre les deux. Pareil, toujours des crises, un peu pour tout. C'est quelqu'un qui est assez négatif avec moi. Souvent, il me dit que, par exemple, je n'ai pas de passion, que je ne m'intéresse à rien.

être complètement faux. J'ai plein de passions. Simplement, ce n'est pas les mêmes que les siennes. Par rapport aux enfants, il va me dire que je ne sais pas m'en occuper, que mon boulot, ce n'est pas terrible, ce n'est pas très intéressant, que je ne pourrais pas vivre sans lui, que je ne saurais pas m'en sortir. Et moi, je ne sais pas trop ce que je vaux.

Donc dans le doute, autant rester avec lui. Ça lui arrive de jeter des objets sur moi, passer à côté de moi et me mettre un coup de poing dans l'épaule, par exemple. Donc c'est une espèce de geste comme ça, violent, comme si c'était trop pour lui, que ça lui permettait de se soulager. Je réplique. Un petit peu, mais pas trop. Ça ne me vient pas dans les mains, vraiment, ça ne me vient pas dans le corps. Donc, généralement, je prends un coup dans l'épaule et un jour, je commence un peu à réagir.

Il me met un coup comme ça et moi, tout de suite, j'ai mon bras qui part et je balance un coup de poing. Je me mets comme un uppercut. Même moi, je suis surprise de mon geste. Je lui agrippe sa chemise. C'est comme si c'était presque chorégraphié.

Il se calme, et là il me dit « mais tu prends des cours de self-défense, tu ne me l'as même pas dit ». J'ai dit « non, non, non, je n'ai pas appris de cours de self-défense, je ne sais moi-même pas ce qui vient de se passer ». Et je me dis « mais c'est fou, je me défends et je me fais engueuler ». parce que je me défends trop bien, il y a vraiment un souci.

C'est pas censé être comme ça que ça se passe. Mais en fait, c'est toujours comme s'il y avait trop d'émotions, il y avait quelque chose qui le dépassait. Donc finalement, je le prends comme une émotion qui est assez forte et qui est aussi à la hauteur de l'amour qu'il me porte. Parce que par ailleurs, il est capable de me dire qui m'est. de me faire des cadeaux, des surprises. Je sais bien que c'est pas normal. Parfois, j'en parle un peu.

peu à mes amis, mais je ne dis pas tout parce que j'ai quand même un peu honte. Et quand je me le mets à raconter, souvent mes amis, je les vois faire les gros yeux et se dire mais non, ce n'est pas normal, mais ce n'est pas normal et. Et qu'est-ce qui se passe si ce n'est pas normal ? Je ne suis pas prête à affronter les conséquences de cette réalisation, de se dire que ce n'est pas normal. J'ai deux enfants, donc je me dis que c'est comme ça. Un jour après l'autre, on avance.

Comportements Étranges et Dérangeants

Quand on est à Paris, un jour, je rentre à notre appartement et puis je tombe sur une petite pochette un peu en cuir, simili-cuir, et je l'ouvre et c'est une carte de police. Je me dis mais qu'est-ce que c'est ? On dirait un truc de costume. Et quand il rentre, je lui dis j'ai trouvé ça.

Oui, mais en fait, il faut que je te raconte. Voilà, c'est rien de grave. Mais j'ai fait cette carte et puis ça m'est arrivé de suivre des femmes qui sortaient du métro avec cette carte. Et bon, là, par exemple, il y en a une. Je l'ai suivie jusqu'à chez elle.

Je suis rentrée avec elle dans l'immeuble. Je lui ai sorti la carte de police et elle a vu que c'était faux ou peut-être que je ne devais pas avoir l'air assez assurée. Donc, elle m'a envoyé paître. Et voilà, je suis partie, je suis rentrée.

Il me raconte ça, je me dis, mais t'es un grand malade, mais en même temps t'es un grand malade, c'est drôle ou c'est pas drôle, je sais pas, j'aimerais pas être cette nana. Je lui dis, mais tu te rends compte quand même, elle a dû avoir peur. Oui, mais je lui ai rien fait, il s'est rien passé. Oui, il s'est rien passé, mais quand même. Encore une fois, je mets ça dans un espace mental où je me dis, bon, ok, il ne s'est rien passé. En tout cas, ce n'est pas si grave.

Il y a eu un moment où il sent qu'il est dépassé par certaines choses, par certaines pulsions. Moi, je ne sais pas trop de quoi il s'agit. Il trouve un psychiatre, qu'il va avoir une ou deux fois. Il revient avec une ordonnance pour l'aider à contrôler ses pulsions.

je ne sais pas quels médicaments, ne les achètent pas. Ils se disent « non, mais ce n'est pas la peine, je ne veux pas commencer à prendre des médicaments et je ne veux pas retourner voir ce psy. » Donc ça s'arrête là. Je me dis que c'est des comportements qui sont...

Enfin, juste, ce n'est pas cool, quoi. Mais je ne me dis pas que c'est répréhensible ou voilà, ce n'est pas très grave, il n'y a pas de conséquences. Je me dis, bon, bah, OK. Pour moi, c'est comme s'ils me disaient, j'ai décidé de ne pas faire de psychanalyse. Bon, bah, OK, c'est ton choix et ce n'est peut-être pas le moment.

Installation à Shanghai et Vie d'Expats

pour toi, et puis on passe à autre chose. On est rentrés quatre ans à Paris, et puis un jour, ça serait bien qu'on reparte à l'étranger, donc est-ce que ça te dit de partir en Asie ? Donc moi je me dis, bon... C'est vrai que c'était sympa l'expatriation aux Etats-Unis, on n'avait pas encore d'enfants, là on a deux jeunes enfants. Le boulot que j'ai ne me passionne pas, donc je me dis pourquoi pas, allons-y. Donc on décide de partir à Shanghai.

On est parti une fois qu'il avait un travail, donc moi je suis chargée de nous installer, de trouver un appartement, de trouver une nounou pour les enfants, et puis ensuite de trouver un travail pour moi. La vie est... Assez chouette, on se fait des amis, il y a une grosse communauté de Français, on voyage beaucoup, on prend l'avion assez rapidement, on va en Thaïlande, au Vietnam, à Bali, tout ça, ça peut être fait même parfois pour le week-end, avoir des hôtels assez sympas.

Donc, c'est toujours très facile, un peu luxueux, même si nous, on n'a pas de contrat d'expatrié. Donc, on fait quand même attention. Il faut payer la scolarité des enfants. Donc, voilà, il y a un certain nombre quand même de coûts. On n'est pas des expatriés multimillionnaires, clairement. On a une belle vie, une vie. c'est facile. On va dans des très bons restaurants, des restaurants étoilés. C'est une vie très agréable.

On a une nounou qui garde tout le temps les enfants, donc on s'enlève aussi un certain nombre de problématiques domestiques qu'on avait par le passé, puisque là, en fait, il y a quelqu'un qui gère tout pour nous. Donc c'est hyper confortable, évidemment. Moi, je trouve un boulot que j'adore, donc je suis hyper contente, je peux bosser tard.

Le voir pas beaucoup aussi. Je sens bien que rentrer à la maison, c'est pas... Je traîne un peu des pieds. Bon, évidemment, j'ai envie de voir les enfants, mais je préfère travailler ou sortir que ma vie de famille, clairement.

Photos Cachées et Actes Sordides

De temps en temps, le soir où on regarde la télé, on regarde un truc, il regarde son téléphone et il me montre une photo où on voit une personne baissée dans le métro ou dans un magasin, une femme, où on voit un peu de la dentelle. petit détail, et je lui dis « Ah, t'es dégueulasse, pourquoi tu fais des photos comme ça ? Ça se fait pas... » C'est un peu drôle, quoi. C'est un peu... C'est pas coquin, mais c'est... T'es bête, quoi. T'as vu ce détail-là, et tu l'as pris en photo, et ça se bande là.

Et un jour, il me raconte très content, très guillé. Eh bien, il faut que je te raconte. Ce matin, quand j'allais au boulot, je prenais un escalator et juste devant moi, j'ai vu un homme qui prenait son téléphone portable et qui prenait en photo sous la jupe d'une femme qui était... à côté. Donc, je lui dis, bah, oui, enfin, t'as déjà fait ça ? Fais oui, oui. Mais là, je l'ai chopé et je lui ai dit, ce que t'as fait, c'est irrépréhensible, t'as pas le droit de faire ça.

L'homme lui dit « Ah, mais s'il te plaît, ne me dénonce pas. » Et il lui dit « Bon, d'accord, mais qu'est-ce que tu me donnes en échange ? » Et l'homme ouvre son portefeuille et lui donne, je ne sais plus combien il avait, peut-être l'équivalent de 100 euros, un truc comme ça, en liquide. Et lui prend l'argent.

Je me souviens qu'il me donne les billets en me disant regarde ce que j'ai récupéré. Je suis estomaquée en me disant mais c'est n'importe quoi et en même temps c'est un peu bête. C'est bête en fait surtout avant d'être répréhensible pour moi. Je trouve ça juste...

Voilà, je me dis, t'es nul, quoi. Ça me fait un peu rire, ouais. Oui, c'est ça, de me dire, là, c'est marrant quand même que t'ailles attraper quelqu'un qui fasse la même chose que toi, donc c'est que t'as bien conscience, peut-être, que ça se fait pas. Un jour où je suis à la maison, je tombe dans le placard de mon mari sur une petite boîte en carton d'une petite caméra qui se déclenche automatiquement d'un petit format qui se branche sur une prise de courant.

Je suis assez étonnée, et comme il y a quelques histoires que j'ai un peu niées, mais en tout cas que j'ai quand même un peu à l'esprit. Quand il rentre, je me dis, mais c'est quoi cette caméra ? Et moi, vraiment, ce genre-là, je me dis, mais j'espère qu'il n'a pas filmé notre nounou, justement, qui habite avec nounou à la maison. C'est peut-être beaucoup plus grave que je le pensais.

Et il me dit non, mais c'est rien. J'ai décidé de faire des vidéos, donc je me suis acheté une petite caméra. Je lui dis mais c'est pas possible, t'as un téléphone, t'as aussi un appareil photo qui coûtait cher pour faire des belles photos. Et il commence à me dire.

« Ah, mais tu ne me fais pas confiance. Qu'est-ce que tu crois que je faisais avec ? » Je lui dis « Je ne sais pas, justement, c'est ça qui m'inquiète. Tu vois, quelle image tu as de moi ? » Donc, je me dis « Bon, bon, ok, d'accord. Bon, je vais te croire. Je n'ai pas le choix. Enfin, je n'ai pas le choix. Si, j'ai le choix. » mais en tout cas, soit je ne te crois pas, et donc qu'est-ce qui se passe, ou soit je te crois, et puis la vie continue.

Disputes Financières et Isolement

Ça devient quand même un peu plus tendu encore quand je change de travail et que je prends un nouveau boulot qui est beaucoup moins payé que celui auparavant. C'est moi qui m'occupe de toutes les dépenses du foyer. Et en fin de mois, il faut que je lui demande de l'argent. Et il commence à me dire, mais...

Tu dépenses n'importe comment, tu fais n'importe quoi. Il me dit, vas-y, montre-moi tes comptes. Je lui montre mes dépenses. Il me dit, montre-moi le ticket de caisse. Je lui dis, t'es un malade. J'ai dépensé 30 euros. C'est moi qui m'occupe de tout.

si je commence à te montrer, on s'en sort pas. J'ai acheté de la pâte à modeler pour les enfants et je vais me faire engueuler. Je ne suis pas ultra dépensière. C'est pour les enfants en plus. Oui, mais tu fais n'importe quoi avec l'argent. Le mois suivant, pareil, comme je paie autant de dépenses que le mois précédent.

et que je gagne moins, voilà, c'est mathématiquement pas possible. Je lui demande, voilà, de me faire un virement pour payer la nounou, payer je sais plus quoi. Puis il commence à s'énerver, à me dire, mais encore, tu m'as déjà demandé le mois dernier, donc je commence moi aussi à m'énerver.

Et il prend la carte que j'ai sur le compte joint et il la coupe. Sauf que le lendemain, il part en déplacement. Donc ça veut dire qu'on est en fin de mois, que je n'ai plus d'argent pour même aller acheter à manger. Alors que par ailleurs, on est censé manquer de rien et il y a de l'argent sur les comptes. Et ils se barrent comme ça. Ça commence à être vraiment tendu dans le sens où je pense que j'accède beaucoup de choses aussi parce que j'ai un certain confort matériel.

Social aussi, parce qu'on a un petit couple marié, avec des enfants, on a des amis, tout le monde est bien propre sur lui. Et que là, ça commence à être un peu tendu. Je me dis, si ça, je ne l'ai pas, qu'est-ce que ça m'apporte finalement d'être avec lui ?

Financièrement, je ne pourrais pas rester à Shanghai sans être avec lui. En tout cas, ce serait quand même compliqué. Dans ma tête, ça, ce n'est pas une option. Il y a une option à laquelle je ne pense pas vraiment, de me dire que je pourrais le quitter et rentrer en France. Mais ça voudrait dire séparer les enfants de leur père. Et ça, ce n'est pas possible pour moi.

Et pour lui non plus, parce que son père n'a pas vécu avec lui et c'est quelque chose dont il a souffert. Donc souvent, il me dit « c'est horrible de ne pas avoir ses parents et on ne fera jamais ça aux enfants ».

L'Arrestation et Le Scandale

Un jour sur l'anniversaire, il doit être 22h, et je reçois un message de notre nounou qui me dit « Eric est au commissariat, il faut que vous reveniez vite à la maison ». Je laisse mes amis qui sont en train de faire l'anniversaire, donc je leur dis qu'il faut que je rentre. Je rentre à la maison et notre nounou m'explique que la police est venue le chercher et l'a emmenée au commissariat.

Donc je vais au commissariat de notre quartier, donc je n'ai jamais mis les pieds au commissariat, ni en France, ni en Chine. Donc j'arrive, je dis oui, je viens voir mon mari, j'imagine que c'est lui qui a un problème. Il me dit ça, mais on ne peut pas vous parler, il s'agit de quelque chose de très grave.

il peut parler juste à son avocat. Et alors il se trouve que la personne dont je fêtais l'anniversaire est avocate. Donc je l'appelle en lui disant, soule vite tes bougies et viens me rejoindre, j'ai besoin de toi. Elle arrive en tenue de soirée au commissariat. Elle va s'entretenir avec lui. Moi, je ne comprends pas ce qui se passe. J'attends. Je crois que vraiment, comme dans les films, je bois un café dégoûtant dans une vieille machine.

Je suis un peu à gare, il commence à être un peu tard. Et donc, mon amie revient et elle me dit « Ah, écoute, t'en fais pas, c'est rien. En fait, il y a quelques jours, il était perdu dans le quartier un peu plus loin et il a discuté avec une jeune fille. » 15 ans, il lui a demandé son chemin.

Elle avait l'air inquiète et il lui a dit « Non mais, don't worry, I have a wife. T'inquiète pas, j'ai une femme. » Et elle aurait compris « I have a knife. » Et donc après, elle est rentrée chez elle et elle a dit à ses parents « Oh là là, il y avait un homme qui m'a dit de le suivre. » avait un couteau et que, voilà, il allait me faire du mal.

Elle a été portée plainte, donc la police a mené son enquête, a retrouvé son image sur la caméra de surveillance, l'a pistée pendant quelques jours et elle est venue le chercher chez vous. Mais c'est n'importe quoi, il n'y a vraiment rien de grave.

ça doit être un quiproquo, donc ne t'inquiète pas. Mais pour autant, dans le système local, il s'agit d'un crime, de menacer quelqu'un, de dire à quelqu'un potentiellement qu'on va lui faire du mal, qu'on est vraiment une arme ou pas, il s'agit d'un crime. Et elle me dit aussi...

Il te donne le code de son compte en banque pour accéder en ligne à son compte en banque et aussi une adresse e-mail avec le mot de passe en te demandant d'effacer tout ce que tu trouveras sur cette adresse mail. Et c'est une adresse mail que je ne connais pas. Je vais rejoindre le commissariat à 22h et lui, il y reste pendant 4 jours.

Découverte de l'Horreur et Honte

Quatre jours où le temps s'arrête, où je rentre à la maison, m'occuper des enfants, où j'attends complètement à garde. Je ne vais pas travailler, évidemment, parce que je ne peux pas. Donc, j'ai dit que je suis malade. Je m'imagine aussi que pendant quelques jours, la police...

suivie, mais m'a aussi suivie dans le quartier pour voir si ce n'était pas quelque chose d'organisé. Ils ont dû nous suivre au parc avec les enfants, etc. J'arrive quand même à avoir un contact avec lui. Il m'explique que la police va venir chercher des affaires à la maison.

Et il me dit, donne pas les chaussures marron, donne pas celles-ci, donne les autres, donne pas tel pantalon, donne l'autre. Et en fait, je comprends qu'il ne veut pas que je donne les vêtements qu'il avait réellement le jour où il a eu cette interaction avec cette jeune fille. Donc les enfants aussi voient la police qui débarque à la maison. Ils sont très gentils, mais c'est des policiers habillés comme des policiers. Donc les enfants qui sont encore petits ne comprennent pas trop.

Le lendemain, je crois, j'attends que les enfants soient à l'école et je me dis quand même, qu'est-ce que je vais trouver ? Donc je prends l'ordinateur, je me connecte à cette adresse et là, il y a des dizaines de photos sous les jupes dans les transports. Ce n'est pas toujours très qualitatif. Des photos de moi sous la douche, des photos de moi quand on fait l'amour alors qu'il sait que je ne veux pas qu'il prenne de photos.

J'ai du dégoût, je me dis, même le fait de me dire qu'il a un système qui lui permet de pousser automatiquement les photos de son téléphone vers cette adresse mail, je ne pense pas forcément aux personnes qui sont sur les photos, je pense juste à...

lui en me disant mais il est nul quoi enfin il est nul, il est dégueulasse alors qu'il passe son temps à moi à me descendre, à me dire que je sais pas faire les choses, que je suis pas intéressante et j'en sais rien et lui c'est ça son passe-temps et puis il y a des photos de moi aussi donc de la colère en me disant mais c'est quoi la suite ? c'est pour quoi faire en fait ? Qu'est-ce qu'il en fait ? C'est juste pour s'exciter ? Je ne sais pas.

Et en même temps, ce n'est pas la raison pour laquelle il est en garde à vue. Et ça, personne ne le sait. Et donc, de me dire, moi, je deviens complice aussi, puisque j'efface ces photos. Moi, mon objectif, c'est qu'il faut que toute cette histoire passe vite. J'ai honte, j'ai vraiment extrêmement honte de la situation.

que ça soit mon mari, que les enfants puissent être au courant, la police qui vient de la maison, pour moi, c'est vraiment tout ça, c'est la honte. C'est vraiment l'impression que c'est moi qui ai fait quelque chose de mal.

Et effectivement, un jour, en emmenant mes enfants prendre le bus pour aller à l'école, j'entends des femmes qui disent « Ah, t'es au courant, il paraît qu'il y a un Français qui a été arrêté ». Et moi, j'entends ça et je me dis « Ah là là, ils étaient un dîner sympa ». me dit et c'est ça les histoires que les gens se racontent et il se trouve que je suis la femme de ce type.

La Goutte d'Eau : Décider de Partir

Moi, c'est vraiment la goutte d'eau, je pense, par rapport à tout ce qui a pu se passer, tous ces conflits, tous ces moments durs, toutes ces crasses qu'il a pu me faire. Là, je me dis, c'est bon, c'est fini. Et en même temps, je ne veux pas partir. Mon objectif, c'est de rester. c'est là que je vais prendre un appartement, qu'on va voir comment on s'organise pour les enfants, mais je ne veux plus être avec eux.

Gérer l'Après Arrestation

Il sort de garde à vue et là, il me dit... Alors, il fait surtout référence aux photos que j'ai effacées. Et il me dit, je suis vraiment content que tu aies vu ça. C'était lourd pour moi aussi. Donc là, c'est presque chouette qu'on vive ça ensemble. Je me dis quand même, il y a un problème.

Tu demandes ce qui s'est passé. Je lui dis, écoute, quand même, au moins, tu peux me dire que tu as dragué une nana un soir en rentrant à la maison. Et ce n'est pas grave. Pour moi, ce n'est pas ça qui est grave. Mais de me dire, au moins, tu peux me le dire. Non, non, ce n'est pas ça. Tu n'étais pas très loin de la maison. Tu connaissais le chemin. Pourquoi aller demander à quelqu'un ? Et il se trouve...

Une jeune femme, alors ok, il ne pouvait pas savoir qu'elle était mineure, ça ne se voyait pas, forcément. Pourquoi tu vas parler à quelqu'un, en fait ? Et il me dit, tu penses toujours mal de moi, etc. Finalement, un peu comme le teint de la caméra. Comment tu peux penser que j'ai voulu faire quelque chose de mal ? » Ce qu'il me raconte, c'est qu'il rentrait à la maison, il jouait sur son téléphone.

Il était absorbé par son jeu. Il a loupé l'arrêt de bus qui était en bas de chez nous. Et donc, le bus a continué. Et puis, au terminus, il est descendu du bus. Il s'est dit « je ne sais pas où je suis ». Et donc, il a commencé à marcher. Et il a vu une jeune fille. Et il lui a demandé où était l'arrêt. bus. Elle n'a pas compris. Il a bien vu qu'elle avait l'air un peu surprise qu'elle lui parle. Il lui a dit non, non, mais t'inquiète pas, je vais rejoindre ma femme.

qu'elle n'a pas compris. Et puis lui, voyant qu'elle ne comprenait décidément pas ce qu'il lui disait, il a continué à avancer et il est rentré à la maison. Il y avait une caméra de surveillance, donc c'est comme ça que la police...

a réussi à le retrouver, parce que c'était dans la même rue. Et sur ces images de vidéosurveillance que j'ai pu voir, il ne se passe rien, effectivement. On les voit échanger. Et puis, au bout d'un moment, enfin, quelques instants, c'est vraiment pas très long, lui, on le voit continuer sa route. Et elle, partie en courant, rentrée chez elle, rentrée dans l'immeuble en courant.

Je suis certaine qu'il n'ait pas voulu te faire de mal à cette personne parce que ce n'est pas son genre. Tout son genre, c'est les photos quand on ne voit pas. C'est regarder dans le trou de la serrure. Je n'imagine pas... Déjà, avoir un couteau et forcer quelqu'un à le suivre, et puis où, et pour faire quoi, il n'y a pas de passage à l'acte. Ça me paraît plus probable et ça correspond plus à la personne que je pense connaître.

Procès, Condamnation et Prison

Donc on prend chacun un appartement, il m'aide financièrement, donc on se réinstalle dans notre nouvelle vie de parents séparés. Et lui, il prépare son procès qui doit avoir lieu deux, trois mois après. Le jour du procès arrive, je me prépare pour y aller et il me dit « Non, non, tu ne viens pas. Je ne veux pas te voir dans la salle d'audience puisque tu ne me crois pas. Je n'ai pas besoin d'avoir des gens comme ça, j'ai besoin d'avoir des gens qui me soutiennent. »

Il sort de là, il est plutôt confiant. Le juge lui dit quand même qu'il risque jusqu'à deux ans de prison ferme. Il se passe deux mois. Moi, j'ai pris un nouveau boulot. Ça se passe très, très bien. Je sais qu'il doit retourner au tribunal pour avoir le résultat du procès. Mais voilà, je m'inquiète à moitié parce que je me dis que tout avait l'air positif. Et donc, je suis au boulot.

reçois son appel, où il me dit « bon, je ne peux pas te parler longtemps, ça ne va pas du tout, j'ai été reconnue coupable ». Donc là, j'attends la deuxième partie pour savoir quelle est la sentence. Donc c'est coupable, non coupable. Et ensuite, à partir de là, il y a encore une délibération pour savoir quelle est la peine infliger à la personne. Donc là, il me dit, je pars en...

au dépôt. C'est une sorte de centre de tri avant que les gens soient jugés. Donc, je ne vais plus pouvoir te parler. Encore une fois, je ne comprends pas ce qui se passe. C'est un film, quoi. J'arrive dans la prison, on a des petits casiers où il faut laisser sa veste, ses clés, ses stylos, son nom de téléphone, sa montre. Et après, aller dans une espèce de...

une grande salle carrelée qui sent mauvais, avec des gens bizarres qui me regardent bizarrement. En plus, j'y vais vraiment pour régler les choses matérielles. J'ai aucune envie de le voir, j'ai aucune forme de compassion pour lui. Je lui achète des cigarettes. des paquets de mouchoirs, des bonbons, ceci, cela. C'est loin en plus, donc je dois prendre plusieurs bus pour y aller. Voilà, je vais le voir et je reprends le bus et je me dis mais qu'est-ce que je fais là ? C'est irréel d'être là.

Le juge demande une enquête sociale qui va durer pendant 15 jours pour pouvoir proposer une sentence adaptée à la dangerosité supposée de la personne. Et donc pendant 15 jours, mon mari est dans un dépôt et moi je reçois une assistante sociale qui vient de me demander comment ça se passe avec les enfants, quel type de personne fait, etc. Donc moi je dis que voilà, on a décidé de se séparer, mais c'est pas du tout lié à ça.

que sinon, par ailleurs, c'est quelqu'un de super. Je dois rassembler un maximum de témoignages positifs sur lui, sur sa bonne moralité. Je vais voir ses collègues, je vais voir le prêtre de la paroisse.

On a fait baptiser notre fils, donc je me dis, tiens, ça peut être pas mal d'avoir quelque chose du prêtre. Donc je fais le tour des popotes pour avoir des lettres manuscrites. Comme un robot, j'ai ma liste de choses à faire dans la journée, contacter, relancer les gens, m'assurer que j'ai bien les informations.

parfois un peu les guider parce que les gens me disent je veux bien écrire quelque chose mais je sais pas quoi écrire donc leur tenir le stylo pour que voilà ils écrivent à quel point c'est quelqu'un de formidable et qu'ils ont des super rapports et que vraiment c'est impossible qu'il ait fait quelque chose de mal et de l'autre côté

Voilà, je le déteste de devoir me retrouver là, de devoir aller chercher des trucs positifs sur lui. C'est pas que je mens, mais quelque part, tout le monde regarde en me disant, ma pauvre, il lui arrive ça. Et je me dis, oui, mais je vois aussi tout l'envers du décor que les gens ne connaissent pas. non, ce n'est pas quelqu'un de super super.

Retour Difficile en France

Le jour de la sentence arrive. Je me dis que ça va bien se passer. J'espère qu'il va avoir des heures de travail d'intérêt général. Et il est condamné à 11 mois de prison ferme. Et donc là, c'est la prison ferme. Je ne connais personne qui ait fait de la prison ferme. J'essaie vraiment de chercher des solutions. J'appelle des associations. J'appelle Amnesty International. Et je comprends qu'en fait, ce n'est pas parce qu'on est à l'étranger.

Amnesty International, je peux vous aider. J'appelle l'ambassade qui m'explique qu'ils sont bien désolés et puis je peux toujours appeler le service social, mais que la justice locale s'applique et point barre. Et oui, ils n'ont rien à voir avec ça.

J'essaye de négocier avec son employeur aussi, qui eux, ne veulent rien avoir à faire, en tout cas, ne veulent pas être mêlés, parce qu'il s'agit comme des affaires criminelles, donc dans le doute, ils ne veulent pas être associés avec ce salarié. Donc j'ai des rendez-vous.

avec leur service juridique, un peu secret, pour pas qu'on voit que la femme de ce salarié rentre en relation avec. Je leur explique quand même que moi, je suis toute seule dans un pays, très loin, avec mes deux enfants, que j'ai plein de factures de dette.

se sont accumulés entre les frais de justice, les loyers, l'école, etc. Donc, j'ai besoin de soutien. En termes de communication, j'ai plutôt tendance à me cacher un peu à la maison et quand on me pose des questions, je ne veux pas trop parler. En fait, j'ai une amie qui m'explique que non, il faut...

sa communication. Donc, au contraire, je vais raconter une histoire, sans mentir, mais en tout cas, c'est important d'affronter ça. Et en fait, je me rends compte que je suis assez organisée, j'ai pas mal de qualités. Après tout ce que j'ai entendu toutes ces années, je mets quand même beaucoup de mes compétences à son service. Le côté à me répéter tout le temps que je suis nulle, c'est faux et je sais faire des choses. Et à ce moment-là, il y a la possibilité de faire appel.

Ça veut dire qu'à nouveau, j'ai de l'espoir en me disant si l'appel se passe bien, je pourrais rester. Parce que moi, c'est vraiment mon objectif, c'est de rester là et de rien changer à ma vie. Je veux continuer à avoir ce confort, je veux continuer à sortir le soir, à voir mes amis, à partir en voyage. Et voir même là, c'est encore mieux, parce que finalement, si on est séparés et que j'ai tout ça en plus, c'est presque parfait, c'est presque idéal.

Il décide de faire appel, ce qui va permettre de demander à pouvoir sortir, libérer sous caution en attendant la date de cet appel. En attendant, il est transféré dans une... Nouvelle prison, qu'il a pour le coup une vraie prison avec d'autres détenus qui ont été condamnés. Et je décide d'aller le voir avec les enfants qui le réclament, à qui j'explique que papa a fait peur à quelqu'un.

il n'a rien fait de mal. Ils sont quand même très troublés, avec des comportements un peu compliqués. Le petit est assez agressif, le grand est plutôt mutique. L'institutrice me convoque pour me dire que ça ne va pas du tout. Je me dis que c'est une bonne idée d'aller le... voire en prison.

Tout est très propre, c'est assez étendu. Donc quand on arrive, on est fouillé, on passe les portiques. Et en fait, c'est tellement grand que pour aller de l'accueil jusqu'à l'endroit où il a incarcéré son bâtiment, il y a une sorte de petite voiture de golf. Donc on est avec les enfants, donc eux c'est plutôt... il fait beau, voilà, on va voir papa. C'est un peu bizarre, mais c'est OK.

On rentre dans la salle des parloirs et c'est des parloirs qui sont vitrés, donc avec un téléphone, avec un son qui grésille comme ça. Donc on prend le téléphone, il est de l'autre côté de la vitre, il se met à pleurer, les enfants pleurent. Et même si je lui en veux beaucoup, je suis évidemment...

triste de la situation et en trouvant ça complètement horrible de me dire je suis venue avec les enfants voir mon mari, il est toujours mon mari même si on est séparés, ils voient leur père comment leur expliquer ensuite que non mais c'est pas grave en fait Il est libéré sous caution en attente de son procès en appel. Moi, de plus en plus, je me dis quand même que...

Ça va être compliqué de rester. Je vois les factures arriver pour l'école, pour l'appartement, ça coûte quand même assez cher. Donc voilà, je regarde, je fais une demande de bourse par exemple, je commence à regarder des appartements dans des quartiers un peu moins chers. Pour l'école, pareil, je regarde quelles sont les options. Je me rends compte aussi que finalement, si j'enlève ça, ça, ça, j'ai plus les amis, j'habite plus à l'endroit où j'ai envie, j'ai un appartement moins sympa.

Et quand bien même il serait innocenté, ça sera compliqué, même socialement, d'être, pour lui, la personne à qui c'est arrivé, pour moi, la femme, ou je l'espère un moment plus tard, l'ex-femme, mais en tout cas, d'être liée à cette histoire dans une quand même petite...

communauté d'expatriés. Donc finalement, tout ce pourquoi je me bats, peut-être que ça n'a pas vraiment de sens. Et donc le procès en appel a lieu, on attend les résultats et je décide quand même de rentrer en France avec les enfants. Je lui annonce et il a une réaction hyper agressive où il me dit que c'est vraiment horrible ce que je fais, que je vais le priver de ses enfants, que vraiment je ne pense qu'à moi, je suis une égoïste.

une mauvaise mère et que, a priori, je vais faire n'importe quoi avec les enfants. C'est fini, il ne verra plus jamais ses enfants. On rentre en France et une semaine après, il m'appelle pour me dire que la sentence est confirmée, donc il va aller purger la fin de sa peine.

Même si quelqu'un a eu peur, là, c'est senti en danger. Ça me paraît complètement aberrant. C'est énorme, en tout cas, la ferme de prison. Mais c'est vrai que la communauté expat n'est pas toujours très bien vue, parce que souvent, c'est des jeunes qui peuvent un peu faire ce qu'ils veulent, avoir la belle vie.

On est moins certains, pas tous, mais on est moyens financiers. Certains ont l'image du trader qui se drogue, qui font un peu n'importe quoi en ville. On n'appartient pas. Clairement, on n'est pas chinois et ça, on le ressent quand même assez régulièrement.

Il y a aussi une discrimination culturelle. C'est que lui, il est métisse. Il ne fait pas asiatique, mais il ne fait pas caucasien non plus. Il est différent. Il peut y avoir certaines appréhensions par rapport à un visage, à des traits que les gens n'ont pas l'habitude de voir.

le fait que cette jeune femme était mineure. Je me dis que j'ai vraiment bien fait de prendre la décision de rentrer. Et après ça, les communications deviennent beaucoup plus difficiles puisque c'est un appel par semaine via l'ambassade qui en suit.

transfert l'appel sur la prison, mais avec le décalage horaire, ce n'est pas simple. Avec le rythme des enfants, ce n'est pas simple non plus. Donc, les enfants n'auront pas de contact ensuite pendant plusieurs mois avec lui. Je suis contente qu'il soit.

pas là, quelque part, voilà, ça y est, il est coincé quelque part, moi je suis là, je suis en sécurité, je suis loin de lui, je vais pouvoir être un peu libre, finalement, sans la pression, sans communication, sans mots déplacés, sans critique de ce que je peux faire. Et puis, je me dis aussi que par rapport à tout ce qu'il a pu me faire ou la personne que je sais, il y a une forme de justice. Finalement, il est peut-être condamné aussi pour tout ça.

Je passe d'un environnement où j'ai un grand appartement, où j'ai pas mal de loisirs, j'ai du temps, puisque j'ai aussi une personne à la maison qui m'aide avec les enfants. Et là, je me retrouve toute seule, avec des enfants qui sont encore petits.

Donc, c'est comme si je découvrais que j'avais des enfants. Donc, en plus, je me sens un peu ridicule. Il y a quand même un petit choc en termes de vie qui est très, très différent. Et en même temps, je suis assez fière de ce que je suis en train de faire. Quand je me couche, je me dis, waouh, tout le monde est vivant. Je l'ai fait. Et puis, je commence aussi à réaliser tout ce qui s'est passé en me disant...

En fait, je n'ai pas trop confiance en moi, j'étais très dévalorisée dans mon couple, mais moi je suis dehors là, je suis en France, je suis en sécurité, j'ai un toit, j'ai retrouvé un travail, j'ai des amis, j'ai un réseau de solidarité, de soutien autour de moi.

les enfants vont bien. Après, bien sûr, ça laisse des marques, mais on pourra avancer, les accompagner, et moi aussi, de me dire tout ce que j'ai fait, les personnes que j'ai contactées, les solutions que j'ai essayé de trouver, et puis aussi...

d'avoir pris la décision, donc finalement de lui avoir tenu tête, même si c'était facile idée parce qu'il ne pouvait pas vraiment faire grand-chose contre mes décisions, mais d'avoir dû décider, de prendre vraiment la responsabilité des choses, de réaliser encore plus. fais les choses bien et que je suis quelqu'un de solide et que finalement, tout ce que j'entendais, là, on voit bien que la vie lui donne tort et me pousse plutôt à développer aussi cette croyance que je suis une bonne personne.

Comprendre l'Abus et Reconstruire

Au bout de huit mois, je reçois un appel où il me dit « ça y est, j'ai une date, je vais rentrer en France ». Bon, ok, ça devait arriver, ça m'angoisse beaucoup. Et en même temps, je suis aussi contente pour les enfants qu'ils puissent voir leur père. Même si ça crée du stress, parce que bien sûr, son retour veut dire aussi des interactions avec lui, où ils reprennent des critiques sur la façon dont je peux m'occuper des enfants, comment j'organise les choses. C'est toujours...

très tendu, un peu insultant envers moi. Il faut que je comprenne que c'est difficile pour lui de reprendre pied en France, de retrouver un travail, etc. La suite, c'est de divorcer et de réorganiser une nouvelle vie assez différente. Mais au moins, je suis beaucoup mieux, en tout cas. Aujourd'hui, on est lié par les enfants. On essaye d'être des bons coparents. Je fais très attention, évidemment, avec les enfants, de voir comment ça se passe pour eux. C'est très vigilante.

Au début, j'avais un peu peur de lui laisser les enfants. Et en même temps, c'est là où il y a la justice ou des tiers séparateurs. C'est que je n'ai pas de raison de ne pas lui laisser. Je ne pourrais pas le priver de ses enfants. Je ne peux pas aller voir un juge en disant « je pense ». que vous pensez qu'il est comme ci ou comme ça, en fait, ça ne change rien. J'ai été chercher du soutien quand même assez rapidement.

Quand j'étais à Shanghai, j'ai vu une première psychologue qui, en lui décrivant comment il était, m'a parlé de perversion narcissique. C'était avant qu'on en parle beaucoup. C'était important, je pense, pour moi, d'entendre que j'étais victime. Ils me manipulaient, ce qu'on appelle le gaslighting, c'est-à-dire m'embrouiller le cerveau en permanence, où je me demandais si j'avais tort, si j'avais raison. Et moi, de me dire, bon, il doit avoir raison, et puis je suis nulle.

Le love bombing aussi, des bombes d'amour, comme des fleurs, des trucs très super, où les copines disent « wow, t'as trop de chance ». Tout ça, on va aller le rechercher ensuite. Ensuite, on rentre dans un cercle où on est maltraité.

On recherche à retrouver ces petites étincelles. Donc finalement, j'ai commencé un chemin pour comprendre comment c'était arrivé, comment j'étais restée dans cette situation aussi. Et de me dire, je suis aussi irresponsable. Alors oui, je suis victime, mais... qu'est-ce qui se passe chez moi pour que j'accepte ces choses-là.

Et de comprendre que oui, j'avais envie d'être contre tout le monde, avant 30 ans, d'être nourrie d'histoires, d'amour romantique, de vouloir fonder une famille. Et qu'il arrivait à ce moment-là, et puis c'était une relation parfaitement dysfonctionnelle.

et donc fonctionnelle, parce que moi, j'avais que de cesse de vouloir qu'il aille bien, que tout soit beau, que tout aille mieux, de lui donner beaucoup, beaucoup d'attention. Et lui, il avait besoin de ça. Je me laissais écraser, finalement, pour qu'il aille mieux. J'ai compris ça aussi. C'est de me dire, je ne suis pas idiote, en fait.

J'ai envie que les choses aillent bien. J'ai beaucoup de ressources. Je m'adapte beaucoup. Dans ce cas-là, ça ne m'a pas beaucoup servi. J'ai deux beaux enfants que j'aime. Mais au final, je dois me faire confiance. En tout cas, s'il y a des choses qui me paraissent bizarres.

tard, étrange, non, c'est pas moi le problème. Donc évidemment, ça prend beaucoup de temps de comprendre qu'est-ce que j'en fais aussi maintenant. Et je pense que ça m'a aussi donné de la force de réaliser que, ouais, en fait, je sais m'en sortir. La première fois quand il est parti en...

en garde à vue, je crois quand même très rapidement, j'ai vu une porte de sortie. Le fait qu'il soit mis comme ça, hors jeu, qu'il soit enfermé littéralement, qu'il sorte de ma vie, de ma tête, d'arrêter d'être pollué par tout ce qui pouvait... me dire ou faire. Je l'ai vu comme une chance. Ça s'écroulait. Mais voilà, ça s'arrêtait. Et souvent, je me demande comment ça serait fini. Et les idées que j'en ai sont assez noires, en tout cas.

dire heureusement que ça s'est produit parce que ça m'a permis d'en sortir et ça faisait quand même 12 ans que sinon je ne sais pas trop comment ça aurait mal fini je pense. Vous venez d'écouter Transfer, épisode 310, un témoignage recueilli par Jeanne-Marie Desnos. Cet épisode a été produit par Slate Podcast. Direction éditoriale, Christophe Caron.

Direction de la production, Sarah Koskiewicz. Direction artistique et habillage musical, Benjamin Septemours. Production éditoriale, Sarah Koskiewicz et Benjamin Septemours. Chargée de pré-production, Astrid Verdun. Presse de son, Johanna Lalonde. Montage, Mona Delahaye. Musique, Arnaud Denzler. L'introduction...

a été écrite par Sarah Koskiewicz et Benjamin Septemours. Elle est lue par Aurélie Rodriguez. Retrouvez Transfert tous les jeudis sur Slate.fr et sur votre application d'écoute préférée. Découvrez aussi Transfer Club, l'offre premium de transferts. Deux fois par mois, Transfer Club donne accès à du contenu exclusif, des histoires inédites et les coulisses de vos épisodes préférés. Pour vous abonner,

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