EXTRAIT: «La guillotine» (Transfert Club, épisode 404) - podcast episode cover

EXTRAIT: «La guillotine» (Transfert Club, épisode 404)

May 11, 20255 minSeason 9Ep. 404
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Summary

Cet épisode explore l'histoire de Geneviève, qui se retrouve jurée au procès de Christian Ranucci, accusé de l'enlèvement et du meurtre de Marie Dolorès. Convoquée deux ans après les faits qui ont secoué Marseille, elle s'attendait à être récusée. L'extrait décrit l'arrivée tendue au tribunal, marquée par la haine du public et l'ambiance pesante autour de la peine de mort, avant la surprise de sa sélection comme jurée.

Episode description

Transfert Club évolue ! Désormais, retrouvez chaque mois trois épisodes inédits dans Transfert Club, en plus des épisodes hebdomadaires de Transfert. Cette semaine dans Transfert Club, un épisode de notre nouvelle collection spéciale faits divers : l’histoire de Geneviève.
Quand Geneviève est convoquée à la gendarmerie, elle est persuadée qu’il ne s’agit que d’une formalité liée à son statut d’élue. Elle ne sait pas encore qu’elle va devenir jurée d’un des procès français les plus importants du siècle.

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Transfert est un podcast produit par Slate Podcasts
Direction et production éditoriale: Sarah Koskievic et Benjamin Saeptem Hours
Témoignage recueilli par Matilde Meslin
Chargée de production: Astrid Verdun
Chargée de post-production: Mona Delahais avec l’aide de Marius Sort
Prise de son: Matilde Meslin
Musique originale: Thomas Loupias

L'introduction a été écrite par Sarah Koskievic et Benjamin Saeptem Hours. Elle est lue par Aurélie Rodrigues.

Suivez Transfert sur Instagram: https://www.instagram.com/transfertpodcast/
Pour participer au podcast: transfert@slate.fr.


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Transcript

Intro / Opening

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Transfer Club évolue. Désormais, retrouvez chaque mois trois épisodes inédits dans Transfer Club, en plus des épisodes hebdomadaires de Transfer.

L'Affaire Ranucci et la Convocation

Cette semaine dans Transfer Club, un épisode de notre nouvelle collection spéciale fait divers, l'histoire de Geneviève, dont voici un extrait. produit à Marseille. Une petite fille, Marie Dolorès, qui joue avec son petit frère Jean-Baptiste, au pied de leur immeuble, disparaît. Donc, il est clair que c'est un enlèvement. On a enlevé cette petite fille. D'un coup, je suis inquiète parce que moi, les enfants, ils jouaient dans la traverse sans souci de penser qu'il puisse leur arriver malheur.

Et je fais le lien avec la mienne, puisqu'elle a le même âge. Je me dis, mais c'est terrible, c'est terrible. Alors l'enlèvement fait bien sûr la une des journaux, fait la une de la télé régionale, c'est certain. Et donc l'enquête montre que la petite fille a été enlevée. Des témoins ont vu, n'ont pas vu l'enlèvement, mais ont vu l'endroit où la voiture de celui qui était supposé l'avoir enlevée, arrêtée à un certain endroit. Et donc, c'est le lendemain.

On arrête cette personne-là qui était donc sur Nice, qui est Christian Ranucci. Et le surlendemain, on retrouve le corps de la petite fille affreusement mutilée. En deux jours, on va dire que l'affaire est bouclée. On laisse faire, disons, l'instruction. On se dit qu'il va y avoir l'instruction et qu'on va nous dire exactement ce qui s'est passé, pourquoi et comment. En 1976, c'est-à-dire deux ans après l'affaire, je suis convoquée par la gendarmerie pour une information. J'apprends.

que j'ai été tirée au sort pour le jury de la prochaine session d'assises. Ça va être une session d'assises très compliquée et très dure parce que... Il y a un procès qui va avoir beaucoup de retentissement, c'est le procès de Christian Ranucci, celui qui serait coupable de l'enlèvement et de la mort de Marie Dolores.

Quand le gendarme me parle de l'affaire Ranucci, de suite je comprends, je sais, je me rappelle. Donc la petite fille qui a été assassinée. Mais il me rassure, il me rassure ce gendarme. Il me dit mais ne vous inquiétez pas. vous allez être récusé. Ça me rassure, j'ai dit oui, parce que finalement, vu l'ampleur qu'a prise l'affaire là à Marseille, vu la haine que les gens ont à ce moment-là, je pense que ça va être un procès.

L'Atmosphère du Procès et la Sélection

très compliqué. Le 9 mars 1976, le procès arrive et je pars donc au tribunal à Aix. Je galère un peu pour trouver une place pour garer ma voiture et j'arrive sur la place des prêcheurs. Et là, je suis pratiquement tétanisé. Je vois une foule compacte, amassée, et puis je vois des tags noirs sur les murs. du palais de justice, la mort, la mort. Et j'entends des gens qui crient la mort. Je dis mais c'est pas possible ça. J'ai vu un policier, un pas très loin.

Je lui ai demandé, je lui ai dit vous ne pourriez pas m'aider à rentrer, il faut que je rentre parce que moi je suis potentiellement jurée dans ce procès et il m'a fait rentrer pour que je puisse m'installer sur les bancs qui nous étaient assignés. pour la durée du procès. Dans la salle, il y a énormément de monde. Je remarque que l'ambiance est très pesante. Personne ne parle.

C'est une ambiance que je n'avais pas du tout ressentie lors des précédents procès. C'est la peine de mort qui est en train de planer autour de nous. Je me sens très mal d'être là. Mais je suis toujours confiante, puisque je vais être récusée. Et puis le président commence à tirer au sort. Il va y avoir neuf jurés. Et puis il ne reste plus qu'un juré à tirer au sort.

Et c'est mon nom qui est tiré. Et donc, moi, j'attends tranquillement que quelqu'un dise récusé. Mais personne ne dit rien. Personne ne dit rien. Et le président, il s'énerve un peu. Il me dit « Madame, avancez ! » Je suis complètement, on va dire, KO debout. Ce que je craignais vient d'arriver. Je vais participer à ce procès.

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