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Contre vents et marées

Feb 24, 202237 minSeason 6Ep. 178
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Summary

Cet épisode explore la relation toxique de Louise avec son frère d'accueil en Inde. Attirée par Jay, Louise se retrouve piégée dans une spirale de jalousie intense et de demandes irrationnelles, allant des interdictions de parler à ses amis à la mutilation et aux agressions physiques. Malgré ses convictions féministes, elle cède à la manipulation émotionnelle de Jay, qui la menace de suicide. Le témoignage détaillé raconte comment Louise a finalement brisé ce cycle de violence, soutenu par sa mère et la découverte du diagnostic de schizophrénie de Jay, lui permettant de comprendre et de se reconstruire.

Episode description

Les convictions féministes sont-elles solubles dans le couple hétérosexuel? L'amour hétéro échappe-t-il aux mécanismes de domination masculine? Ce sont ces questions que Mona Chollet pose dans son ouvrage Réinventer l'amour. Selon l'essayiste, nombreuses seraient les femmes qui disent oublier leurs convictions féministes sur le pas de leur porte.

Quand la vague MeToo arrive en France, Louise voit ses convictions renforcées. Mais un voyage en Inde va les faire vaciller.

L'histoire de Louise est racontée au micro de Laura Taouchanov.

Attention, ce témoignage aborde des sujets sensibles. Un avertissement qui en précise le contenu est disponible à la fin de ce texte.

Transfert est un podcast produit et réalisé par Slate.fr, sous la direction de Christophe Carron et Benjamin Saeptem Hours.
Production éditoriale: Sarah Koskievic
Prise de son: Aurélie Rodrigues
Montage: Victor Benhamou
Musique: «Forgotten» - Whitesand

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Pour participer au podcast: transfert@slate.fr.
 
Avertissement de contenu: violences conjugales et manipulation.


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Transcript

Intro / Opening

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Intro : Féminisme et Amour Hétéro

Les convictions féministes sont-elles solubles dans le couple hétérosexuel ? L'amour hétéro échappe-t-il au mécanisme de domination masculine ? Ce sont ces questions que Mona Cholet pose dans son ouvrage Réinventer l'amour. Selon l'essayiste, nombreuses seraient les femmes qui disent oublier leurs convictions féministes sur le pas de leur porte. Quand la vague MeToo arrive en France, Louise voit ses convictions renforcées. Mais un voyage en Inde va les faire vaciller.

Vous écoutez Transfert épisode 178, un témoignage recueilli par Laura Taouchanov. Attention, cet épisode aborde des sujets qui peuvent heurter. Pour en savoir plus, reportez-vous au texte de description de l'épisode.

Premières Expériences et Départ en Inde

Mes premières histoires amoureuses au collège se sont relativement mal passées. Mon premier copain, il n'est pas très au courant de ce que c'est que le consentement. Donc la relation se passe pas super bien au niveau sexuel. Et quand j'arrive en première, donc je suis célibataire,

Les hashtags MeToo, tout ça sortent. Et je me rends compte de ce qui s'était passé et du fait qu'on n'a pas respecté mon consentement, toutes ces problématiques-là. Je commence à m'intéresser à la question féministe en général. en terminale. J'ai 17 ans. Je commence à m'intéresser un peu aux possibilités que j'ai pour partir à l'étranger. Je découvre cette bourse pour partir. Le concept, c'est

que mes parents accueillent des étudiants d'autres pays, donc un par trimestre. Et moi, en échange, je vais dans des familles qui ont envoyé des étudiants à l'étranger. Du coup, je choisis l'Inde parce que je me dis que... Au niveau culturel, je pense que ça va être une année super riche. Et c'est un peu d'ailleurs ce que les gens autour de moi me disent. Ils me disent, mais tu vas voir, c'est une planète, c'est pas sur la planète Terre, c'est ailleurs.

C'est vrai que quand on me parle de l'Inde ou que je lis des trucs sur l'Inde, je me dis, bon, peut-être falloir que je mette en sourdine cette partie de moi féministe pour pas que des débats se créent toutes les cinq minutes.

et que je puisse vivre mon échange à fond. Donc je me prépare mentalement à m'adapter à la culture là-bas et à ne pas leur imposer ma culture. Et il y a cette phrase qui revient tout le temps qui est « il faut dire oui à tout ». Il faut dire oui aux tâches ménagères pour aider la famille, mais aussi dire oui à toutes les sorties, dire oui à l'organisme dès qu'il organise quelque chose, dire oui à tout.

Ça ne m'inquiète pas tellement parce qu'à ce moment-là, je me dis juste, c'est pas trop mal, comme ça, ça va me forcer à sortir, ça va me forcer à sortir de ma zone de confort. Je me dis, oui, ça va être différent, mais en même temps, je pars pour que ça soit différent. Je suis prise.

Arrivée en Inde et Famille d'Accueil

Je pars du coup en Inde. Le départ il est prévu pour le 7 juillet, le lendemain du résultat de mon bac. Le sentiment il est extrêmement bizarre parce qu'on se rend... compte de ce qui arrive parce que ça y est, on s'y prépare depuis un an et en même temps, je crois que je ne stresse pas du tout. C'est comme si tout...

Tout prenait place dans toute ma préparation. Jusqu'au dernier moment, je ne pleure pas. Je dis au revoir à ma famille, je suis super calme. Je prends ma valise, je passe la porte d'embarquement. Et il y a un grand tunnel en vert dans l'aéroport Charles de Gaulle. Donc je le monte, il y a un escalator. Donc heureusement, je n'ai pas trop à faire de mouvements. Et c'est là qu'en fait, je commence à pleurer. Et ça y est.

Tous mes amis qui participent à l'échange avec moi ont eu un contact avec leur famille, certains deux, trois mois avant le départ. Et moi, ce n'est pas faute d'essayer puisque j'ai envoyé plusieurs messages sur WhatsApp au numéro qu'on m'a laissé. me laisse en vue. Donc je me dis, bon, premier pas dans l'inconnu, c'est pas grave. Quand j'arrive...

à Nakpour. Effectivement, ils sont beaucoup à m'attendre, je dirais une petite dizaine, entre la famille qui va m'accueillir en premier, ceux qui attendent d'autres personnes. Ça fait vraiment un comité d'accueil. Alors je ne connais personne, on m'explique très peu qui est qui. Juste je souris. Et oui, on voit directement qu'on n'est plus en Europe. Cette femme qui m'accueille, elle m'explique qu'elle est très haut placée dans le programme de bourse qui me permet de partir.

et que c'est elle chez qui je vais rester jusqu'à nouvel ordre puisque la famille où j'aurais dû aller habite à la campagne et on me dit que pour une fille blanche, ça risque d'être assez dangereux. Je vais rester avec elle jusqu'à ce qu'elle trouve une famille qui puisse m'accueillir. Je me retrouve avec cette femme. Elle a un charisme de fou. Ça ne me viendrait pas en tête de remettre en cause son autorité. Je la suis dans la voiture.

Une épreuve, la voiture en Inde, parce que je commence à chercher pour la ceinture de sécurité, mais il n'y en a pas. Donc je me sers contre ma petite sœur d'accueil qui a le même âge que ma petite sœur en France. Elle s'appelle Sainte Vie, donc c'est vrai que directement il y a un peu un lien qui se crée entre nous, surtout que c'est elle qui m'explique un peu tout.

Ses parents, ils m'adressent très peu la parole. J'arrive de nuit, donc je ne repère pas du tout les lieux. Je monte les escaliers, ça a l'air d'être du marbre. Et du coup, au premier étage, il y a le début de la maison. Donc avec un énorme salon qui sépare une chambre. Et il y a un escalier qui est ouvert sur cet espace. Et quand on le monte...

Il y a en haut la chambre des parents et la chambre de la petite sœur avec une salle de bain. Et sur le mur de cet escalier, il y a un portrait de famille officiel, tous en tenue d'apparat. La mère, elle porte un sarri, la petite, une robe avec... des paillettes de partout, le père un smoking je crois, et le grand frère du coup qui n'est pas là mais qui est sur la photo, qui est aussi très souriant, il regarde tous l'objectif et ça fait vraiment maison américaine un peu.

Je comprends que je vais dormir dans la chambre des parents. Et eux, ils vont tous s'entasser dans la chambre de la petite fille, du coup. Et pour y accéder, il faut passer par la chambre des parents. Donc il y a beaucoup d'allées et venues dans ma chambre. J'ai très peu d'intimité. Donc les dix premiers jours, je les passe avec Sandvi. C'est la petite sœur de neuf ans qui m'explique comment marche la maison, qui m'explique que je n'ai pas trop le droit d'aller dehors pour l'instant.

parce que je ne connais pas encore trop la ville, donc ça peut être dangereux pour moi. C'est elle qui m'accompagne à l'épicerie pour m'acheter le gel douche, les choses que je n'ai pas pu emmener dans ma valise. Dans un Anglais qui est impressionnant vu son âge, qui...

Elle me montre un peu les environs. On fait des courses. Elle essaie de me coiffer les cheveux. Je lui fais des petites tresses avant d'aller à l'école. C'est un peu la seule personne avec qui j'ai une interaction. Je passe mon temps sur mon téléphone. Quand je n'ai plus de batterie, je regarde les nuages.

C'est difficile d'avoir des conversations parce que mon anglais est approximatif et les gens là-bas, ils ont un accent très prononcé. Donc pour que moi, je les comprenne et qu'après, ils me comprennent, c'est assez long. Donc je m'ennuie beaucoup en fait. J'écris un livre sur mon ordi pour passer le temps. Je lis sur ma liseuse des livres qui étaient là depuis des années et que je n'avais jamais regardé.

Attente et Arrivée de Jay

Et j'apprends que, quelques jours plus tard, le grand frère va revenir à la maison, puisqu'il faisait ses études en Chine, des études de médecine. Et pour les vacances... Et il allait revenir, donc toute la maison s'affaire autour de cette venue proche. La mère, elle achète des fleurs. Ils refont un peu les garde-robes. C'est comme s'il y avait un décompte des jours avant qu'il arrive parce que sa famille est très attachée à lui. Donc, ils sont extrêmement excités de le revoir bientôt.

Et moi, je me dis, c'est cool qu'ils reviennent, parce qu'il a l'air d'avoir à peu près mon âge, donc ça va me changer de la petite sœur, qui bien qu'elle soit adorable, elle a 9 ans, j'en ai 17. Peut-être qu'il va me faire un peu visiter autour, peut-être qu'il va me présenter des amis à lui avec qui je pourrais un peu plus sortir et connaître plus de gens de mon âge. J'ai hâte qu'il arrive pour vivre un peu des choses nouvelles.

Je vois des photos de lui sur les murs, sur le frigo. C'est des petites photos d'identité qui datent de plusieurs années, donc il a encore les joues rondes. Je calcule un peu, d'accord, s'il a eu cet âge-là, à cette époque-là, ça veut dire qu'il va à peu près avoir 20-21 ans.

Le jour où Jay arrive, je suis assise sur le canapé en train d'écrire sur mon ordinateur et je comprends qu'il va se passer quelque chose parce que tout le monde descend et commence un peu à... avoir des grands cris, il regarde en bas, qu'est-ce qui se passe, donc je comprends que quelqu'un est arrivé, j'en déduis que ça va être lui, donc il arrive.

Sa mère, elle lui fait la cérémonie d'entrée, donc il doit passer la porte avec le pied droit. Elle lui met le tika sur le front. Moi, je crois qu'en le voyant, j'ai directement un coup de foudre. Ce que je me dis, mais il est vraiment très beau. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si beau, vu ses photos.

Ça se voit qu'il est content d'être là, il a le grand sourire, il prend sa mère dans ses bras, il fait tourner sa petite sœur partout, des grandes claques dans le dos avec son père. Donc on voit que c'est un peu le roi qui rentre à la maison. Une fois qu'ils ont fini de se dire bonjour, moi je me lève, je me dis ça va être mon tour du coup. Je suis un peu confuse.

surtout que c'est une des premières personnes que je vois depuis que je suis arrivée, donc je n'ai pas encore eu le temps de me faire aux usages. Donc j'arrive et en fait, je m'approche pour lui claquer une bise. Et lui, il ne comprend pas, il dit mais qu'est-ce qu'elle veut ? Donc il finit par me prendre dans ses bras maladroitement.

Les premiers jours, moi, j'essaye de beaucoup plus descendre dans les parties communes de la maison que d'habitude pour espérer le croiser. Alors je fais des choses que je pourrais totalement faire dans ma chambre. Je lis, mais en bas. J'écris, mais en bas. Mais lui, à ma grande déception, il reste dans sa chambre. Jusqu'au jour...

où il s'assit à côté de moi sur le canapé et il me dit « Est-ce que tu veux venir ? On va aller regarder Le Roi Lion avec Sandvi, ça pourrait être sympa et tout. » Il nous prend des places du coup, on y va tous les trois au cinéma. Il me l'envoie à ma place par SMS pour que je puisse entrer. Donc, je lui donne mon numéro. Et une fois qu'on est dans le cinéma, il s'assoit entre moi et sa sœur.

Et je passe tout le film à espérer qu'il tourne la tête vers moi pour me parler, pour m'embrasser, je sais pas, je fantasme complètement. Et évidemment, il se passe rien. On sort, et sur le chemin du retour, sa sœur est à l'arrière, et en fait, c'est là. Première fois qu'on a un peu une discussion vraiment tous les deux en dehors de la maison qui devient impersonnelle puisqu'en fait on partage nos goûts en musique.

Et du coup, on parle un peu de musique et c'est la première fois qu'on a une connexion autre que physique. Donc, c'est un moment important quand même. Les jours d'après, j'essaye un peu de capter son regard, de voir si jamais je me fais des films ou s'il y a peut-être moyen avec lui. Mais en fait, je me dis que non, que jamais rien va se passer.

Je me demande si jamais j'invente les moments que j'ai l'impression où il y a quelque chose, ou si ça existe vraiment. Je fantasme sur le fait qu'en pleine nuit, on se retrouve sur le balcon et on ait des discussions philosophiques, alors que... Bien sûr, il ne se passe rien. Au bout de trois semaines avec cette première famille d'accueil, il est temps pour moi de partir, de changer, de déménager. Mais juste avant de partir, du coup, je vais dire au revoir à Jay. Et je vois qu'il est déçu.

Et moi, qui pensais qu'il y avait zéro moyen de quoi que ce soit avec lui, je suis un peu étonnée. Il me dit, est-ce qu'on peut se faire un câlin ? Je me dis, oui, oui. Du coup, il me prend dans ses bras un petit coup, mais vraiment pas longtemps.

Début de la Relation à Distance

J'arrive dans ma famille d'accueil, je m'installe, je rencontre mes petits frères et petites sœurs d'accueil qui sont beaucoup plus jeunes que Sandvi. J'ai à peine posé mes affaires que je vois qu'il m'a envoyé un message. pour me demander, alors, comment allait ta nouvelle famille ? Ça va, t'es contente ? On commence un peu à parler, on se répond pas super régulièrement, mais c'est des longs messages.

Donc on parle toujours de temps en temps, comme ça, presque tous les jours en fait. Et je vois la date de son retour en Chine approcher à grands pas.

Au fur et à mesure que nos discussions deviennent de plus en plus intéressantes, où je sens qu'il y a de la drague, la date approche et je commence un peu à me dire, là, il va falloir agir. Par exemple, on parle un peu du fait que... il a déjà vu passer plein d'européennes chez lui et il me dit ah c'est fou les européennes très vite elles ont un crush sur moi je comprends pas trop pourquoi

Et du coup, plusieurs fois, j'ai dû leur dire, bah non, moi je te vois que comme une amie, c'est tout. Donc je me dis, bon, de toute façon, t'as rien à perdre, tu lui avoues ce que tu ressens, et il dit non, tant pis. Il dit oui, tant mieux. Donc je finis par lui dire, mais en fait, moi, je ne te vois pas comme un frère d'accueil. Je te vois comme un potentiel amoureux, en fait. Et il finit par me dire, moi aussi. Et en plus de ça...

Il est assez stressé parce qu'il a déjà eu une relation avec une indienne américaine qui avait la double culture. Et ça s'est assez mal passé puisqu'en fait, elle l'a trompé. Donc il se dit, si une Indienne a pu me tromper, une Française qui n'est plus vierge, qui a déjà eu plein de copains différents...

C'est sûr que là, elle va me tromper. Donc, il a très, très peur de notre différence de culture. Et moi, au début, je suis vraiment celle qui lui dit, mais t'inquiète pas, au pire, on essaye, on risque rien. C'est trop dommage de dire non parce qu'on a peur, alors qu'en fait, on pourrait vivre des trucs de fou. On se donne rendez-vous. ment à tout le monde. Je sors de l'école. Je suis encore en uniforme et lui, il m'attend du coup à la sortie. Je monte dans sa voiture.

C'est un peu comme un film d'agent secret parce qu'il ne faut pas qu'on nous voit ensemble. C'est très romantique et un peu un truc d'aventure. Il m'emmène jusqu'à ma classe de danse indienne. On discute un peu, ça se passe très très bien, la discussion est fluide, on rigole, c'est assez naturel. Et du coup, juste avant que je sors de la voiture pour aller danser. Je lui demande, est-ce que je peux t'embrasser ? Et il me dit, ben oui, j'aimerais bien. Donc après ce premier rendez-vous...

On continue un peu de parler et je vois que lui, il a toujours certaines réserves parce qu'il me dit des choses du genre « mais j'ai peur que ça ne marche pas, de toute façon avec moi, ça finit toujours par se terminer mal ». Et je comprends de fil en aiguille qu'il est assez stressé. C'est vrai qu'avec mes convictions féministes, toutes ses angoisses, tout son stress...

Ça m'énerve un peu d'un côté parce que je me dis mais c'est fou qu'il donne autant d'importance à ce qui s'est passé avant dans ma vie. C'est pas parce que j'ai déjà connu d'autres garçons avant lui que je vais le tromper pour autant. En fait je me dis, lui il ne connaît pas ma culture, du coup je ne peux pas lui demander de faire des efforts. Alors je prends le parti de tout lui déballer ma vie amoureuse et sexuelle avant lui.

comme ça pas de mauvaise surprise il s'embarque dans l'aventure ou pas mais c'est lui qui décide donc je lui fais un gros pavé un message énorme où je lui raconte tout et je finis par m'endormir en me disant bon bah Demain matin, j'aurai ma réponse. Et le lendemain matin, il me dit qu'il a passé toute la nuit à cogiter, à boire du café pour rester éveillé, mais qu'il est d'accord, on va essayer de faire fonctionner ça ensemble.

Escalade du Contrôle et Menaces

Quelques jours après, ils s'envolent pour la Chine et du coup, on se retrouve en relation longue distance. Et petit à petit, ces peurs, ces angoisses commencent à s'intensifier. Ça commence par sa demande. que je bloque tous mes ex. Moi, j'ai un peu de mal au début avec cette idée parce que je m'entends encore très bien avec certains d'entre eux où on est juste devenus amis. Et c'est vrai que j'ai gardé...

des cadeaux qu'ils m'ont offert. J'aime bien ce collier. Je vais le garder. C'est ridicule de le jeter. C'est de l'argent jeté par les fenêtres. Ça n'a aucun sens. On s'appelle beaucoup en FaceTime et à un moment, je lui montre mes bijoux étalés sur la table.

Sur le coup, il ne dit rien. Je sens qu'il se tend, mais je ne comprends pas trop pourquoi. Et le soir, il est super agressif. Et il m'explique à demi-mot qu'en fait, en voyant tous les bijoux sur la table, il s'est demandé si jamais il n'y avait pas des trucs que mes ex m'avaient offerts et tout.

Alors là, grosse colère. Au début, je lui tiens tête un peu. Je lui dis mais arrête, c'est ridicule, c'est un collier, ça ne veut rien dire. Je vois qu'il met tellement de sentiments derrière. Je me dis bon, d'accord, justement, c'est qu'un collier. C'est pas grave, je vais le jeter. Après, il bloque sur les ex.

Quand il comprend en fait que je leur parle encore de temps en temps, que je leur donne des nouvelles, surtout que je viens d'arriver en Inde depuis pas très longtemps, je trouve ça un peu normal de donner des nouvelles à mes proches. Lui, quand il comprend ça, il dit mais t'es complètement folle, mais...

Comment ça, tu ne les as pas bloqués ? Mais c'est tellement typique des blancs, ça. Mais c'est sûr, tu les aimes encore, etc. Comme il me fait ses colères plusieurs fois de suite, parce qu'au début, je refuse. Je dis, mais attends, non, mais stop. Je ne vais pas les bloquer pour te faire plaisir, c'est à toi de faire des efforts sur ta jalousie, je ne vais pas m'adapter à toi.

Et il me sort « Oui, mais regarde, tu préfères continuer à parler de temps en temps avec quelqu'un avec qui tu as accouché plutôt que me soulager et arrêter de me faire souffrir en les bloquant. » Et devant cet argument, je me dis oui, effectivement, regarde, il souffre tellement, je peux bien faire ça, c'est bon. En même temps, c'est vrai, pourquoi je m'accroche ? Ok, je cède, je les bloque. Après...

Je lui explique que je tiens des carnets, des journaux intimes, des carnets de dessins. Et il me demande, tu le tiens depuis combien de temps, celui que t'as ici ? Je lui explique, depuis mai, et en mai,

J'avais revu un de mes ex, et il me sort, mais moi je veux pas, ça me dégoûte, quel est son prénom écrit dans un journal, qui est dans ta chambre, il sort des questions que tu le gardes, je veux que tu le brûles, je veux que tu le déchires, je veux que tu le jettes et tout. Je vois ses yeux qui... sortent de leurs orbites tellement il est en colère en FaceTime et tout, je me dis voilà, ok, ok, bon. Bon bah tant pis, on va s'aider là-dessus aussi parce que visiblement ça le met vraiment très mal.

Donc je me retrouve à faire comme je peux sur la gazinière de la cuisine, à arracher les pages en question, les brûler. Je me dis mais pourquoi est-ce que je suis en train de faire ça ? En fait, j'ai peur qu'il se blesse parce qu'il me l'a dit, il s'est déjà mutilé dans le passé. Je sais que c'est quelque chose qui est susceptible de se reproduire pour lui.

Et il me menace de ça, en fait. Très clairement, il me dit, ça me fait tellement de mal, là, j'ai envie de me couper, je fais des cauchemars. Il me dit, j'arrive pas à arrêter de vous voir ensemble, coucher ensemble, ça le détruit. Et je me dis, mais visiblement, ça te met extrêmement mal.

Je vais faire l'effort parce que moi ça va, je peux encaisser encore. De ce que je vois, je suis pas aussi mal que toi, donc je vais essayer d'équilibrer les choses en prenant plus sur moi. Et puis je l'aime tellement que j'ai pas envie de le voir souffrir. Il me dit, avant de te rencontrer j'étais heureux, et maintenant regarde, regarde ce que tu me fais.

Comme il est étudiant en médecine, il a des scalpels dans sa chambre, donc ça lui arrive de se faire des petites incisions et de bien me montrer, regarde ce que tu es en train de me faire, c'est toi qui tiens le scalpel, c'est toi qui m'ouvre le bras. Moi, comme j'ai extrêmement peur pour lui, je laisse tout passer.

Violence Psychologique et Physique

Au point que même quand je sors avec mes copines, quand j'ai des événements à l'école avec mon organisme, Je fais tout pour le laisser le moins de temps seul possible. Je me prépare au dernier moment possible. Je ne me maquille plus. Je mets le minimum nécessaire pour vraiment partir au dernier moment pour être en appel avec lui le plus longtemps possible.

Je dors très très tard parce que le soir on se dispute et du coup il faut que le temps que je le calme au téléphone parce que si jamais on n'est pas au téléphone, il se blesse. Si je lui envoie pas de message, il stresse, il se dit que je suis en train de le tromper, que je suis en train de parler à un garçon, de m'asseoir à côté d'un garçon, de regarder un garçon. Et en fait, il prend une place omniprésente dans ma vie.

Même quand je suis ailleurs, à l'école, où c'est un peu le seul moment de répit que j'ai dans ma journée, parce que là, j'ai pas le droit au téléphone. Je pense à lui, je le dessine sur mes cahiers, je lui écris des lettres d'amour, je me dis que je vais lui donner à la fin de la journée, il va être content, il va voir que j'ai pensé à lui. J'ai l'impression que je ne peux pas poser mon téléphone quand je suis...

avec des amis ou dans un centre commercial ou quoi que ce soit, parce que je suis terrorisée qu'il lui arrive quoi que ce soit. Au fur et à mesure que les mois passent, je me laisse insulter.

Alors qu'au début, je suis raccrochée, je disais mais je ne vais pas me laisser faire, c'est bon, je ne suis pas ta bonnie, je ne suis pas ton punching ball, stop. Au fur et à mesure, je me laisse faire parce que je sens que ça le calme un petit peu, le fait de sortir ses nerfs sur moi et je me dis c'est bon, moi je peux prendre. J'ai l'impression d'être plus forte que lui mentalement, et je sais que si jamais je lui réponds pas, je vais le retrouver dans un état pire que si je répondais.

Au fur et à mesure que le temps passe, la violence escalade. C'est-à-dire qu'au début, c'était des insultes, très vite. Il s'est excusé, il se calamait, il disait « je suis désolée de t'avoir appelé comme ça, je ne sais pas ce qui m'a pris, ça ne recommencera pas, je te promets, mais tu comprends, tu me mets dans des états pas possibles aussi. » Il frappe son ordinateur, l'écran de son ordinateur tellement fort.

parce qu'il veut me toucher à travers l'écran, qu'il casse son écran et il doit racheter un ordinateur. Et moi, je finis par trouver un moyen pour le calmer, parce que quand il a des crises de violence, il se met des coups de poing. tellement fort, que le lendemain il a les yeux tout gonflés, il est tellement rouge parce qu'il se met des coups, que moi je suis en crise de nerfs de l'autre côté du téléphone, je me dis mais arrête, arrête, arrête, et il ne m'écoute pas.

Il se calme un petit peu quand je me fais la même chose. Il se met un coup, je me mets un coup. Il se met des gifles, je me mets une gifle. Et ça a l'air de le calmer au début parce qu'il m'aime aussi. Donc il ne veut pas non plus que je me fasse du mal. Les gifles, ça ne suffit plus. Il faut se couper. Ils se coupent, je me coupe. Et c'est un cycle de violence psychologique, physique, des deux côtés.

Le fait d'avoir eu un coup de foudre, je me dis mais on est destiné à être ensemble, faut que je me batte pour lui et d'ailleurs c'est ce qu'il me répète aussi parce que c'est dans la culture indienne, quand tu te mets avec quelqu'un c'est cette personne pour la vie, le divorce est extrêmement mal vu.

et il fait que de me répéter vous la culture européenne c'est quoi cette vision de l'amour de dire quand ça va plus on se quitte et oui là il va pas bien mais c'est pas grave je vais l'aider je vais l'aider ça va aller mieux Ça fait à peu près trois mois que je suis là et il y a un voyage.

Le Voyage dans le Sud et la Surveillance

qui arrive à grands pas, le tour du sud de l'Inde, que je suis censée faire avec d'autres étudiants d'échange, pas seulement ceux qui habitaient dans ma ville à ce moment-là, mais ceux de toute la région. Donc on est beaucoup, on est quarante, et c'est réputé... pour être un moment où il y a pas mal de liberté. Il y a un concours d'embrasser le plus de gens qui viennent de pays différents. C'est connu que c'est assez libéré. Et Jay a extrêmement peur.

de ce voyage il me le dit il fait tout pour que ça s'annule il me demande d'aller voir le directeur de l'organisme pour lui demander de ne pas partir Et moi, je fais tout ce qu'il me dit. On en parle même à sa mère. On lui avoue qu'on est ensemble pour qu'elle puisse m'aider à rester à Nakpour.

Elle réagit plutôt bien sur le fait qu'on est ensemble, mais elle nous dit « Non, non, mais Juliette, il faut que tu partes, c'est une opportunité dans ta vie, tu ne pourras pas refaire un voyage pareil. » Donc je finis par partir. Et le voyage en soi, il est exceptionnel parce qu'on a des activités de fou, on va voir des temples, des musées, des palais.

On mange dans les meilleurs restaurants. C'est génial. Je vois des éléphants, je fais un safari. Mais j'ai toujours Jay, qui me fixe des règles de plus en plus strictes. C'est-à-dire que je n'ai pas le droit de... m'asseoir à côté d'un garçon, que ce soit au restaurant, dans la voiture, dans le bus. Si jamais je parle à un garçon, il faut que je lui répète tous les sujets de conversation et que j'évite au maximum tout contact, même passe-moi le sel.

Il y a beaucoup de plages, donc évidemment, interdit d'y aller, tu ne te mets jamais en maillot de bain, si jamais tu vois quelqu'un torse nu, c'est fini pour toi. Je n'avais pas prévu, mais je me retrouve face à un mec torse nu. Et du coup, je ne sais pas comment réagir. Je me dis, est-ce que je lui dis ? Est-ce que je ne lui dis pas ?

La plupart du temps, je mens, du coup, je lui dis que tout va bien aujourd'hui, qu'il s'est rien passé de spécial. De toute façon, je force mes yeux à ne pas regarder la personne, ce qui est mille fois pire, parce que de toute façon, il m'aurait jamais intéressée. Mais lui, il fixe des règles tellement fortes que...

forcément, je vais devoir en braver pendant la journée. C'est obligé. J'ai toujours un peu l'impression qu'on me surveille du coin de l'œil. Ils prennent des photos super régulièrement et on ne me prévient pas toujours avant qu'ils prennent une photo. Donc il y a possibilité que Jay voit les photos sur les comptes Facebook, etc. et qu'après il me demande des comptes. Et ça arrive, puisque lors d'une photo de groupe, il y a un Brésilien à torse nu de l'autre côté du groupe.

à l'autre bout. Mais Jay voit la photo, il a une crise de nerfs. Il me dit, mais tu m'as menti, mais tu peux plus te faire confiance, etc. Je suis un peu surveillée de partout, donc même s'il n'est pas là, je me sens obligée de suivre ses ordres parce que j'ai trop peur. Il y a un soir où je suis très malade. parce que j'ai bu de l'eau qui n'était pas potable, visiblement.

Donc je suis barricadée dans ma chambre, sur les toilettes, la plupart du temps. Et là, il y a un garçon adorable qui m'apporte des médicaments. Et quand il ouvre la porte, il est torse nu. Et je me retrouve à... écourter la conversation au maximum, à lui parler super sèchement, etc. parce que je suis toute seule dans la chambre. Il faut que j'écourte cette conversation parce que Jay va l'apprendre, Jay va être en colère, Jay va se faire du mal.

Et le lendemain, je suis mortifiée parce que j'ai honte de lui avoir parlé comme ça.

Tentatives de Rupture et Menaces de Suicide

Plusieurs fois, j'essaye de sortir de cette relation qui, je sens, me pompe toute mon énergie. Je perds énormément de poids. En plus, je suis toute seule là-dedans parce que je ne peux pas en parler à mes amis sur place parce qu'ils risqueraient de me dénoncer. J'en parle pas à mes amies en France parce que je sais qu'elles vont me dire que c'est pas normal ce qui se passe.

Je finis par vraiment ne plus en pouvoir à la fin de ce voyage, fin novembre. Je le bloque sur Instagram, il m'envoie des messages sur Snap, je le bloque sur Snap, il m'envoie des messages sur WhatsApp et il m'envoie des messages de détresse. Il me dit, mais arrête, non, ne me bloque pas, je vais me tuer si jamais tu me bloques, je vais me faire du mal, surtout fais pas ça, etc. Et après, je me pose, je me dis, mais attends...

Qu'est-ce que tu es en train de faire ? Cette relation, alors oui, c'est difficile, mais il faut la faire marcher. Tu ne vas jamais retomber amoureuse aussi fort que ça, ce n'est pas possible. Il faut que tu te battes pour ça.

Imagine si ce suicide, tu fais quoi ? Donc je finis par le débloquer et je me dis, oui, j'ai bien fait. Peut-être que c'était l'électrochoc qu'il lui fallait et que maintenant, il va comprendre que moi aussi, j'arrive au bout, que l'équilibre des douleurs, c'est au même stade.

Intimité Forcée et Violences Accrues

À ce stade, on n'a toujours pas couché ensemble avec Jay. Le sexe, c'est un peu une solution qu'on commence à entrevoir parce que... On se dit, quand on va coucher ensemble, tu vas mettre ta marque sur moi. Du coup, tu vas me sentir plus comme étant tienne et pas comme étant à mes ex. Peut-être que ça va aller mieux. Je finis par rentrer de mon voyage dans le sud.

Et le mois de décembre, il se passe relativement bien, parce qu'on sait qu'on va bientôt se voir. On met tous nos espoirs dessus, en fait. Dès qu'il y a eu une dispute, on se dit, allez, on tient jusqu'à ce qu'on se voit. Il finit par rentrer en Inde. pour des vacances qui sont censées durer un mois. Et on s'est arrangé avec sa famille.

pour que je vive chez eux pendant ce mois pour le voir au maximum. Donc quand il rentre, je suis trop contente, je vais le chercher à l'aéroport. Je vois qu'il a un bandage qui lui prend tout l'avant-bras et les deux, trois premiers jours, ça se passe. extrêmement bien, parce que ça y est, on se revoit enfin, on couche ensemble pour la première fois, on dort ensemble toutes les nuits. Lui, il n'avait jamais couché avec qui que ce soit avant.

C'est notre première fois et c'est sa première fois en tout et pour tout. Et il me répète d'ailleurs beaucoup qu'il a très peur que je me rappelle de mes ex pendant qu'on couche ensemble. C'est vraiment une angoisse pour lui. Je suis tellement concentrée sur le fait de ne pas penser à eux que l'expérience est très bizarre. Ce n'est pas romantique. J'ai presque l'impression que c'est un devoir que je dois faire pour que notre couple aille mieux.

Au fur et à mesure, quand il commence à me battre, il ne me dit pas, là, on va coucher ensemble, tu n'as pas le choix. Mais je me le dis toute seule, le consentement, il n'est pas présent. Parce que c'est pour les mauvaises raisons que je le fais, il en est conscient et il ne m'arrête pas pour autant.

Il me frappe beaucoup, il m'étrangle. J'ai des marques sur mon corps, j'ai des bleus, j'ai des griffures, au point que des fois, je ne peux pas sortir de la chambre pendant plusieurs jours, le temps que mes bleus redescendent un peu. Mais il y a des fois où je ne peux pas me cacher, parce que... Je suis obligée de sortir pour des événements. On couche ensemble pour qu'ils puissent avoir le sentiment que je lui appartiens. Donc c'est un devoir.

Il me fait bien comprendre que les soirs, on ne couche pas ensemble. Il ne se sent pas bien. Et le lendemain, on se dispute beaucoup plus que d'habitude. Donc, même quand je ne veux pas, je me tais. Je dis oui, oui, j'ai envie. Je n'ai pas envie de partir parce que je me dis que les moments où ça va bien sont tellement géniaux que c'est trop dur de partir.

La Rupture et le Retour en France

Au moment où je lui retourne une gifle pour me défendre, je me dis là c'est bon, là c'est fini, il faut partir. Ça y est, ça commence à aller trop loin. Au moment où je le frappe, je me dis ça c'est ma limite. Donc je lui dis, je veux faire une pause. Parce que je sais que si je lui dis que je veux qu'on arrête, il risque de se faire du mal. Il pleure énormément.

Il court jusqu'au rooftop et il menace de se jeter dans le vide. Je m'accroche à lui, je fais peser tout mon poids sur lui pour ne pas qu'il saute. J'appelle sa mère qui court, qui le retient, ils ont une discussion. Elle m'envoie dans notre chambre faire mes valises pendant qu'elle parle avec lui. Et sa mère me dit « mais il ne faut pas que tu partes ». regarde tout le mal que ça fait, tu veux pas rester et tout. Pour le départ, au début, j'appelle ma mère.

Et je lui dis, je me suis séparée de Jay, il faut que je rentre, là je ne me sens vraiment pas de rester en Inde. Dans cette situation, je ne peux pas rester encore deux mois, ce n'est pas possible. Donc elle me dit ok.

Elle voit très vite en fait que là, ça n'a pas du tout et elle me prend très au sérieux. Elle fait toutes les démarches pour moi. Elle appelle l'organisme. Elle donne une excuse parce que du coup, je ne suis pas censée avoir une relation. Donc elle leur dit qu'avec le Covid, j'ai besoin d'être...

à la maison avec mes proches et tout l'organisme lui dit mais attendez madame c'est pas très safe pour elle de voyager vaut mieux qu'elle reste où elle est en plus en inde en ce moment y'a pas trop de cas et le lendemain la mère de Jay débarque et elle me dit la France rappelle tous les Français à cause du Covid donc tu dois faire ta valise et ce soir tu rentres. C'est fou et ça tombe très très bien pour moi.

Guérison et Compréhension du Traumatisme

je m'envole et je pars pour la France. Quand je rentre chez mes parents, j'ai un deuxième déclic, du coup, où je me rends compte petit à petit de toute la violence que j'ai subie et à quel point ce n'était pas normal. Il y a plein d'étapes, c'est-à-dire qu'au début...

je ne dors même plus dans ma chambre il avait fait de cet endroit en fait comme un hôtel à tous mes ex et il m'avait dit quand tu rentreras en france je ne veux pas que tu passes le pas de ta chambre sans moi je veux que quand on rentre on couche ensemble sur ton lit directement

Comme ça, on marque cet endroit. Et maintenant, il est à moi aussi. Donc, la première semaine, je dors dans la chambre d'amis. Je lui parle encore à ce moment-là. On s'appelle. Je lui envoie des messages. Mais petit à petit, je prends mon indépendance vis-à-vis de lui. Quand il commence à s'énerver, je raccroche directement et je mets mon téléphone en mode avion, je ne lui réponds plus. Alors qu'avant, je n'aurais jamais osé faire ça, mais maintenant, je me dis que ce n'est plus mon problème.

avant de partir j'ai prévenu sa mère je lui ai dit il a des tendances suicidaires il se fait mal maintenant ça vous dirait moi je peux plus il m'envoie beaucoup de mails de messages auxquels je réponds de temps en temps mais je vois que dans les périodes où

Je ne lui réponds plus ou je le bloque. Je vais beaucoup mieux. Et dès que je le débloque parce que c'est comme si il était addict à lui, ça met du temps pour se désintoxiquer, je recommence à aller mal pendant une semaine. Du coup, je le rebloque pour aller mieux.

Et durant un des moments où il était débloqué et où on parlait un petit peu, il me dit qu'il s'est fait diagnostiquer schizophrène. Et c'est un peu la libération en fait, parce que je me dis mais ça explique tellement de choses. Je ne comprenais pas quand il me disait mais je vois...

Je vous vois coucher avec ton ex sur mon lit. Et je ne comprenais pas. Et du coup, le fait qu'il m'avoue qu'il a été diagnostiqué schizophrène après que je sois partie, je me dis que c'était vraiment pas ma faute. C'était pas moi le problème, c'était sa maladie. Je me dis ok, c'est bon, maintenant je peux passer à autre chose. Le fait qu'il soit diagnostiqué, ça m'aide à le pardonner parce que je me dis que...

Lui aussi, en fait, il a subi cette relation. Ce n'était pas le bourreau. On était deux victimes, en fait, et c'était toxique pour chacun de nous. Donc, je ne le déteste pas. En plus, je vois bien qu'il s'en veut énormément et je lui veux beaucoup de bien, en vrai. Je me dis, j'aimerais qu'il rencontre quelqu'un et qu'il soit heureux. Les derniers contacts que j'ai eus avec lui sont assez étranges, parce qu'à l'époque, il me disait encore, je sais que j'ai fait des erreurs, mais...

Je vais faire en sorte que ça aille mieux. Je vais travailler pour toi. Je vais aller voir un psychiatre pour toi. Et on finira ensemble. Mais c'est les derniers mots que j'ai eu lui. Le fait d'avoir vécu une situation comme ça si jeune, j'ai l'impression... que ça va m'aider pour la suite parce que du coup, maintenant que j'ai connu tout ça, je sais où mettre la limite dès le début.

Avec mon copain actuel, en fait, on se voit depuis assez longtemps. Mais au début, je ne pouvais pas mettre le mot couple dessus parce que dans ma tête, ça allait lui donner l'autorisation de me demander des choses que je n'étais pas prête à donner. Faire des sacrifices dans un couple, je ne veux plus. Et aujourd'hui, ça ne fait même pas un mois et quelques jours qu'on se dit en couple.

et ça va extrêmement bien. Maintenant, les moindres petites choses, je trouve ça super cool quand ça va bien, alors que les gens pourraient dire que c'est ennuyeux, mais en fait, moi, je suis trop heureuse, et tant mieux, plus jamais je vais... Je vais laisser quelqu'un me parler mal, plus jamais je vais laisser quelqu'un lever la main sur moi et je pense qu'au premier signal de violence, je pars directement. Sous la direction de Christophe Caron et Benjamin Septemours.

Production éditoriale, Sarah Koskiewicz. Prise de son, Aurélie Rodriguez. Montage et réalisation, Victor Benhamou. Retrouvez tous les épisodes de transfert sur slate.fr ou sur votre application de podcast préférée. Pour proposer une histoire, vous pouvez nous envoyer un mail à l'adresse transfertatslate.fr. Et oui, nous, chez Carrefour, on vous garantit que le prix du drive est le même qu'en magasin. ... ... ... ... ...

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