¶ L'Amour Fusionnel d'une Enfance Idéalisée
Dans le livre « Ma mère », Georges Bataille dépeint une figure maternelle ambivalente, à la fois fascinante et destructrice. Il y a des mères qu'on idéalise si fort qu'on ne voit pas au début ce qu'elles nous imposent. Pour Mathilda, sa mère est un roc, un repère, une déesse. La seule personne qui compte, même avec ses défauts, son caractère et sa colère. Mais les rocs, ça se fissure.
Les déesses peuvent tomber de l'Olympe et les mères, elles, peuvent vous entraîner dans leur chute. Vous écoutez Transfer. Ce témoignage a été recueilli par Alicia Gaua. J'ai six mois quand mon père meurt. De mes 0 à 8 ans, c'est ma mère qui m'élève.
Du coup, je grandis avec ma mère, toute seule, dans le sud de la France. J'ai une relation très fusionnelle avec ma mère. Ma mère, c'est tout pour moi, c'est mon monde, c'est ma vie, c'est mon Dieu, c'est mon journal intime, c'est ma star, c'est tout. ma meilleure amie, je raconte tout, on est très proches, on est très câlins, très je t'aime, c'est mon monde tout entier.
Ma mère, c'est une petite boule d'énergie quand on la rencontre. On peut être un peu impressionné. Ma mère, elle est très appréciée, très entourée. Elle connaît tout le monde dans le village, c'est un petit village, donc tout le monde se connaît. Elle s'entend avec tout le monde dans la rue, tout le monde l'arrête pour lui dire bonjour, etc. Ma mère, c'est quelqu'un de très généreux, surtout pour les gens qui ne sont pas forcément de sa famille. Elle a ce truc où elle a...
Elle a besoin de venir en aide aux gens dont elle n'est pas certaine de l'amour. Elle vient en aide aux gens qui n'ont pas d'argent, aux gens qui n'ont pas de maison. Elle est très présente pour les autres un soir. Ma mère est au supermarché, elle fait ses courses et en sortant du supermarché, elle voit un monsieur avec une pancarte « Je cherche du travail » et elle se dit « Je vais aller le voir, est-ce que j'ai besoin de quelqu'un pour m'aider ? »
faire les travaux dans son immeuble. Elle va voir et il lui dit qu'il n'est pas seul, qu'il a une famille. Il l'emmène dans sa voiture où il y a toute sa famille qui vit là et elle décide de le prendre un peu sous son aile. Et elle lui offre un appartement, elle lui offre du travail à sa famille aussi. Elle lui fait ses papiers pour qu'il soit français. Donc voilà, c'est ce genre de choses qu'elle peut faire.
Ma mère met un point d'honneur sur le fait de ne pas me laisser dormir chez mes copines quand je suis petite. Parce qu'elle n'arrête pas de me dire qu'on ne sait jamais ce que les pères peuvent faire. C'est pareil avec mon grand-père, des gens proches de ma famille. pas du tout le droit de dormir avec eux. Par contre, mes copines ont tout le temps le droit de venir à la maison sans problème. Du coup, forcément, mon prisme parental qui est le mien, à mes yeux, c'est le même.
chez tout le monde, parce que je n'ai pas l'occasion justement d'aller voir comment ça se passe chez les autres, du moins très peu. Pour moi, ce que je vis, la relation que j'ai avec ma mère est tout à fait normale et tout le monde vit la même chose.
¶ L'Ombre de la Violence et le Nouveau Départ
Ma mère grandit dans un environnement assez violent, avec un père alcoolique qui s'en prend à ses deux filles, surtout à elle. Du coup, de fait, ma mère est aussi violente avec moi. Je te prends les cheveux, je te traîne dans l'appartement. Pour une petite fille, c'est assez violent de se prendre une grosse claque dans la gueule et d'avoir la trace de la main sur la joue. Pour moi, c'est encore une fois tout à fait normal de vivre ça. À mes six ans, un ami vient pour dîner à la maison.
Ma mère fait des crêpes, mais il y a une petite dispute entre lui et moi. Pour me calmer, ma mère décide de me prendre et de me mettre dans la salle de bain tout habillée et de me faire prendre une douce froide et de me coucher comme ça. Évidemment, je suis terrorisée, je suis triste. Quand j'ai 8 ans, ma mère rencontre mon beau-père pendant qu'elle est au travail. Il tombe amoureux et il se trouve que lui, il vit à Paris. Donc, ils attendent que mon année scolaire se termine pour ensuite...
tout déménager à Paris et commencer une nouvelle vie là-bas. Donc, on monte vivre à Paris et à ce moment-là, elle a 30 ans. Elle se dispute avec sa mère, sa sœur et du coup, elle décide de complètement couper les ponts. Et dans le même temps, elle coupe aussi les ponts avec ma famille paternelle. Donc à mes 11 ans, j'arrive au collège et la seule personne que je connais dans ma classe, c'est Alice.
Parce que l'année d'avant, en CM2, elle était dans ma classe et il se trouve que dans cette nouvelle classe de sixième, c'est la seule que je connais de mon ancienne école. Et donc forcément, naturellement, on se passe voir, on se parle et on devient copine comme ça. très très très vite et très très fort. C'est une relation très fusionnelle. On devient vraiment très amis et on n'a que l'une et l'autre.
On n'a pas l'envie d'aller rencontrer d'autres personnes, être amies avec d'autres personnes. On est très, elle et moi, très ensemble. L'été, avant la rentrée de la 6e, il se trouve que malheureusement, Alice perd sa maman d'un cancer. Évidemment, elle est triste.
Ce n'est pas quelque chose qu'elle montre particulièrement. Elle n'est pas dévastée de larmes, de pleurs pendant des jours, des heures, des semaines. Pas du tout. Et je l'apprends assez vite. Et elle me le dit d'ailleurs assez naturellement.
¶ L'Arrivée d'Alice et le Favoritisme Maternel
J'invite Alice à la maison pour la première fois, un soir, et ma mère commande des sushis. Il se trouve qu'Alice ne mange rien de ce qui vient de la mère, donc elle se retrouve un peu bête. Et donc, c'est une soirée qui se passe très bien. Alice est un peu timide, évidemment. C'est la première fois qu'elle rencontre ma mère. Mais elles s'entendent tout de suite très bien. Le courant passe.
Alice et moi, on est de plus en plus proches, on a une relation très fusionnelle, très forte, on passe énormément de temps ensemble, on fait tout ensemble, elle vient tout le temps à la maison, on fait les devoirs, on fait le goûter, on fait les dîners, elle dort à la maison, elle rencontre toute ma famille. Très vite, ma mère se lit d'amour pour Alice. Je sens qu'une relation particulière née entre elles deux. Je le vis un peu bizarrement. Au début, je ne comprends pas trop.
Avec le temps, ça devient de plus en plus compliqué de voir cette relation évoluer. Ma mère fait beaucoup de différences entre elle et moi. Alice, c'est vraiment la fille qu'elle n'a jamais eue. Elle est plus intelligente, elle a de meilleures notes à l'école, elle est plus à l'écoute, on peut parler avec elle. Avec moi, ce n'est pas possible, on ne peut pas parler. Ma mère fait de vraies différences entre Alice et moi.
Du coup, j'essaie d'en parler à ma mère, de lui faire comprendre que ça me fait de la peine, ces différences qu'elle crée, que j'ai l'impression qu'elle l'aime plus que moi, qu'elle est mieux que moi. Mais à chaque fois que j'essaie d'aborder ce sujet-là, de toute façon, je passe pour la jalouse qui ne veut pas qu'Alice ait de mère. C'est très compliqué d'aborder ce sujet-là. Quand on se dispute, c'est toujours Alice qui a raison. Jusque-là, ma mère est très affectueuse.
Beaucoup de câlins, beaucoup de bisous, beaucoup de démonstrations de « Je t'aime ». Au moment de mon entrée en sixième, petit à petit, cette affection-là, ce rapport-là, s'étiole un peu. J'ai moins de mots d'amour, j'ai moins de tendresse, j'ai moins même de câlins. Ça se fane et ça me fait de la peine. Je me sens un peu mise de côté, un peu délaissée, un peu remplacée.
¶ Le Désir de "Sauver" et l'Humiliation
Quand ma mère apprend que la maman d'Alice est décédée, j'ai la sensation qu'elle a le désir profond de vouloir remplacer sa maman, de prendre ce rôle-là. Mais comme elle l'a toujours fait, en fait, elle veut sauver les gens qui ne font pas partie de sa famille, les gens dont elle n'est pas certaine de l'amour, de l'affection. Elle est présente et elle veut les sauver. À ce moment-là, ma mère rencontre forcément le père d'Alice. Ils s'entendent très bien et elle vient un peu...
L'aider aussi dans sa souffrance. Il vient de perdre sa femme. Pour lui, ça le rassure de savoir qu'Alice rencontre ma mère, que ma mère fait partie de sa vie, qu'elle peut un peu la prendre en main. Un jour, on s'est disputé et ma mère avait un peu vaguement compris le sujet de la dispute. Après cette dispute, ma mère me dit que c'est moi qui ai déclenché la dispute, que je suis entièrement fautive et elle me dit même que je suis un monstre.
Je m'empresse d'aller dans ma chambre et j'écris dans un journal que je tiens. Je raconte cette histoire, je raconte cette dispute et je raconte que ma mère me dit que je suis un monstre. Ça me fait beaucoup de mal, beaucoup de peine. Ça me marque, vraiment. Moi, en tant que fille, j'attends que ma mère soit ne prenne pas partie, comme une adulte en fait, et décide que c'est une dispute d'enfants et qu'on passe à autre chose.
Soit qu'elle me défende, mais pas qu'elle m'accable. Clairement, je n'attends pas ça de ma mère. Je ne culpabilise pas de ramener Alice à la maison parce que, bizarrement, je n'en veux pas de ce qui se passe. Je n'en veux pas de cette relation. J'ai un profond sentiment d'injustice, de rejet, d'abandon.
Mais je n'y en veux pas, parce que je l'aime plus que tout. C'est ma meilleure amie, c'est comme ma sœur. Sans elle, je n'existe pas non plus, vraiment. C'est un socle dans ma vie hyper important, Alice, bien sûr. Ma mère, évidemment, que je lui en veux. Même si je suis jeune, je ressens quand même que c'est elle l'adulte et que tout ça découle d'elle.
et pas d'Alice qui vient simplement chercher du réconfort et de l'amour chez qui elle peut. En même temps, c'est ma mère, je l'aime, ça reste tout pour moi, donc j'en veux avec parcimonie.
¶ Les Vacances Forcées et le Travail Domestique
Avant l'été, on décide qu'Alice passera un mois d'été à la maison avec nous dans le sud. Du coup, évidemment, c'est la folie, trop contente. ma meilleure amie qui vient avec moi en vacances. On est tous les deux ravis de l'idée. Pendant ces vacances-là, on est un peu les femmes de ménage de ma mère.
Ma mère débarque tous les matins dans notre chambre, nous réveille à 7h du matin en nous disant qu'il faut qu'on aille faire le ménage de l'appartement. C'est un appartement de 150 m² qu'il faut qu'on lave tous les jours, la serpillère, les plaintes, le tout, tout, tout, tout, tout, tous les jours. donc assez prenant. Et c'est ça nos journées pendant ces vacances-là. On se réveille le matin, on fait le ménage jusqu'à 16h.
Moi, je suis souvent chargée du repassage. Et si je fais un pli sur la chemise de mon beau-père, il faut que je recommence la chemise en intégralité. Alice et moi, on est assez saoulés, assez énervés du retournement de situation, du changement de couleur de nos vacances qu'on s'était imaginé pendant des mois. On est saoulés, mais qu'est-ce qu'on va dire ? Rien.
En plus de ça, j'ai peur de ma mère, évidemment. Elle est violente. Elle n'est jamais violente envers Alice, évidemment. Mais envers moi, sans problème. Donc, bien sûr que non, je ne lui en parle pas. Bien sûr que non, je ne dis rien. Cet été, mon beau-père fait quelques passages dans le sud pour les vacances. Il n'est pas tout le temps là. Mais il voit bien quand il est là qu'il y a un souci. Il voit bien qu'on fait le ménage de fond en comble tous les jours, de 7h à 16h, sans exception.
Et il décide de réagir. Et il dit à ma mère, mais ce n'est pas à des enfants de 10 ans de faire ça, ce n'est pas leur rôle. Et ma mère l'évince vraiment très facilement. Il n'a pas son mot à dire. Il n'a pas du tout de rôle dans mon éducation, pas du tout de poids. Il réagit une fois, pas deux, parce que de toute façon, il n'a pas la place pour. Donc, quand elle me frappe, il préfère juste partir.
Une amie de ma mère vient déjeuner à la maison et nous demande si on passe de bonnes vacances d'été. Et pendant que ma mère est dans la cuisine, on lui avoue qu'on se lève tous les matins super tôt et qu'on fait le ménage toute la journée, tous les jours. Et à 16h, on a le droit d'aller à la piscine si tout est fait. Et ma mère revient de la cuisine et sa copine lui demande.
« Ah bon ? Mais comment ça ? Vous faites le ménage tous les jours, c'est-à-dire ? » Et ma mère s'énerve, pète un câble, nous dit qu'on est démenteuse et change de sujet.
Mais pour le coup, Alice et moi, on est vraiment rangés à la même enseigne. On fait autant le ménage l'une que l'autre. Là-dessus, il n'y a pas de différence. Pendant les deux années qui suivent, rien ne change trop. Les choses restent... telles qu'elles sont, Alice passe beaucoup de temps à la maison, est très proche de ma mère, notre relation ne change pas, on reste aussi toutes les deux très très proches.
¶ Le Projet d'Adoption et la Réaction Familiale
Vendredi soir, c'est Shabbat, on va dîner dans la famille de mon beau-père et ma mère annonce ce soir-là qu'elle décide d'adopter Alice. forcément, dans cette famille, dans notre famille qui est juive, le sang, la famille de sang, c'est très important.
Mon beau-père réagit face à ça. Il lui dit « Mais pas du tout, il en est hors de question. C'est pas ta fille, c'est pas ma fille, j'en veux pas. » Enfin, non, quoi. Ma grand-mère est choquée, mes cousins aussi. Tout le monde est choqué. Et ma mère... ma mère n'en démore pas. Ah si, je vais l'adopter, la décision est prise et c'est ma fille. Forcément, ça part en esclandre, le repas...
C'est des disputes toute la soirée. On finit par partir. De toute façon, ils ne se mettent pas d'accord et ils ne veulent pas du tout les mêmes choses. Elle a une idée en tête. Elle veut adopter Alice. Elle le fera, qu'il le veuille ou non. J'observe, je ne réagis pas, je suis un peu choquée. À la fois, je suis quelque part un peu contente que mon beau-père dise non.
parce que moi, je ne peux rien dire. Il ne vaut mieux pas que je rajoute mon petit grain de sel parce que je n'ai pas du tout envie de m'en prendre une.
¶ L'Adoption Officieuse et les Douleurs
À mes 14 ans, Alice vient vivre à la maison avec nous pendant un an, parce que ça ne se passe pas très bien avec son père. On passe un an à vivre tous les quatre avec Alice, mon beau-père, ma mère et moi. Alice a une sœur. et un père, avec qui à la base elle vit. Le père d'Alice est évidemment très heureux de la relation qu'Alice entretient avec ma mère, parce que ça le rassure, parce qu'il voit que sa fille est prise en main, etc.
La sœur d'Alice, elle est un peu éloignée de ça. On la voit évidemment, mais elle n'a pas du tout le même rapport avec ma mère et voit la relation entre ma mère et Alice d'un bon oeil. Nouvelle lubie de ma mère, adopter Alice légalement et devenir sa mère. Elle en parle à tout le monde. Tout le monde est au courant qu'Alice est la fille de ma mère, qu'Alice est ma fille.
Sœur, elle en parle à qui veut bien l'entendre. Un jour, je m'allais dans la rue et je croise des amis de ma mère qui me disaient « Ah, mais c'est toi, Alice, la fille de Marie ? » Et je suis là-bas, non, non, non, moi je suis l'autre, l'autre, la seule, l'unique. Mais ça commence à savoir de tous les côtés que ma mère a deux filles et a adopté Alice. On ne parle pas trop de ça avec Alice, on ne parle pas trop de l'adoption. C'est vrai que c'est un sujet assez flou.
En fait, c'est tellement arrivé comme ça, de but en blanc, tellement rapidement, tellement sans prévenir. Déjà, moi, je ne vais pas lui faire de la peine. C'est vrai qu'on est assez pudique là-dessus. On en parle, mais peu. finalement. Moi, je me sens toujours autant rejetée, toujours un sentiment d'injustice qui se développe et qui ne cesse de croître. Et en même temps, je ne peux rien dire parce que...
De toute façon, quoi que je dise, quoi que je pense, quoi que je fasse, je serai toujours jalouse, je serai toujours contre l'amour de ma mère pour Alice, je serai toujours... contre cette relation. Et tout ce que je ressens n'est pas du tout écouté, pas du tout validé, pas du tout rien du tout, en fait. J'ai pas le droit de ressentir quoi que ce soit.
¶ L'Adoption Légale et la Perte de Place
Mon beau-père n'accepte pas du tout cette histoire d'adoption, pas du tout cette histoire de nouvelle fille dans la famille. Il développe même une sorte de désamour pour Alice. Il ne l'apprécie pas du tout. Quand mon frère naît... Du coup, c'est le premier enfant de mon beau-père. C'est un garçon en plus. Donc encore une fois, on est chez les Juifs. Les garçons, c'est sacré dans la famille. Donc mon frère, c'est le prince, le petit dernier, du fils de sa mère.
Et donc, il grandit dans l'idée qu'il a deux sœurs. Mon frère a deux sœurs, clairement, depuis toujours. Voilà, la décision d'adopter Alice pour ma mère est prise. Elle en a parlé avec le père d'Alice, qui lui approuve aussi ça complètement. Il valide à fond cette relation. Il est très heureux que ma mère fasse partie de la vie d'Alice. prenne un peu ce rôle de maman pour sa fille.
Je termine le collège, je suis en vacances pour l'été dans le sud avec ma mère et elle m'annonce qu'elle a adopté légalement Alice. Mais elle me l'annonce comme elle m'annonce qu'elle va aller acheter du pain. une grande annonce. C'est, ah bah c'est fait, voilà, Alice et ma fille légalement. Moi, à ce moment-là, je suis un peu étonnée, un peu, voilà, toujours autant abasourdie en même temps.
En même temps, plus de temps. C'est juste la suite logique des choses. Et de toute façon, elle le voulait. C'est quelque chose qu'elle voulait et qu'elle a fait. Je n'ai pas réagi. Je n'ai rien à dire, en fait. De toute façon, ce que je pense, ce que je ressens, ça n'a pas de valeur. Ça n'a pas de sens, ça n'a pas de poids, ça n'est pas entendu. Écoutez, ça n'existe pas.
Oui, c'est ma meilleure amie. Oui, je l'aime d'amour, d'un amour infini. Mais non, je ne suis pas contente. Non, non, c'est quand même ma mère. J'ai été élevée comme fille unique toute ma vie et par ma mère. pendant les dix premières années de ma vie. Non, je ne suis pas contente qu'Alice prenne cette place-là, d'autant plus qu'il y a énormément de différences qui se créent entre elle et moi. C'est ça, en fait, qui fait que c'est compliqué pour moi à accepter, c'est que...
Je suis moins bien qu'elle. Alice appelle ma mère par son prénom. Mais quand on parle de ma mère, elle dit maman. C'est un truc qui s'instaure petit à petit. Pour Alice aussi, ma mère... devient sa mère. La première fois qu'elle fait ça, je suis un peu d'abord choquée. Finalement, je suis assez... C'est un sentiment bizarre à expliquer, mais je dirais écoeurée de l'entendre appeler ma mère « maman ».
¶ L'Éloignement d'Alice et les Nouveaux Amis
L'année qui suit, on est adolescente et Alice fait une grosse crise d'adolescence. Elle est en opposition totale avec son père et elle se pose aussi des questions sur sa sexualité, à savoir est-ce qu'elle aime les femmes, est-ce qu'elle aime les hommes ?
Nos parents paniquent un peu de savoir qu'Alice se pose des questions sur sa sexualité et de voir notre relation qui est toujours aussi fusionnelle, toujours aussi proche, et décident de nous éloigner. Et pour ça, ils décident de mettre Alice en pension. pendant un an. Je suis hyper triste d'imaginer passer une année sans elle. C'est impossible. Alice, c'est ma seule amie, mais pas parce que je ne suis pas sociable, mais parce que je n'avais pas envie de quelqu'un d'autre dans ma vie.
À l'arrivée du lycée, du coup, Alice est en pension et ça m'oblige à me faire de nouveaux amis, forcément. Au début, un peu bizarre. La rencontre de nouvelles personnes, parler à de nouveaux gens, bizarre. mais finalement pas mal. Du coup, l'année du lycée se passe plutôt bien et je me fais plein d'amis de ma classe, des classes au-dessus, des classes en dessous.
Évidemment, Alice me manque, et évidemment, j'aimerais qu'elle soit avec moi, mais j'apprécie aussi ces nouveaux horizons, j'apprécie aussi cette nouvelle vie.
¶ L'Abandon "Temporaire" et la Solitude
J'ai 17 ans quand Alice revient de son année de pension. Mon frère a deux ans et c'est l'année de la séparation entre ma mère et mon beau-père. Un matin, ma mère me dit, il faut que j'aille dans le sud pour gérer les travaux de l'immeuble. Du coup, je pars pendant une semaine et puis je reviens. Donc, tu restes à la maison toute seule. Je prends ton frère et on se revoit dans une semaine.
Donc moi je suis trop contente, j'ai 17 ans, j'ai l'appartement pour moi toute seule, voilà le rêve. Et puis à la fin de la semaine, ma mère me rappelle, elle me dit voilà, en fait je vais rester une semaine de plus, mais je rentre la semaine prochaine. Et puis, la semaine suivante, même scénario. Et la semaine d'après, encore même scénario. Et du coup, ben...
Je ne sais pas trop ce qui va se passer. Je ne sais pas trop si elle va revenir. Je ne sais pas trop ce que je fais. Je n'ai pas d'argent pour manger. Mais bon, j'ai la cantine. Et puis, elle m'a dit qu'elle allait revenir dans une semaine. Mais elle ne revient pas. Je ne sais pas trop. Je ne sais pas trop de quoi demain va être fait. Je pourrais être une ado qui sort, qui fait des conneries, qui fait des soirées, qui vit son adolescence.
de jeune fille de 17 ans qui vit toute seule. Mais je ne le fais pas parce que ma mère me fait croire qu'elle sait tout le temps, toute ma vie, tout ce que je fais, tout ce que je pense, mes secrets, mes disputes avec mes copines. elle me fait croire qu'elle a une sorte de connexion, peut-être avec mon père, peut-être avec Dieu, que quelqu'un là-haut lui dit tout. Voilà. Donc, je n'ose pas faire grand-chose.
Parfois, ça lui arrive de m'appeler et de me dire, je sais que tu as fait ça aujourd'hui, je sais que tu es allé là, je sais qu'il s'est passé ça avec telle personne, je sais que tu as parlé comme ça de moi. Des moments, des détails, des phrases précises qui me prouvent que, ouais. En fait, elle sait vraiment tout. C'est un sentiment très bizarre d'avoir la sensation de ne rien pouvoir garder pour soi, garder précieusement, garder secret. C'est Dieu qui lui dit. Et moi, je suis sûre de ça.
Et quand elle me dit tout ça, quand elle me parle de tous ces moments-là en détail, qu'elle sait ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que j'ai dit, etc. Moi, je la crois. Je la crois. Comme ce n'est pas très acté qu'elle ne reviendra pas, ce n'est pas acté non plus qu'il faut me donner de l'argent.
Ce n'est pas acté qu'il faut que je me nourrisse, ce n'est pas acté qu'il faut que je fasse des courses. Ce n'est pas acté tout ça, puisqu'elle est censée revenir dans une semaine. Du coup, l'année se déroule un peu bizarrement. Je n'ai pas vraiment d'argent pour me nourrir. Je vais à la cantine le midi, heureusement.
Je ne me sens pas abandonnée parce que pour moi, elle va revenir. Non, je me sens plutôt bien finalement. Mais parfois, c'est vrai que j'ai peur qu'elle débarque de but en blanc du jour au lendemain parce que ça fait quand même longtemps qu'elle n'est plus là, qu'elle peut revenir. parce qu'elle est quand même censée revenir. Donc je passe mon année de première toute seule, comme ça. L'année de ma première se termine et ma mère n'est toujours pas rentrée à la maison.
¶ La Cohabitation Forcée et la Rupture Amicale
Elle est toujours dans le sud, l'été se passe et l'année de ma terminale, du coup, Alice décide de venir vivre avec moi. pendant cette année-là. Et là, c'est quelque chose d'acté. Ma mère ne revient pas. Elle reste dans le sud. Et Alice et moi, on vit ensemble dans l'appartement de famille qu'on avait à la base. Ma relation avec Alice s'étiole un peu.
On est toujours proche, mais c'est différent, c'est plus trop comme avant, c'est un peu moins fusionnel. Je l'aime toujours de la même manière, mais c'est vrai que quelque chose a un peu changé. Un jour, elle se réveille un matin à la maison, elle allume une clope, elle se met sur le canapé et elle me dit « Écoute, je crois qu'on a pris des chemins différents, toi et moi, on évolue, pas dans le même sens. »
Et je ne suis pas sûre qu'on soit toujours vraiment amis. Vraiment, j'ai la sensation que le sol s'écroule sous mes pieds. C'est tout mon univers qui s'écroule. Alors oui, j'ai d'autres amis, oui, je n'ai pas qu'elle, mais par contre, ça reste la moitié de moi, Alice. Et à partir de là, notre relation se détériore.
Parfois, le père d'Alice nous donne de l'argent pour faire des courses, mais c'est très occasionnel. Rien n'est vraiment organisé. On est quand même encore un peu dans la merde. On ne mange pas vraiment. On ne dîne pas, on ne déjeune pas. Et puis, une fois, tous les trois mois, on fait un plein de courses. Et puis après, plus rien pendant trois mois. La même galère financière, quoi.
¶ Objectifs de Carrière et Départ pour New York
Le lycée se termine, j'ai mon bac. Je ne sais pas trop ce que j'ai envie de faire. J'ai envie de faire du cinéma, j'ai envie de faire du théâtre, mais je ne sais pas trop. Du coup, je passe deux mois à faire un stage dans une boîte de production à Paris. Et j'adore, je me dis que c'est un monde qui me parle, le cinéma, l'image. J'ai envie de passer les concours d'une école, l'école de la Cité à Saint-Denis, l'école de Luc Besson.
Et je rencontre un peu un des bras droits de Luc Besson dans l'école qui m'explique que pour passer des concours, c'est toujours mieux de parler très bien anglais. Et donc je décide de partir pendant six mois à New York pour perfectionner mon anglais. Donc j'en parle avec ma mère et elle se souvient qu'elle a rencontré une dame.
quelques années auparavant, qui elle vit à New York et elle me dit on va lui écrire, voir si elle peut peut-être t'accueillir et ça serait pas mal si tu pouvais passer six mois là-bas, perfectionner ton anglais et puis revenir ensuite et passer tes concours. Du coup, cool, bonne idée. On écrit à cette personne qui accepte de m'hémerger pendant six mois chez elle. Et c'est comme ça que je pars à New York.
Arrivé là-bas, ma mère vient avec moi pour m'installer la première semaine. Donc trop sympa, on passe une super semaine. Et à la fin de la semaine, elle me dit « tous les mois, je te donnerai 400 euros ». pour que tu puisses subvenir à tes besoins, pour que tu puisses manger, etc. Sachant que du coup, je n'ai pas de loyer à payer parce que je suis logée gratuitement. Et donc, on convient de ça. Tous les mois, 400 euros pour vivre.
¶ La Débrouille à New York et le Retour Complexe
Ok, très bien, elle s'en va. Le premier mois, elle m'envoie 400 euros. Et le second, rien. Donc, je l'appelle, je lui demande, maman, est-ce que tu peux m'envoyer de l'argent ? Je n'ai plus d'argent pour le mois. Et elle me dit qu'elle ne peut pas. parce qu'elle non plus, elle n'a plus d'argent, que je vais devoir faire sans. Donc, très bien. Et le mois suivant, même histoire. Donc, je me retrouve un peu...
toute seule à New York, sans argent, pour manger, surtout que c'est une ville super chère, donc tu veux faire n'importe quoi, tout coûte un bras, donc compliqué. Et à New York, tu ne peux pas travailler si tu n'as pas la carte verte. compliqué d'avoir une source de revenus. Donc, je galère. Et ensuite, les mois qui ont passé, je me débrouille, je fais des babysitting et je réussis à gagner un peu d'argent par moi-même. Finalement, ça va et je m'en sors.
New York se termine, je rentre à Paris, et entre-temps, mon beau-père a repris l'appartement dans lequel on vivait, avec Alice, et ma mère est toujours dans le sud de la France, du coup, je me retrouve à vivre avec lui. Sachant que la séparation est très compliquée à vivre pour lui, que lui, la seule chose qu'il veut, c'est se remettre avec ma mère.
Il dit très mal cette rupture. Et du coup, notre entente est compliquée aussi. Parce que je lui rappelle ma mère, mais obligée de vivre avec lui. Je passe les concours de l'école, je rate.
¶ Parcours Universitaire et Indépendance Forcée
Et du coup, je décide de rentrer à la fac en bi-licence anglais histoire de l'art. Ce n'est pas du tout un truc que je veux faire. Moi, j'ai envie de faire du cinéma, de faire du théâtre. Mais mon beau-père, c'est quelqu'un qui est très étude, très carriériste. C'est le seul qui a fait des études dans sa famille. Donc, pour lui, c'est le passage obligé. Je dois faire des études du tout à l'heure. la fac. Et si je veux faire du théâtre ou du cinéma, oui, mais en plus, à côté.
Donc je fais une première année que je rate, du coup je redouble ma première année et l'année suivante je dis à mon beau-père que j'ai envie de vraiment faire du théâtre et que j'ai envie de m'inscrire dans une école. Donc je m'inscris en parallèle de la fac au cours Simon.
en cursus professionnel, et je fais les deux. Donc ça par contre, ça me plaît, je suis trop contente, c'est ça que je vais faire depuis longtemps. Pendant cette année de première année au cours Simon, mon beau-père décide qu'il faut que je parte de l'appartement.
Ça fait un an qu'on vit ensemble. Il n'en peut plus. Je les rappelle trop ma mère. Il faut que je quitte les lieux. J'ai même une date butoir. Un mois pour trouver un appartement. Et si je ne le trouve pas au bout de ce mois-ci, mes affaires dehors. Donc, je me déroule. bruit pour trouver un appart et pas me retrouver à la rue. Et le jour de la date butoir, je prends mes affaires et je déménage.
J'ai 21 ans, j'emménage dans mon premier appartement. Évidemment, il n'y a pas de questions sur est-ce qu'on va m'aider pour payer le loyer ? Est-ce que mes parents vont m'envoyer de l'argent pour les factures ou bien pour manger ou autre ? Pas du tout, c'est moi qui me débrouille donc il faut que je travaille.
Donc pour payer ce loyer, pour payer toute ma vie, pour payer aussi mon école de théâtre parce que personne ne me la paye, pour tout payer, il faut que je me débrouille parce que ma mère ne me donnera pas un centime, mon beau-père non plus. Alice et moi, on est du coup... beaucoup moins proche qu'on l'était avant. On se voit beaucoup, beaucoup moins. On se voit toujours, mais on n'a plus du tout la même relation, plus du tout la même proximité. Elle fait sa vie, je fais la mienne.
Moi, j'ai d'autres amis, d'autres meilleurs amis. On a deux vies qui commencent sérieusement à être très différentes.
¶ Confrontation Grandissante et Nouvelle Relation
On n'est plus du tout proche comme avant. Effectivement, à ce moment-là, on parle un peu plus de la relation qu'elle entretient avec ma mère et ces différences qui existent toujours entre elle et moi. On en parle plus, c'est souvent moi qui amène le sujet.
elle approuve ce que je dis, ce que je ressens, et elle voit très bien aussi qu'il y a une différence. Elle ne sait pas l'expliquer, ce n'est pas non plus de sa faute, ce n'est pas elle qui est la source de ces différences-là. Donc on en parle, oui, mais... Mais rien ne change. C'est toujours comme ça dans ce trio entre ma mère, Alice et moi. Et elle ne sait pas trop l'expliquer, mais ce qu'elle me dit parfois, c'est aussi quand même...
tu ne lui parles pas très bien, tu es assez insolente, tu lui réponds. Alors que moi, je ne fais pas ça. Donc forcément, c'est plus compliqué d'avoir une relation saine. Voilà. Oui, c'est vrai que je suis un peu insolente. Oui, c'est vrai que je ne lui parle pas souvent très bien, mais en fait, je lui parle à l'image du respect qu'elle me porte. Je décide de travailler dans un resto à Paris, dans le 6e.
Et l'été de mes 22 ans, je travaille toujours dans ce restaurant. Et un midi, il y a un groupe de mecs qui vient déjeuner dans ce resto. La fille avec qui je travaillais les connaît très bien parce qu'il y a son frère qui fait partie de ce groupe-là. Je repère un mec parmi le groupe, Gabriel, et je me dis qu'il n'est pas mal. Bref, deux fils en aiguille.
On échange nos contacts, on va boire un verre et on sort ensemble pendant l'été. On passe deux mois d'été ensemble, c'est très sympa, mais ce n'est pas du tout sérieux. On se voit très souvent, mais vraiment, on s'en fout l'un de l'autre. Je l'aime beaucoup, il m'aime beaucoup, mais on s'en fiche. C'est juste une petite amourette d'été qui n'a pas de poids, pas de sens, pas de valeur, ni pour l'un ni pour l'autre.
On se sépare à la fin de l'été, on fait nos vies chacun de notre côté pendant deux ans et au bout de deux ans, je lui envoie un texto pour rendre de ses nouvelles et on se revoit et on se remet ensemble. Et là, c'est une toute autre relation. C'est un peu comme si on se rencontre pour la première fois, comme si on se voit pour la première fois.
¶ Gabriel Témoin de la Toxicité Maternelle
On est proche tout de suite, on engage quelque chose de sérieux, on est amoureux. Donc lui, il est peintre, il est hyper inspiré par la nature, les grands espaces. Et le confinement arrive. On décide de se confiner dans un château à Fontainebleau avec dix autres personnes qui vivent aussi dans ce château. Pour Gabriel, c'est vraiment génialissime. Il commence une nouvelle série de peintures. Il est hyper inspiré. Il adore.
Moi, j'aime bien, mais ce n'est pas non plus trop ma tasse de thé, la nature à outrance, vivre avec des gens que je ne connais pas. Je suis très citadine, donc je le vis bien au début. En fait, ce confinement se transforme en on s'installe carrément au château pendant huit mois. Et là, j'en peux vraiment plus. Donc, on décide de rentrer, de prendre un appartement à Paris, de reprendre une vie un peu plus citadine. Et puis, le dernier...
confinement arrive. Gabriel n'a pas du tout envie de rester dans notre appartement à Paris qui est un 35 mètres carrés, pas immense. Il ne veut tout simplement pas vivre un confinement là-dedans, c'est ce que je comprends. Donc on réfléchit à un endroit où passer ce confinement. Je lui dis, écoute, si tu veux, dans le sud, moi, j'ai un immeuble de famille.
on sera plus au vert, il fait beau, on peut peut-être y aller. Et il me dit, oui, grave, allons-y. Par contre, je te préviens, ma mère, elle est un peu spéciale. Attends-toi à rencontrer quelqu'un d'un peu spécial. Il l'avait déjà rencontré une première fois, mais il ne la connaissait pas vraiment. Il me dit, on va dans le sud, on va au vert, on va au soleil, il n'y a pas de questions, on y va.
Donc on arrive dans le sud, ma mère a un nouveau copain, Diego, qui est très sympa, qui l'apaise vachement. Je suis très heureuse qu'elle soit avec lui, je la trouve vraiment bien. Elle nous installe dans un appartement. en face du sien, sur le même palier. Et on commence un peu notre petite vie dans le sud comme ça. Et c'est la première fois que quelqu'un d'extérieur voit ce qui se passe au sein de ma famille, qui est ma mère, comment elle se comporte avec moi.
C'est la première fois qu'un étranger vit tout ça avec moi. Ma mère et Gabrielle s'entendent au départ pas particulièrement bien, pas particulièrement mal. Gabriel, ce n'est pas du tout quelqu'un qui a envie de se faire aimer, qui va être l'échebot, qui va jouer au gendre parfait. Pas du tout son genre, très nature. Il ne cherche pas à se faire aimer des autres. Et ma mère, elle n'a pas l'habitude de ça.
parce que c'est quelqu'un qui impressionne par son fort caractère, elle parle fort. Du coup, souvent, les gens en ont peur ou alors veulent se faire aimer d'elle, veulent être validées par elle. Elle est un peu déstabilisée, quoi. Du coup, elle n'aime pas trop. Elle ne me pose pas trop de questions sur lui. Elle l'ignore. C'est comme s'il n'existait pas trop, en fait. Elle n'a pas de relation avec lui. Elle s'en fiche. Ma mère nous installe dans cet appartement.
¶ Révélations Financières et Comportements Blessants
en face de chez elle. Et elle me dit, il faut que tu mettes bien le compteur d'eau et d'électricité à ton nom pour les factures. de l'appartement, ce que je fais. Du coup, j'appelle le service des autres. Je suis nouvelle dans l'appartement. Est-ce qu'on peut mettre le compteur à mon nom ? Quelques heures plus tard, ma mère débarque dans l'appartement en trombe. Ma mère ne toque pas. Ce n'est pas son genre.
J'entends ma mère qui hurle, je monte, je lui dis oui, qu'est-ce qu'il y a ? Et elle me dit, t'as mis le contrat d'eau et d'électricité à ton nom ? Et je lui dis oui. Elle me dit, mais t'es complètement conne, pourquoi t'as fait ça ?
Et elle se barre comme elle est rentrée en claquant la porte, en hurlant. Moi, je suis complètement déboussolée. Je ne comprends pas sa réaction. C'est elle qui m'a demandé. Je l'ai fait. Je ne comprends pas. J'explose en larmes parce que c'est humiliant de se retrouver dans une situation comme ça où ta mère te hurle. dessus, devant ton mec. Tu viens d'arriver, ça fait un jour que t'es là. C'est assez violent comme premier jour. Donc moi, je...
J'explose en larmes. En plus, Gab n'a pas du tout l'habitude de me voir pleurer, vu que je ne pleure jamais. Un peu paniquée, un peu choquée. Très vite, Gab comprend qu'il y a un problème et qu'il y a quelque chose qui cloche.
Une heure plus tard, je reçois un mail du service des eaux qui me dit « Bonjour mademoiselle, nous sommes désolés mais nous ne pouvons pas mettre le compteur d'eau à votre nom parce qu'il se trouve que vous en avez déjà un à votre nom qui n'a pas été payé et que vous avez du coup une dette au trésor public. »
Moi, je découvre ça, je ne comprends pas. Je n'ai jamais vécu dans le sud avant, je ne comprends pas. Je commence à comprendre que ma mère utilise mon nom pour ses facturelles et qu'elle ne paye pas. Le jour de mon anniversaire...
Ma mère vient nous voir dans l'appartement, elle me souhaite pour mon anniversaire et elle me dit « Oh, c'est drôle aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'un pote à moi, je l'ai appelé tout à l'heure et je lui ai dit « Joyeux anniversaire, je lui ai fait la chanson au téléphone ! » Et elle me dit ça, comme ça, devant moi, devant Gab, devant tout le monde, le jour de mon anniversaire. Donc moi, face à ça, je suis un peu interloquée, mais...
Je ne suis plus trop choquée du comportement de ma mère. Et elle me dit qu'aujourd'hui... Elle n'a pas le temps de passer du temps avec moi, qu'elle va passer du temps avec mon frère, qu'elle a prévu plein de choses avec lui aujourd'hui. Et donc Gab, face à ça, il ne comprend pas. Il ne comprend pas son comportement, il ne comprend pas pourquoi elle est comme ça, il ne comprend pas pourquoi elle est comme ça avec moi.
Donc, il commence à développer une haine envers ma mère assez aiguë. Il dit souvent que c'est la personne qui déteste le plus au monde.
¶ L'Accusation Absurde et le Manque de Soutien
Au bout de quelques mois, on décide avec Gab d'éviter au maximum tous les rapports avec ma mère. On reste cordial, on dit bonjour. Le moins d'interactions possibles pour le moins d'histoires possibles. Parce que c'est trop à vivre, c'est trop lourd d'être tout le temps dans une relation de conflit. C'est particulier parce qu'elle... Elle vient chercher le conflit, toujours, même quand il n'y en a pas. Elle se nourrit de ça, en fait. Elle se nourrit des disputes, du malheur des autres.
elle est vraiment très négative, très néfaste, et on n'en peut plus. Pendant quelques mois, ça marche. Au bout de trois mois, on se dit, tiens, c'est drôle, ça fait trois mois qu'il n'y a pas eu d'esclante, qu'il n'y a pas eu de trucs bizarres, qu'il n'y a pas eu d'histoire folle. Finalement, ça marche plutôt bien, cette technique de ne pas trop avoir de lien.
et de rapport avec ma mère. Et on se dit ça en se baladant dans le village. Et quelques minutes après, ma mère m'appelle et me dit « Il faut absolument que tu viennes à la maison. Il y a un truc qui se passe. Il faut que tu viennes à la maison. » Donc là, je regarde Gab et je suis en mode OK, bon, faut qu'on y aille, il y a un truc à régler, donc on y va. On repose chemin, on arrive chez ma mère, on s'installe à la table avec ma mère, Gab, moi et...
Diego, le copain de ma mère. Et elle me dit, voilà, écoute, il y a un problème. Tu fixes Diego et ça le gêne. Moi, à ce moment-là, je suis... tellement épuisée de toutes les histoires et de toutes les horreurs et les embrouilles et toutes ces choses-là qu'on a vécues les mois d'avant avec Gab, que je ne parle même plus.
J'ai plus envie de parler, j'ai plus envie de m'exprimer, j'ai plus envie de rien. Donc, j'écoute ce qu'elle dit, mais je ne réagis pas. Et c'est Gab qui prend la relève. C'est lui qui discute, c'est lui qui parle, c'est lui qui gère ça. Parce que moi, je ne peux pas. Gab répond pour moi et dit « Ok ». Elle fixe Diego, mais c'est-à-dire... Et ma mère dit, bah oui, parfois...
Elle le fixe, son regard se pose sur lui. Alors peut-être qu'elle est dans ses pensées, qu'elle ne se rend pas compte et qu'il se trouve qu'elle le regarde de façon insistante sans s'en rendre compte. Mais en tout cas, elle le fixe et ça le gêne.
Et donc, Gab lui répond « Ok, d'accord, très bien, elle le fixe. Mais est-ce que là, depuis le début de la conversation, elle l'a fixé une seule fois ? » Et ma mère répond « Non, c'est vrai que là, depuis le début de la conversation, elle ne l'a pas fixé. Non, non, c'est vrai. »
Et donc Gab lui dit « Ok très bien, si elle ne l'a pas fixé là, on part du principe qu'elle ne le fixera plus et on dit que c'est une histoire résolue et on passe à autre chose. » Et ma mère lui dit « Ok très bien, si elle ne le fixe plus, super, on passe à autre chose. »
On rentre à la maison avec Gab et on se dit, c'est quoi encore cette histoire folle ? Mais très bien, on passe à autre chose. Finalement, il n'y a pas eu d'embrouille, il n'y a pas eu d'esclandre. Ça, c'est plutôt bien terminé. On est content. Et une semaine plus tard, Alice vient passer une semaine de vacances dans le sud pour voir ma mère. Et on prend un café.
Et elle me dit, écoute, maman, ça ne va pas du tout. Elle pleure tous les jours. Je lui dis, ah bon, mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle a, quoi ? Elle me répond, tu sais très bien ce qu'elle a. Elle t'en a parlé, non ? Et je lui dis, ben non, je l'ai vu il y a une semaine, elle m'a raconté que je fixais Diego, mais c'est tout quoi. Et là, elle me dit, ben non, elle dit que t'étais amoureuse de lui, que tu le dragues.
Moi, j'explose de rire. Je me dis, mais elle n'a pas compris du tout l'histoire. Moi, je le fixe, c'est tout. Je suis dans mes pensées, je pose mon regard sur lui. Ça le gêne et voilà. Mais non, non, non, pas du tout. Tu n'as pas compris. Elle ne veut absolument pas dire ça. Et elle me dit...
écoute, je vais lui reposer la question, mais je t'assure que c'est ce qu'elle dit. En plus de ça, elle dit qu'elle te l'a dit droit dans les yeux et que vous avez eu une discussion là-dessus. Je lui dis, écoute, t'as mal compris. Mais je veux bien que tu leur demandes parce que je te promets que tu te trompes. Je rentre à la maison le soir.
Et je raconte ça à Gab, qui explose de rire aussi, qui lui dit « Non, mais elle n'a rien compris, ta copine. Pas du tout, pas du tout. » Et puis le lendemain, Alice m'appelle et elle me dit écoute, j'en ai parlé avec maman, je lui ai redemandé confirmation ou pas de l'histoire et elle m'a dit que si, tu le dragues, que si, t'es amoureuse de lui et que si, elle te l'a dit, droit dans les yeux.
avec Gab à table. Je n'arrive pas à croire que ma mère puisse penser que je veuille me taper son mec, disons les termes. Je panique, je ne comprends pas ce qui se passe. J'en parle avec Gab, qui lui tombe aussi de mille étages, qui appelle mon beau-père, qui lui dit « écoute, il y a un vrai problème ».
il faut absolument que tu règles ce problème, il faut que tu appelles Marie, qu'elle dit n'importe quoi, qu'elle est en train de faire du mal aux autres pour rien, il faut arranger les choses. Et là, mon beau-père lui répond, écoute, j'aimerais croire que cette histoire est fausse. Donc en plus de ça, je réalise qu'il ne prend pas mon parti. Et petit à petit, je réalise que personne ne prend vraiment mon parti. Ni mon beau-père, ni mes cousins-cousines, ni ma tante, ni même Alice.
Finalement. C'est pas que les gens la croient, c'est que personne ne veut tenter de se la mettre à dos. Tout le monde en a peur. Personne n'a envie d'essayer de quoi que ce soit qui n'avait pas dans son sens, de lui parler ou autre. Personne ne veut prendre ce risque-là, en fait, parce qu'elle fait peur. Et j'en parle avec Alice qui me dit « Écoute, moi, je te crois ».
Je ne crois pas du tout ce qu'elle raconte. Je n'ai jamais rien vu de déplacer de ta part. Je sais que c'est faux. Mais par contre, non, je n'irai pas lui parler. Non, je n'irai pas prendre ton parti parce que je veux préserver ma relation avec elle plus que tout. Je rentre à l'appartement, j'en parle avec Gab de la discussion que je viens d'avoir avec Alice.
¶ La Rupture Définitive et le Chemin de la Guérison
qui à la base me semble normal. Quand elle m'a dit ça, je me suis dit « Ouais, je comprends. Je comprends qu'elle ait envie de préserver sa relation avec ma mère. Je comprends que ça passe en premier. Et c'est pas mon rôle, et c'est pas à moi de lui dire ce qu'elle doit faire. » J'en parle avec Gab qui dit que c'est absolument pas normal et qu'elle devrait prendre mon parti, qu'elle devrait réagir, qu'elle ne devrait pas laisser cette histoire-là se faire.
Et c'est à ce moment-là que j'ai du coup une autre vision de la situation et que je réalise en effet que c'est vrai que quelqu'un pourrait prendre partie, quelqu'un pourrait peut-être dire quelque chose dans cette histoire. Je réalise aussi qu'il faut absolument qu'on s'en aille parce que la situation dans laquelle on est n'est plus du tout vivable, ça me détruit, ça nous détruit. C'est plus possible, il faut qu'on parte.
Quelques jours après, mon beau-père arrive dans le sud et je vais le voir et je lui dis comment tu peux répondre quand on te raconte que je suis amoureuse de Diego ? Comment tu peux répondre que... T'aimerais croire que cette histoire est fausse ? Comment est-ce que tu ne peux pas me croire ? Comment est-ce que tu ne peux pas être de mon côté ? Comment est-ce que tu ne peux pas en parler avec maman ?
Il change un peu son discours, il me dit qu'il me croit, mais qu'il lui en a parlé, mais que je la connais, que de toute façon, il ne peut pas lui faire entendre raison. Il lui en parle, mais il ne fait pas non plus des pieds et des mains pour qu'elle réalise quoi que ce soit et pour qu'elle arrête.
Moi, je suis complètement désarçonnée, je ne comprends pas ce qui se passe. Du coup, vraiment, du jour au lendemain, on décide de partir. On appelle un déménageur et on déménage toutes nos affaires dans la nuit. On prend le train pour retourner à Paris avec Gab et sur le chemin du retour, il prend mon téléphone et il écrit un texto à ma mère en mon nom, en lui disant en quelques lignes un peu ses quatre vérités et il lui envoie.
À partir de là, je l'ai bloqué de partout, de mon téléphone, de mes réseaux, de partout, partout, partout. pour ne plus avoir affaire à elle. C'est à ce moment-là que j'ai vraiment réalisé qu'il fallait que je coupe les ponts si je voulais pouvoir survivre, si je voulais pouvoir être heureuse. Toute cette période dans le sud me fait réaliser qu'il y a un vrai souci.
Le fait d'avoir Gab à mes côtés, je réalise que tout ce que je vis n'est pas normal, je réalise qu'il y a un vrai problème, qu'on est dans quelque chose de complètement toxique. Je réalise qu'à ce moment-là, que pendant ces huit mois passés dans le sud, qu'il y a un problème parce que Gab était là. que ça me détruit et qu'il faut que j'y mette un terme tout simplement. Je coupe les ponts avec absolument tout le monde parce que
J'estime que personne n'a pris mon parti, que je décide du coup de les mettre tous dans le même panier pour avancer. Je décide aussi de couper les points avec Alice, forcément. Un an et demi passe, et Alice m'envoie un message. Il me propose de me boire, de prendre un café. Je ne réponds pas. Elle m'en renvoie un, puis un autre. Elle essaie de m'appeler. Je ne réponds toujours pas, parce que moi, je suis ferme dans mon idée. Je ne veux reparler à...
plus personne de cette famille, plus personne de ce monde, de cet entourage, de tout ce que j'ai pu vivre. C'est un traumatisme trop grand. Je ne veux plus jamais avoir affaire à qui que ce soit. Plus jamais. Donc je ne lui réponds pas. Jusqu'au jour où elle m'envoie un énième message en s'excusant.
En me disant, écoute, je suis désolée, j'aurais dû être là pour toi, j'aurais dû dire quelque chose, j'aurais dû dire que je ne croyais pas à cette histoire, j'aurais dû faire quelque chose et je ne l'ai pas fait. Et je suis vraiment désolée.
Et c'est la première qui s'est excusée de ça. Je recevais des messages de mes cousins, mes cousines, mes tantes, mais personne ne s'est jamais excusée. Je me dis à ce moment-là, bon, ça vaut peut-être le coup de l'avoir, ça vaut peut-être le coup de lui accorder... Un café, ce qu'elle réalise finalement. Et du coup, on prend un café un soir de décembre. Et elle s'excuse aussi pendant ce café. On parle aussi de ma mère. Et je lui confie que je me suis souvent demandé si...
ma mère croyait aux mensonges qu'elle avait inventés, à savoir que j'étais amoureuse de son copain, ou si elle savait pertinemment qu'elle mentait et qu'elle faisait ça délibérément pour m'éloigner d'elle. Et à ça, Alice me répond qu'elle est... à l'heure d'aujourd'hui, toujours persuadée que je voulais draguer son mec. Elle n'a pas inventé cette histoire, ça s'est passé. C'est sa réalité.
Alice m'envoie un message pour me dire que ça lui a fait plaisir de me voir. Et je ne réponds pas. Parce que c'était bien de la voir, mais... Je ne suis pas prête du tout à renouer contact avec qui que ce soit qui fasse partie de ce monde-là, de près ou de loin. Ce n'est juste pas possible. Je sens, je sais que pour être juste heureuse...
J'ai besoin de n'avoir rien à voir avec ces gens-là. Aujourd'hui, ma mère vit toujours dans le sud. Elle est toujours avec Diego. Elle s'est mariée avec lui. J'ai appris tout ça par des gens. qui la connaissent et qui m'en ont parlé. J'ai toujours pas de relation avec elle, ça fait trois ans et demi. Elle a jamais essayé non plus de renouer contact, elle m'a pas appelée pour mes 30 ans, elle m'a pas dit quand mon grand-père est mort, elle m'a pas non plus annoncé son mariage.
Je n'ai pas eu de nouvelles, je n'en veux pas et je n'ai pas non plus essayé d'en avoir. Elle dit que c'est moi qui ai décidé de couper les ponts, qu'elle ne comprend pas trop pourquoi, mais que oui, oui, j'ai voulu draguer son mec. Et Alice, pareil, pas de nouvelles. Je n'ai pas repris contact avec ces gens-là. Je n'ai pas eu envie. Alice et ma mère se voient toujours, ont toujours ce rapport de mère et de fille. Ça, ça ne bouge pas.
Avec du recul, je ne suis pas sûre qu'elle ait fait une adoption vraiment légale au sens propre du terme parce que j'ai lu qu'il fallait demander des autorisations, qu'il fallait que les enfants soient d'accord, signent des papiers, chose que je n'ai jamais faite. ça ne change rien du tout à l'histoire ça ne change rien à tout ce qu'elle m'a fait subir à tous les traumas que j'ai eu pendant mon enfance avec Alice
C'est difficile de savoir qui on est en fait quand tu vis avec une mère comme ça. C'est pas facile aussi d'en sortir, c'est pas facile aussi de se rendre compte de tout ça, c'est pas facile de réaliser qu'il y a un problème. Quand t'es petit, quand t'es ado, tu ne vois que ça. C'est la seule éducation que tu connais. C'est la seule qui est vraie pour toi. Ça prend énormément de temps. Je pense que si Gab n'avait pas été là, je ne l'aurais peut-être même pas réalisé encore aujourd'hui.
J'ai été hyper soutenue, hyper épaulée, hyper écoutée, hyper comprise, hyper entourée. C'était important, ce passage de ma vie dans le Sud. Ça a été... Hyper difficile, évidemment. Ça a aussi détruit ma relation avec Gabriel. Aujourd'hui, on n'est clairement plus ensemble en partie à cause de ça. Mais c'était, je pense, un passage obligé pour pouvoir... avancer et évoluer dans une vie saine. Évidemment, aujourd'hui, je ne suis pas tout à fait guérie de cette histoire.
Je pense que c'est quelque chose qui prend beaucoup de temps. Quand tu vis une relation hyper toxique au sein de ta famille, extrêmement proche, c'est difficile de s'en détacher totalement, puis ensuite de se reconstruire. C'est un chemin qui est long, mais qui, je pense, est nécessaire. Et je pense que c'est important de prendre conscience que...
Ça existe vraiment d'avoir ce genre de relation au sein d'une famille, avec son père, avec sa mère. C'est des choses qui arrivent à beaucoup de gens, en vrai. On en parle peu parce que c'est un sujet assez tabou, assez controversé, surtout quand ça vient de ma mère. Et je pense que quand on s'en rend compte, si on a la chance de ne s'en rendre compte pas trop tard...
Si on ne se sent capable soit de ne plus du tout être touché par les comportements toxiques de son parent, c'est génial. Mais si on ne s'en sent pas capable, il ne faut pas hésiter à s'éloigner. Vraiment. C'est assez direct et tranché comme décision, mais en tout cas, en ce qui me concerne, c'était la seule qui s'imposait à moi.
Sous-titrage Société Radio-Canada Chargée de production Astrid Verdun Chargée de post-production Johanna Lalonde Prise de son Mona Delahaye L'introduction est écrite par Sarah Koskiewicz et Benjamin Septemours Elle est lue par Aurélie Rodriguez. Retrouvez Transfert tous les jeudis sur slate.fr et sur votre application d'écoute préférée. Découvrez aussi Transfer Club, l'offre premium de transfert. Trois fois par mois,
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