¶ Le Rêve de l'Ironman
C'est un petit boxeur inconnu. ridiculisé par ses pairs en salle d'entraînement et qui ne gagne que quelques dizaines de dollars par match. Personne ne mise sur lui, même pas son entraîneur. Et quand le champion du monde des poids lourds, Apollo Creed, le met au défi de l'affronter… Rocky Balboa saute sur l'occasion d'accomplir son rêve américain. Mark aime les défis. Il aime se surpasser dans le sport, la course, le vélo. Alors c'est comme une évidence.
Il va tenter l'Ironman de Nice, un triathlon de 226 kilomètres. Le plus important, c'est la préparation physique et la préparation mentale. Mais quand la vie flanche alors qu'on fait tout pour garder le cap… Il faut savoir trouver en soi des ressources insoupçonnées. Vous écoutez Transfert. Ce témoignage a été recueilli par Sarah Amny.
Mon enfance se déroule dans le nord. Je vis essentiellement avec ma mère et mon frère jumeau, étant donné que mes parents se sont divorcés depuis que j'ai deux ans et demi. La relation avec ma maman se passe très bien. On a une relation très fusionnelle et très proche. La relation que j'ai avec mon frère Jumeau, on est très proche.
On a les mêmes amis, on va à l'école au même endroit, on a les mêmes passions. Du coup, on fait un peu tout ensemble et on a vraiment une relation de frères jumeaux qui est très proche et très cool d'avoir. La place de mon papa dans ma vie est assez lointaine, dans le sens où je ne vis qu'avec ma mère et mon frère. Lui ne vit pas dans la même région, il vit en région parisienne.
On le voit un week-end, un week-end sur deux, ça varie des moments. On l'a régulièrement au téléphone, mais la relation reste beaucoup moins forte et beaucoup moins fusionnelle que celle que je peux avoir avec ma mère. Quand j'ai 8 ans avec mon père, on... On fait pas mal de sport quand on se voit.
C'est quelque chose qui lui tient à cœur. Lui, il est très sportif. Il aime bien m'emmener avec lui, avec mon frère. Durant les week-ends où il vient, c'est vraiment la chose que l'on peut partager à trois ensemble. Quand je cours avec mon père, c'est assez compliqué. Il faut se lever tôt. Courir, ce n'est pas forcément une passion. J'ai du mal à me motiver à y aller. J'y vais vraiment à reculons.
Un week-end où je voulais absolument pas y aller. Je vais voir ma mère en pleurs pour ne vraiment pas aller courir, parce que j'en ai pas envie. C'est beaucoup de kilomètres, il fait froid, il pleut. Mon père est pas forcément... tendre avec nous dans ces moments-là. On se fait plus crier dessus si on n'arrive pas à le suivre. C'est pas un sport agréable et ludique. C'est vraiment difficile.
J'aime petit à petit courir avec mon père, repousser mes limites, me pousser à aller fort. Dans la course à pied, ce que j'aime de plus en plus, c'est pouvoir se déconnecter de ce qu'il y a autour. Et à la fin, il y a toujours ce sentiment. de fierté et d'accomplissement dès qu'on a terminé. Quand je suis au collège, je tombe par hasard sur un film à la télé. C'est de toutes nos forces.
C'est l'histoire d'un enfant tétraplégique et d'un père qui décide de réaliser ensemble un Ironman, l'Ironman de Nice. L'Ironman, c'est un triathlon qui consiste à... à enchaîner du coup 3,8 km de nage, 180 km de vélo et de finir par un marathon. Il faut le terminer en moins de 16 heures si l'on souhaite devenir finisher.
Ce qui est magnifique dans ce film, c'est que le père et le fils arrivent à réaliser ce triathlon à la fin. Je ressens beaucoup de frissons. Je suis beaucoup touché par cette histoire. Je vois énormément de dépassements de soi. que ce soit du père ou du fils. Et la fierté qu'ils ont pu avoir ensemble sur la ligne d'arrivée, ce moment de partage, des proches qui communient un petit peu ensemble cette victoire.
¶ Sport, Amour et Premiers Objectifs
J'ai vraiment trouvé ça très beau. Quelques années plus tard, quand j'arrive au lycée, le sport prend une grande place dans ma vie. J'entre dans une section sportive. J'ai trois après-midi qui sont consacrés au sport. J'ai tout le mardi après-midi, j'ai une session de 4 heures qui nous est destinée à faire du sport, ainsi que le mercredi après-midi et le jeudi en soirée. Et le week-end, du coup, peuvent se dérouler quelques compétitions.
À côté de cette section sportive, je cours quand même régulièrement avec mon frère et on fait toujours des courses sportives ensemble, type 5 km ou 10, où à chaque fois on se challenge et ça nous permet... d'essayer de battre l'autre. C'est des défis que l'on se met ensemble et c'est jamais malsain. C'est quelque chose où on peut se charrier facilement et rigoler ensemble. C'est très bon enfant.
On se lance en objectif, c'est de réaliser et terminer un Iron Man. Je choisis l'Iron Man parce que c'est le premier triathlon que j'ai connu, celui que j'ai découvert dans le film que j'ai vu de toutes nos forces. J'ai envie de faire ça avec mon frère parce que dans notre relation, le sport a une place très importante. C'est un mot qui me parle, qui est significatif.
partager quelque chose avec son frère jumeau, surtout sur ce genre de distance où on repousse nos limites, où on doit se motiver l'un et l'autre. Ce serait un plaisir de partager ça avec lui. Au lycée, je rencontre une fille, elle s'appelle Louise. Je la rencontre au sein de ma section sportive. On met quelques temps à se parler. Au bout de quelques mois, on se rapproche de plus en plus dans la section et en dehors du lycée. Et on finit par se mettre ensemble.
La relation se passe très bien avec Louise. On a une relation très saine, on fait partie de la même section sportive, donc ça nous permet de faire du sport ensemble, de partager des activités ensemble. Je me sens très bien, je découvre un petit peu... Ce qu'est l'amour, c'est partager des choses avec une autre personne. Étant donné que c'est ma première relation, je tombe amoureux assez rapidement de cette fille.
À la fin du lycée, j'obtiens mon bac. Je me dirige vers des études tournées vers le commerce. Nous faisons tous les deux nos études de notre côté. J'arrive à l'avoir le week-end de temps en temps en semaine. C'est un soutien pour moi, je suis un soutien pour elle dans ses études. Ça fait quelques années que nous sommes ensemble. La relation ne se dégrade absolument pas et se passe très bien.
Je cours de plus en plus. J'augmente aussi naturellement les distances. Avant, je faisais plus du 100 km. Maintenant, je m'oriente vers du 10 km où j'essaye... de faire le meilleur temps possible à chaque fois. Je découvre aussi ce qu'est le trail, le sport. où il y a des distances un petit peu plus fortes et où on souffre un peu plus sur la course. Et c'est quelque chose qui me plaît sur ce genre de course. En 2022, je suis en master de management.
¶ La Césure et la Rupture
et je décide de faire une césure pour réaliser l'Ironman de Nice. C'est le moment qui me semble le plus logique et le plus simple pour réaliser ce triathlon, étant donné que ma copine habite Grenoble. C'est une ville qui est selon moi faite pour le sport.
Il y a un environnement qui permet aussi de faire beaucoup de vélos, donc c'est très agréable. Mon père habite dans les Vosges, au milieu des montagnes, donc pour les vélos, il n'y a rien de mieux pour moi. Et mes grands-parents habitent aussi Nice. Nice est le lieu où va se dérouler l'Ironman. Toute cette multitude de villes que j'ai à disposition à ce moment-là me fait vraiment dire que c'est le moment pour m'entraîner.
Le projet de base, c'était de réaliser un Ironman avec mon frère. Mais malheureusement pour lui, ce n'est pas le moment. Il est en plein dans son alternance. Il n'a pas le temps de s'entraîner. C'est un projet qui l'intéresse toujours. Mais là, à ce moment-là, moi, je suis prêt. Tout se groupit parfaitement bien. Et du coup, je décide de me lancer seul dans ce projet dans un premier temps. Et je sais très bien que j'aurai l'occasion plus tard de le réaliser avec mon frère.
En septembre, l'Iron Man se déroulera fin juin. J'ai pour objectif de trouver un travail en mi-temps durant les premiers mois. Jusque décembre environ, pour pouvoir faire du sport toujours sur le côté, avoir un rythme de vie, gagner un petit peu d'argent pour pouvoir financer ce triathlon. Et la deuxième partie de l'année, c'est de vraiment me concentrer sur le triathlon, de partir beaucoup dans les Vosges, sur Grenoble, à Nice, histoire de vraiment être sur le terrain et vraiment m'entraîner.
Je ressens du stress, mais beaucoup d'excitation face à ce projet. Je me projette déjà comme finisseur. Il n'y a aucune raison pour laquelle je n'arriverai pas au bout. C'est quelque chose qui, pour moi, est réalisable. Je ne suis absolument pas défaitiste sur ce projet. Je décide de partir... durant deux semaines, de faire une semaine à Grenoble, histoire de commencer à faire un petit peu de sport et ensuite de me rendre sur Nice et un petit peu évaluer mon niveau et ce que je vaux.
Quand j'arrive à Grenoble chez ma copine, ça se passe très très bien. Au niveau de la course à pied, de la natation, j'ai des bonnes sensations. Je fais plusieurs entraînements et je me sens très motivé. Cette semaine avec ma copine se passe très bien. Je découvre son nouvel environnement étant donné que maintenant elle vient d'intégrer une colocation. Je découvre ses nouveaux amis que je n'avais pas encore eu l'occasion de rencontrer et ça se passe plutôt bien.
À la fin de cette semaine, je décide de continuer mes entraînements, mais dans une autre ville. Je pars à Nice, chez mes grands-parents. Je commence ma deuxième semaine d'entraînement. Je suis sur la même dynamique. Je cours régulièrement. On est seulement au début. Je ne fais pas d'entraînement très intensif. J'écoute vraiment mon corps. Je ne veux pas me blesser dès le début.
Quand je suis sur Nice durant cette semaine d'entraînement, je reçois un message de ma copine m'annonçant qu'elle a des doutes sur ce qu'elle ressent. qu'elle a des doutes sur ce qu'elle veut pour l'avenir. Je ressens qu'elle a besoin de prendre du temps pour elle, qu'elle se pose énormément de questions. Et elle me demande que je lui laisse du temps pour réfléchir. Quand je reçois ce message, je ne m'y attendais pas du tout.
Dans la relation, je me sentais très bien. Je n'ai absolument pas vu venir ce message ou même pouvoir anticiper ça. Pour moi, la relation se passait très bien et je me voyais sur du long terme avec cette fille. Je me retrouve un petit peu isolé de tout, dans une ville où je ne connais personne. Dans ma tête, j'ai besoin de réponses, d'essayer de comprendre. C'est vraiment difficile. Au bout de ces quelques jours de réflexion...
Elle m'annonce encore une fois au téléphone qu'elle souhaite mettre fin à notre relation. Je ressens énormément de tristesse. En une semaine, un peu tout a basculé. C'était mon premier amour depuis que j'avais 18 ans, jusqu'à aujourd'hui, mes 23 ans, elle m'a accompagné dans ma vie. C'est un peu comme si tout s'effondrait.
¶ La Spirale Descendante
Je ne me sens pas capable de rester sur Nice, d'être l'un de mes amis. J'ai besoin de soutien dans cette période. J'ai dit ici directement de rentrer. Quand je rentre dans le Nord, je n'ai plus l'envie de faire du sport. J'ai besoin de m'évader, j'ai juste besoin de penser à autre chose. Donc je commence à sortir régulièrement. Je bois de plus en plus. Je commence aussi à devenir un fumeur. Je fume...
Je fume de plus en plus de cannabis. Ça me permet tout simplement de penser à autre chose. Ça m'aide aussi à m'endormir et ça me permet de ne pas réfléchir à tout ce qui me rend malheureux. Le sport, là, il... Il disparaît petit à petit de mon quotidien. C'est vraiment pas quelque chose qui me préoccupe et je diminue totalement mes entraînements.
Je sais que j'ai besoin de prendre du temps pour moi sur cette période, que j'ai besoin de penser à autre chose. Je prends juste du temps pour essayer de m'en sortir et je sais qu'il me reste beaucoup de temps pour m'entraîner, donc ça ne m'inquiète pas beaucoup. Je commence un emploi étudiant où je fais des livraisons où je fais 15-20 heures par semaine.
Au bout d'un mois, ça évolue. Mon travail en mi-temps se transforme en plein temps et je fais quasiment des journées entières là-bas. À côté de ça, mon rythme de vie ne change pas beaucoup. Je sors toujours autant, je fume de plus en plus et je bois aussi souvent en soirée et toujours pas de soir. Je pense toujours à ma rupture, mais j'en parle...
Pas à mon entourage. Je garde tout pour moi. Je me sens très malheureux. Je me renferme beaucoup sur moi-même. Je préfère dire à mon entourage et à mes proches que ça va. Je préfère paraître fort. J'ai pas envie de leur montrer des faiblesses sur ma personnalité. Je me sens pas légitime d'être malheureux non plus, parce que ça n'est qu'une rupture. Il y a d'autres choses bien plus dures que d'autres personnes connaissent.
J'ai juste envie de chasser un petit peu toutes ces émotions. À partir du mois de décembre, je vois que je n'arrive toujours pas à m'entraîner. Je décide de me motiver. et d'essayer de reprendre un bon rythme de vie, de reprendre les entraînements, de me reconcentrer sur mon objectif. Et donc, je décide d'arrêter de travailler. Je n'arrive pas à me motiver à reprendre le sport.
Je n'ai pas la motivation pour sortir, pour bouger de chez moi. Je tombe dans un épisode dépressif. Je fume de plus en plus. Dès que je me réveille, je fume pour me rendormir ou pour penser à autre chose. Je me renferme encore plus sur moi-même. Je n'ai plus envie de rien. Je mange très peu. Je perds beaucoup de poids. Je reste beaucoup dans ma chambre la journée.
¶ Demander de l'Aide
Je ne sors pas, je me renferme sur moi-même, je ne me reconnais pas du tout. J'habite chez ma mère et notre relation est de plus en plus conflictuelle par le fait qu'elle me voit rester dans ma chambre toute la journée, de ne rien faire, de ne pas me bouger. Et du coup, à l'issue d'une de ces disputes, je me décide de me livrer à elle et de lui annoncer que je ne vais pas bien du tout, que je n'arrive plus à me motiver à faire du sport, que ma rupture me fait beaucoup de mal.
Et je lui annonce aussi par la même occasion que je fume de manière quotidienne. Ça me fait du bien dans le sens où je me sens moins seul. Ça me soulage quand même beaucoup. Ça me donne de l'espoir sur le fait d'aller mieux. Ça me permet d'essayer de m'en sortir sur le cannabis. Ça me permet du coup de me restreindre. Je ne peux plus forcément me cacher. Elle est beaucoup plus attentif à ça. Je n'ai pas envie de la décevoir.
c'est un moyen pour moi de me sortir de cette addiction. Je me mets à courir, à reprendre le sport progressivement. Mais malheureusement, mon hygiène de vie n'est toujours pas adéquate. Je fume toujours de temps en temps du cannabis. Je n'arrive pas réellement à me mettre à 200% sur mon objectif.
¶ Reprendre l'Entraînement Difficilement
L'objectif, c'est vraiment de me remettre à fond dans le sport, de rattraper tout mon retard. Dans deux mois, c'est la compétition et je ne suis absolument pas prêt. Je n'ai absolument pas fait ce que je voulais en termes d'entraînement. et aussi de me concentrer à fond sur le vélo, qui est l'épreuve qui me fait vraiment peur. Je n'ai toujours pas fait de dénivelé. Durant l'épreuve de l'Ironman, je devrais faire une étape de montagne. Il faut absolument que je m'entraîne.
sur du dénivelé et que je fasse un maximum de sport. Le premier entraînement dans les Vosges où je fais du dénivelé est très difficile. C'est très très dur. Je suis dans le rouge quasiment durant toute la montée. Je suis obligé de faire des pauses et je me demande vraiment comment ça va être possible de faire 180 km de vélo avec plus de 2000 mètres de dénivelé et que j'ai tout simplement plus de force.
Je commence à douter un petit peu parce que je ne suis pas du tout prêt et que ça va être très très dur. Mais je reste quand même motivé à essayer de m'entraîner, de repartir le lendemain sur mon vélo et d'essayer d'y arriver. Ma rupture est moins dans ma tête. J'ai vraiment comme objectif l'Ironman. C'est en second plan et ça occupe beaucoup moins mes pensées. Là, on arrive à la fin de mon séjour dans les Vosges.
Je suis content parce que je sens qu'il y a une vraie progression sur le vélo. J'arrive à faire beaucoup plus de dénivelé. L'effort est beaucoup plus supportable. Je sens que je m'améliore, que ça devient possible. Et ça me motive encore plus à doubler d'efforts sur la fin.
¶ Les Dernières Préparations à Nice
Là, il nous reste un petit mois avant l'Ironman et je décide de me rendre sur Nice pour être sur place et pour pouvoir vraiment mettre toutes les chances de mon côté. J'ai confiance en moi, je sais que je vais tout donner et que ça va beaucoup se jouer dans la tête et que maintenant, il me suffit juste de doubler mes entraînements, de doubler mes séances, donc j'ai de l'espoir. Mes journées à Nice sont très intensives. Je me lève le matin, je vais nager soit à la piscine, soit dans la mer.
Je rentre le midi, je me repose un petit peu et l'après-midi, j'enchaîne soit avec un grand entraînement de vélo, soit avec un grand entraînement de course à pied. Ma journée n'est rythmée qu'à mes entraînements sportifs. Et j'essaye de dormir minimum 8 heures. Je bois énormément d'eau. Je diminue beaucoup mes temps d'écran. Je lis le livre de Kylian Jornet à ce moment-là. Le livre s'appelle « Courir ou mourir ».
C'est un livre sur le dépassement de soi. Il raconte tous ses objectifs sportifs. C'est très inspirant et motivant de lire ce livre. Plus les jours approchent, plus je suis en confiance. Je me rends aussi sur le parcours. Je fais les passages les plus compliqués en termes de dénivelé sur lesquels je ne bloque pas. Ça me paraît même moins dur que mes premiers entraînements dans les Vosges. Donc je prends de plus en plus confiance.
Ma mère arrive quelques jours avant l'épreuve de l'Ironman sur Nice pour me soutenir. C'est un soutien très important, ça me permet de décompresser, ça me fait beaucoup de bien. La veille de l'Ironman, je ressens énormément d'excitation. La ville de Nice est envahie par cet événement. On est plus de 2000 participants. Il y a un village athlète. Et voir le podium construit, voir la ligne d'arrivée, voir toutes les infrastructures, voir toute cette ambiance.
J'ai très envie de franchir cette ligne d'arrivée, d'arriver au bout de ce projet qui m'a paru quand même si long. Et du coup, je suis très motivé, je suis confiant et j'y crois.
¶ Le Jour J : La Course Démarre
Le jour J, je suis stressé. Le matin de l'épreuve, j'ai vraiment besoin d'être dans ma bulle et d'être tout seul. Je me rends à l'épreuve tout seul, sans mon entourage. Ils prennent une route différente. Moi, je suis dans ma bulle avec mes écouteurs et ma playlist. J'écoute des musiques... qui me permettent d'être réellement dans une bonne énergie pour ce début d'épreuve. Et j'essaye vraiment de rester concentré parce que je n'ai pas le droit à l'erreur. Le départ est à 7h30.
Je commence avec la première épreuve, c'est la natation. J'ai des très bonnes sensations. J'essaye d'économiser un maximum mes jambes pour pouvoir garder de la force pour le vélo et la course à pied qui arrive juste après. Je termine la natation en 1h20. Je m'attendais à faire beaucoup plus, donc je suis assez surpris et assez fier pour ce début d'épreuve. Ensuite, je change d'équipement.
Je me dirige vers la seconde épreuve qui est le vélo. C'est l'épreuve que je redoute le plus. J'ai peur de ne pas aller au bout. J'ai peur de ne pas réussir à faire le dénivelé prévu. Mais le vélo se passe très bien aussi. J'ai des très bonnes sensations au départ. J'ai une belle allure. Je ne suis absolument pas dans le rouge. À la fin du premier tir de l'épreuve, j'ai même tellement des bonnes sensations que je me mets à accélérer. J'arrive à un point où il me reste du plat et de la descente.
L'épreuve se termine. Ça fait plus de 7h40 que je suis sur mon vélo. Je commence à ne plus en pouvoir. Ma position sur le vélo devient de plus en plus compliquée. Je suis obligé de rester debout sur la fin. Mais dans l'ensemble, je me sens bien. Maintenant, j'arrive sur la course à pied.
¶ Le Marathon et le Dépassement
C'est l'épreuve qui me fait le moins peur. Je sais que sur ce sport, je peux repousser mes limites un maximum. Et ça me motive encore plus à... à doubler d'efforts sur la fin. C'est parti, on commence le marathon. Les 10 premiers kilomètres se passent très bien. C'est le moment où je vois tous les spectateurs. C'est vraiment l'image que je m'étais faite de l'Ironman. Je revois mes proches, ma famille, mon frère. Il y a une ambiance exceptionnelle. Je profite vraiment de cette épreuve d'Ironman.
Au bout du dixième kilomètre, je craque totalement. Je n'arrive plus à m'hydrater, je n'arrive plus à manger. Ça devient très dur physiquement. C'est très dur à encaisser. Je tombe en pleurs quand je croise mon frère. Et là, je sais que ça va être juste avec ma tête que je vais devoir finir et que ça sera juste repousser mes limites de plus en plus.
Donc là, on arrive aux cinq derniers kilomètres. Mes proches sont déjà partis dans les gradins sur la ligne d'arrivée. Donc je sais qu'ils m'attendent. Je sais que c'est quasiment fini, que je suis à quelques instants de réaliser cet objectif. Je donne tout ce qui me reste. J'essaye de repousser encore plus mes limites. Et là, je reprends un rythme de course que j'avais perdu depuis plusieurs kilomètres. J'accélère beaucoup.
Et j'arrive même à sprinter sur la ligne d'arrivée et j'arrive du coup à franchir cette ligne. Je termine mon Ironman en 14h15. J'attends qu'une chose, c'est de croiser... le regard de mes proches et d'aller les voir. Donc une fois que je les vois, je me dirige tout de suite vers eux et je m'effondre en pleurs. toute la fierté, tout l'épuisement qui est venu durant cette épreuve. Et là, je lâche prise totalement.
¶ La Médaille de Finisher
Je suis dans un état second, j'ai beaucoup d'émotions, mais j'ai du mal à comprendre réellement que c'est terminé. Je suis un petit peu perdu quand même à la fin de la course. On me donne ma médaille. Donc elle est très grande, très jolie, très imposante. J'ai beaucoup de fierté quand je vois cette médaille. Il y a l'intitulé de l'Iron Man, le lieu, l'année et le logo de l'Iron Man aussi.
Et à l'arrière, il y a mon nom avec mes temps qui sont gravés. Elle est très significative. Aujourd'hui, cette médaille se trouve accrochée sur un mur dans ma chambre. Je l'ai accrochée dans ma chambre pour ne pas la laisser dans un tiroir. Je vais pouvoir la voir et me rappeler cette période. Je vais pouvoir me souvenir...
des étapes par lesquelles je suis passé pour en arriver là. Je suis content de l'avoir et de me rappeler que j'ai réussi à réaliser mon rêve que j'avais depuis le collège. C'est quelque chose qui a beaucoup de sens. Je suis très fier. Je trouvais ça important de l'avoir auprès de moi. Sous-titrage ST' 501 Chargée de production Astrid Verdun. Chargée de post-production Mona Delahaye. L'introduction est écrite par Sarah Koskiewicz et Benjamin Septemours. Elle est lue par Aurélie Rodriguez.
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