¶ Intro / Opening
Sens de la visite. Le monde de l'art dans vos oreilles. Saison 6. Épisode 63. Sur les pas de Johan Miro en Catalogne.
¶ Joan Miró: Artiste et Catalan
Parce qu'il est l'un des artistes qui ont marqué le 20e siècle, et parce qu'il nous semblait, aussi, ne pas si bien le connaître que ça, nous sommes allés passer quelques jours en Catalogne, sur les pas de Joan Miró. C'est là qu'il est né, qu'il est devenu artiste.
et qu'il revenait toujours pour créer. De son entrée à l'École des Beaux-Arts de Barcelone en 1911 jusqu'à sa mort en 1983, Mirou n'a jamais cessé de jouer avec les couleurs, les signes et les formes pour créer son propre langage visuel. reconnaissable entre mille, un vocabulaire aux frontières de l'abstraction, du surréalisme et de la poésie picturale. Mais à la différence de Dali et Picasso, malgré sa renommée mondiale, il est toujours resté un homme simple, attachant.
amoureux de la nature et très attaché à sa terre. Alors pour mieux cerner la personnalité de Johan et comprendre l'œuvre de Miro, nous avons traversé les Pyrénées à la découverte de trois lieux essentiels dans son parcours. Le centre historique de Barcelone, qu'il a vu naître et grandir. La ferme familiale, le Mas Miro, au cœur de la campagne catalane. Et la fondation Miro, sur les hauteurs de Barcelone, qu'il a créée pour offrir à la ville un lieu d'exposition et de création.
C'était un peintre très méthodique. On ne dirait jamais quand on voit les tableaux, mais pour arriver à cette simplicité, il faisait beaucoup, beaucoup d'esquisses avant de peindre. Il réfléchit beaucoup et il laissait le tableau dans son atelier et il revenait après, toujours. Merci Sabartès, responsable des publics à la Fondation Miro.
Lui, il a commencé, comme tout le monde en fait, en cherchant son chemin. Il a été influencé par des phobistes, par des surréalistes, par beaucoup de gens. Mais il a créé son propre langage. Ce qui fait que le tableau de Miro soit si reconnaissable. Et ça fait de lui un peintre très intéressant à étudier et à connaître, je crois. Mais je travaille ici.
Vous n'êtes pas très objective. C'est ça. Je l'ai vu beaucoup, je l'ai étudié, donc j'aime beaucoup. Il a vraiment souffert beaucoup pour devenir un artiste. Il a fallu qu'il soit tombé malade, qu'il allait à la maison que ses parents avaient à la campagne. Et de là, il a eu la force d'écrire une lettre à ses parents en disant « j'ai décidé ».
Je veux être artiste. Et de ce moment-là, je quitte toutes les autres choses pour devenir un artiste. Alors il dit toujours que c'est dans ses maisons de campagne à Montreux-el-Cham. Tout ce travail était conçu là, à Miro, parce qu'il était quelqu'un de très attaché à la terre. Il disait que pour être universel, il fallait avoir les racines au fond de la terre.
Et c'est ça, c'était la terre qui lui donnait la force pour créer des tableaux, des sculptures, des textiles. Peut-être aujourd'hui, il ferait des podcasts.
¶ Barcelone: Berceau et Fondation Miró
On va passer par la rue Cambys-Welves. C'est un tout petit ruel dans le district très très connu de Barcelone qui s'appelle Alborn. Alvorn appartient au district de la ville ancienne de Barcelone. En fait, Juan Miro, quand il habitait à Barcelone, c'est le parcours qu'il faisait, parce que c'était le quartier où il habitait. Avec notre guide, Anna Pernamier.
on commence la découverte de la vieille ville de Barcelone. Au milieu des passages couverts et des petites rues étroites, c'est ici que Miro a vu le jour, entre le port de la ville et les célèbres remblasses. On va traverser la rue, le plus important de ces quartiers, parce que c'est l'annexe de l'union entre les nouveaux quartiers de l'Echample avec le port de Barcelone, qui s'appelle Via Laietana. Aujourd'hui, Miro.
Il représente quoi pour les gens de Barcelone ? Aujourd'hui, Miro, il représente un artiste du siècle 21. Il a été si déruptif, si contemporain, si moderne, même si Picasso ou Matisse, il est un artiste du 20ème siècle. Miro a fait un pas en avant, plus en avant que Pablo Picasso et Matisse, par exemple. avec son art surréaliste et les différents symboles. Et en fait, il a décidé de créer un centre d'art à Barcelone.
C'est qu'on connaît comme la Fundació Miró, mais en fait c'est un centre d'estudis d'art contemporain, c'est-à-dire qu'ils disaient que c'était comme un livre où ils écrivaient la première page. Les autres pages devraient être créées et dessinées par d'autres artistes contemporains. C'est un geste très généreux. de penser à faire un projet comme ça, pour la ville de Barcelone et pour l'art contemporain en général. Allez, on va continuer.
L'objectif de la Fondation Miro aujourd'hui est de respecter la volonté de Joan Miro qui a écrit très clairement ce qu'il voulait de la Fondation. Il ne voulait pas que ce soit un monument à son nom. Ils voulaient que la Fondation soit une place très, très, très vivante, attentive à l'art du moment. Et c'est pour ça qu'on a la collection, évidemment, mais on organise des expositions temporaires.
Et on a une salle spécialement dédiée aux artistes émergents pour lui donner la possibilité de faire sa première exposition. Et encore aujourd'hui, 50 ans après son ouverture, La fondation permet toujours de découvrir à la fois la plus grande collection au monde d'œuvres de Miro, mais aussi des espaces dédiés aux jeunes créateurs. Une aide bien précieuse quand on débute.
loin des critiques et des moqueries que Miro, lui, a reçu, jeune artiste, en 1918, lorsqu'il montre pour la première fois ses œuvres dans une galerie d'art de Barcelone. Une blessure si profonde qu'elle le poussera à quitter sa ville pour Paris. où il sera rapidement reconnu comme un artiste majeur. En 1975, quand la Fondation est ouverte, il n'y avait pas de centre d'art contemporain en Espagne.
parce qu'on était enfermés à cause du régime fasciste. Et alors Miro, il a voulu que les jeunes de Barcelone ont les privilèges de connaître ce qui s'est passé de l'autre côté du Pyrénées. Et c'est pour ça qu'il voulait offrir ce bâtiment et son travail pour aider à la Fondation, parce qu'à la fin, les visiteurs, surtout, viennent pour Miro.
mais il découvre autre chose. Et c'est pour ça qu'il n'a pas voulu faire un vernissage, parce que Franco était encore vivant et il ne voulait pas fêter avec des autorités fascistes. Alors on attend Yona au juin de 1976, c'est le moment où il a eu l'ouverture officielle de la Fondation Franco, elle était déjà morte. Et je crois que la Fondation, c'est une place que les gens reconnaissent comme un symbole, un symbole de cette liberté qu'on cherchait à l'époque.
et en référent pour l'art contemporain en Espagne, même si maintenant il y a beaucoup d'autres places pour voir l'art contemporain en Espagne. On voit beaucoup de bâtiments ici, avec cette construction de style plus néoclassique. On arrive maintenant devant le numéro 4 du passage d'El Crédit. C'est ici.
en plein cœur de Barcelone, qu'est né le 20 avril 1893 le petit Joan Miró. Une maison d'enfance qui deviendra après 1940 son atelier barcelonais, mais qu'il quittera ensuite pour la lumière de Palma de Mallorque. C'est ce qu'on appelle un passage pour passer d'une rue à l'autre. La rue à Ferran et la rue de Saint-Miquel. C'est beau, non ? Il y a de la lumière mais en même temps cette umbrelle un peu plus fraîche et ça donne un peu plus d'intimité et on n'entend pas le trafic ou les voitures.
parce que c'est intérieur. On va voir une plaque qui nous rappelle qu'il a vécu ici jusqu'à lui, il a décidé de vendre la maison. et de s'installer à Palma de Mallorca. Pendant la guerre, il a vécu à Paris et après à Normandie. avec sa femme et sa petite fille Dolos. Et après, en 1940, il est retourné à Barcelone. Il n'était pas d'accord avec le régime dictatorial du Franco.
En fait, il a créé, il a peint beaucoup ici. C'est sa maison, mais aussi son atelier. Ça, c'est important à dire. Et quand il a eu l'opportunité de vendre tous les vâtiments...
¶ Le Mas Miró: Inspiration Profonde
il est parti à Palma. L'autre lieu essentiel, et peut-être même le plus important dans la vie de Johan Miro, C'est Mont Roche del Camp. Dans ce petit village, à une centaine de kilomètres de Barcelone, sur la Costa Dorada, se trouve la ferme familiale qu'il ne quittera jamais. Ici, au milieu des oliviers et des canoubiers,
Il est véritablement né en tant qu'artiste. Il dira d'ailleurs « Toute mon œuvre a été conçue à Montreuth. » Le lieu s'appelle aujourd'hui le Mas Miro et il accueille les visiteurs curieux de découvrir l'univers de l'artiste, à Nakata. médiatrice sur place, nous a fait la visite. Ici, c'est une maison de la campagne, mais avec ce style colonial, parce que c'est une maison qui appartenait au marquise de Montroch.
C'est une personne du village. Il est allé faire les Américains et quand il est revenu, il a fait la construction de cette maison, comme une masia catalana qu'on dit. Ses parents ont acheté cette maison en 1911. Miro, à cette époque-là, il avait 17-18 ans et c'est la première fois qu'il arrivera ici. Mais pour Miro, c'était très important ce lieu. C'est pour ça qu'il habitait à Barcelone ou à Paris, ça dépend, et après à l'île de Majorca. Mais tous les étés, il est venu ici.
de 1911 jusqu'à la dernière année, que c'est en 1976. Et c'est ce calme de la campagne qu'il avait besoin pour travailler, pour s'inspirer et généralement... Pendant l'été, il venait ici pour travailler. Pendant l'hiver, il restait à Barcelone, il restait à Paris. Il connaissait beaucoup de gens, il faisait des expositions, mais il avait besoin de venir ici, écouter les oiseaux.
regarder les mouches qui volaient ici. C'est pour ça que si on fait attention, par exemple, dans le tableau de Miro, il y a toujours des insectes, des petits insectes. Évidemment, c'est les insectes qu'on peut trouver quand nous sommes ici dans la ferme de Miro.
Et tout ça, ce sont des éléments qui apparaissent dans les tableaux, dans l'œuvre des Miro. C'est ça qu'on peut voir quand on vient ici. Parce que quand nous sommes à Barcelone, par exemple, dans les musées, nous voyons les œuvres des Miro, c'est spectaculaire. Mais ici... on peut connaître ces petits détails qui sont la partie intéressante de Miro.
En ce cas, il y a beaucoup d'œuvres qui nous rappellent précisément à Montrote. Il y a des tableaux, des paysages, de la place, de la ferme, du village de Montrote, de l'ermitage, de la montagne. Il faisait beaucoup de promenades. Dans cette promenade, il faisait de la peinture.
Il récupérait aussi des choses de la nature qu'il trouvait, des objets trouvés. Pour lui, c'était très important. C'est des objets qu'il utilisait pour s'inspirer, pour faire de la peinture, pour faire des collages, pour faire des assemblages et cette nature. comme origine de toute cette œuvre artistique, c'est important. Mireille est arrivé ici en 1911. Il est venu parce qu'il est tombé malade. Il a eu une crise nerveuse.
à cause de sa vie à Barcelone qu'il n'aimait pas. Il travaillait comme un comptable dans une boutique et toute cette partie du commerce que son père non l'obligeait à faire puis avoir un bon métier. Tout ça, il ne l'aimait pas, il a tombé malade, et c'est pour ça que comme les parents avaient jeté la ferme, ils l'ont envoyé ici pour se récupérer. Et c'est très important pour Miro, parce qu'il disait toujours que Monroch l'a sauvé.
Ici, il a pris la décision d'abandonner sa vie qu'il portait à Barcelone pour se consacrer à la peinture. Parce qu'il disait toujours que je veux admirer la nature et pour l'admirer, je dois faire de la peinture.
¶ Comprendre la Technique de Miró
Et regarder attentivement, oui. C'est ça que Miro faisait. Regarder attentivement, c'est ce qu'on a fait à la Fondation Miro. Son architecture avant-gardiste, la vue depuis la terrasse sur la ville de Barcelone, les œuvres évidemment, et en particulier une peinture devant laquelle on est resté un peu plus longtemps. Elle s'appelle Paysage, Miro l'a peinte en 1968. C'est magnifique, tout le monde dit « mais qu'est-ce que c'est ça ? » Mais je trouve que c'est incroyable.
C'est un tableau de fond blanc, mais un fond très travaillé. Et il n'y a qu'une petite tache bleue, un point bleu sur la droite. C'est incroyable parce qu'avec ce seul élément, le tableau est équilibré. D'une perfection géniale. C'est le travail d'un génie, je crois. C'est vraiment comme quand tu es en face d'une fenêtre, tu regardes les paysages, tu penses à rien ou tu penses à tout.
On ne sait jamais, non ? Mais je me sens très bien en regardant. Je me sens bien avec moi-même. On a eu, il y a très longtemps, une exposition qui... parler de Miro et Mathis. Et Mathis disait une chose de Miro. S'il y avait un point dans un coin du tableau, c'est là qu'il devait être. Et Miro... toujours le faisait bien. C'est très difficile d'avoir équilibre avec très peu de choses. Et ce tableau-là s'est équilibré.
C'est-à-dire Mathis, il avait raison. Si Miro a mis un point bleu là, c'est là qu'il doit être. C'est vrai que dans Miro... Je crois qu'il faut regarder toujours à peu près. Parce que sinon, ce travail qu'ils faisaient avec les fonds du tableau, peut-être on ne le voit pas. Juste à côté, on a d'autres exemples. Et on voit vraiment comment ils travaillaient beaucoup, les fonds. Les fonds, soit bleus, soit...
Il y a beaucoup de travail avec des couches très fines de peinture l'un sur l'autre. Et comme ça, le fond devient une chose magique. Parce qu'il y a des tonalités très différentes. Pour moi, c'est incroyable la façon de travailler. Très délicat. Il disait qu'il travaillait comme un jardinier. Et ce tableau-là, je le montre très bien, avec cette couche l'un sur l'autre, l'un sur l'autre, un peu comme un jardinier avec son potager.
¶ L'Héritage Public de Miró
On va descendre... Non, non, on va monter la Ramblas pour voir l'émorale ici. Les paviments qu'il a... qu'il a donné à la ville de Barcelone. C'est un autre geste de générosité de Joan Miró. Généreux, il le fut, effectivement, puisque Miró, dans les dernières années de sa vie, va offrir à la ville de Barcelone
Trois œuvres monumentales, accessibles à tous, car exposées dans l'espace public, et placées à des endroits symboliques de la ville pour souhaiter la bienvenue aux voyageurs. En 1970, d'abord. Il fait don à la ville d'une immense mosaïque en céramique, exposée sur la façade du terminal B de l'aéroport de Barcelone. Ensuite, il crée une sculpture de 22 mètres de haut, tout près de la gare de Barcelone. Et la dernière pièce de cette fameuse trilogie ?
Elle est incrustée dans le bitume des célèbres Ramblas de Barcelone. C'est la mosaïque du Pladolos, une rosace de 65 mètres carrés, à même le sol, située à 300 mètres de son lieu de naissance. Il y a la signature de Joan Miró, juste là, toute petite. Et voilà, c'est les couleurs vivantes qu'il utilisait. Les couleurs, le bleu, le jaune, le rouge. et représente une rosace. Probablement c'est la rosace de l'église de Santa Maria d'Alpi qui se trouve juste à côté. On peut voir le pocher.
Et en plus il y a une flèche qui indique la direction pour visiter la ville de Barcelone. C'est un cadeau qui a donné à la ville de Barcelone et que la plupart des gens... Maintenant, on marche dessus et on ne connaît pas du tout, mais c'est dommage. C'est ironique de voir tous ces touristes qui marchent dessus là maintenant, sans regarder. Oui, oui, mais bon, c'est... C'est une question que les guides, comme moi, ont essayé de partager les patrimoines historiques de ce cas de Barcelone.
La responsabilité de valoriser tout ça. Aujourd'hui, il y a aussi Internet et s'il y a un peu de culture, les gens veulent faire une visite culturelle, on cherche et c'est facile à trouver. Avant de quitter la Fondation Miro et Barcelone, Il nous restait quelques minutes que nous avons passé à déambuler dans la Fondation. C'est à ce moment que Merci Sabartès nous a partagé une vision plus personnelle de Miro, qui nous semblait parfaitement résumer ce que nous avons compris de lui,
pendant notre séjour. J'ai commencé à travailler à la Fondation il y a beaucoup d'années. J'ai commencé dans les salles de musée, comme surveillante des salles. J'ai appris à aimer Mido parce que j'ai eu l'occasion de regarder les tableaux beaucoup de temps. C'est comme ça que j'ai vu tout ce qu'on parlait de couches, de travail, de réflexion.
J'ai appris à aimer Miro et c'est curieux parce que j'ai étudié l'histoire de l'art à l'université, mais on n'arrivait jamais à l'art contemporain, c'est-à-dire que je connaissais très peu de Miro. Et lorsque je suis venue ici, j'ai découvert le peintre, mais j'ai découvert aussi l'homme. Parce que j'ai eu un intérêt, je lis sur Miro, et j'aime bien qui il était. Parce qu'il était quelqu'un très calme.
Mais il ne taisait pas les choses qu'il croyait qu'il devait dire, avec son travail ou avec ses interviews. Il était quelqu'un qui disait qu'il avait l'opportunité quand les autres... devait être en silence de parler. Et il le faisait. Il se manifestait contre le fascisme. Il a travaillé pour aider l'armée républicaine pendant la guerre espagnole.
Il a collaboré pour aider la Catalogne, pour la reconnaissance de la Catalogne, de la langue. C'est quelqu'un que j'admire beaucoup et je suis très contente de travailler ici. parce que je peux transmettre son message. C'est ça que je veux que les gens connaissent bien au bureau.
C'était l'épisode 65 du Sens de la visite sur les pas de Johan Miro en Catalogne. Un épisode réalisé en collaboration avec Tourisme de la Catalogne. Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont témoigné à notre micro et à vous qui venez de les écouter.
Pour retrouver toutes les infos sur la Fondation Miro, le Mas Miro et les œuvres de l'artiste exposé dans Barcelone, on vous met toutes les infos utiles en descriptif de ce podcast. Et on se retrouve très vite pour de nouvelles histoires de l'art.
