Les Portes Ouvertes de l'Ecole des Arts Décoratifs PSL - podcast episode cover

Les Portes Ouvertes de l'Ecole des Arts Décoratifs PSL

Feb 27, 202531 minSeason 5Ep. 62
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Summary

Cet épisode plonge au cœur des Portes Ouvertes de l'École des Arts Décoratifs, révélant une institution vibrante qui va au-delà de la simple formation artistique. Il met en lumière sa mission d'ouverture sociale, d'inspiration des jeunes esprits dès l'enfance, et son rôle dans la transformation du monde via des projets créatifs concrets. Des témoignages d'étudiants et de professeurs illustrent la diversité des parcours, l'importance de l'engagement artistique et le besoin profond de créer un monde meilleur.

Episode description

Créée il y a plus de 250 ans, l'Ecole des Arts Décoratifs PSL forme aujourd’hui les artistes et les designers de demain. Chaque année, le dernier week-end de janvier, elle ouvre ses portes au public... Nous avons passé la journée aux Portes Ouvertes des Arts Déco. Et toutes les personnes croisées ce jour-là, dans les couloirs ou les ateliers, nous ont aidé à dresser un portrait de cette école. Tout en subjectivité et en diversité.

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Transcript

L'École des Arts Décoratifs : Vision et Accueil

Sens de la visite. Le monde de l'art dans vos oreilles. Saison 5. Épisode 62. Nous avons passé la journée aux portes ouvertes de l'école des arts décoratifs. Créée il y a plus de 250 ans, l'école des arts décoratifs forme aujourd'hui les artistes et les designers de demain. Et chaque année, le dernier week-end de janvier, elle ouvre ses portes au public.

Je suis chargée de l'accueil de l'école. Ce sont des journées vraiment exceptionnelles. Ce sont des journées où on peut voir beaucoup de monde, tous les travaux des élèves, ce qui est important pour ceux qui veulent entrer aux arts déco. puisqu'ils rencontrent aussi les anciens, ils rencontrent les profs, ils rencontrent les élèves. Beaucoup de bonnes choses. Et puis de belles personnes aussi, de très belles personnes. Ça fait déjà 11 ans que je suis enseignante à l'école.

Et en fait, ce que j'ai trouvé incroyable, c'est comment on apprend tous et toutes les uns des autres, aussi bien des étudiants que de mes collègues. Et en fait, les étudiants nous demandent tellement, les réflexions, les échanges demandent tellement d'attention.

tellement de présence que même quand on a un problème perso, on l'oublie quand on est avec les étudiants. Enfin moi ça me fait ça. Et c'est vrai que j'ai l'impression quand je viens ici que je suis dans un sas un peu merveilleux et je trouve ça assez... ça fait une vingtaine d'années que je dirige des écoles d'art et ce que je vois arriver c'est de nouveaux affects dans la jeunesse contemporaines et qui sont un mélange de bienveillance, d'empathie, mais aussi d'inquiétude et d'angoisse.

qui est lié à l'état du monde d'un point de vue écologique et géopolitique. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a dans ces affects, et notamment dans l'attention à autrui, Cette bienveillance, quelque chose d'assez prometteur et régénérant qui m'invite quand même à une certaine forme d'optimisme. Nous avons donc passé la journée aux portes ouvertes de l'école des arts décoratifs.

Et toutes les personnes que nous avons croisées ce jour-là, dans les couloirs ou les ateliers, nous ont aidées à dresser un portrait de cette école. Tout en subjectivité et en diversité. Je vais vous montrer où on est. On est là. Vous allez au premier, il y a des flèches par terre, vous suivez les flèches, il y a des flèches sur les portes. Vous descendez, vous avez atelier photo-vidéo, des ateliers de métal, etc. quand vous allez en dessous.

Après, vous allez à l'atelier vêtements au deuxième. C'est vraiment à tous les étages. Il y a des ateliers partout. C'est très connu comme école. Et puis là, je cherche un peu ce que je veux faire l'année prochaine, vu que je suis en terminale. Et du coup, ça sera un peu une de mes options.

Ça fait plaisir, je suis contente de l'accompagner et puis peut-être de la rassurer un petit peu, même si elle ne le dit pas. Ça se passe toujours évident d'oser poser les portes. J'avoue que là, je suis très contente. On est plusieurs dans la famille d'avoir voulu faire cette école, mais on n'avait pas forcément les capacités, disons-le. Du coup, on a laissé de côté. Donc, je pense que moi, je trouve ça très sérieux. Donc, je l'accompagne.

Est-ce que là vous rencontrez des étudiants actuels ou des profs ? Vous en avez rencontré ? Pas encore. On vient juste d'arriver, donc on a fait vraiment les premières années. Et juste parler avec les élèves qui étaient en prépa, c'était hyper intéressant parce que moi, en tout cas, je me reconnais un peu en elles parce que c'est vraiment mon univers et je sais que c'est vraiment mon monde.

Je sais que j'ai fait les portes ouvertes d'autres écoles il y a quelques semaines avec mon père et lui, il n'était pas du tout dans ça. Vraiment, il ne comprenait pas forcément. Alors que moi, j'avais direct une interaction avec les élèves.

Les parents, ils ont toujours l'inquiétude, c'est beau, c'est beau, mais bon, pourquoi faire ? Ça va être quoi, le métier derrière ? Bon, c'est bien, comme ça, elle a les deux côtés, elle a le papa un peu soucieux, et puis la maman qui fait, allez, vas-y, fonce. Rêve. Voilà, moi je veux qu'elle rêve. Exactement, je veux qu'elle se laisse la possibilité. Et comme je lui dis, tente, au moins, tu n'auras pas de regrets. Ça fait partie du parcours, à mon sens.

Rôle Transformatif et Diversité Sociale

Alors, faire connaître l'école, ça n'est pas tant un enjeu de recrutement, parce qu'aujourd'hui, on a presque trop de candidats, on est sur 3000 candidats. pour 72 places en première année, ça n'est pas non plus un enjeu de notoriété.

Parce que quand on dit que l'école des arts déco est très connue, c'est vrai, elle est très connue à Paris, elle est très connue dans les milieux artistiques et culturels, mais elle n'est pas forcément très connue en province ou dans des territoires ou des couches sociales qui ont un accès moindre à la culture. C'est la raison pour laquelle ce qu'on appelle l'ouverture sociale est si importante pour moi.

parce qu'il faut se méfier quand on dit la jeunesse, c'est une certaine jeunesse, le cultiver, parisienne, etc. Moi, j'aimerais qu'on aille beaucoup plus loin dans la diversité pour que ce soit au moins... toute la jeunesse française, toute la jeunesse européenne qui puisse venir dans cette école et contribuer à la réinvention de nos usages et de nos formes de vie. Qu'est-ce que vous voudriez laisser comme trace, comme message dans l'école après votre passage ?

L'une des façons que j'ai de parler de l'école, c'est de dire non pas une école de plus, mais plus qu'une école. Par plus qu'une école... J'entends vraiment un outil de transformation sociale, une école au service de l'intérêt général et qui viennent réactiver l'héritage des arts décoratifs qui sont d'abord les arts de la maison.

Mais cette question, elle nous est aujourd'hui adressée à l'échelle terrestre. Notre maison, c'est la terre. Ce sont les arts de vivre et les arts d'habiter. Et j'aimerais laisser comme trace. que l'école des arts décoratifs est la grande école de la transformation sociale et solidaire, la grande école des arts écologiques et politiques de notre temps.

et que c'est une école qui se mobilise sur l'égalité entre les hommes et les femmes, le dépassement de toutes les oppositions et l'égalité sociale. Et une école comme celle-ci qui a vocation à former des concepteurs, des designers et des artistes, c'est-à-dire des inventeurs de formes et des inventeurs de nos usages, elle a un rôle considérable à jouer.

C'est pour ça aussi que j'aime dire qu'on ne forme pas des étudiants pour qu'ils s'insèrent dans le monde, mais pour qu'ils le transforment. Si vous considérez que le monde ne va pas bien, vous n'avez pas vocation à former des gens pour s'insérer dans un système qui ne va pas bien. vous avez plutôt vocation à former des gens pour transformer ce système de sorte qu'il aille un peu moins mal.

Éveiller la Créativité dès l'Enfance

Mais ça va pas, là ou quoi ? On arrête de se posculer ! Top en fait, ça sert à rien, on va tous aller chercher nos manteaux. Alors, merci d'être venus pour venir voir la visite. Je vais vous laisser, on va se retrouver mardi pour la sortie au musée. Alors pour être tout à fait honnête, on ne s'attendait pas du tout.

à croiser des enfants de 6 ou 7 ans dans les couloirs des arts déco. Information prise, ils sont en CE1, ils viennent de Gennevilliers et ils venaient ce matin-là de découvrir tous les ateliers de l'école. C'est une créatrice et maçonnier, diplômée des arts déco et en résidence dans leur école pour les initiés à l'art et à la création, qui leur a fait la visite. Laissez-moi assez, vous écoutez bien. Bonjour, bonjour.

Le monsieur a une petite question à poser. Il aimerait bien poser une question pour savoir ce que vous avez vu, qu'est-ce que vous avez appris, qu'est-ce que vous avez découvert dans l'école d'Emma. Voilà. Le film d'animation, il était bien. Le film, il était intéressant, c'était drôle. J'ai aimé les films d'animation, mais... Mais j'ai aussi aimé quand il y avait le son avec le casque. Moi j'ai aimé la sérigraphie. J'ai aimé par exemple le mélange des animaux.

Moi j'ai aimé les dessins qu'on a vus, ils étaient beaux. Celui qui était avec la couleur, j'ai aimé encore plus. Moi j'ai bien aimé la science du métal. Est-ce que ça donne envie à quelqu'un de revenir à l'école ? Oui. Moi aussi j'ai envie de revenir. Moi aussi. Moi aussi. Moi aussi. Moi aussi. Je me donne envie de travailler ici. Faire un peu tous les ateliers. Moi, je vais travailler ici, je vais faire le métal. Et vous venez d'où ? De Jean-Lyrsa. Dans quelle ville ? Jean-Lyrs.

Et là, vous rentrez à l'école ? Oui. Le moment le plus important de la journée. On va rentrer à l'école, on va pique-niquer. Belle découverte cette école et les enfants se sont régalés et on a appris plein de choses. On fait partie du projet AMS et on a une intervenante qui est exceptionnelle. Et je pense qu'on crée peut-être des vocations.

Le but, c'est d'amener les enfants à avoir une ouverture au niveau de la culture, au niveau de l'imagination, de tout ce qui est création, etc. Élargir leurs horizons, on va dire. Et pourquoi pas créer des vocations. Parce que là, ils sont tout petits en fait. Ils sont en CE1, oui. Donc effectivement, ils sont encore bien jeunes. Mais on sème des petites graines. Et sait-on jamais ? Peut-être qu'on a des futurs grands designers parmi nous ?

On ne sait pas de quoi sera fait. Ou des futurs grands créateurs de films d'animation. Donc on est ravis d'être venus dans l'école pour la visiter. Je suis la maman de Tamim et ça leur donne des idées et ça peut les aider aussi pour s'orienter après. Et je pense que ça commence très très tôt. Franchement, ils vont avoir des idées par rapport à la sérigraphie. Ils ont entendu pas mal de mots qu'ils ne connaissaient pas, mais je pense que plus tard, ça va germer.

On a voulu en savoir un peu plus sur cette initiative qui met en relation une artiste et une classe de primaire pendant toute une année. On est donc allé voir la responsable égalité des chances aux arts déco, Laure Vignello. On se rencontre souvent dans tous les milieux artistiques, que ce soit dans le théâtre, dans le cinéma ou dans le design, qu'en fait souvent on décide de faire des études artistiques, c'est lié à une rencontre.

On a rencontré un artiste, on a rencontré un comédien qui vous a fait vibrer et qui a donné envie. Donc c'est vraiment, ils sont tout petits, on plante des graines. mais c'est l'idée d'avoir quand même un modèle d'une personne dans lequel on voit ce que c'est qu'un métier artistique. Et puis on se rend compte aussi, par exemple, là ça fait dix ans que le programme existe, et souvent on trouve des choses assez incroyables, c'est qu'on a des élèves qui sont...

assez perturbateurs à l'école et qui se retrouvent en atelier, qui sont les leaders dans la classe. Donc ça marche. Les derniers sont les premiers dans les arts. Voilà, un peu, exactement. Et puis on commence dès le primaire, après on a les collégiens qui sont avec des artistes ou des jeunes étudiants de l'école qui leur parlent des études artistiques. Ils leur montrent leur book, leur portfolio, ça leur donne envie.

Ils se dirigent vers des études artistiques. Donc ça, c'est un premier truc qui marche. Et ensuite, on a aussi décordé avec des terminales. Donc on a des jeunes qui sont en bac professionnel. Mais souvent, les jeunes en bac professionnel, ils ont la technique, mais ils ont du mal à répondre.

problématique et nous aussi nos étudiants les accompagnent pour répondre à des problématiques et on se rend compte que ça peut marcher parce qu'on a quand même maintenant des étudiants en bac pro qui arrivent et qui intègrent les arts déco. Donc le processus est très long mais on y arrive. Ça n'existait pas avant ? Non, en fait, Emmanuel Thibault, quand il est arrivé à la direction de l'école, il avait aussi dans sa feuille de route...

Parce qu'à l'école, on avait quand même un taux de boursier qui n'est pas très important par rapport à l'ensemble de l'enseignement supérieur. Et du coup, une de ses missions, c'était de faire venir un peu plus de diversité de profils. Parce qu'en fait, on a souvent des jeunes qui sont de milieu. alors je ne dis pas favorisés, mais de milieux qui ont les codes de l'artistique, avec des parents qui sont souvent artistes, designers.

Et donc nous, on a besoin aussi de faire entrer des profils qui n'ont pas du tout les codes et qui ont besoin d'être accompagnés justement pour pouvoir intégrer ce genre d'école. Vous avez dit qu'on a besoin, nous, de cette diversité dans l'école. Pourquoi vous avez besoin ? Parce qu'en fait, artistiquement, si on n'a que les mêmes profils qui font un peu tous la même chose, on a besoin d'une école éclectique.

Parce que la diversité de profils, c'est aussi la diversité de pratiques. Et donc ça, c'est vraiment hyper important et très riche pour un établissement comme le nôtre.

Parcours Créatifs et Redécouverte de Soi

Et puis on a plein de choses à apprendre de tous ces jeunes qui ont une motivation, une énergie qui est incroyable. Au cœur de la Rotonde, on a ensuite croisé deux étudiantes qui nous ont permis de découvrir une autre facette des arts déco. Toutes les deux originaires de Seine-Saint-Denis, elles ont intégré cette année la Ranverse, une école d'art imaginée par les arts déco et basée à Saint-Ouen. Ouverte aux habitants de ce département ou les départements voisins,

Elle accompagne celles et ceux qui ont une passion ou un talent pour la création. Moi, de base, mon domaine de prédilection, c'est le crochet. J'essaye de l'intégrer à ma pratique. Je fais aussi beaucoup d'expérimentations textiles avec... des ingrédients de cuisine. Nous deux, en tout cas, on teste beaucoup de choses avec le bioplastique notamment. Le latex, des formoselles, par exemple, même des extensions de cheveux, des matériaux qu'on n'aurait pas pensé faire des vêtements avec.

Aussi, comme on touche un peu à tout, même si on est plus axé sur la mode, ça nous permet de découvrir d'autres médiums. La photographie, par exemple, ça m'intéresse, le dessin aussi, ça m'a permis de reprendre le dessin parce que j'étais... en spécialité art plastique, au lycée par exemple. C'est un peu une remise à niveau.

Moi, je sais que j'étais la seule. C'est d'ailleurs pour ça que je sais qu'au lycée, j'ai eu des rendez-vous d'orientation. Je ne le mettais pas trop en avant parce que je me suis dit, il faut faire comme tout le monde, il faut suivre un parcours général. Et puis voilà, je verrai si après le bac, je peux essayer de reprendre.

Nous deux, comme on a fini par faire des choses qu'on n'aimait pas trop forcément, on a un peu laissé cette fibre artistique de côté. Et c'est sûr que sur le long terme, c'est un peu déprimant, ça démotive et on finit par un peu perdre espoir. Et quand je suis tombée sur l'art envers, je me suis dit, c'est parfait parce que ça va être une remise à nouveau. Ça va me permettre et de développer mon domaine, donc la mode, et aussi d'en découvrir de nouveau. Au deuxième étage,

On a rencontré Lauriane Bonnier. Pour elle, les arts déco représentent une bonne partie de sa vie. Elle y a d'abord été étudiante, diplômée et maintenant enseignante en design textile. Et ça fait 11 ans. Ce jour-là, avec ses étudiants, Elle était heureuse de présenter leur création, une installation aussi imposante que poétique qu'ils ont réalisée en collaboration avec la métropole d'Amiens pour raconter l'histoire du textile dans cette ville.

ou installés, il y a des photos en bas, ou il y a des photos. Là, en fait, comme c'est vraiment une œuvre monumentale qui va être installée en extérieur, à un moment du projet, on se dit, mais... On ne va pas le monter directement sur place. Il faut qu'on fasse un montage à blanc. Donc tant qu'à faire, faisons-le aux portes ouvertes.

Comme ça, ça a boosté la préparation et la finalisation. Et invitons les partenaires pour qu'ils viennent à ce moment-là. Comme ça, ils vont le voir en vrai. Et nous, on va pouvoir encore caler des petites choses peut-être. Vous allez voir. On va la découvrir. Voilà, c'est ça. On ne peut pas la rater parce que ça prend un peu de place dans les études. Si vous dites qu'elle est monumental. Bon après c'est relatif aux études. En tout cas dans l'école c'est assez monumental. Par rapport à la salle.

La friche industrielle, elle s'appelle COSRA, c'est une usine de velours très développée, jalousée de toute l'Europe à une époque. qui va être réhabilité, on l'espère, et qui va abriter une œuvre faite par les étudiants de design textile et matières et d'architecture d'intérieur. Donc il y a eu beaucoup de mise en œuvre pour un résultat qui l'a.

On est ravis de voir que le partenaire est ravi et les étudiants ont finalisé. Tout va bien. Pourquoi c'est important de le montrer aujourd'hui pour les portes ouvertes ? En fait, l'atmosphère des portes ouvertes est super importante, je pense. Enfin, moi, je me rappelle qu'en tant qu'étudiante, quand j'avais visité ma première école d'art, vraiment...

J'étais encore toute frissonneuse de bonheur de visiter certains ateliers en me disant c'est là que je veux être. Et il y a un truc comme ça qui se déclenche et j'espère que ça fait ça aux futurs étudiants ou aux personnes qui viennent. Et en effet, il y a des gens qui rêvent de venir et qui n'arriveront jamais à rentrer. Puis en fait, il y en a d'autres qui n'osent pas le rêver et qui restent à la porte alors qu'ils pourraient. Donc voilà, je pense qu'il faut essayer.

Nous on voit souvent, l'année dernière on avait des étudiants qui pendant leur entretien, pour rentrer dans notre secteur, donc c'est des étudiants qui ont fait la première année, ceux qui veulent aller, moi je suis dans le secteur design textile et matière, viennent.

et il nous explique pourquoi. Et en fait, il y a un jeune homme qui nous a dit « j'ai toujours rêvé de devenir un textile ». Enfin, vraiment, on sentait dans sa façon de nous le dire que c'était un truc qui ne s'expliquait presque pas tellement c'était… Il est dans notre secteur, mais c'est intéressant de voir les raisons de chacun, chacune et souvent.

Ils ne les connaissent pas toujours. Des fois, on ne s'en rend compte qu'à la fin. Moi, je suis des étudiants de la deuxième à la cinquième année. En textile, on se mélange vraiment beaucoup. Tout d'un coup, on revient en quatrième. Mais je m'occupe des diplômes. Et les diplômes, c'est impressionnant, comme des fois, mais même trois semaines avant la soutenance finale, j'apprends un truc perso sur la personne. Et là, je me dis, mais en fait, avant tes parents ?

Ils étaient dans ce domaine-là. Et en fait, tu es fille d'agriculteur et tu travailles sur le lin depuis des mois. Ok, je comprends mieux. Et donc, des fois, il y a des clés qu'eux-mêmes découvrent au fil du cursus, ou peut-être découvriront après, ou on les aide à les découvrir. C'est hyper riche.

En fait, ce que vous dites, c'est que la vocation, c'est pas quelque chose de linéaire. Une vocation, c'est en soi, mais c'est aussi l'extérieur, c'est les rencontres. Oui, c'est ça. Moi, je pense que... De toute façon, on n'est jamais fini, même adulte. Donc finalement, quand on arrive à 18, 19, 20, 22 ans dans une école, on est juste là, on est un réceptacle. Donc ça dépend un peu du chemin.

et ce qu'on va nous donner. Mais nous, c'est vrai que dans le secteur design textile matière, on mène à des métiers très variés. À la fin, on peut devenir designer couleur, comme on peut devenir artiste, comme on peut devenir designer textif dans une usine et d'autres qui vont être plutôt de l'ADA. Il y a plein de niveaux différents et de variétés de profils. Et donc, nous, on essaie d'avoir un enseignant.

Comme ça, on ouvre, mais on donne des méthodes et on espère que les petites graines vont pousser d'une manière ou d'une autre, mais ça se passe toujours bien. Moi, je suis sortie de l'école, je ne savais pas ce que c'était designer couleur et matière. Je n'avais jamais entendu ce terme-là. Et un mois après l'école, ma carte de visite, il y avait écrit designer couleur et matière. Et depuis, c'est mon métier. Et donc là, pareil, nos étudiants, ils vont faire des choses. qui n'existent pas encore.

L'Animation, l'Art et l'Engagement

Nous, d'habitude, dans notre salle, c'est un peu plus le bordel. On travaille partout, il y en a partout. Mais là, c'est intéressant de montrer son travail. Et même pour nous, de voir le travail de nos amis dans d'autres secteurs, voir un peu ce qu'ils font.

Surtout en animation, on est souvent un peu dans notre cave, en train de travailler en faisant plein de dessins toute la journée et on ne voit pas trop ce que les autres font. Donc c'est intéressant, j'ai les journées portes ouvertes pour ça. Au quatrième étage maintenant. on est tombé sur l'atelier cinéma d'animation. Dans une salle pas très grande, beaucoup d'ordinateurs, des feuilles de dessin et des discussions enflammées. Notre autre, un étudiant de quatrième année. Le but aujourd'hui ?

d'essayer de donner envie aux personnes qui aimeraient bien faire de l'animation plus tard et les diriger vers ce secteur qui a plein de profils différents. On peut être amené à travailler pour des documentaires ou pour des longs métrages aussi. Il y en a, ils aimeraient bien rentrer plutôt en agence et faire de l'animation dans un studio. On est très amené à faire des clips de musique, ça c'est un peu le rêve de plein de personnes, de faire des clips de musique, c'est quelque chose.

On peut être très créatif et amener sa patte justement au film. Donc c'est de la réalisation. Et moi, c'est un mix de tout ça. Moi, j'aimerais bien, je suis déjà à mon compte, et continuer à faire des projets à droite, à gauche.

Mais dans le milieu artistique, c'est très compliqué d'avoir des grands financements. Par exemple, les clips de musique, c'est parce qu'on gagne le plus d'argent. Donc, c'est beaucoup de stress. On ne sait pas trop où est-ce qu'on va être. Mais j'ai de la chance déjà d'avoir des projets.

J'ai une appréhension, mais est-ce que c'est une peur ? Je ne pense pas. Il y a un côté excitant de voir ce que ça va donner. Est-ce que c'est simple d'être dans une école d'art en ce moment, à notre époque, avec le contexte actuel, plein de choses ? Est-ce que c'est simple ? Est-ce que c'est aussi une protection ? Est-ce que c'est une bulle ? Je dirais ça dépend pour qui, je pense. Ça dépend de notre vision de l'avenir, ça dépend de ce qu'on a envie, ça dépend de...

De plein de choses, je pense. Mais une école d'art, ça peut être ultra important pour plein de messages de la vie, que ce soit sociale ou écologique ou politique. Notamment, l'école a été fermée il y a un an, deux ans. Des grosses grèves et on manifestait dans la rue, on a créé plein de choses. Donc l'école était fermée, enfin pas fermée, elle était bloquée. Et nous, on était là.

On avait l'école et on faisait de la sérigraphie pour faire des affiches pour les manifestations, on faisait des chars, des déguisements pour aller manifester dans la rue, donc de l'animation pour envoyer des messages. Donc nous, on a découvert une autre école à ce moment-là. Donc c'était un bon moment pour moi en tout cas. Du quatrième étage où nous étions, jusqu'au moins deux où nous sommes descendus,

La Création : Besoin Vital et Monde Idéal

tous les ateliers de l'école étaient accessibles. Mais il y en a un, en particulier, qui titillait notre curiosité depuis le début de la journée. C'était l'atelier de métal. Cet atelier permet de réaliser de très nombreuses choses, du plus petit, du bijou jusqu'à du mobilier. J'ai une élève qui fait un podium en ce moment, donc une scène pour faire des spectacles.

Tous les ateliers sont amenés à travailler les métaux. Entouré de ces machines intimidantes, Stéphane Aguedan, responsable de l'atelier métal. Que ce soit en photographie pour faire un cadre, pour présenter son image, que ce soit pour faire des portants, pour présenter lors d'une expo des tissus ou des bijoux en design textile, on peut être amené à faire des broches, des boutons de manchette, diverses choses.

je vois votre blouson il y a une fermeture éclair il y a des boutons pression on a tous du métal les jacks et les connectiques ce qui alimente l'électricité qui permet de transmettre le son entre votre prise de son et votre appareil auditif forcément des fils métalliques. Qu'est-ce que vous transmettez aux élèves, vous ? Je transmets la possibilité de tout faire, qu'on est tous capables de travailler le métal. Déjà, je les accompagne.

Je leur enlève les peurs qu'on pourrait avoir vis-à-vis de ce matériau qui paraît brutal et difficile à travailler. Et lorsqu'on utilise les bons outils, qu'on utilise les bonnes postures, les bons gestes, tout devient facile. C'est comme l'apprentissage de la lecture ou de l'écriture. Tout le monde y arrive. Et j'ai, pour les élèves, du papier et du crayon, donc quand ils viennent m'apporter leurs idées, ça commence comme ça, ils me les dessinent. Et là, c'est une écriture à quatre mains.

leurs mains, mes mains. Chacun tient un crayon ou s'échange le crayon et on va dessiner ensemble sur la même feuille. Je leur fais des annotations. Moi, je comprends mieux si ce n'est tout ce qu'ils veulent, même si j'ai une petite idée quand ils viennent.

Et du coup, ils reviennent, ça leur plaît comme ça. Vous aussi, je crois. C'est vrai que dans l'apparence, on va penser à un garage ou quelque chose comme ça, quelque chose d'industriel quand on voit l'atelier. Mais moi, j'ai envie de demander, qu'est-ce qui est poétique dans le métal ? Le bruit, le son. Je travaille beaucoup à l'oreille, tout le bruit des marteaux, le bruit des machines, le bruit des outils coupants. Et comme ça fait longtemps que je travaille ça, je sais...

quelle que soit la personne qui travaille sur un outil, si c'est la bonne vitesse de coupe, si l'outil est bien bridé. Et au son, je sais tout. Est-ce que vous avez l'impression que vous avez une vocation dans le milieu créatif ? Plus qu'une vocation, je pense surtout à un sentiment intérieur, d'avoir un besoin de créer si intense que je ne me vois vraiment pas faire autre chose.

Elle est en classe préparatoire artistique à La Rochelle. Elle est venue seule visiter les arts déco avec son sac à dos et sa motivation. C'est la dernière personne que nous avons rencontrée ce jour-là et son témoignage sera aussi le dernier de l'épisode. Son besoin de créer et sa sincérité sont la plus belle des signatures qu'on peut apposer en bas de ce portrait des arts déco. Pour moi, la création, c'est refaire un monde.

Je sens ce besoin de faire émerger ça et de voir ce que ça peut donner. C'est faire parler tout ce qui se passe en nous, même au-delà de l'imaginaire, et le mettre dans notre réalité. Et physiquement, ça se passe comment quand vous dites « j'ai un besoin », je ne sais pas, c'est des fourmis dans les mains ? Alors franchement, beaucoup par les larmes, malheureusement ou heureusement, mais beaucoup aussi dans des espèces de pulsions.

Alors des fois ça peut être très simple, avoir besoin de prendre un crayon, des fois avoir besoin de taper dans quelque chose et se rendre compte que c'est de la matière, ça m'est... tellement arrivé d'avoir besoin d'argile sous mes mains pour en fait en faire quelque chose ça fait un petit peu artificiel dit comme ça on dirait un petit peu que je pars et que je m'imagine des choses mais je vous promets que c'est vraiment ça c'est vraiment quelque chose de très physique De...

Et je pense que ça se matérialise aussi beaucoup par la pensée, des pensées qui sont tellement fortes qu'au bout d'un moment on sent qu'il faut l'extérioriser pour que ça parte. Et donc en fait ça se traduit par les mains, ça va être de l'argile, ça va être du bois, ça va être le dessin aussi. Mais je pense qu'on peut aller...

vraiment sur des dimensions tellement larges qu'il faut y aller. Je crois que vous avez dit que ça pouvait aider à créer un monde. Et vous, votre monde idéal, ce serait lequel ? C'est peut-être un peu utopiste, mais comme on est dans un monde idéal, on va y aller.

Depuis petite, je pense qu'on a tous un moment eu cette question, mais ce serait quoi ton super pouvoir ? Qu'est-ce que tu voudrais faire ? Et j'ai vraiment toujours dit, ah mais moi j'aimerais qu'en fait, il n'y ait plus toute cette colère parce que... Le dialogue peut résoudre tellement de choses. Et en fait, je pense que mon monde idéal, ce serait un monde où le rapport à la parole serait différent, où finalement, le rapport...

aux autres serait plus sain dans le sens où tout est entendable, tout est compréhensible, même la colère, même la violence, elle vient toujours de quelque part. Et que si en fait... On pouvait désamorcer ça, prendre le fil et petit à petit le délier. Je pense que ce serait ça mon idéal, qu'on puisse délier les fils. Et ces écoles d'art, vous pensez qu'elles peuvent vous aider à finalement créer un objet peut-être, ou un espace ?

qui porte ses valeurs ou ses idées ? Sincèrement, je le crois très profondément. Parce que j'ai l'impression que dans le domaine de l'art, si on s'y concentre vraiment, de toute son âme,

Et toute son âme, ça veut dire aussi se laisser la liberté de penser autrement. Et je pense, en tout cas, même en voyant les autres élèves et en discutant avec les profs, etc., on se rend compte qu'ils ont vraiment envie de nous mettre... individuellement en valeur parce que l'individualité de chacun va permettre de créer quelque chose de nouveau et c'est quelque chose de très matériel mais en fait ça va tellement plus loin que ça

Il y a un au-delà. Même dans cette matérialité, il y a un au-delà. Et là, on peut vraiment l'expérimenter. C'était l'épisode 62, une journée aux portes ouvertes de l'École des arts décoratifs. Un grand merci à toutes les personnes qui ont témoigné à ce micro et à vous qui venez de les écouter.

Un grand merci également à toutes les équipes des Arts Déco pour leur accueil, et en particulier Amélie Pauvert et Jérôme Meudic. Et pour en savoir plus sur toutes les actualités et les initiatives de l'école, on vous met en descriptif de cet épisode. tous les liens utiles à votre curiosité. Nous espérons sincèrement que le sujet de cet épisode vous a plu, et si c'est le cas, n'hésitez pas à en parler autour de vous ou à le relayer. D'ici là, on vous prépare déjà de nouvelles histoires de l'art.

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