¶ Intro / Opening
Explorer la nature, c'est aussi la partager. Avec la Columbia Hike Society, rejoignez une communauté de passionnés pour des randonnées gratuites et encadrées, accessibles à tous. Des montagnes au sentier côtier, Chaque sortie est l'occasion de découvrir de nouveaux horizons et de vivre des moments inoubliables en pleine nature. Inscrivez-vous à l'une des aventures sur Columbia.com Columbia est fière d'accompagner le podcast Les Baladeurs.
Les baladeurs. Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du média Les Others. Rendez-vous sur notre site leothers.com pour découvrir notre magazine papier, la carte méthode recto verso pour organiser vos aventures en France et en Europe et tous nos autres formats.
¶ L'Origine d'Ocean Peak
Traverser l'Atlantique en solitaire est un rêve qui résonne dans le cœur de chaque navigateur. Martha Güemes s'est engagée dans cette aventure, où chaque souffle et chaque geste se fondent dans l'immensité de l'océan. Mais à l'issue de cette traversée, une autre aspiration s'est faite entendre. transmettre cet appel du large. Une conversation avec un éducateur spécialisé lui inspire une idée. Emmener des jeunes en difficulté à la découverte de la navigation et de l'escalade.
Deux expériences où l'effort rencontre l'émerveillement. Deux cheminements capables de transformer ceux qui osent les emprunter. Il fallait tout imaginer, construire le projet pas à pas. et quelques mois plus tard, l'association Ocean Peak est née. Au mois de juin 2019, un premier équipage se prépare à prendre le large depuis le port de La Rochelle.
Quatre jeunes, accompagnés de quatre adultes, embarquent pour une expédition de deux semaines qui débute par 48 heures de navigation. Cap sur la presqu'île de Crozon. Entre le bleu profond de l'Atlantique et les falaises escarpées des côtes bretonnes, le voyage promet bien plus qu'un simple dépaysement. Il devient une parenthèse pour reconstruire, une pause pour reprendre le souffle, un point de départ.
vers de nouveaux horizons. Pour préserver l'intimité des jeunes, nous avons modifié leur prénom pour l'enregistrement.
¶ Les Premières Difficultés des Jeunes
On est en 2019, on est début juin, on est à La Rochelle, on est sur Trifon. Sur le départ, c'est le premier voyage et on a deux jeunes qui sont en grande difficulté et deux jeunes qui ont moins de difficultés au quotidien. Donc déjà, les jeunes, ils ont entre 15 et 17 ans. Et là, on voit Lucie, c'est compliqué.
C'est compliqué. Ils nous disent qu'elle a 17 ans, qu'elle a un traitement psychiatrique. Du coup, il va falloir qu'elle prenne ses cachets en mer. Si jamais ça monte trop, il faudra traiter comme ça. problèmes de connexion avec la réalité. Et donc, c'est compliqué, on est sur un bateau. Il y a de l'engagement, il y a le fait que si tu déconnais complètement de la réalité, ça peut devenir dangereux pour toi. De l'autre côté, il y a Mathéo qui, lui, vient d'une...
d'une famille très précaire, avec beaucoup de problèmes avec de l'alcool. Il a à peine 14 ans, mais il est pas mal dans la délinquance. Et en fait, ces jeunes-là... C'est comme s'ils étaient écrits sur leur tête, je cherche les embrouilles. Et rapidement, je me suis rendue compte de leur fragilité et surtout de ce que la société leur imposait.
Globalement, Mathéo, de par le fait de là où il a grandi et de ce qu'il a vécu, il ne parle pas comme nous, il ne s'habille pas comme nous, il n'a pas les mêmes codes. Mais ça reste à l'enfant de 14 ans. Et donc, juste avant le départ, je dois aller faire quelques courses avec Mathéo pour compléter l'avitaillement du bateau. On doit rentrer dans la pharmacie, on doit aller dans un supermarché. Et dès qu'on est en relation...
avec des éléments de la société normaux, comme rentrer dans un magasin, ça génère la confrontation. Les adultes, ils vont tout de suite venir dire « Mais qui c'est qui t'a appris à parler comme ça ? On ne parle pas comme ça, on ne fait pas ça, mais comporte-toi. » bien et pourquoi tu tiens comme ça etc
Et qui, du coup, génère chez lui une opposition encore plus forte à la société. Et donc, déjà, on n'est même pas partis en bateau. Et moi, je me dis, mais c'est incroyable. Je n'avais jamais rencontré des jeunes qui subissaient ça au quotidien.
¶ Le Départ et les Premières Règles
On a fait toutes les courses, le bateau est prêt, on a distribué les cabines, on a donné les premières consignes de sécurité. Et là, il faut qu'on se prépare au départ. Surtout, en fait, on a des horaires d'écluse à respecter.
Donc, il y a un timing très précis et ça, on le communique aux jeunes. Et donc là, c'est le premier moment où ils comprennent que de toute façon, ils n'ont pas bien le choix. Si on veut sortir, il faut sortir à marée haute. On a une écluse maintenant et sinon, la prochaine. chaîne, c'est en 12 heures. Donc, en fait, on va sortir maintenant. Je me rends compte que dès qu'on part du port, nous, on part direct. On monte sur le bateau, on range quelques affaires et on part. C'est la base.
Et ça ne traîne pas. Donc, on monte, on range, allez, on s'explique, on leur met les gilets. Puis, il y a une petite appréhension parce qu'on commence à leur expliquer les règles de sécurité. Donc, là, si tu tombes à l'eau, c'est compliqué. On va galérer à te rattraper. Il y a beaucoup de jeunes qui savent.
pas lâcher. Il faut que tu portes un gilet, il faut que tu t'attaches au bateau. Là, tu peux te faire mal avec les doigts. D'un coup, ils voient que, waouh, quand même, le bateau, il faut faire attention. Et puis, t'as même pas le temps de réfléchir, qu'on dit, bah ok, en fait, là...
On largue les amarres, ça flotte. Allez, on y va. On va hisser une voile. Et en fait, là, ils se rendent compte que sans toi, ils vont nulle part. Et qu'en même temps, c'est hyper cool d'être sur un bateau. Et du coup, c'est une nouvelle expérience.
¶ Responsabilité et Confiance à Bord
incroyable. Donc, ils ont envie d'être là, mais sans toi, ils ne font rien. Donc, d'un coup, les rapports changent et très, très rapidement, ils sont obligés de te faire confiance. Quand tu es en bateau, tes actions, elles ont un impact.
sur les autres. Et c'est ça qui est hyper important pour la responsabilisation. C'est-à-dire que quand toi, t'es deux quarts et que les autres, ils dorment, si toi, tu fais pas bien ton travail, les autres, ils vont pas pouvoir se reposer. Et les autres, ils peuvent se reposer que s'ils te font confiance.
Et ces relations-là, elles construisent un individu en fait. Et le fait de pouvoir faire confiance et qu'on te fasse confiance. Donc ça, c'est hyper important. Et dans le parcours de nos jeunes, c'est des choses qu'ils n'ont jamais ou très peu eues. Tout le monde est très concentré en se rendant compte que le bateau est fragile, que la manœuvre de port est complexe, qu'il faut faire attention et que notre rôle compte.
Même les jeunes et tous les encadrants, on est dans la même dynamique et il n'y a pas de problème d'autorité ou de respect des règles à bord. Et puis là, on passe... l'écluse du bassin des chalutiers. Donc c'est un moment assez mythique parce que c'est étroit, t'as les gens qui te disent au revoir. Pour les jeunes, je le vois dans leur visage, ils n'ont jamais vécu ça, à part les pointer du doigt et leur dire... ...
C'était ce qu'il y a de pire dans le monde. Jamais, au contraire, ils s'étaient trouvés dans la position inverse où tout le monde leur fait coucou et on les applaudit parce qu'ils passent une écluse. Parce que notre bateau, il a un peu la classe. C'est un bateau de 16 mètres en aluminium. Il y a écrit Ocean Peak à l'avant. On est tous préparés pour une grande aventure. Et du coup, d'un coup, ils deviennent valorisés par ce qu'ils font. Là, on part quand même pour 48 heures de nav.
plus trop de questions qui se posent, on y va, on mise les voiles et rapidement tout le monde prend sa place aux différentes postes, aux différentes manœuvres. C'est assez magique ce départ, il se fait tout simplement.
¶ La Vie Quotidienne sur Trifon
Le bateau, en l'occurrence, Trifon, à l'intérieur, c'est un bateau qui est organisé en trois cabines. On est à peu près trois par cabine, entre deux et trois. Donc à l'arrière, il y a deux cabines arrière où on est trois, assez serrés les uns sur les autres. mais c'est les cabines les plus confortables. L'arrière du bateau bouge moins et donc c'est des cabines où on peut dormir un peu plus à plat, un peu plus confortablement.
Et après, on a la pointe avant, donc la cabine de l'avant. C'est une cabine par lit superposé. C'est un endroit où ça tape le bateau. Dès qu'il y a des vagues, ça fait bam, bam, bam. C'est plus difficile de dormir là-dedans. Et après, on a la chance dans Trifond d'avoir un énorme carré avec une grande table. On a un espace cuisine et une table à cartes.
Et donc, ce grand carré, il est confortable, il est cosy. On peut se retrouver tous les huit autour de la table. C'est vraiment un vrai petit cocon.
¶ Défis et Adaptation en Mer
Quand on est sur des longues traversées, sur le bateau, sur Trifon, en journée, on est à peu près tous sur le pont, évidemment. Tout change dans les rythmes. On ne mange pas quand on veut. On ne fait pas le petit-déj, on ne fait pas le repas, on ne fait pas le repas du soir. On mange quand les conditions le permettent. Et puis après, le soir, on prépare les jeûnes et on leur dit... c'est les premières 24 heures, mais il va falloir tenir 48 heures. On voit rapidement
les premières complications. Ce qu'on ressent, c'est que par exemple, Mathéo, il a du mal à... à se montrer, il reste un peu dans sa bulle, il s'enferme un peu, mais sa capuche, il n'est pas trop dans le lien avec les autres. Lucia a des grosses problématiques psychiatriques qui parfois rendent très difficile le temps en mer. Donc voilà, tu es en mer et puis là, elle commence à te dire...
Martha, là, vraiment, il faut que tous ces gens qui sont sur le pont, ils s'en aillent. Et puis voilà, donc sa tête, ça peut partir un peu loin sur la connexion à la réalité, sur les personnes qui sont vraiment à bord. ce qui se passe vraiment au moment, les voix qu'il entend, etc. Par contre, la réalité du bateau et la survie autour du bateau, c'est-à-dire qu'il ne faut pas la sécurité, qu'il ne faut pas tomber à l'eau, qu'il faut changer de voile, ça, ça la ramène à un présent.
et elle gère comme elle peut ses problématiques mais elle est investie dans la tâche et donc rapidement je me dis en fait Il n'y a pas tant de danger que ça. Elle arrive à se focaliser sur ça et c'est génial de la sortir de ses difficultés de perception et de la ramener à un truc très concret. Pour moi, c'est déjà de voir ça, c'est absolument incroyable. une manoeuvre comme celle-là.
¶ Les Quarts de Nuit et la Fierté
Faire un quart de nuit, c'est globalement être responsable du bateau, sur le pont, prêt à la manœuvre et surveiller l'extérieur pendant... le temps donné de ton quart. Donc ça peut être deux heures, trois heures, une heure. C'est le capitaine qui décide la durée des quarts. Et globalement, ça tourne. Et donc, il y en a deux sur le pont qui surveillent.
Le reste de l'équipage, les six autres, ils sont en train de dormir. Donc, pour les jeunes directs, c'est une mise dans le bain totale. C'est-à-dire qu'à un moment, mais Martha, mais du coup... Toi, tu vas dormir. Donc moi, j'étais capitaine du bateau. Moi, forcément, je vais dormir. Et à ce moment-là, toi, tu seras responsable sur le pont avec quelqu'un d'autre.
Ah oui, mais t'es sûre ? Et oui, oui, je suis sûre. Tout va très bien se passer. T'auras un cap, un truc. Et s'il y a quelque chose qui ne va pas, vous me réveillez. Je pourrais me réveiller et être là avec vous. Et donc, c'est incroyable. C'est des jeunes avec qui... à qui on n'a jamais donné des responsabilités. Il faut imaginer ça. Jamais on leur a fait confiance pour quoi que ce soit. Et d'un coup, ils sont sur un bateau. Tout le monde dort, y compris la capitaine.
Et eux, ils sont sur le pont. Et ils sont censés faire que le bateau avance et que tout le monde puisse se reposer. C'est incroyable. Donc, on fait nos cars, etc. Et on tourne. Lucie, difficile à réveiller parce que forcément, elle prend des traitements, etc., qui la font s'apaiser et dormir. On la secoue un peu. Allez, c'est ton tour, c'est ton tour. Elle est sur le pont. Donc on fait nos cars, il est 2h du matin, il y a un peu de vent, on est en train de passer au large de Belle-Île.
On a de la chance, on a du vent de sud-ouest, donc on trace vers la Bretagne, ça file, nuit sous les étoiles. Là, je suis avec Mathéo sur le pont, on n'est que tous les deux. Le bateau, c'est quand même un bateau de 16 mètres. C'est un bateau qui est un peu sportif. Les manœuvres sont complexes, elles demandent quand même de la force.
un petit peu de coordination. On a un génois qui est assez gros qu'il faut enrouler pour pouvoir empanner, donc changer de direction. Et puis après, il faut faire empanner la grande voile en douceur pour ne pas tout peser. Et donc là, on est au large de...
Belle-Île, notre route, elle va vers Belle-Île, donc à un moment, il faut quand même qu'on fasse un empannage et qu'on change de direction. Et là, je suis toute seule avec Mathéo et je me pose la question de, est-ce que je réveille un autre adulte, un autre marin, pour faire la manœuvre ? tout en tranquillité, etc. Est-ce que je fais cette manœuvre qu'avec Mathéo ? Donc je me pose la question pendant 5-10 minutes en me disant pour, contre, pour, contre, j'évalue les risques.
Je me dis, on va se la faire avec Mathéo, ça va être super. Et voilà, on va la prendre en tout en douceur, on va la faire étape par étape, mais ça va aller très bien. Et du coup, effectivement, on enroule d'abord le génois. On le laisse bien enrouler, comme ça on n'a plus que l'AGV à gérer. Déjà, enrouler le génois, c'est quand même hyper physique. Donc on est là, on se relaie avec Mathéo, donc il se rend compte que j'ai besoin de lui.
pour enrouler le génois, je ne vais pas y arriver toute seule. Donc on se relaie. Et pareil pour la grande oile, pour l'aborder, pour la faire passer de l'autre côté. Et puis pareil pour défaire le génois. Il était 2h du matin et c'était incroyable. Et on l'a fait tout seul. Il était tellement fier, mais tellement fier de lui. Mais je pense qu'il n'oubliera jamais son empanage au large de Belle-Île. Jamais de sa vie. Même moi, je ne l'oublie pas, cet empanage.
¶ L'Arrivée Transformée à Camaret
Les premières 48 heures, on a une météo assez agréable. Et puis là, il arrive le moment mythique de passer le rat de sein quand même. Passer le Ras de Sein, c'est toujours quelque chose. Pour un marin, c'est toujours quelque chose. C'est un endroit où il y a beaucoup de courant, il y a beaucoup de vent. T'as l'île de Sein à bas bord. T'as la vieille, la plate, des repères assez reconnus.
monde des marins sur tribord et là tu passes et puis tu passes dans un tapis roulant d'un coup la mer elle change t'as des creux alors que t'arrives sur une mer assez plate mais en fait les effets du courant et du vent fait à cet endroit là t'as quand même une mer qui se forme et là du coup le moment devient magique et puis ce qui est super important c'est que nous les marins en tant que passionnés on transmet cette passion aux jeunes
Ils pourraient ne pas regarder autour d'eux, mais en fait, ils ont quatre personnes autour d'eux en train de leur dire « Est-ce que vous avez vu comme c'est magnifique ? Est-ce que vous avez vu qu'il y a l'île de Saint ? Est-ce que vous avez vu qu'il y a la vieille La Plate ? Est-ce que vous savez qu'il y a très peu de marins qui passent par là ? » c'est un endroit compliqué, etc. Et bon, les jeunes, c'est merveilleux, quoi. Donc, on passe le rat de seins.
Et là, on pousse jusqu'à Camaré. Là, c'est l'arrivée au port après 48 heures de nav, tout a changé. Donc tout a changé parce qu'en fait, on a fait 48 heures de nave. On a fait des quarts de nuit, on s'est concentré sur le bateau, on a réussi une première mission. Et je pense que pour les jeunes qu'on avait à bord, c'était peut-être une des premières fois dans leur vie qu'ils réussissaient quelque chose.
et qu'on leur disait, vous avez réussi, bravo. Là, on arrive sur les pontons et les gens, ils viennent nous voir, c'est pas... de voir un bateau débarquer avec quatre jeunes, quatre adultes, qui viennent de faire 48 heures, qui ont plein de matos d'escalade sur leur dos. Et donc tout le monde vient nous voir et nous demander qu'est-ce qu'on va faire, qui on est.
Et donc, rapidement, tu vois Mathéo et Lucie qui vont décrire le bateau, qui vont leur présenter le bateau, qui vont dire, regardez Trifon. Les gamins, ils ont changé. Ils ont déjà radicalement changé. C'est marrant parce que Trifon est devenu notre cocon, donc on se retrouve tous à l'intérieur. On n'a même pas envie, personne, de s'en éloigner.
C'est des jeunes qui auraient pu fuguer, qui auraient pu s'en aller, qui auraient pu dire jusqu'ici, j'en peux plus, je veux plus. Et en fait, au lieu de ça... d'un coup, c'est, Martha, est-ce que je peux aller au sanitaire ? Je veux dire, il y a 48 heures, c'est un jeune, si je lisais son dossier, c'est surveillé par la police, il a fait tel truc, il a fait tel truc.
Il faut vraiment le tenir, avoir une vigilance accrue. Aujourd'hui, on est là, on est sur le ponton de Camaraît. Il me dit, Martha, est-ce que je peux aller aux sanitaires qui sont 200 mètres plus loin ? Oui, Martha, qu'est-ce qu'on va faire après ? Et c'est incroyable.
¶ L'Épreuve de l'Escalade et l'Empathie
et donc tout a basculé dans leur vie, déjà. On part vers Peña, vers l'escalade. Et là, c'est tout un autre monde qui commence. Ça râle toujours. En fait, c'est assez simple de les mettre sur un bateau parce qu'ils ont le cul posé sur un bateau et ils ont l'impression que c'est pas très fatigant, qu'on leur demande pas grand-chose, même s'ils dorment pas, ils mangent pas.
Mais d'un coup, il faut juste marcher avec un sac à dos et aller jusqu'au site d'escalade et ça râle, ça râle, ça râle. Et après, on arrive et pareil, on a trop de chance. Belle météo. Un petit peu frais, on est quand même en Bretagne, mais on a une super vue. En fait, c'est quand même des falaises qui sont au bord de l'eau. Donc, le cadre est juste absolument magnifique. Et donc, jamais de leur vie, ils ont fait de l'escalade.
Et là, on équipe Mathéo, on équipe Lucie. Et on se dit, d'abord, on va vous faire faire un peu de rappel pour comprendre, etc. C'est assez drôle de voir Mathéo forcément son... Son attitude dans sa vie, c'est je sais tout, c'est moi qui dicte la loi, c'est moi qui veux vous dire comment ça va se passer. Et voilà, vous allez faire ce que je dis. Et puis, moi, de toute façon, je fais ce que je veux. Bon, déjà en bateau.
Il a oublié cette attitude. Mais là, il se dit qu'il a les deux pieds sur terre. Donc, ça va, il va pouvoir reprendre un peu son caractère et sa loi. Et en fait, ils se rendent rapidement compte que c'est pareil, en fait, ils ne maîtrisent rien et que ça le fait vraiment flipper de se mettre en rappel sur une falaise et de se laisser descendre et que ça dépend même de lui.
même qu'il tombe pas et comment il va faire donc rapidement il repart sur le schéma je vous fais totalement confiance j'ai besoin de vous et s'il vous plaît dites moi comment je fais pour descendre de cette falaise. Et donc, il se met à l'aise avec le rappel, c'est déjà pas facile. Et surtout, il y a un peu ce regard...
avec les autres. À côté de lui, il y a Lucie qui a peur et à un moment, il se retrouve à essayer de rassurer Lucie parce que lui, il a compris un peu comment ça marchait, le rappel, et il va se mettre en position de lui dire... Voilà, non, mais attention, fais attention. Non, c'est vrai, il faut vraiment que tu mettes ton poids en arrière et que tes pieds sont contre la paroi. Non, mais tu vas voir, ça va le faire, etc. Donc pareil, ils développent une empathie.
qu'il n'a pas dans sa vie quotidienne, où il est plutôt à faire du mal autour de lui. Et puis après, une fois qu'on s'habitue au rappel, on se dit, bon, maintenant, on va monter. Qu'est-ce que ça donne, la montée ? C'est de la réussite. T'es face à...
un mur et on te dit tu vas monter tu dis bah non jamais de ma vie je vais monter mais si essaye c'est quelque chose que t'as jamais essayé et puis en fait tu tires sur tes bras tu pousses sur tes jambes on te donne des conseils et puis d'un coup tu grimpes Donc là, Mathéo, il est à la moitié de la falaise. Il n'en peut plus tellement il est heureux d'être là-haut. Et puis, bien sûr, là, du coup, il reprend un peu son dessous de « je gère tout ».
une fausse prise. Il glisse un peu. Reprenez, reprenez, reprenez. C'est très émouvant de voir tous les impacts que ça a. Et en fait, si tu fais ça de manière répétée, à la fin... t'as à transformer les gamins, c'est assez incroyable. Bah ouais, c'est une putain belle vue. Aïe, aïe, aïe. Sacre aïe, aïe, ouille. Ça me fait peur, là, pour l'instant. C'est la vie. Bon, mettez-vous dans vos baudriers. Prêt à descendre là. C'est bon, t'es prêt ? Tu tiens ?
Plus en arrière, plus en arrière. Tu peux descendre un peu ? Tu peux lâcher un peu de mou ? Pour que je me mette, je suis à plat à pied. Va moins vite !
¶ Tester les Limites et Gérer les Conflits
Dans un séjour au Champic, tu as des moments magiques et on a l'impression que tout se passe bien et qu'on s'implique dans la voile, dans l'escalade, etc. Mais c'est assez étonnant de voir comment les vagues... qui font les jeunes en termes de morale, en termes de stabilité. Et donc, en général, les premiers jours, ce qui se passe, effectivement, ils découvrent deux activités. Ils découvrent des personnes passionnées qui sont là pour donner.
Ils sont plutôt bien. Et puis, il y a un moment, au bout de la première semaine, où ils viennent tester. Ils viennent tester le fait que tu ne vas pas les abandonner. Normalement, c'est des gamins qui sont soumis souvent à l'abandon, entourés de... d'adultes qui n'ont pas été là ou qui ne sont pas là comme ils devraient. Et donc ils vont venir te tester et tester s'ils peuvent vraiment te faire confiance. Et comment ils vont te tester ? Ils vont te mener à bout.
Ils vont essayer de te faire péter des plans, d'être en opposition, de dire « non, maintenant je n'y vais plus, je ne veux plus marcher ». nique ta mère, je ne veux pas porter mon sac, tu me fais chier. Ils vont utiliser la violence verbale, ils vont me bloquer sur des choses. Lucie, il fallait absolument...
qu'elle ait plus de cigarettes et elle n'en avait pas assez et puis c'était un blocage, elle ne pouvait plus avancer, elle ne pouvait plus rien faire, elle bloquait tout. Et donc, il y a ce moment-là où ils essayent de voir si tu vas...
partir comme eux, si tu vas lâcher l'affaire, si tu vas dire, laisse tomber, c'est trop compliqué, on arrête tout de suite, vous rentrez chez vous, vos parents, vos personnes autour de vous s'en occuper parce que nous, on n'en peut plus. Et si à ce moment-là, tu tiens, tu repars sur une lune de miel.
C'est notre métier, c'est de tenir à ce moment-là et de surtout utiliser ce moment-là pour discuter, pour parler. Et donc, on ne va jamais se mettre dans l'opposition. On ne va jamais utiliser un mot plus haut que l'autre. On ne va jamais utiliser la violence, la violence verbale en tout cas.
rentrer dans leur jeu et on va plutôt être tout le temps dans un apaisement on te jette l'assiette par terre et tu vas refaire une crêpe et tu vas dire bon Mathéo tu veux faire la crêpe tu veux la crêpe c'est pas grave si t'as jeté l'assiette mais ok veux vraiment une cape. Peut-être qu'il faut que tu manges, peut-être qu'il faut que maintenant qu'on prenne un petit temps, etc. Et je pense qu'ils viennent juste tester le fait que tu seras toujours là.
Le plus difficile, c'est quand on fait une escale. Dès qu'on a une confrontation avec la société, parfois on se retourne, on tourne le dos. Et ils sont déjà en train de se bastonner avec des pêcheurs sur le ponton. C'est incroyable. Ils ont une capacité à générer du conflit qui est assez exceptionnelle. Et du coup, il y a toujours des moments comme ça où c'est une surveillance.
un peu du quotidien, pas une surveillance parce qu'il faut surveiller tout ce qu'ils font, mais il faut être avec eux. Moi, ce qui m'a impressionnée sur ce premier voyage, c'est que j'ai trouvé ça assez naturel d'avoir de l'empathie pour les jeunes et de savoir les gérer et de savoir garder mon calme.
¶ Le Rôle du Capitaine et le Sens des Règles
Je ne sais pas d'où ça vient. Peut-être ça vient aussi que peut-être en faisant la mini, j'ai été confrontée à des situations. En fait, il ne faut jamais perdre son sang-froid. C'est un peu ce que j'ai appris en bateau depuis des années. Et je pense que vis-à-vis de ces jeunes, déjà, j'ai expérimenté. On n'était même pas partis. Moi, j'avais déjà une empathie incroyable pour le jeune.
Et pour la difficulté qu'ils vivaient au quotidien en se confrontant à une société qui dit « Ah, mais t'es mal élevée, pourquoi tu parles comme ça ? » J'aurais pu prendre cette attitude-là, alors que je ne les ai jamais côtoyées. Je ne sais pas, je ne connais pas la réalité de ces jeunes.
Pour moi, c'est une inconnue. Mais j'ai tout de suite été dans l'empathie. Et peut-être que ça, c'est un peu naturel. Mais en tout cas, je me suis trouvée très rapidement apte à gérer ces situations de conflit, à ne jamais utiliser la violence. Et avoir une énorme patience. Pour moi, c'était une énorme découverte. Et puis, il y avait aussi mon rôle de capitaine qui m'aidait beaucoup à la relation avec les jeunes. C'est-à-dire que...
Pour eux, j'étais un peu capitaine de leur vie. Je les rassurais. Et dans ma relation à eux, moi, je ne prenais pas un rôle maternel, je prenais un rôle de capitaine. Et donc, moi, avant tout, il faut que le bateau... il marche, que tout le monde sur bateau soit en sécurité et que le bateau soit en sécurité. Il y a énormément de règles sur un bateau et moi je ne lésine pas sur les règles et je suis quand même assez directive dans mon rôle.
Et on pourrait dire qu'un des problèmes, par exemple, pour ces jeunes, ça serait le rapport à l'autorité avec lequel ils sont confrontés. J'ai jamais, jamais, jamais de problème d'autorité sur mon bateau. Et en fait, les règles sur un bateau, elles ont tout un sens. Je ne vais pas te dire tu ranges ta cabine parce que j'ai envie que tu ranges ta cabine pour que ça soit plus joli. C'est quand en fait, si tu ne ranges pas ta cabine.
Quand tu vas faire ton quart de nuit et que tu ne trouves pas ton bonnet, ta frontale, tes bottes et que tu mets 20 minutes et que tu vas réveiller toute ta cabine et qu'en fait, pendant ces 20 minutes, il y a quelqu'un qui est dehors, qui a envie d'aller dormir et que toi, tu n'as pas tes affaires.
c'est la galère. Si tu ne ranges pas ta cabine et qu'au premier coup de gîte, quand le bateau penche, il y a tout qui se casse la gueule et du coup ça va casser des trucs. Et c'est incroyable, ils comprennent tout de suite que toutes les ordres, toutes les consignes, elles ont un sens. Quand on me dit, j'ai faim, j'ai envie de manger. Est-ce qu'on peut faire à manger là ?
Non, on ne peut pas faire à manger. Parce qu'en fait, on ne tient pas dedans, personne ne tient dedans, parce qu'en fait, il y a trop de mer. Et du coup, on ne peut pas manger. Et oui, on va attendre. Et puis, c'est comme ça. Et du coup, toutes les consignes, elles ont un sens très concret.
¶ Le Retour et les Leçons Apprises
Donc la deuxième semaine, les jeunes reprennent un peu confiance en nous. On repart sur des bonnes bases. Ils sont coopérants, ils sont contents. Donc ça, c'est assez top. Et à un moment... arrive le moment quand même de mettre la route pour la Rochelle. Donc, faire route vers la Rochelle, c'est faire route vers la fin. Il y a un sentiment partagé de se dire, on reprend la mer. Donc c'est cool parce qu'ils ont beaucoup aimé et c'est vraiment un espace que à eux où on est...
On autonomie tous les huit. Et en fait, c'est que nous, c'est que notre groupe. C'est hyper rassurant pour eux. Content de nous avoir que pour eux et de reprendre ce moment d'intimité. Et en même temps, partager, déchirer par le fait que ça va être la fin du séjour.
sur le retour on a décidé de s'arrêter on a fait une longue nave mais après on s'est arrêté à l'île d'yeux pour faire une pause avant d'arriver à la Rochelle pour pas arriver direct et on a Encore fait une belle activité, on est allé pêcher des araignées, donc on a ramené des araignées sur le bateau, c'est toute une aventure, etc. Mais du coup, après, entre l'île Dieu et la Rochelle, là, ça a été un peu plus difficile.
Il n'y avait plus envie, on ne voulait plus prendre la barre, on ne voulait plus s'investir dans le bateau. Il y a eu, je dirais, quelques heures, six heures où les conditions, il y avait un peu de vent en plus, donc ce n'était pas forcément évident à la barre. Ils auraient pu... Dans d'autres situations mentales, ils auraient pu s'investir, mais là, ils étaient plutôt dans l'opposition. Je pense que le poids du retour avait un effet sur eux.
Le vent s'est calmé et la dernière nuit en mer, elle était juste magique. Avec un coucher de soleil incroyable, il faisait frais. Donc tout le monde était quand même un peu enmitouflé, mais c'était hyper calme, hyper beau. Il y a des moments comme ça en bateau. Il n'y en a pas beaucoup d'ailleurs. où tout s'aligne. Tu as peu de vent, mais le bateau glisse, la mer est plate, tu as le coucher de soleil, tu as ce côté un peu, il fait frais, c'est le début de la nuit.
Il y a tout qui fait que le moment est magique. Et c'est rare. J'ai pu voir qu'ils reprennent l'idée de... Bon, il faut qu'on profite de ce moment-là. Quand même, il faut qu'on profite de ce qu'on est en train de vivre là, maintenant. Parce que... C'est effectivement la fin, mais là, c'est magique. Ce moment-là, il restera dans la tête de tout le monde parce que c'était absolument incroyable. Je pense que les ingrédients qui permettent de construire au niveau éducatif, c'est...
D'une part, de dépendre des éléments. Ça enlève le sentiment de toute puissance. Et ça, c'est hyper important. Donc, on n'est plus nous à maîtriser tout et à décider de tout. Mais en fait, on va faire en fonction de la marée, on va faire en fonction de la météo. Et on se rend compte qu'il y a quelque chose qui est plus important que nous et qui est plus contraignant. Et travailler sur ce sentiment de toute puissance, c'est hyper important.
Un autre ingrédient clé, c'est de couper avec l'ultra-connexion, le couper avec les autres. Et en fait, quand on est dehors avec les éléments, je parle de la voile, mais c'est pareil pour beaucoup d'activités outdoor. On n'est que nous face au truc.
D'autre part, un autre ingrédient incroyable, c'est l'apaisement par la beauté. Effectivement, ça marche avec le adore. Ça pourrait peut-être marcher en regardant de l'art ou quelque chose comme ça. Il y a de l'art-thérapie, d'ailleurs. Mais c'est des jeunes, des personnes...
Et même, je pense que pour nous tous, ça nous fait du bien de voir des choses belles. Et moi, je me retrouve beaucoup plus apaisée quand je regarde un horizon. Et en fait, c'est des jeunes, ils n'ont jamais vu des choses belles. Ils vivent dans des milieux où la beauté ne fait pas partie de leur milieu. Et donc, un coucher de soleil, un lever de soleil, une nuit sur les étoiles, des dauphins, un horizon, une plage, une falaise. C'est incroyable.
¶ L'Après-Séjour et l'Impact Durable
Il y a le moment de la fin qui est compliqué parce qu'on va dire au revoir et puis eux, ils vont repartir dans leur situation un peu catastrophique. Et donc, parfois, ils ont un problème de se dire... Comment je gère ce moment de dire au revoir ? Est-ce que je suis trop contente de ce que j'ai vécu, mais du coup, ça va être hyper dur de te dire au revoir ? Est-ce que je coupe les ponts avec toi ? Je génère du conflit ? Et comme ça, je me...
barre fâchée. Et comme ça, c'est plus simple. Et là, en l'occurrence, ils ont réussi à ne pas rentrer dans ce conflit-là et à être vraiment très, très cool jusqu'à la fin et avec toute la difficulté de le revoir. Ce qui est bien, c'est qu'à l'arrivée, il y a toute la logistique de prendre soin du bateau, le préparer pour qu'il puisse rester au port, prendre soin du matériel, ranger. Ça prend 24 heures.
Donc en fait, on est encore 24 heures ensemble à La Rochelle où on va ranger tout le matériel, rincer, ranger les voiles, etc. Donc il y a un processus d'au revoir qui est un peu long et qui aide quand même. à le revoir. Et après, par contre, le moment arrive. Et du coup, là, par exemple, Mathéo, il a eu la chance de ne pas être confronté à ses éducateurs.
sa famille directe à l'arrivée. Parce que du coup, c'est nous qui le raménions en voiture chez lui. Donc, on avait encore quelques heures de route pour le ramener chez lui. Et donc, c'est tout en douceur, quoi. Parce que parfois, quand la famille est là, ça fait un choc d'un coup, tu vois, en face.
que tu n'as pas eu de chance dans ta vie. Et que tu sors d'un truc qui était super avec des adultes bienveillants, etc. Et en face de toi, tu revois la misère de ta famille. Et parfois, le choc, il est très, très... Ce qui fait la spécificité d'Ocean Peak, c'est qu'en fait, le voyage en bateau, les 15 jours dont je parle, c'est le début de l'aventure.
Mais ça ne s'en arrête absolument pas là. C'est le petit déclic. C'est la création du lien avec nous. Et après ça, ils peuvent revenir en séjour. Mais surtout, on va garder un lien avec eux. Donc on va les appeler régulièrement, etc. On va les rencontrer régulièrement. Et surtout, on va essayer d'exploiter. Le déclic qu'ils ont eu ou pas pour la voile ou pour l'escalade. En l'occurrence, ce qui a marché très régulièrement, c'est le déclic pour la voile, pour l'océan.
La mère offre beaucoup de métiers et d'occupations qui sont accessibles sans diplôme. Nos jeunes sont tous pratiquement déscolarisés à l'âge de 13 ans. mais ils sont très manuels, et ils sont extrêmement débrouillards, et sur le bateau, ils sont très doués. Et donc nous, on va essayer d'exploiter...
ce déclic qu'ils ont pour la voile pour essayer de les orienter vers des voies d'insertion autour de la voile. Après, on va garder le lien avec eux. On va leur proposer des stages en voilerie, par exemple. On va leur proposer d'aller voir les glénants. donc l'école de voile où moi j'ai appris à naviguer. On va aller faire des stages en mécanique nautique. On va essayer de les extraire. En fait, ils ont rencontré un autre milieu, un autre milieu de personnes.
essayer de continuer à alimenter ce lien avec nous et avec ce milieu-là, qui est bienveillant, pour les extraire du milieu dans lequel ils sont. On a des super belles histoires avec des jeunes qui aujourd'hui sont devenus moniteurs de voile, avec des jeunes qui ont fait des stages en voilerie, avec des jeunes qui ont été en service civique sur un vieux grémant incroyable à Douarnenez.
Et après, il y a forcément des jeunes qui replongent. L'idée, c'est de toujours dire, nous, on sera toujours là. Donc, si un jour tu veux revenir, les portes seront ouvertes et on ne regardera pas ce que tu as fait entre temps. Je suis... extrêmement touchés par les difficultés qu'ils vivent. C'est en France, c'est aujourd'hui, c'est dans nos compagnes, c'est des gens qui sont de là, de La Rochelle à une heure de La Rochelle, et ils vivent dans des situations que...
qu'on ne pourrait même pas imaginer. Mais ça ne rentrait pas dans ma tête. Et en fait, de sentir que je peux leur offrir quelque chose, pour moi, c'est hyper nourrissant. Et peut-être que je le fais même davantage pour moi. Quand tu vois un gamin qui a beaucoup souffert dans sa vie, qui est parti peut-être dans un chemin un peu de délinquance, dans d'autres chemins que ceux qui sont globalement, qui nous entourent dans nos vies de tous les jours.
Et que d'un coup, il redevient enfant. Et au bout d'une semaine en mer, il fait des pâtés de sable sur la plage, il rigole, il va nager, etc. Tu lui as redonné la place d'enfant qu'il a et qu'il devrait avoir. Et donc, effectivement, tu te rends compte qu'ils te donnent beaucoup, eux aussi. Et ce premier séjour a été pour moi un déclic. Et je me suis dit, OK, Ocean Peak, c'est ma voix, c'est ma passion. Et il faut que je fasse en sorte qu'on puisse continuer à donner ça à ces jeunes-là.
Six ans après sa création, le projet Ocean Peak a bien grandi. Il prouve que l'union de la navigation et de l'ascension ouvre la voie d'une profonde transformation. Tout en poursuivant son accompagnement auprès des anciens matelots de Trifon, l'association accueille chaque année de nouveaux jeunes aventuriers. Désormais, les équipages Ocean Peak prennent le large 4 fois par an, offrant à ces jeunes en quête d'un nouvel élan déclic, passion et souffle d'évasion.
Qu'il s'agisse d'un don ou d'une participation plus active, chaque geste contribue à faire vivre et perdurer cette initiative. Merci à Martha Gouemès de nous avoir raconté cette aventure. Les Baladeurs est un podcast du média Les Hothers. Cet épisode a été réalisé par Thomas Fir, accompagné par Inès Cochard.
Le récit est présenté par Clément Saccar, la musique est composée par Nicolas Deferrand, Chloé Vibault s'est assurée du montage et Antoine Martin du studio Crispy Records du mixage. A bientôt !
