La météorite maudite - podcast episode cover

La météorite maudite

Apr 17, 202534 minEp. 1
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Episode description

À Unamen Shipu, une météorite disparaît, une malédiction rôde et Rachel enquête.

Sous la réalisation d’Éloïse Demers Pinard et Nicolas Lachapelle, Rachel affronte rumeurs et trahisons pour retrouver une météorite disparue à Unamen Shipu sur la Basse-Côte-Nord. Entre mystère et superstition, croire à la malédiction ou défier le destin est inévitable.

· Animation : Julien Morissette
· Invité.e.s, scénarisation et réalisation : Éloïse Demers Pinard et Nicolas Lachapelle
· Collaboration : Rachel Mark

· Production au contenu : Audrey Blackburn

· Indicatif musical : P’tit Belliveau

· Réalisation sonore, enregistrement, montage et mixage audio : Simon Coovi-Sirois

· Musique originale : Simon Coovi-Sirois et Alexis Elina

· Caméra et montage vidéo : Patrick Lozinski 

· Recherche : Emmanuelle Gauvreau et Maude Petel-Légaré

· Cheffe de contenu pour Télé-Québec : Sophie Bélanger

· Coordination : Clara Gauthier-Morrison 

· Communications : Louis-Philippe Roy

· Visuel : bureau60a

· Remerciements de l'épisode  : Rachel Mark et la communauté de Unamen Shipu
· Remerciements de la série : Steven Boivin, Marysol Foucault et Clara Lagacé de Transistor Média

L’heure de grande écoute est une série de Transistor Média, produite en collaboration avec Télé-Québec.

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications du Québec et de la Ville de Gatineau (via l'Entente de développement culturel avec le gouvernement du Québec).

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Transistor Média, basée à Gatineau (Québec), est un studio de création, de production et de diffusion d'œuvres audios. En plus de ses balados, l’organisme tient annuellement le Festival Transistor et le Kino-radio.

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Transcript

Les relations entre frères, entre sœurs ou entre frères et sœurs sont souvent au cœur des meilleurs récits. Je pense à une histoire d'affrontement familial assez célèbre qui s'est conclue sur une note amère. On est dans l'Allemagne de l'entre-deux-guerres où les industriels Adolf et Rudolf Dassler, qui sont membres du parti nazi, font une compagnie de chaussures qui connaîtra un succès fou aux Olympiques de Berlin en 1936.

L'usine des frères Dassler servira de fabrique d'armes durant la Deuxième Guerre mondiale. Et en 1948, les chemins des Dassler se séparent. Adolf, qu'on surnommait Adi, va fonder Adidas, et Rudolf crée Puma, deux compagnies qui se battent pour être au sommet des ventes de chaussures. Ce qui est remarquable, c'est que les frères décident de rester dans la même ville pour développer leurs activités.

Ça va donc créer une division et une drôle de dynamique dans les rues de la ville, où les familles qui travaillent pour Adidas ou Puma ne prennent pas pour les mêmes équipes de soccer, ne fréquentent pas les mêmes boucheries ou les mêmes boulangeries. À la fin des années 70, quand ils sont morts, les deux hommes ont été enterrés À la fin des années 70, quand ils sont morts, les deux hommes ont été enterrés dans le même cimetière, mais dans des lots situés à l'opposé l'un de l'autre.

L'histoire qu'on vous raconte aujourd'hui se passe dans une petite communauté Innu de la Basse-Côte-Nord. C'est raconté par Éloïse Demers-Pinard et Nicolas Lachapelle. Ça met en scène deux sœurs, Rachel et Béatrice, qui n'ont pas fait des millions en vendant des espadrilles, mais qui ont un trésor familial qui a une valeur inestimable, qui se retrouve au cœur de leur mésentente. C'est une météorite trouvée par leur arrière-grand-père il y a presque 100 ans.

Bienvenue à l'Heure de grande écoute, le balado qui vous fait entendre les histoires vraies et les personnages surprenants qui façonnent le Québec. L'épisode d'aujourd'hui, la météorite maudite. Bon, montre moi-ça, Rachel. C'est mon cabanon. C'était où, cette météorite-là? Elle était dans le coin, là-bas, dans une petite boîte en bois, là. Mais quand je suis arrivée, mon météorite, il y avait pas. C'était pas là. Non. Éloïse Demers-Pinard, Nicolas de Lachapelle, bonjour. Bonjour.

On vous a entendu sur la Côte-Nord. Vous allez nous raconter une histoire qui va nous amener un peu dans les profondeurs de la Côte-Nord, justement. Vous êtes deux réalisateurs basés à Québec, mais qui avez habité dans ce coin-là pendant quelques années, c'est ça? Oui, cinq, six ans. Et puis, qu'est-ce qu'on a entendu? Qu'est-ce que vous nous racontez aujourd'hui? Bien, on entend un enregistrement qu'on a réalisé à l'automne 2024.

Évidemment, on entend Éloïse qui pose des questions, mais on entend aussi notre amie Rachel. OK, c'est qui ça, Rachel? Rachel, c'est une Innu. Elle vient d'une petite communauté de la Basse-Côte-Nord qui s'appelle Unamen Shipu ou qu'on appelait peut-être plus autrefois la Romaine. Cette communauté-là se trouve donc en basse-côte nord.

C'est une région qui se trouve, disons, entre la fin de la route 138 sur la côte nord et le Labrador, disons, aux alentours plutôt de Blanc-Sablon, pour repérer un peu les gens. C'est une région qui est très, très isolée. Très éloignée d'ici. Là, on parle de plusieurs heures. On se parle de Gatineau, mais de Montréal, même de Québec. C'est loin en maudit. C'est après la route 138. Il n'y a pas de route pour s'y rendre. On peut s'y rendre seulement en avion ou en bateau.

Et vous, vous avez traîné dans ce coin-là un tout petit peu il y a quelques années. Je me souviens, dans votre documentaire « Par-delà la 138 », vous étiez en ski de fond dans des lieux un peu isolés, justement. Et on avait entendu Rachel dans ce documentaire-là, de si ma mémoire est bonne. Oui, en fait, en 2018, justement, on a eu l'idée de traverser cette région-là en ski de fond.

Parce qu'il faut savoir que quand le temps le permet, il y a une route de glace qui relie chacun des villages de cette région-là. Et donc, on a décidé de faire, Éloïse et moi, cette route-là en ski de fond et d'aller enregistrer dans chaque communauté un documentaire sonore. Et c'est à ce moment-là qu'on a rencontré notre amie Rachel. Puis on est devenus amis avec elle. Puis il faut savoir que Rachel, c'est quelqu'un de très, très attachant. Très accueillant. Très accueillant, très drôle aussi.

Et là, on a entendu dans l'extrait qu'elle était à la recherche d'une météorite. Qu'est-ce qui se passe avec ça? Donc, à l'automne 2024, Rachel nous appelle un peu en panique. Elle gardait chez elle, dans son cabanon, comme on l'a entendu, une météorite qui aurait atterri sur Terre il y a presque 100 ans. Et là, cette météorite venait de disparaître. Puis Rachel soupçonnait que quelqu'un l'avait volée, mais elle ne savait pas vraiment qui aurait pu faire ça.

Oui, ou plutôt, il y avait trop de suspects. OK. Puis là, elle vous a appelé pour avoir de l'aide, pour élucider le mystère? Bien, elle a expliqué... Moi, on est deux anciens journalistes. On est des grands enquêteurs. Oui, de fin limier. Mais sérieux, je pense qu'elle avait surtout besoin de support moral, elle avait besoin de quelqu'un pour l'accompagner dans son enquête. Et je pense qu'elle se doutait qu'on était le genre de personne peut-être à, un, dire oui, et, deux, ne jamais abandonner.

Très déterminée. OK. Si on recule, cette histoire-là, vous l'avez dit, a commencé il y a une centaine d'années. Ça commence comment? On est en 1931, et cette histoire-là, elle commence avec l'arrière-grand-père de Rachel, un Innu qui s'appelle Williamish. À l'époque, la communauté n'existe pas encore. Dans le fond, les Innus montent encore dans le nord l'hiver et redescendent près du fleuve l'été.

Et l'arrière-grand-père de Rachel, Williamish, il vit à la rivière Coacoachou, sous la tente, à quelques kilomètres de l'emplacement actuel de la communauté d'Unamen Shipu, qui à l'époque n'existait pas encore. Il vit là avec son fils adoptif, le père de Rachel. C'est un soir où mon arrière-grand-père est allé à la toilette dehors et il a vu ça. C'était comme un boule de feu, des flammes, comme un feu là, puis elle a vu tomber. Puis je pense qu'elle a entendu un gros bruit comme ça.

Mon arrière grand-père, il a conté ça à mon père, il a dit, j'ai vu tomber une roche. Williamish, donc, voit une météorite tomber, il en parle à son fils adoptif, qui est le père de Rachel. Qu'est-ce qu'ils font? Ensemble, ils vont partir à la recherche de cette météorite. Ils la trouvent et là, ils prennent une décision un peu étrange. Il l'enterre. Il l'enterre. Oui. Surprenant. Oui. Apparemment, c'est quelque chose que les Innus faisaient beaucoup à l'époque.

Oui, puis pendant qu'on était là, on a appris que ce n'était pas la seule météorite apparemment qui était enterrée. Il y a une autre météorite qui serait enterrée comme ça dans un autre village. Il y a des mousquets même, des espèces de fusils antiques qui seraient enterrés aussi. Puis des chapelets. Oui, des chapelets. Quelqu'un qui a envie d'aller trouver des trésors, la Basse-Côte-Nord, c'est définitivement un bon endroit pour aller déterrer des trucs étranges. Tester son détecteur de métal.

Pourquoi on faisait ça? On ne le sait pas exactement, mais l'hypothèse, c'est qu'à l'époque, en 1930, ça faisait déjà quand même quelques centaines d'années, dépendamment de la théorie à laquelle on adhère par rapport aux premiers contacts entre les Inuits et les Européens, que les Innus et les Européens étaient en relation. Les Innus auraient compris assez rapidement que les Européens, c'était des voleurs et qu'il fallait s'en méfier.

Et donc, aller enterrer des choses précieuses sur le territoire, bien... Oui, puis tu sais, c'était quand même... Le territoire était encore intact, puis les Européens avaient de la misère à y aller encore. Fait que je pense que pour les Innus aussi, c'était juste logique de... Bien, si on veut cacher des objets, on va les enterrer là où les Européens ne vont pas. Fait que c'est un peu pour ça, je pense, qu'ils se sont mis à faire ça, enterrer des objets.

Mon arrière-grand-père, je pense qu'il a réfléchi. Il a eu peur des Blancs qui viennent fouiller dans les territoires, dans la rivière. C'est pour ça que les Innus cachaient des choses. Puis il n'y avait personne qui parlait français avant. C'était en 1931. C'est pour ça qu'elle a caché mon arrière-grand-père le météorite. Elle l'a mis dans une toile. Elle l'a amené ça où elle campait à Coacoachou. Puis c'est là qu'elle l'a enterré. Il était pas fou, mon arrière-grand-père.

Bien non, clairement, je suis assez d'accord avec ce plan-là. Il faut cacher le trésor. Donc l'arrière-grand-père et le père de Rachel cachent la météorite. Puis qu'est-ce qui se passe après ça? La météorite va rester cachée pendant 70 ans. Puis ni l'arrière-grand-père, ni le père de Rachel en parlent.

Le secret va rester intact jusqu'au jour où, justement, 70 ans plus tard, le père de Rachel, qui entre-temps est devenu chef de la communauté, donc la communauté a vu le jour où lui est devenu chef, là, à ce moment-là, il sent qu'il peut enfin révéler le secret de cette météorite-là. Puis il est assez en confiance. Oui, puis il raconte à son fils et à sa conjointe. Puis les trois décident d'aller dans le territoire à la recherche de la météorite. Puis ils la retrouvent.

Oui, c'est le plus fou dans cette histoire. Il faut se dire quand même qu'au moment où la météorite touche terre, le père de Rachel, lui, il y a seulement huit ans, mais malgré tout, il se rappelle exactement où se trouve la météorite. Puis il se rappelait exactement. Oui, mon père se rappelait de tout. Mon père, il a connu l'arbre, puis ils l'ont déterré. Il était là le roche. C'était profond parce que il y a des années que mon grand-père l'a oublié. Mais c'était tout enveloppé dans

une toile. Les toiles blanche étaient finies, mais on a sorti la météorite. Puis ils l'ont amenée, la météorite, ici. Je l'avais, la météorite, ici. C'est gros comme ça. C'est brun, un peu brun, puis comme des petites taches noires. Ronde comme ça. C'est lourd. À peu près centaines de livres. Trop lourd. J'aurais la misère à lever aujourd'hui, à mon âge, j'aurais la misère. Puis les roches, des fois, ça défait, mais le météorite, il est là depuis 15-20 ans.

On n'a pas perdu des, comment on appelle, des roches qui perdent des petits morceaux. Mais non, le météorite, ça ne perd pas. Tout le monde veut ouvrir mon météorite. Qu'est-ce qu'il y a là-dedans? Peut-être que c'est des diamants. Peut-être qu'à l'intérieur, il y a des diamants. Ah, bien non, il faut conserver l'intégrité de la météorite. Qu'est-ce qui se passe avec? La météorite revient dans la communauté de Unamen Shipu. Et là, elle amorce une drôle de tournée.

Elle se promène de maison en maison. Les membres de la famille Mark vont se la passer. Elle va être tour à tour, centre de table. Elle va être presse-papier, appui-livre, comme une... Comme un genre de trophée, puis ils font ça pendant plusieurs années, jusqu'au jour où quelque chose d'étrange commence un peu à se passer. Dans le fond, les membres de la famille Mark, donc la famille de Rachel, tombent malades un à un.

Oui. Et graduellement, il y a une rumeur qui va commencer à circuler dans la communauté, une rumeur selon laquelle ce serait la météorite qui serait à l'origine de la maladie des membres de la famille Mark. Est-ce qu'il y a des fondements à cette rumeur-là? Est-ce qu'on le sait? On ne sait pas. S'il y a un fond de vérité? Non, on ne sait pas.

On sait quand même que depuis quelques années, dans les communautés, le taux de cancer a quand même augmenté dans les dernières années dans les communautés. Donc, ça, c'est vrai, mais... On ne peut pas écarter la possibilité quand même que la météorite a eu une influence sur la maladie. Ça reste quand même une possibilité. OK, la rumeur persiste. Oui, la rumeur va prendre de l'ampleur. En fait, justement, de plus en plus de membres de la famille de Rachel vont tomber malades.

Certains, malheureusement, vont en succomber. Et donc, la rumeur va vraiment juste prendre une vie d'elle-même. J'ai perdu ma grand-sœur Charlotte, Marie-Ange, Marie-Ida, mes deux grands-frères, Mathieu et Théo. J'en ai perdu cinq, il nous en reste six. Le monde disait ici dans la communauté, mes parentés, les Mark, ils disaient les météorites, c'est ça qui vous cause des maladies du cancer. C'est même pas vrai. J'avais les météorites. Huit ans, neuf ans,

deux ans, j'ai gardé. Je suis pas malade, c'est hérité ça, des maladies cancer. Qu'est-ce qui se passe après ça? Bien, cet été, à l'été 2024, en fait, Rachel quitte la communauté pour quelques jours. Elle s'en va en vacances. Puis quand elle revient chez elle, Rachel s'en va dans son cabanon pour aller voir sa météorite. Et là... Plus de météorite. Ouais. C'est disparu encore. Quelqu'un avait profité de son absence pour aller dans son cabanon et lui voler sa météorite.

Puis au début, Rachel, elle ne sait pas trop qui l'a volé. Ça aurait pu être n'importe qui. J'ai appelé partout. Bien là, j'ai demandé à mes sœurs, où est-ce qu'il est, mon météorite? As-tu vu mon météorite? Non. À un moment donné, Béatrice m'appelle et dit, c'est moi qui l'ai pris. Elle a dit qu'elle a enterré, elle est partie, puis tu n'auras pas. À cause, on est toujours malade. Pourtant, ça fait neuf ans qu'il est là. Il n'y a personne qui est tombé malade. Moi, je passe l'été ici, dehors.

Je le voyais, mon météorite, tout le temps, à chaque fois que je rentrais, ma météorite était là.. Pis là j'ai dit à Béatrice, ma grand soeur Béatrice j'ai dit faut pas croire, c'est pas vrai, ils n'ont jamais vu pourquoi ils ont peur de météorite, elles n'ont jamais vu. Mais moi je l'ai touché, je l'ai élevé. Quand ma grand soeur était malade elle a perdu beaucoup de livres, elle a dit c'est peut-être ça,

qui me rendre malade des météorites qu'on garde. J'ai montré à du monde pis elle me disait t'es riche. Je veux pas être riche. J'ai jamais pensé que j'étais riche. J'ai mis dans le cabane, non, sans barrer mon météorite. Je voulais pas jeter. Je voulais garder. Je me suis sentie endeuillée, mon Dieu. C'est comme quelque chose qui est parti dans mon cœur. C'est vide. C'est quelque chose qui est parti

mon météorite. Mais j'aimerais ça poser la question à ma grande-sœur, où tu l'as enterrée, je l'ose pas. Parce qu'elle était malade. Je comprends le dilemme de Rachel parce que là, on l'entend, c'est comme si on lui a enlevé une partie d'elle-même. Mais Béatrice, avec la maladie, si elle croit que c'est lié à la météorite, je la comprends de vouloir s'en débarrasser. Là, ce serait elle, donc,

qui l'aurait volée. C'est Béatrice qui s'en serait débarrassée, qui serait allée la piquer dans le cabanon. Oui, parce que justement, elle est malade et elle pense que c'est à cause de la météorite. Puis surtout, à veut pas lui dire où la météorite a caché et caché elle cache à Rachel. On a réalisé autre chose aussi une fois sur place quand même, on a réalisé que Rachel osait pas trop confronté sa soeur parce qu'elle a peur d'elle. Pourquoi tu as peur de ta soeur?

Bien là, elle va me dire, qu'est ce que tu veux faire ? Ma soeur c'est un peu, comment je dirais? Elle n'est pas méchant. Elle est gentille, mais elle va m'attaquer. Pourquoi tu veux faire ça? Tu veux-tu être célèbre? Tu veux-tu être riche? J'ai envie de poser, j'ai envie de chercher dans sa tête pourquoi. Pourquoi elle fait ça? Jeter un météorite. Rachel a fait appel à deux enquêteurs professionnels. Spécialisés. Spécialisés. En météorite. C'était quoi, les pistes? On en a deux, Julien.

Ah oui, oui. Donc la première, Béatrice et son mari Camil se sont débarrassés de la météorite au large de la communauté. Ils sont partis en bateau et l'ont jetée dans le fleuve. Et ça, bien... Ça laisse pas de grand espoir. Non, c'est pas la théorie qu'on préfère. Parce que, bonne chance pour la retrouver. C'est ça. Je veux pas remettre en question vos aptitudes de... Fais bien attention à ce que tu dis. Non, non, non, vous êtes des bons enquêteurs, mais oui, ça doit pas être évident.

C'est quoi l'autre théorie? La deuxième piste, c'est que Béatrice et Camil l'auraient enterrée de nouveau, mais cette fois-ci dans l'arrière-pays de la communauté. Vraiment dans les terres. OK. Puis ça a été... Ça, c'est la meilleure des deux options, définitivement. Pour vous, parce que c'est plus optimiste, vous avez plus de chances de la retrouver? Parce qu'on se dit, c'est quand même...

Peut-être avec un détecteur de métal, c'est moins large que le fleuve au complet, mais quand même, c'est pas si évident parce que là, on est dans l'arrière-pays, c'est la toundra, la tourbière, tu sais, c'est des kilomètres, des kilomètres de lichen à perte de vue. Ça fait que c'est sûr que c'est pas évident de la retrouver, mais en plus de ça... En ce moment, il y a un gros chantier en arrière de la Romaine. Tu sais, la route 138 est en train de tranquillement

se rapprocher. On prolonge en ce moment la route 138. Et donc, tranquillement, elle approche de la communauté. Ça veut dire que l'arrière-pays de Unamen Shipu, bien, en ce moment, c'est un chantier. Ça veut dire pelle mécanique et ça veut dire aussi dynamitage. Fait que le temps presse. On essaie d'élaborer un plan avec Rachel pour faire ça le plus rapidement possible. On est sous la tente avec Rachel et une de ses amies, puis on discute de qu'est-ce qu'on fait.

Il paraît qu'il y a un aîné qui a déjà dit garder dans une maison une pierre là aussi grosse, c'était pas bon. Fallait le laisser dehors. Peut-être autour de la tente, là, ici. C'est ça que je te dis. Ils l'ont emmené au large en chaloupe. Puis au large, là, ils l'ont fait tomber dans l'eau. C'est ça que j'ai attendu. Mais moi, j'ai attendu... Il l'a enterré. Puis j'ai demandé à Camil où est-ce qu'il est, mon météorite. Elle est enterré. Mais c'est pas moi qu'il va la déterrer.

Si tu veux la déterrer, va chercher. Mais où? Il m'a pas dit. Mais pourquoi tu dis pas à Camil, où vous avez enterré la météorite? Aussi simple que ça? Je vais en parler. Je vais essayer d'en parler. C'est qui de Camil et de Béatrice qui est le moins terrifiant? Camil. Demande à Camil. Camil, où vous avez enterré la météorite? Peut-être qu'il va comprendre. Pogne-le dans un coin puis fais-lui peur. Camil veut tout le temps faire l'amour avec moi. Je vais lui donner mon sexe.

Elle a de la suite dans les idées. Oui, donc pas d'intimidation, mais plutôt offrir des faveurs sexuelles. Ça ressemble à ça. Vous êtes rusé, fait que le plan, c'est d'appeler Béatrice pour que ce soit Camil, donc son mari, qui réponde et de lui offrir des faveurs sexuelles. Pas vous, mais je veux dire Rachel, sa belle-sœur. C'est intéressant comme piste. L'affaire, c'est que dans tous les cas, Rachel est super stressée. Je comprends.

Je pense que ça prend deux jours avant qu'elle appelle, qu'elle décide de prendre le courage d'appeler sa soeur. Quand finalement elle appelle, elle apprend quelque chose qui va un peu changer la donne. En espérant que c'est Camil qui répond. En espérant que c'est Camil qui répond. On va appeler, voir Béatrice. Peut-être que Camil est partie mettre ses antibiotiques. Oui. OK, oui, allô Béatrice. Oui. (Conversation en innu)

Elle dit elle a jeté au pied du bateau. Là-bas, là. Au bout du quai? Oui. Loin? Non, le quai là, il y a un quai. Ils l'ont juste pitché? Oui, le quai là, tu t'en vas là, puis ils l'ont jeté là. C'est tu profond? Quand la mer est basse, c'est pas profond. Je suis contente, je pourrais demander à quelqu'un d'aller plonger, mais ça me soulage. J'aimerais ça trouver. On connais-tu quelqu'un qui est capable de plonger? Je sais pas, c'est qui qui a des affaires de plongeons?

On va trouver un wetsuit. On est capable. On est capable de trouver. Oui, mais c'est où exactement. On va aller voir au quai, comment il est profond, puis je vais vous montrer. J'ai besoin de cette météorite-là. J'ai envie de la trouver. Ça peut pas être si dur à trouver dans le fond de l'eau. Ah mon Dieu, mais là, il faut qu'on trouve, il faut qu'on se dépêche, on part demain. Il faut qu'on se dépêche de trouver quelqu'un qui est capable de faire de la plongée sous-marine.

Ah, ce temps-ci de l'année, l'eau est froide. Puis surtout, je me dis, si c'est une grosse caisse qui pèse lourd, ils n'ont pas pu la lancer, genre... Non, ils l'ont juste mis comme ça. Moi, j'ai confiance, on est capables. Imagine si on la voit. OK. Au pire, on peut emprunter un wetsuit. Oui. Moi, je suis convaincu qu'il y a du monde, des blancs de l'autre côté qui font de la plongée sous-marine. OK, il va falloir qu'on se mette là-dessus. Oui. J'espère vraiment qu'on peut aller la chercher.

OK, vous êtes plein d'espoir, là. J'aime ça. Mais je comprends pourquoi Rachel vous a appelé. Vous embarquez dans son plan. Complètement. Plein d'ambition, de ressources l'idée là vous venez d'embarquer dans la voiture vous allez au quai avec de l'espoir avec de l'optimisme. My god, tu nous entend, on est, on est on est survolté je pense que c'est le mot. Faut dire quand même que le temps presse encore une fois l'histoire c'est qu'on

décolle le lendemain, il nous reste juste. Vous repartez à Québec. Exactement, il nous reste juste une toute petite fenêtre d'opportunité pendant laquelle la marée est assez basse pour que ce soit à peu près réaliste d'aller récupérer la météorite au fond de l'eau. On vire fou. Surtout Nico, comme vous pouvez l'entendre. Parce qu'il faut trouver de l'équipement de plongée. Exactement. On court dans tous les sens. On entre dans toutes les épiceries. On parle à tout le monde.

On est à l'école primaire. On demande au directeur. On l'agresse quasiment. On va au secondaire. On court dans la rue. Nicolas se met à appeler tout le monde qu'il connaît sur la Basse-côte nord je pense que il fait à peu près 10, 30 appelle pour trouver un plongeur. C'est vrai quand Nicolas à quelque chose en tête on reçoit des fois des appels de la sorte, j'en témoigne, je peux comprendre ces personnes-là. Un peu en panique. C'est correct.

Ça marche, parce qu'on finit par trouver un dry suit. Oui? Oui. Seul petit problème moi j'ai jamais plongé, j'ai déjà plongé, mais j'ai jamais plongé avec cet équipement-là. Petit détail. Oui, petit détail. Finalement, on verra. Peut-être que c'est pas un si petit détail que ça, mais sur le coup, moi, je me dis, bon, deux, trois vidéos Internet, il y a sûrement moyen de moyenner. Fait qu'il nous reste juste à trouver une chaloupe. Puis ça, par exemple, à Unamen Shipu.

Juste ça. Bien, à Unamen Shipu, c'est quand même facile à trouver. On va voir le neveu de Rachel, Jean-Noël, qui en a une. Il faut y aller quand la marée est basse. La marée est basse demain entre 11 h et midi. Toi, tu es ici, tu vas aller plonger là-bas? As-tu des habits pour plonger? Pour voir la profondeur de l'eau aussi là-bas? Ça serait 20, un petit peu plus que 20 pieds d'après moi, vu que ce n'est pas les grandes marées. OK, quand la marée est basse. 20 pieds.

6 mètres, je suis capable de faire ça. 6 mètres, ça... Ici, l'eau n'est pas claire, claire, ben ben non plus. Quand ça mouille, après ça, les ruisseaux ça sort, c'est comme brun, ça salit tout. Fait qu'on ne verrait pas. Ben je sais pas, peut-être qu'on peut voir. C'est sûr que ça prend quelqu'un pour plonger là. Faut juste une chaloupe. Si on sort trop, Béatrice vas-tu faire une crise et les autres parce qu'ils ont tellement peur de ces roches-là.

Ils disent que c'est sûr qu'on a un cancer, on va mourir, l'autre est en train de mourir. Je propose qu'on essaie demain, parce que c'est sûr que plus on attend, plus il y a de chance. À chaque année, tu attends, lui il va rester là, la marée haute, quand la marée elle rentre, quand il fait mauvais, quand il y a de la houle, ça fait bouger. Plus qu'il va caler tout le temps. Moi, c'est plus enfoncer que bouger qui m'inquièterait à la longue.

C'est comme en automne, les grosses tempêtes, quand les vents sud-ouest ça rentre tout le temps sur le quai. Moi, je fais confiance à Jean-Noël, à son jugement et à sa connaissance mais ça a pas l'air de vous arrêter ben ben. Ça commence un peu quand même. Ah, ça vous refroidit là, tranquillement pas vite. Je pense qu'on commence à avoir des doutes puis ce soir là Nico, Nicolas se met à calculer le temps qui est capable de retenir son

souffle et il est comme debout dans cuisine puis il se time. C'est quoi le résultat? Le résultat est pas très encourageant, c'est quand même bon, c'était quoi 60-70 secondes. Mais là c'est bon quand même. C'est quand même profond. On se dit, c'est tu assez pour se rendre dans le fond, c'est quand même 20 pieds,

c'est quoi, c'est combien 20 pieds. Tu sais moi dans ma tête c'est comme abstrait un petit peu fait qu'on est on est comme ok à quel point c'est profond on trouve un galon dans la maison dans laquelle un galon à mesurer dans la maison dans laquelle on se trouve et on le déroule et on le déroule, on le déroule puis le ruban à mesurer est pas assez long mais déjà on a comme ok c'est quand même si c'est plus que ça déjà

c'est quand même profond. C'est vertige là. tu commences à avoir des doutes moi je commence à même trouver ça pas si sécuritaire que ça tu sais je me dis c'est tu stupide en ce moment ce qu'on fait. C'est la première fois dans tout le déroulement que vous vous dites que peut-être que finalement... Moi je me dis ça va finir en Darwin Award, la mort la plus stupide de l'humanité. Oui, mais on se décide de dormir là-dessus quand même. On n'est pas encore complètement revenus du plan.

On se dit juste qu'on va aller se coucher, on va voir demain matin. Parce qu'il vous reste moins de 24 heures avant de retourner à Québec. Exact. Et est-ce que la nuit porte conseil, finalement, le lendemain? Vous êtes dans quel état d'esprit? En fait, le lendemain, on n'a même pas le temps de prendre une décision que déjà on a une mauvaise nouvelle. Bien, premièrement, il n'y a pas de soleil. Il fait gris. Il n'y a pas beaucoup plus... En fait, il y a beaucoup plu ces derniers jours.

Puis en plus, le bateau de ravitaillement vient au quai. Puis quand il vient au quai, il brasse toute l'eau. Le bateau de ravitaillement pour la communauté? Pour la communauté. Il vient une fois par semaine apporter l'épicerie. Ce n'est pas un petit bateau, j'imagine. Non, c'est un gros bateau. Ça fait que les turbines brassent le fond, puis ça fait en sorte qu'on voit vraiment moins bien sous l'eau. On ne voit rien. Tout joue à votre faveur.

Non, ça ne marche pas. Ce n'est pas notre journée, cette journée-là. Non, c'est ça. Euh, ouais. mais c'est pas tout. C'est pas tout. Il y a autre chose en plus. C'est vraiment, vraiment pas notre journée. C'est moi. C'est Béatrice. (Conversation innu) Elle a mentit. Oui. Elle dit, c'est pas là que j'ai mis, c'était au large. Regarde, elle n'est pas sérieux. Ah non, fait que là encore de l'adversité. Ça finit plus. C'est ça Rachel apprend que que Béatrice lui a menti. Ouais fait qu'on est

quand même déprimé. Je comprends. Rachel la première, nous deux ensuite ça comme pas de bon sens. On s'imaginait tellement la retrouver. Nicolas, il voyait la scène dans sa tête, où il remontait la météorite. On a une fin extraordinaire pour cette histoire. En plus, je suis comme le héros, le sors de l'eau, ruisselant avec une boîte, la météorite, c'était parfait. Mais mon Dieu, ça marche pas. Mais c'est pas ça. Puis on rentre à Québec déprimé. Je pense qu'on déprime pendant...

Quelques jours, certains. Rachel aussi, de son côté, est quand même déprimée. Grosse déception. Éventuellement, il y a comme une idée qui nous apparaît mais plus peut-être une théorie. On se dit ça se pourrais-tu, ça se pourrais-tu que Béatrice a eu vent de nos recherches pour un plongeur ou pour du matériel de plongée peut-être qu'elle aurait entendu un de vos 40 appels dans la

communauté. Une communauté de milles personnes, c'est tout des mémères, tout le monde est tout le temps en train de s'appeler fait que, il ya des bonnes chances qu'elle ait entendu parler de ma recherche peut-être dans notre théorie qu'elle aurait eu peur qu'on réussisse à mettre la main sur la météorite et que là elle aurait inventé cette

autre histoire là complètement fausse pour nous envoyer sur une fausse piste. Ça fait un peu, on dirait que ça me surprendrait pas du peu que je connais de Béatrice, mais ouais dans le personnage que vous en, le portrait que vous en dressez là ça pourrait être logique. Et donc là ce qu'on est en train de se dire c'est peut-être que la météorite, finalement, elle est bel et bien au bout du quai. À l'emplacement initial, celui qu'on croyait. Et tout ce temps-là, on l'avait sous le nez.

Et vous n'avez pas sauté, vous êtes retournée à Québec. On est quand même retournée à Québec, mais ça nous a fait réfléchir. On a beaucoup réfléchi après, puis on a pensé, en fait, on s'est questionné sur qu'est-ce que représentait cette météorite-là pour Rachel. Pourquoi c'était si important? Puis pourquoi, elle vous a demandé, c'est quand même toute une aventure, partir de Québec, aller dans la communauté et l'accompagner là-dedans.

Il y a peut-être... C'est beaucoup d'efforts quand même pour cet objet-là, pour cette situation-là. Oui, mais c'est une grosse histoire pour Rachel. C'est l'histoire de sa famille, finalement. Puis cette météorite-là, c'est peut-être le seul lien tangible qui lui reste de cette histoire-là familiale. C'est la seule manière peut-être de connecter avec ses ancêtres. Oui, qui remonte à son arrière-grand-père, finalement, qui aurait touché cet objet-là. Fait que j'avoue que...

Fait que je pense que c'est pas juste chercher la météorite, c'est aussi une manière pour Rachel de reconnecter avec cette histoire-là, mais aussi une manière de la transmettre quand on était là, elle s'est mise à en parler à son fils, à des nièces, des neveux pour la première fois. Fait que je pense que d'avoir la météorite pour elle, c'est une façon aussi qu'on puisse raconter autour d'elle l'histoire. Ça représente un peu aussi l'histoire familiale.

De ne pas vouloir voir ça disparaître aussi. Exactement. De démontrer des efforts pour la retrouver finalement, pas que ça s'efface dans le temps. On a pris une décision. Ah non. Eh oui. C'est sûr, évidemment. On a décidé qu'on allait retourner dans la communauté. On allait y retourner quand l'eau serait plus chaude. On allait y retourner avec du matériel de plongée. Mon Dieu, tu t'assagis, Nicolas.

Oui, oui. J'allais même écouter deux, trois vidéos de plus de plongée sur Internet pour vraiment être sûr de mon affaire. Peut-être même travailler mon souffle. Ah oui. Passer de 60 secondes à 80, je ne sais pas. On va voir. Pas trouver un plongeur expérimenté, mais toi-même y aller. Je comprends la motivation. Je tiens à ma finale héroïque. J'ai comme envie de sortir de l'eau avec la météorite dans mes mains. J'y tiens à cette image-là. C'est ça que je chasse maintenant.

Donc, il y aura une partie 2 à la météorite maudite. À suivre. Ça a l'air de ça. Ça a l'air de ça, la maudite météorite. On s'en vient, Rachel! On arrive! Nicolas Lachapelle et Éloïse Demers-Pinard, merci. Merci à toi. L'Heure de grande écoute est une série de Transistor Média produite en collaboration avec Télé-Québec.

Écoutez tous nos épisodes sur les plateformes de Télé-Québec, sur Apple Podcasts ou sur l'application de votre choix. Enregistrement, montage et mixage audio : Simon Coovi-Sirois.

Musique originale

Alexis Elina et Simon Coovi-Sirois. Caméra et montage vidéo : Patrick Lozinski. Productrice au contenu : Audrey Blackburn. Cheffe de contenu pour Télé-Québec : Sophie Bélanger. Coordonnatrice : Clara Gauthier-Morrison. Communications : Louis-Philippe Roy.

Visuel

Simon Guibord. Indicatif musical : P’tit Belliveau. Recherche : Maude Petel-Légaré et Emmanuelle Gauvreau. Merci à Steven Boivin et Clara Lagacé de Transistor Média. Et au Ministère de la Culture et des Communications du Québec qui a rendu ce projet possible. Je m’appelle Julien Morissette, m erci d’avoir été à l’écoute

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