¶ Bienvenue et la rentrée
Bonjour à tous, c'est le Cotton Podcast, épisode 19. Bienvenue pour ce nouvel épisode. Comment ça va aujourd'hui ? Moi, ça va très bien L'été est fini et malheureusement, je n'ai pas eu beaucoup de vacances Mais... J'ai profité de ce temps pour travailler et bien me préparer pour la rentrée. La rentrée, c'est cette période de l'année au début du mois de septembre où tout le monde revient de vacances.
et où les élèves retournent à l'école. Généralement, c'est une période où il y a beaucoup d'activités, plein de choses à faire. Mais moi... Comme j'ai bien travaillé au mois d'août, j'ai pris de l'avance. Prendre de l'avance, vous comprenez cette expression ? Elle signifie se préparer pour... être en avance dans son travail. Par exemple, si vous avez un nouveau projet le 15 septembre...
vous pouvez commencer à travailler dessus un peu plus tôt pour prendre de l'avance. Donc moi, c'est ça que j'ai fait en août. Un peu jaloux de voir mes amis poster leurs photos sur des plages paradisiaques pendant que je travaillais. Mais maintenant, je suis très content de ma décision. Et vous ? Est-ce que vous avez pris de l'avance pendant les vacances ? Ou, au contraire, est-ce que vous avez pris du retard ? Dans les deux cas, j'espère que votre rentrée va bien se passer.
¶ Santé, plaisirs et résolutions
D'ailleurs, la rentrée, c'est souvent un moment où l'on décide de prendre de bonnes résolutions. Prendre une bonne résolution, ça signifie prendre la décision de commencer quelque chose d'important comme faire du sport, apprendre une nouvelle langue ou alors...
J'en profite pour vous dire de bien faire attention à l'expression « prendre une décision ». Beaucoup de personnes, notamment nos amis anglophones, font l'erreur de dire « faire une décision ». Mais en français, on utilise le verbe « prendre » et pas « faire ». quand on parle de décision. Alors, beaucoup de ces bonnes résolutions concernent notre santé. Autrement dit, notre bien-être physique et mental.
Le bien-être, c'est tout simplement le fait de se sentir bien. Quand on est en bonne santé, on se sent bien. On n'est pas malade et on peut faire des efforts physiques. Virgile, le poète romain, a écrit que En septembre, on a envie de garder l'énergie qu'on a récupérée pendant les vacances. Alors on commence le sport, on améliore notre façon de manger
On essaye de mieux dormir. Partout, dans les médias, à la télé, à la radio ou dans les magazines, il y a des conseils pour prendre soin de nous, pour... Mais souvent, ces conseils consistent à dire qu'il faut arrêter de faire des choses qu'on aime, qui nous donnent du plaisir. On doit par exemple arrêter de fumer de boire de l'alcool de manger des choses trop grasses, trop sucrées ou trop salées de passer trop de temps devant la télévision
Bref, pour être en bonne santé, il faut sacrifier ses petits plaisirs. Mais certaines personnes se disent À quoi bon sacrifier tout ça ? Qu'est-ce qu'il va me rester après ? À mon avis, il s'agit d'une question très intéressante. Sommes-nous obligés d'abandonner tous nos petits plaisirs si on veut se sentir bien ? Est-ce qu'il n'y a pas une façon
de concilier santé et plaisir ? C'est à cette question que je vais essayer de répondre aujourd'hui Alors pour le moment, lâchez votre paquet de bonbons éteignez votre cigarette, posez votre verre de vin et écoutez la suite.
¶ La dictature du bien-être
En France, il existe de nombreuses institutions pour aider les citoyens à être en bonne santé. mais des institutions qui font des études pour savoir ce qui est bon pour la santé et ce qui ne l'est pas Ces institutions publient très souvent leurs recommandations Elle recommande, par exemple, de ne pas boire plus de 10 verres d'alcool par semaine. Ça, c'est très difficile pour les Français. Mais aussi de manger moins de sucre, moins de charcuterie.
C'est la viande qui vient du porc comme le jambon ou le saucisson et plus de légumes. Il y a un proverbe qui dit Autrement dit, il faut tout faire pour empêcher une maladie d'arriver. Ça s'appelle la prévention. Donc pour prévenir ces maladies, on a l'impression qu'il faut absolument respecter toutes les consignes des institutions. Toutes ces recommandations deviennent synonymes d'interdiction, de restriction. Autrement dit...
des choses qu'il ne faut pas faire. Ne pas faire, c'est presque toujours une forme négative. Mais à force d'entendre toutes ces interdictions, on peut penser que les messages deviennent Contre-productif, ça veut dire que ça produit le résultat inverse opposé de ce qu'on voulait. Pourquoi ces interdictions deviennent-elles contre-productives ? Eh bien parce que les gens en ont marre Ils en ont assez Ils n'ont pas envie qu'on leur dise toute la journée ce qu'ils ne peuvent pas faire
C'est comme avec les enfants. Quand on leur interdit de faire quelque chose, forcément, ils ont encore plus envie de le faire. En plus, les campagnes de publicité pour nous informer de ces dangers sont toujours choquantes, comme les images sur les paquets de cigarettes. Je ne sais pas si c'est comme ça, là où vous habitez, mais dans beaucoup de pays européens... Il y a des photos choquantes sur les paquets de cigarettes. Des photos de maladies, de tumeurs, de personnes mortes à cause du tabac.
Il n'y a pas seulement les campagnes institutionnelles. Il y a aussi tous les conseils qui sont dans les médias. très rentable pour les médias car les gens s'intéressent de plus en plus à ce sujet. Ils veulent rester en bonne santé le plus longtemps possible. comme une sorte de jeunesse éternelle. Donc, chaque jour, ou presque, il y a un nouveau conseil santé. Il faut éviter de manger cet aliment ou celui-là, rester à distance de toute onde radioélectrique.
En plus, les experts qui donnent ces conseils ne sont pas toujours fiables. On ne peut pas toujours leur faire confiance. Il y a aussi des célébrités qui disent ce qu'elles font pour rester en forme et les gens appliquent leurs conseils comme une recette magique. Maintenant, les nouvelles technologies aussi nous donnent des conseils sur notre santé Avec les smartphones, on peut par exemple compter le nombre de pas
que l'on fait chaque jour en marchant. On entend parfois qu'il faut faire 10 000 pas par jour pour être assez actif. Mais les recommandations peuvent changer d'une application à l'autre. Ou alors... C'est difficile de s'y retrouver On ne sait plus vraiment qui croire Il existe aussi d'autres applications smartphone pour analyser de façon scientifique
comment nous mangeons et pour corriger notre régime. On écrit dans l'application tout ce qu'on mange et elle calcule s'il nous manque certains aliments. si nous avons besoin de plus de vitamines ou de protéines, par exemple. Mais ça ne concerne pas seulement la nourriture.
vous pouvez trouver des applications pour améliorer votre sommeil, c'est-à-dire votre façon de dormir, comment faire du sport, etc. Il y a même des entreprises qui sont en train de créer des applications pour faire des diagnostics médicaux L'application vous pose des questions pour connaître vos symptômes Et ensuite, elle vous dit quelle maladie ou quel problème vous avez. Encore une fois, les recommandations peuvent être très différentes selon l'application qu'on utilise.
Il faut faire attention puisqu'on ne sait pas toujours qui est derrière cette application. Qui sont les experts qui ont travaillé dessus ? Mais on peut imaginer que... Dans quelques années, nos smartphones pourront contrôler tout ce qui nous concerne, tout ce qui concerne notre santé et nous donner des conseils en permanence pour rester en forme.
Cependant, à force d'entendre ou de lire toutes ces interdictions et ces recommandations on peut finir par se sentir oppressé. Tout ce que nous faisons est contrôlé. Il existe un modèle pour être en bonne santé et tout le monde devrait le suivre Sinon, on est considéré comme un individu déviant
quelqu'un qui ne respecte pas les règles sociales. C'est un peu comme si on vivait dans une dictature, la dictature du bien-être. Et là aussi... Ça peut être contre-productif Quand on vit dans une dictature, on pense en permanence à toutes les choses qui sont interdites Souvent, ces interdictions concernent des choses qu'on aime faire comme manger des gâteaux ou boire de l'alcool. Au final, toutes ces interdictions créent de la frustration. Or, le stress et la frustration sont nocifs.
Nocif, ça signifie « mauvais pour la santé ». Donc, cette dictature du bien-être obtient les effets inverses de ce qu'elle souhaite. À votre avis ? Est-ce qu'on ne pourrait pas plutôt imaginer une autre façon de rester en bonne santé ? Une façon plus positive de voir les choses ? C'est ce qu'on va voir dans la deuxième partie de ce podcast Musique
¶ Une approche positive de la santé
On peut imaginer qu'avec le progrès technologique avec toutes ces nouvelles applications nous allons tous vivre jusqu'à 120 ans. Comme les connaissances scientifiques progressent nous allons adapter nos comportements pour être en meilleure santé. Si nous sommes rationnels, nous n'allons pas faire de choses qui sont mauvaises pour la santé. Et si on décide de faire quand même ces choses-là comme fumer ou boire de l'alcool alors ça signifie que nous sommes pas assez forts psychologiquement
ou que nous sommes victimes du milieu où nous vivons. Si tout le monde fume dans notre famille, par exemple. En réalité, nous ne sommes pas du moins pas entièrement, des êtres rationnels. Nous faisons souvent des choses en sachant qu'elles ne sont pas bonnes pour nous. même quand on connaît le risque de cancer. Parce que fumer nous donne du plaisir. On peut boire de l'alcool parce que ça nous permet de passer un bon moment entre amis.
même si on se sentira mal le jour d'après D'ailleurs, est-ce que vous savez comment s'appelle l'état dans lequel on est le lendemain d'une soirée alcoolisée ? Vous savez, quand on a mal à la tête et qu'on n'a pas du tout d'énergie. Ça s'appelle la gueule de bois. Si vous faites la fête avec des amis francophones et que vous buvez trop d'alcool le jour d'après, vous pouvez leur dire Bref, pardon pour la digression.
Ce que j'essaye de vous montrer, c'est qu'on veut croire que l'homme est rationnel mais que chaque jour, nous avons la preuve du contraire. Le problème avec tous ces conseils et ces recommandations c'est qu'il s'agit d'une vision moralisatrice. Les experts nous disent comment nous devons vivre notre vie en fonction...
des résultats de leurs études mais aussi de leurs valeurs personnelles. Ils décident de ce qui est bon ou mauvais pour la population et ils essayent d'influencer nos comportements quotidiens Heureusement, il existe d'autres manières d'éduquer les personnes à la santé des manières qui ne sont pas moralisatrices et qui respectent la liberté de choix des individus Le but de cette approche, c'est de rendre les individus autonomes
Encore une fois, on peut comparer ça à la façon d'éduquer les enfants. Si on dit tout le temps aux enfants ce qu'ils doivent faire et ne pas faire... sans leur expliquer pourquoi, ils ne peuvent pas comprendre. Et ils ne peuvent pas non plus devenir adultes car ils ne savent pas comment prendre leur propre décision. Ils savent seulement obéir ou non à des règles que les adultes ont fixées pour eux.
que ces conseils pour être en bonne santé ne sont pas des règles. Peut-être pas encore, mais elles le deviennent petit à petit. Je vais prendre l'exemple de la cigarette pour vous montrer. les Français ont commencé à beaucoup fumer. Au début, ça concernait surtout les hommes mais progressivement, les femmes s'y sont mises aussi. Mais à partir des années 70...
le gouvernement français a adopté plusieurs lois pour limiter les publicités et interdire de fumer dans certains lieux comme les hôpitaux. Ensuite on a interdit de fumer dans les transports, les trains, les avions et un peu plus tard, en 2008, dans les lieux publics comme les cafés et les restaurants. sauf dans les espaces réservés qu'on appelle des fumoirs. En parallèle, les taxes sur les paquets de cigarettes ont beaucoup augmenté pour décourager les fumeurs.
En ce moment, le gouvernement envisage de passer le prix du paquet à 10 euros, soit deux fois plus cher qu'il y a 10 ans. Personnellement, Ça ne me dérange pas, ça ne me pose aucun problème. Comme les fumeurs ont statistiquement plus de chances d'avoir un cancer, je trouve ça normal qu'ils payent plus, car... ils profiteront des services des hôpitaux qui sont financés par l'argent public. En plus, je ne fume pas, donc c'est plus agréable quand il n'y a pas d'odeur de cigarette autour de moi.
Mais d'un autre côté, vous voyez que ce qui était au départ un conseil « il ne faut pas fumer car c'est mauvais pour la santé » devient de facto une règle et j'ai lu récemment une étude qui montre que la consommation de cigarettes est très inégalitaire parce que maintenant ce sont surtout les personnes de milieux défavorisés les personnes pauvres qui fument ça veut dire que la prévention ne marche pas dans ces milieux
peut-être parce que les personnes ne sont pas bien informées. Fumer peut même devenir une source de honte comme l'obésité. Avant, fumer, c'était cool. Maintenant, certaines personnes considèrent que si vous fumez, c'est parce que vous n'avez pas de volonté, parce que vous êtes faible. La cigarette devient une sorte de... On peut se demander si ces politiques sont vraiment efficaces. Les ventes de cigarettes en France ont diminué de 20% en 10 ans. Donc...
On peut penser que ça marche. Mais peut-être qu'il y aurait d'autres façons encore meilleures de lutter contre le tabagisme. Par exemple... L'année dernière, le ministère de la Santé, en France, a lancé une campagne assez innovante pour convaincre les gens d'arrêter de fumer. un extrait de cette campagne pour voir quel était le message.
En novembre, c'est le mois sans tabac, alors j'ai décidé de tenter le coup. Si comme moi, vous faites partie des 8 millions de personnes en France qui veulent arrêter de fumer, rejoignez. Vous voyez, ce qui est intéressant avec cette campagne, c'est l'idée de challenge. de défis collectifs. Au lieu d'arrêter de fumer tout seul, tout le monde arrête en même temps. Le 1er novembre. Si tout le monde arrête en même temps,
on peut se soutenir, s'entraider. Ça veut dire s'aider mutuellement, s'entraider. Grâce à cette campagne, on ne se sent plus seul dans son combat. On a l'impression... de faire partie d'une équipe et c'est quelque chose de positif. Et la publicité nous informe que si on réussit à ne pas fumer pendant un mois on a cinq fois plus de chances d'arrêter définitivement. C'est motivant, non ? Cette campagne ne fait pas culpabiliser les fumeurs. Elle ne les fait pas se sentir coupables.
Elle les encourage plutôt à prendre un engagement collectif. Je trouve ça super comme idée. Il y avait d'autres spots qui montraient des enfants qui encourageaient leurs parents Ça aussi, c'est un message positif et motivant. Je pense que pour inciter les gens à prendre de bonnes habitudes il faut privilégier l'idée de plaisir et pas la culpabilité Trop souvent
on a l'impression de devoir se priver de tout si on veut être en bonne santé. Se priver, ça veut dire s'abstenir, ne pas faire quelque chose qu'on a envie de faire. Se priver de bonbons, par exemple. Ne pas manger de bonbons, même si on en a très envie. Quand on voit les choses de cette manière, comme des privations et des interdictions, ça n'est pas très motivant. En plus, elles peuvent devenir des obsessions car on y pense toute la journée. On attend juste le moment
où on pourra faire cette chose dont on a tellement envie. À mon avis, il faudrait plutôt se concentrer sur les aspects positifs de ses bonnes habitudes. Par exemple, se fixer des objectifs, mesurer ses progrès et se récompenser quand on les atteint, quand on réussit. à toutes ces bonnes choses que cette nouvelle habitude va nous apporter et pas à ce qu'on sacrifie. Le débat sur la santé doit aussi devenir public.
Il faut impliquer les gens pour qu'ils participent, pour qu'ils partagent leur connaissance sur le sujet et qu'ils posent leurs questions. Les experts n'ont pas le monopole sur cette question notamment parce qu'ils se sont beaucoup trompés dans le passé. Il n'existe pas non plus de recette magique qui marcherait pour tout le monde. Nous sommes tous différents. Nous vivons dans des environnements différents.
Alors il faut tenir compte de ces paramètres et avoir une approche locale. Certains problèmes, certaines maladies sont plus présents dans une région que dans une autre. Donc les recommandations ne peuvent pas être les mêmes pour tout le monde. Et puis... Peut-être que le plaisir permet d'être en bonne santé. Il y a beaucoup d'exemples de personnes qui n'avaient pas un style de vie très sain mais qui ont pourtant vécu très longtemps.
Vous savez peut-être que la personne qui a vécu le plus longtemps était une française qui s'appelait Jeanne Calment. Jeanne Calment est morte en 1997 à l'âge de 122 ans. Vous vous rendez compte ? Eh bien, cette dame a fumé presque toute sa vie et elle mangeait aussi beaucoup de chocolat. Bien sûr, je ne suis pas en train de vous dire qu'il faut fumer et manger du chocolat pour vivre longtemps Au contraire, de nombreuses études ont montré que la cigarette augmente le risque de cancer
Mais je veux simplement souligner qu'on ne sait pas encore tout sur le corps humain. Il faut donc rester ouvert d'esprit et travailler ensemble pour qu'on puisse vivre en meilleure santé et... Nous arrivons à la fin de ce podcast. Merci à vous de m'avoir écouté jusqu'au bout.
Ça me fait très plaisir de voir qu'il y a toujours plus d'auditeurs de personnes qui apprennent le français et je suis très content si mon podcast vous aide Si vous voulez m'aider Vous pouvez laisser un commentaire sur iTunes ou sur l'application de podcast que vous utilisez Ça me fera encore plus plaisir La semaine prochaine Ça sera le 20ème épisode et je vous ai préparé une petite surprise. Alors, soyez au rendez-vous. À bientôt !
