0. La
0 à 8. Oui. Donc la première est l'angoisse
Depuis plusieurs années, des expériences se déroulent en laboratoire avec des méditants bouddhistes. C'est le projet Esprit et Vie. Les neuroscientifiques et les bouddhistes ont un point en commun. Ils veulent chacun comprendre la nature de l'esprit. Mais leurs approches divergent. Pour les scientifiques, l'observation. Pour les bouddhistes, la méditation. Dans le nord de l'Inde, il y a 2500 ans, Bouddha découvrait que la souffrance humaine a une cause et qu'il est
possible de s'en libérer. Les pratiques méditatives se présentent avant tout comme une série de méthodes pour connaître et améliorer l'esprit. Ces chercheurs qui étudient les états méditatifs sont des pionniers, Mieux connaître les relations que l'esprit entretient avec le corps, étudier l'extraordinaire propriété de plasticité du cerveau, voici leurs intentions.
On va rentrer dans
la... Comment
ça s'appelle? La capsule spatiale
On va vous mettre dans l'air pendant une longue
période
plus de... Pas plus longtemps que nous l'avons fait, mais au long terme. Si vous commencez à vous sentir inconfortable
Non, ce n'est pas ça. C'est juste des mouvements involontaires. Comment faites-vous avec les ballons? Nous
avons
juste un pilote. Donc vous ne faites pas un ballon d'inflation? Non. J'hate cette chose. Je dis pas non. Non, on ne fait pas ça.
Il va commencer avec une période de 30 secondes où vous allez être cueillis pour entrer dans l'un des deux états méditatifs ou être dans un état neutre. Donc nous allons utiliser les mots« neutre»,« concentré» ou« présence oupe». Si je vois que toutes
les instructions sont en mots?
Oui, les mots vont s'éteindre. Vous allez faire ce que vous faites pour passer à l'état de concentré ou de
tension.
Est-ce que ces mots sont clairs pour vous? Oui,
bien sûr.
Mathieu
Ricard, cet ancien biologiste, vit à Kathmandu et pratique le bouddhisme depuis plus de 30 ans. C'est l'un des premiers méditants à collaborer avec le laboratoire des neurosciences de Princeton. Ici, on travaille sur les mécanismes de l'attention. La méditation accroît-elle les facultés de concentration? Et si oui, dans quelle mesure?
C'est cette hypothèse que les chercheurs tentent de valider. L'expérience étudie deux états méditatifs précis, la concentration en un point et la présence éveillée, une pratique très profonde cultivée notamment dans l'ancienne tradition enigma.
OK, Mathieu, nous sommes prêts à commencer. Tu es prêt? OK.
Un test classique d'attention est le Stroop test Les sujets voient un mot en couleur, disons le mot rouge, mais il est écrit dans une couleur différente, en vert par exemple, et la tâche est de nommer la couleur. Dans ce cas, je devrais dire vert, mais il est très difficile de surmonter l'envie de lire et de répondre rouge.
Peu
importe le niveau de pratique d'un individu pour le Stroop test, il ne peut jamais arriver à nommer la couleur sans être troublé par la lecture
du mot
Une chose qui serait intéressante à observer, est-ce que Mathieu, lorsqu'il médite la concentration en un point, peut se concentrer sur la couleur en évitant la distraction du mot et donc réduire la marge d'erreur? Nous comparons la performance de Mathieu dans cette tâche à sa performance dans un état neutre où il effectue le test comme vous et moi. Et si nous voyons une différence, ce sera vraiment une
découverte intéressante. Cela suggérera que l'état de concentration en un point aura développé son attention sélective d'une manière supérieure à celle que vous ou moi sommes capables d'accomplir. Ok,
Mathieu, est-ce que c'est
ok pour toi? L'état de
concentration, on appelle ça souvent la concentration en un seul point, tse-chik-ting-ne-zing, en une seule pointe, on dit. Le contraire d'un esprit qui a des pointes multiples, c'est-à-dire qui va constamment à droite à gauche. Donc là, on va essayer de se concentrer, c'est tout à fait simple, sur un objet particulier. Alors, ça peut être un objet mental, mais dans ce cas-là ici, on demande aux méditants de se concentrer sur un objet extérieur.
Dès qu'on est conscient qu'on a un peu été distrait, on ramène simplement la concentration sur l'objet. Et on fait ça encore et encore. Et l'image qu'on donne, c'est comme un papillon qui... qui boutine un peu sur une fleur, il fait un petit tour, il revient sur la fleur, et puis il fait ça plusieurs fois
La présence éveillée, c'est sans doute l'une des pratiques les plus importantes du bouddhisme, que je tente peu à peu de comprendre davantage. Ce n'est pas seulement l'aptitude à contrôler la tension, bien que cela en soit une des composantes mais surtout la faculté de contrôler et de maintenir une posture
émotionnelle
La méditation peut signifier
aussi
analyser,
simplement se retourner vers soi-même, regarder à l'intérieur. Par exemple, si vous êtes en colère,
ne
pas seulement crier ou faire des reproches aux
autres
mais regarder à l'intérieur de vous, d'où vient cette colère, à quoi ressemble-t-elle, pourquoi est-elle si violente Et naturellement, la colère s'apaise, et quand la colère s'adoucit, vous êtes plus
heureux. Donc,
je pense qu'il s'agit de privilégier différents points de vue, de ne pas toujours regarder dans la même direction. Un bon exemple est donné dans les enseignements Si quelqu'un vous frappe avec un bâton, vous êtes en colère contre cette personne.
Mais
si vous commencez à analyser, il y a trois éléments. Le bâton, la personne et son émotion
perturbatrice. Personne
ne
va
faire de reproche au bâton C'est contre la personne que vous êtes en colère
Mais pourtant,
cette personne est submergée par sa
colère.
Notre ennemi, ce n'est pas la personne, mais sa
colère. Pourquoi
alors créer de la colère
contre une
autre colère?
Ok, donnez-moi un
moment pour penser
à cela.
Oui, il demande des périodes
plus longues pour le transition. Oui, donc... C'est vrai, et il a dit que pour la présence ouverte, un extrait de 30 secondes serait bénéfique. Une minute, il a demandé. Juste maintenant, j'ai ajouté. Et il a essayé à une minute et a pensé, si j'avais un peu plus de temps, c'est encore 30 secondes. Ok laissez-moi juste s'installer et on va commencer momentanément. Dans le
deuxième état mitatif, ce qu'on appelle la présence éveillée, en tibétain, on dit Jigpa. Là, ici, on essaie de rendre son esprit extrêmement vaste, ouvert, lumineux. On donne l'image comme un ciel sans nuages. Donc, à la fois transparent, lucide, mais extrêmement vaste. Et on pense que l'esprit se mêle à ce ciel illimité et que de ce fait, l'esprit devient libre de toutes les constructions mentales, toutes les élaborations mentales.
Et bien qu'on n'essaie pas d'arrêter ou de bloquer les pensées ou les perceptions, néanmoins, on cesse d'être influencé par ces pensées par les phénomènes, par les perceptions. On les laisse tels qu'ils sont.
Désolé, c'est trop brillant. Ok, ouvrez vos yeux. Je ne me suis même pas
rendu compte que
c'était si sombre là-bas. Donc, nous avons des manches en route, mais allons juste sortir d'ici. Vous voulez voir votre cerveau? Est-ce que c'est quelque chose que vous avez eu
l'opportunité de faire
Pourquoi pas? Je vais juste vous montrer l'anatomie. Nous n'avons pas...
Vous allez regarder le cingula? Oui, exactement. Vous pouvez
me montrer?
Oui,
je peux
vous montrer
C'est du bas à l'arrière? Donc, ça va aller comme ça. Comme ça? Oui, de gauche à droite. La structure du cerveau. Nous approchons la ligne du milieu ici. Ceci
ici, cette zone
sombre ici, c'est le cingula sulcus. Et ce dont nous sommes intéressés généralement, c'est le cortex qui entoure le sulcus, le cingula gyrus et l'endroit... C'est pourquoi,
quand vous faites une erreur ou quelque chose,
Imaginons
que je fasse un test. Prenons le Stroop test, et vous me demandez de nommer la couleur, et une fois de plus, je vois le mot rouge écrit en vert, et je dois dire vert, mais je dis rouge. Oh, je ne suis pas vraiment contrarié, mais il y a une petite alerte qui peut être le début d'une émotion et qui est là dans un but précis et on peut mesurer les signaux cérébraux correspondants.
Une
des questions que nous nous sommes posées sur cette région du cerveau ou sur l'une des régions du cerveau qui semble réagir quand les gens font une erreur est la
suivante.
Cette région répond-elle de façon purement
cognitive? Vraiment
il n'y a pas d'émotion. Peut-être que c'est une réponse mécanique comme celle d'un ordinateur qui corrige un examen et qui constate
une erreur. Si,
quand vous êtes en état de présence éveillée vous pouvez effectuer au même moment un test
cognitif
et ajuster ou changer votre réponse émotionnelle en fonction du test
alors
on pourra voir une dissociation entre les réponses de ces zones cérébrales.
Donc,
il y a une opportunité ici pour
nous.
Je ne veux pas apparaître comme un mercenaire mais il y a une opportunité d'exploiter l'aptitude d'un méditant à établir une stabilité émotionnelle
et
à effectuer une tâche
en même temps.
C'est une occasion pour comprendre quelles zones du cerveau interviennent de façon séparée ou ensemble pour coder ces mêmes fonctions.
Il
y a un vrai point de rencontre
ici
Nous avons quelque chose à gagner à travailler avec les bouddhistes. Parfois, je me demande ce qu'ils ont à gagner à travailler
avec
nous.
Une chose importante pour les
bouddhistes est de partager.
Nous ne cherchons pas à
convertir.
Si vous regardez l'histoire du bouddhisme, nous n'avons jamais cherché à convertir. Mais nous partageons notre connaissance Et les gens qui sont intéressés, nous les accueillons.
Quand
le Dalai Lama voyage en Occident, il dit toujours« Je ne suis pas ici pour gagner un ou deux bouddhistes supplémentaires, mais je suis venu ici pour partager avec vous mon expérience.»
En 1990,
j'ai eu le privilège de participer à la troisième conférence, Esprit et Vie, organisée avec des scientifiques et le Dalai
Lama.
J'ai eu la chance de rencontrer le neurobiologiste Francisco Varela. Dans ce contexte où nous expliquions les nouveaux outils des neurosciences
il y
avait un large intérêt pour que ces techniques soient utilisées avec des méditants tibétains confirmés.
Tard dans la nuit, Francisco et moi nous nous sommes dit, faisons quelque chose, créons un projet, partons sur le terrain faire une recherche avec ces yogis qui nous inspirent tant. A l'automne 1992, nous avons commencé un travail de terrain
en Inde, Et le but de cette recherche était d'identifier des
moines confirmés
et de recueillir leurs réactions sur
une série d'expériences que nous voulions entreprendre dans le futur.
Une des choses les plus importantes pour le Dalai Lama, qui a intercédé
pour que ces
yogis collaborent avec nous
était que ce projet puisse bénéficier à
tous
Et c'était aussi notre motivation. Parce
qu'en Occident, toute méthode qui pourrait éliminer les effets nocifs de la vie moderne serait une contribution très significative.
Quand nous sommes arrivés à Dharamsala,
un méditant confirmé
nous a dit« Vous ne
pouvez pas faire venir ces yogis dans votre laboratoire. Vous devez transporter votre laboratoire auprès d'eux.»
À cette époque
nous avions installé un laboratoire que nous avons dû en fait
abandonner. Et alors a commencé une série de rencontres avec de grands méditants qui étaient en retraite depuis des
années et qui vivaient dans des huttes construites de leurs propres mains. Ils nous répétaient plusieurs choses
Si vous voulez
comprendre l'esprit, Eh bien,
méditez
Si l'esprit n'a pas de couleur,
pas d'odeur, si c'est un espace dans
lequel
les phénomènes mentaux apparaissent,
alors comment pouvez-vous mesurer cela?
Merci. Ok, je vais vous donner une minute et demie et ça va ressembler à ce qu'il y a là-bas. Vous verrez les mots« neutral»,« focus» ou« open presence» pour 90 secondes. Et puis, ça sera suivi par la tâche.
Une
des précautions que nous avons apportées dans cette session
est de mettre un électrode supplémentaire sur le muscle pour déterminer si ce que nous voyons vient du muscle, qui est une partie du changement de l'expression faciale qu'il a quand il... Tout est terminé? Merci beaucoup.
J'ai une question pour vous. Vous n'adoptez pas la présence ouverte quand vous conduisez dans la rue ou quand
vous allez au poste? Non, mais certainement, l'idée est qu'il n'y a pas de discontinuité entre la méditation et la vie quotidienne. Certainement, nous disons que les méditateurs expérimentés restent toujours en présence ouverte. C'est une sorte de notion de flot.
Aujourd'hui, la question des émotions est au cœur des recherches sur l'activité cérébrale. Mais comment fonctionne la régulation émotionnelle? L'hypothèse des scientifiques du projet Esprit et Vie est que notre capacité à réguler les émotions peut transformer notre tempérament et par là même améliorer notre aptitude au bonheur. Cet entraînement émotionnel que les bouddhistes pratiquent depuis 2500 ans attire et questionne la psychologie occidentale.
Une
idée habite les scientifiques depuis de nombreuses années.
Est-ce qu'un entraînement
méditatif peut aider
à récupérer plus vite d'un épisode émotionnel?
Une façon de faire est de susciter artificiellement une
émotion
puis d'observer sa montée et son retrait. Et on peut mesurer cela avec la physiologie, les expressions faciales et d'autres mesures indirectes comme le sursaut oculaire
Nous présentons une diapositive et
puis, quelques secondes après son apparition, le sursaut oculaire peut se déclencher. Dans le contexte de cette expérimentation avec des moines tibétains,
Les différences culturelles liées à des
diapositives conçues pour tester des sujets occidentaux
posaient problème
Par exemple, cette diapositive d'une glace
au chocolat n'a pas été comprise Pour
nous enfin pour moi, c'est une image très positive. Eh bien le méditant n'a pas reconnu cette
image.
Quand
une
émotion surgit ou est déclenchée nous ne sommes pas conscients du processus qui l'a provoqué.
Ce processus
échappe à la conscience
On peut
s'en rendre compte après coup J'ai été effrayé par ceci ou par cela, Mais on ne commence pas par discerner en soi la montée de l'émotion.
C'est
automatique et ça arrive en une fraction de seconde Même le Dalai Lama dit qu'il ne peut pas
l'observer.
Mais ce que l'on peut apprendre à observer avec beaucoup
d'effort,
c'est la montée de l'impulsion qui motive
l'action
et qui est aussi très brève.
Mais
les bouddhistes se concentrent particulièrement sur cette impulsion.
Ok, René, nous allons commencer
le
premier film maintenant. Ok, Renée, je vais vous demander de comparer votre expérience émotionnelle. Et je voudrais que vous utilisez une taille de 0 à 8 pour me dire combien de chaque émotion
vous avez ressenti
tristesse. 4. 2. 0. 6.
Je ne trouvais pas ça si puissant, parce qu'il est trop situé sur des parties du corps, donc tu ne vois pas la personne. Ce
qui est difficile pour nous, les chercheurs, c'est de trouver des stimuli qui différencient les gens qui ont une réponse compétitive ou qui ressentent une réponse compétitive de ceux qui en sont moins possibles. Il
y a des shots où on peut se sentir comme une personne là-bas, mais pas tellement, parce que ça se concentre sur l'échec. Parce que ça, si on le montre à un docteur, il n'a pas de réaction normale. parce que c'est sa profession, ou un bâtisseur, juste pour donner un exemple. Donc, vous n'avez pas de réaction spécifique. Un méditeur peut décider s'il n'a pas d'expression du tout, parce que s'il se concentre sur l'épaule, il n'a pas de réaction du tout. As-tu fait quelque chose
comme ça avant le film? Faisons un
peu de codage. Avez-vous vu ce qu'il vient juste de faire?
Avec
le fax, le système de codage des expressions faciales
qui est un
système totalement cohérent d'unités d'action développé par Paul Ekman et Wally Friesen, tout mouvement visible du visage reçoit un numéro de code arbitraire Si vous soulevez la partie intérieure du sourcil, c'est l'unité d'action 1. Si vous levez la partie extérieure, c'est l'unité 2, ce qu'il vient juste de faire. Et si vous les froncez, c'est l'unité 4. Il y a 44
unités d'action. Là, il a
dilaté ses narines. C'est l'unité d'action 38. Le rythme de clignement des
yeux a
augmenté.
Et
c'est une action que l'on code. Tout le monde ne le fait pas, car le rythme
de clignement
est très fréquent.
Ce qui est intéressant ici, c'est le manque d'expression.
Lorsque Montre a ses films à des étudiants, ils affichent
un dégoût intense, ou bien
quelquefois un mélange
de peur et de dégoût, comme ça. Accentué Parfois, il exprime de la concentration en crispant légèrement les paupières
Mais sinon, je ne décèle rien.
A San
Francisco, le projet de
recherche CEB, Cultiver l'équilibre émotionnel, initie des professeurs d'école à la méditation de la présence attentive. Dans ce laboratoire dédié à la psychologie de la santé, les scientifiques évaluent l'influence de la méditation pour réduire le stress et les émotions perturbatrices. Ils provoquent artificiellement des émotions et en mesurent les expressions physiologiques.
Une des hormones du corps la plus affectée par les facteurs psychologiques est le cortisol, on l'appelle l'hormone du
stress.
Et ce que nous avons montré, c'est qu'elle ne réagit pas à tous les types de stress et que son taux augmente seulement sous certaines
conditions. En
fait, il y a très peu de circonstances qui activent cette hormone. Et l'une des plus puissantes est de se retrouver dans un contexte d'évaluation personnelle ou de jugement
social. Il
semble en fait que lorsque quelqu'un se sent menacé ou jugé négativement, cette menace active le système. Rappelez-vous de travailler
aussi rapidement et plus précisément que possible et de parler clairement. Regardez directement dans la caméra. en parlant au micro et on va commencer à 2095 en continuant de subtracter 13. S'il vous plaît,
regardez la caméra. Ok, 2095, 2082, 2079. Désolé, s'il vous plaît, repartez à 2095. 2095, 2082, 2069. 2056. Ok, nous avons maintenant une autre tâche pour
vous. S'il vous plaît, comptez à l'arrière en commençant par le numéro 1097. 1097. S'il vous plaît,
concentrez-vous
sur
la caméra. 1097. 1070. Minus... Qu'est-ce qu'il y a? Minus 23. 1097.. Les
bouddhistes disent que les pratiques contemplatives et la méditation peuvent réduire notre attachement au soi Il est très intéressant ici de formuler une hypothèse ou de poser une question.
Est-ce
qu'un entraînement méditatif peut réduire notre sensibilité à la menace sociale
au rejet? Ainsi
le système du cortisol et les autres systèmes que nous étudions sont activés moins fréquemment et nous pouvons avoir une meilleure santé sur la
durée.
La méditation de la présence attentive, c'est mon point de vue vous contraint à prêter attention à des processus
automatiques.
Respirer est automatique. On n'a pas besoin de penser pour respirer.
Marcher
est un automatisme. Une fois que c'est acquis, pas besoin d'y penser C'est comme porter les aliments de son assiette à sa bouche
Avec
les pratiques de la présence attentive, vous devenez conscient des mécanismes automatiques et vous construisez de nouvelles connexions neuronales. Pour cela, vous construisez de
nouvelles connexions neuronales qui n'existent pas.
Ma théorie, et c'est dans les dernières pages de la seconde édition de mon livre« Les émotions révélées», est que ces nouvelles neuroconnexions, développées par le contrôle du souffle, de la marche ou de la nourriture, vous permettront de maîtriser la montée des impulsions émotionnelles qui sont aussi
automatiques.
Si vous rendez des processus automatiques conscients, alors vous
serez
conscient d'autres automatismes. Nous concentrons notre attention sur les sensations légères du souffle qui passent à l'entrée des
narines.
Observez avec attention la sensation de l'inspiration Suivez-la étroitement Et dès que vous sentez que le relâchement ou la lourdeur s'installe dans votre esprit, immédiatement remédiez-y en reprenant votre attention et en retrouvant un nouvel intérêt dans la pratique
D'un
autre côté, si votre esprit tombe dans l'excitation, alors détendez-vous plus profondément C'est parce que vous prêtez attention à la sensation tactile de la respiration. Et la sensation tactile de la respiration n'est pas particulièrement plaisante. Ce n'est pas un menu
gourmet.
C'est très quelconque. Ce n'est ni plaisant, ni désagréable, mais c'est simplement neutre
Mais
la grande
découverte,
c'est qu'en prêtant attention à quelque chose de neutre qui n'est même pas une stimulation et en cultivant et en développant la concentration sur cet objet
neutre
le bonheur émerge de cette attention. C'est là une grande découverte.
Un point de tournée.
Un moment crucial dans cette recherche sur le terrain s'est déroulé un après-midi dans la maison d'un yogi avec qui nous avons discuté de la nature de la compassion
Il ne
voulait rien avoir à faire avec nos tests et nos ordinateurs. Et cet après-midi a changé notre vie.
Ce guéché
s'est ouvert à nous Et il a abordé la possibilité de susciter par l'émotion le désir sincère de soulager la souffrance
d'autrui.
Cette compassion, ce n'est pas ressentir la douleur de ceux qui souffrent mais c'est l'aptitude intérieure de trouver les moyens pour soulager la souffrance
Et
cet après-midi, Richard Davidson s'est assis et a dit« Je vais introduire la compassion dans le lexique de la psychologie occidentale.»
Yontem est un Gomchen, c'est-à-dire un pratiquant confirmé. Il vit au Bhoutan, un royaume bouddhiste au cœur de l'Himalaya orientale. Une dizaine d'autres méditants confirmés l'ont précédé dans ce laboratoire des neurosciences de l'affect. Ici, à l'université du Wisconsin, la recherche porte sur un sentiment méconnu de la psychologie occidentale, la compassion. Pour les bouddhistes, La compassion est une méditation centrale, complexe, qui ne s'adresse pas
aux novices.
Les bouddhistes ont développé un ensemble de procédures mentales conçues pour augmenter le niveau de compassion d'une personne. Et
notre
objectif est de mieux comprendre ce que l'entraînement volontaire de la compassion produit dans le cerveau. Nous utilisons l'électroencéphalogramme et l'IRM pour observer les changements induits dans le cerveau par la pratique de la génération volontaire de la
compassion
Vous lui avez demandé de
renforcer les stiles?
On va commencer maintenant. On va commencer maintenant. On va commencer maintenant.
Donc là, on envoie des sons qui ont un système de valence. Ça peut être positif, négatif ou neutre. Et on essaie de voir, on compare la réponse du cerveau à ses stimuli. dans cet état de méditation et dans un état neutre sans méditation. Et on essaie de mieux comprendre comme ça l'impact de cet état méditatif sur le cerveau.
Quelqu'un est venu du Tibet pour rencontrer le Dalai Lama Il avait passé une quinzaine d'années en
prison
et il avait été torturé de nombreuses fois Et sa sainteté lui a demandé s'il avait peur parfois.
Et
cette personne a réfléchi longuement et a
dit«
Parfois j'avais peur de ressentir une haine féroce envers ceux qui me torturaient.
Car
cela m'aurait complètement détruit.
Et
en plus, j'aurais perdu tous mes repères à propos du sens de la
vie.
J'aurais perdu la profondeur de ma recherche et ça aurait été la pire des choses. Quand cela a été rapporté devant des intellectuels français, ils ont dit C'est méprisable C'est une résignation
stupide.
Vous excusez la torture
Pourtant,
il y a une différence entre la résignation et la compassion envers ceux qui vous maltraitent Et il faudrait seulement espérer que les sentiments qui provoquent tout cela
cessent,
que toute la souffrance qu'ils infligent aux autres et parfois à eux-mêmes, que cela disparaisse et que ces émotions destructrices quittent leur
esprit. Voilà la véritable compassion. Tu veux que je te montre ce que je peux faire?
J'ai fait un petit déjeuner avec mes enfants. J'ai fait un petit déjeuner avec mes enfants. J'ai fait un petit déjeuner. Lorsque l'on est en train d'aller à l'hôpital, il y a des gens qui sont en train de s'occuper de nous. Ils nous appellent et nous appellent. Ils nous appellent et nous appellent. Ils nous appellent et nous appellent. Ils nous appellent et nous appellent. Ils nous appellent et nous appellent. Le
modèle pour la compassion, et je suis d'accord avec les
bouddhistes,
c'est la relation parent-enfant, ainsi les parents ne sont pas tarés. La question, c'est comment aller au-delà du cercle de la
famille.
Clairement, certaines personnes le font, sans entraînement bouddhiste par exemple les infirmières, les médecins, les urgentistes et les ambulanciers. Pour la plupart des gens, le cercle de la compassion est restreint, et je ne pense pas qu'on sache comment développer cela. Et peut-on imaginer que tout le monde devienne, à l'instar de Dalai Lama compassionnel envers tous les êtres vivants?
La découverte que nous avons
faite
est que parmi les pratiquants confirmés, il y a des changements d'activation de la fréquence gamma dans le cerveau. Et gamma est une fréquence d'oscillation associée à l'activité de réseaux de neurones dans le cerveau
Et
ce que nous avons trouvé, c'est qu'il y a des réseaux spécifiques qui sont activés en synchronie.
Et
nous avons observé en particulier des réseaux dans le cortex préfrontal et aussi à l'arrière du cerveau dans le cortex pariétal Et ces zones étaient fortement activées et en complète synchronie pendant la génération volontaire de la compassion.
Le matin, on se réveille et on se dit que c'est le bon moment. On se dit que c'est le bon moment. On se dit que c'est le bon moment. On se dit que c'est le bon moment. On se dit que c'est le bon moment. C'est pour ça qu'il y a beaucoup d'épreuves. C'est pour ça qu'il y a beaucoup d'épreuves. C'est pour ça qu'il y a
beaucoup d'épreuves. C'est
pour ça qu'il y a beaucoup d'épreuves.
Cette histoire est arrivée dans
ma vie
il y a 14 ans Et maintenant, il y a une continuité qui s'est établie sous la forme d'une nouvelle recherche qui tire les leçons de cette expérience. et qui sera plus interprétable scientifiquement. Adam Wallace et moi, nous avons entrepris un projet de seconde génération, le projet Shamatha. Le
neurobiologiste Francisco Varela, décédé en 2001, est l'un des initiateurs du dialogue entre le bouddhisme et la science. Il notait dans l'un de ses textes« Dans mon laboratoire à Paris, je mène des expériences sur la prise de conscience, activité mentale très fréquente dans la vie courante. Et lors des expériences, il est nécessaire de distinguer les personnes qui agissent avec naturel de celles qui ont une pratique de la présence attentive.
Ces deux catégories donneront des résultats différents. Le travail personnel sur l'expérience vécue ne peut plus rester extérieur à la recherche scientifique. Là se situe le potentiel révolutionnaire issu de toutes les traditions contemplatives qui constituent l'héritage de l'humanité. Sous-titrage MFP.
