Depuis la nuit des temps, le ciel fascine l'homme
D'abord pour l'admirer, puis pour comprendre son fonctionnement. Et enfin, pour l'explorer toujours un peu plus loin.
Mais certaines des planètes de la voûte céleste ont nourri plus intensément les fantasmes et les interrogations des observateurs novices ou chevronnés. Avec Mercure, Vénus, Jupiter et Saturne, une cinquième planète est visible à l'œil nu depuis la Terre.
Mars
Moins d'un siècle après la première utilisation par Galilée de sa lunette grossissante, les observations de Mars permettent en 1666 à Giovanni Cassini de découvrir la calotte polaire sud. Cette calotte polaire, ne pouvant être que de l'eau glacée, lança l'idée de la présence d'eau sur Mars. Dès lors, la planète rouge
a été source de tous les fantasmes. Si les multiples missions scientifiques envoyées sur place ont révélé que notre proche voisine était, il y a de cela quelques milliards d'années, elle aussi une planète bleue, la vie a-t-elle pu s'y développer? Après la Lune, la petite sœur de la Terre représente la nouvelle frontière. Le nouveau monde à découvrir. Des intérêts politiques, économiques et technologiques se mêlent au désir d'exploration jamais assouvi
de l'être humain. Mais sommes-nous réellement prêts à aller fouler le sol martien? Sous-titrage ST' 501
Alors la planète Mars, elle est deux fois plus petite globalement que la Terre. Vénus et la Terre sont à peu près de la même taille. Mars est deux fois plus petite que la Terre et la Lune est deux fois plus petite que Mars. Ça donne à peu près l'échelle. Alors Mars, c'est un cas fantastique parce qu'elle est en limite externe de la zone habitable. Elle est très aride, il n'y a pas d'eau, très peu de vapeur d'eau. Donc c'est assez compliqué de s'y épanouir. C'est un grand désert, froid et gelé.
Huit planètes orbitent autour du Soleil Il existe deux grandes familles de planètes à distinguer. Les géantes gazeuses. Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Les planètes gazeuses sont de loin les plus grosses planètes et les plus éloignées du Soleil. Elles ne sont en fait constituées de gaz que sur une certaine épaisseur. En dessous, leur matière est liquide ou solide. il y a aussi quatre planètes rocheuses dites telluriques. Les planètes telluriques sont elles aussi au
nombre de quatre. Il s'agit de Mercure, Vénus, la Terre et enfin Mars. À l'inverse des géantes gazeuses, elles sont les plus proches du Soleil et sont nettement plus petites. Même si leurs tailles respectives varient, elles ont toutes la
particularité de posséder une structure interne similaire. Elles sont constituées d'un noyau métallique en leur centre, entourées d'une épaisse couche de roche en fusion qu'on appelle le manteau, le tout cerclé par une fine épaisseur de roche solide qu'on appelle la croûte. Une planète tellurique a une densité relativement élevée, une rotation lente, une surface solide, pas d'anneaux et peu
de satellites. Suivant le modèle standard de formation des planètes telluriques, celles-ci se seraient formées par accrétion de petits grains solides situés sur leurs orbites. Particules de matière qui devaient constituer un disque relativement homogène autour du Soleil. Mars, dernière planète tellurique gravitant autour du Soleil, dont l'orbite est plus éloignée que celle de la Terre, aurait donc dû être proportionnellement plus volumineuse que la Terre. La planète rouge aurait en
effet dû récolter plus de matière que notre planète. Mais en 2011, l'Observatoire de la Côte d'Azur a avancé une nouvelle théorie
Au moment où tout ça s'est formé, toutes les planètes se sont formées en même temps, à commencer par Jupiter. Jupiter s'est formée, énorme planète! 375 fois la masse de la Terre. Et on pense que peu après sa formation, alors qu'il restait beaucoup de matière comme ça en orbite autour du Soleil, les forces très complexes de gravitation de part et d'autre dans ce disque de matière ont fait que Jupiter s'est mis à migrer doucement vers le Soleil.
normalement elle ne devrait pas faire ça, mais à cause de la matière du disque, elle s'est mise à migrer vers le Soleil. Et puis à un moment donné, heureusement, elle aurait dû continuer, heureusement, une autre planète qui s'était formée derrière, qui est devenue Saturne, s'est mise à la suivre, et puis là, après ça devient de... la magie des calculs de modèles gravitationnels à Encore, eh bien, Saturne s'est mis à raisonner, c'est-à-dire à attirer régulièrement Jupiter, ce qui
fait que Jupiter est reparti dans l'autre sens. Mais dans ces calculs, on se rend compte que Jupiter s'est approché de l'orbite, ce qui est devenu l'orbite de Mars, et a récupéré plein de matière en passant. Et quand elle est repartie, ok, il restait... Un bon disque là où s'est formée Vénus, un bon disque là où s'est fermée la Terre. Par contre, dans la zone où finalement s'est formée Mars, les 90% avaient été éliminés, ce qui fait qu'on a formé une petite planète, Mars
Si petite soit-elle, Mars n'est pas seule. A l'instar de la Terre, elle a de la compagnie. Deux petites lunes, deux petits satellites, Phobos et Deimos. Patatoïdes complètement cabossés, ils gravitent très près de Mars. On ne sait pas précisément leurs origines. Plusieurs théories existent
Premier scénario, c'est que tout simplement, Mars, autrefois, à un moment donné dans son existence, a été frôlé par une astéroïde. Cette astéroïde s'est mise en orbite autour de Mars, et c'est devenu Phobos, puis une autre a fait Deimos. Première hypothèse,
donc Phobos et Deimos sont des astéroïdes capturés. Autre possibilité, dans un lointain passé, Mars a été impacté par une grosse astéroïde, explosion générale, une partie de matière a été éjectée dans l'espace, une partie s'est retrouvée en orbite autour de Mars, tout ça s'est recombiné, attiré, agrégé par gravité, et ça a formé Phobos et aussi Deimos. Donc Phobos et Deimos, dans ces scénarios-là, ce seraient des morceaux de Mars qui ont été éjectés et en orbite autour de Mars.
Alors on a envie de mener l'enquête, surtout si c'est un morceau de Mars, ça permet d'aller récupérer des morceaux de Mars sans avoir à descendre dans ce gros puits de gravité qu'est Mars. On n'a pas besoin de construire une fusée, on peut juste aller gratter Phobos et Deimos.
Donc on va mener l'enquête et en particulier, ça c'est le grand objectif d'une mission japonaise, qui s'appelle MMX, Mars Moon Explorer, qui sera lancé normalement en 2024, à laquelle de nombreux collègues français sont associés, et qui a pour objectif d'accoster, on va dire accoster parce que la gravité est très faible, se poser sur Phobos, de ramasser quelques cailloux et de
les ramener sur Terre. Et là, on pourra enquêter et les comparer aux quelques morceaux de Mars qu'on a un peu récupérés par hasard, et puis vous comprendre mieux son origine et à les analyser.
La théorie d'impact interplanétaire ayant amené la création des deux satellites de Mars montre encore l'importance des similitudes entre la Terre et la planète rouge.
Il y a même eu une théorie comme quoi ça aurait pu être Olympus Mons, le volcan géant, qui fait plus de 20 km, qui aurait éjecté de la matière en orbite, parce qu'évidemment, à 25 km de haut, il ne reste plus grand-chose pour aller en orbite. Ça, c'est probablement la théorie la plus farfelue, la plus poétique. Non, vraisemblablement, ce sont des astéroïdes capturés, mais on n'en a pas la preuve.
Il existe ainsi de nombreuses similitudes entre la Terre et la planète Mars. Elle est la plus proche voisine de la Terre. C'est la planète tellurique la plus éloignée du Soleil. Son orbite est ainsi de 687 jours, soit presque deux fois celle de la Terre. Elles ont toutes les deux une rotation journalière presque identique, et partagent ainsi une organisation saisonnière quasi semblable. Naturellement, la question de la vie sur Mars
est rapidement devenue l'axe majeur des recherches scientifiques. La vie sur Mars a-t-elle un jour existé? Et dans l'avenir, la vie humaine sur Mars sera-t-elle possible?
Depuis toujours, bien sûr, on se pose la question de savoir s'il y a pu y avoir une vie sur Mars. Quand on regarde la géologie des terrains anciens de Mars, on se rend compte que Mars n'a pas toujours été désertique comme aujourd'hui. Donc il y a 3, 4 milliards d'années, on avait une planète Mars qui ressemblait un peu à la Terre, à une époque où d'ailleurs la vie est apparue sur Terre. Donc là, avec tout ça, depuis de nombreuses années, on se posait la question de savoir est-ce que la vie
a pu aussi démarrer sur Mars? Et ça motive énormément de missions spatiales qui mènent l'enquête sur cette ancienne planète Mars. Pas tant la planète Mars sèche et froide actuelle, mais cette ancienne planète Mars qui était couverte de lacs et de rivières
Pendant 500 millions d'années, Mars a pu maintenir une atmosphère permettant à l'eau d'exister à sa surface sous forme liquide. Qu'est-il donc arrivé à cette eau et à cette atmosphère martienne? L'eau, sous forme liquide, sur Mars a existé. Plus personne n'en doute depuis la détection en 1948 de la glace d'eau dans les calottes polaires martiennes par l'astronome américain Gerard Kuiper. Ces calottes polaires sont visibles depuis la Terre. Elles grandissent puis
diminuent au fil des saisons. Constituée chacune d'une partie pérenne d'eau gelée en profondeur la glace d'eau s'étend cependant bien au-delà des limites visibles des calottes polaires. Elle se trouve sous les plaines du nord, se mélange au sol pour former le permafrost. Elle est également présente dans le milieu des cratères martiens des hauts plateaux du sud, où elle s'y trouve sous une forme
encore plus pure. Mais il y a plus de 4 milliards d'années, c'est le long de longues vallées ramifiées sur les hauts plateaux que l'eau liquide coulait. Ces vallées ressemblaient beaucoup à nos fleuves terrestres. En général, leur longueur ne dépassait pas les 200 km de long pour quelques kilomètres de large. Mars possédait donc de longs fleuves d'eau liquide, des fleuves se jetant dans des mers, et pourquoi pas, des océans.
Alors on sait qu'il y a de l'eau sur Mars depuis très longtemps parce que les banquises, les deux pôles, on les voit depuis la Terre. Donc quand on a commencé à observer Mars au télescope, on a bien vu qu'il y avait au pôle de Mars des petites zones blanches et... C'est assez raisonnable de dire que c'est des glaces. On a pu le vérifier depuis la composition. Il y a de la glace d'eau et de la glace de dioxyde de carbone, mais il y a bien de la
glace d'eau. Quand on a commencé à regarder les structures à la surface de Mars, On voyait bien qu'il n'y avait pas de rivières, il n'y avait pas de lacs, il n'y avait pas de mer. Mais par contre, on avait les traces de ces rivières, de ces mers, de ces lacs. Donc, ils sont asséchés aujourd'hui, mais clairement, il y a des endroits où l'eau a coulé. On voit clairement des rivières, des cascades, des rivages de lacs, par exemple.
Tout ça est clairement mis. Et en plus, ce n'est pas juste des images qu'on interprète un peu comme ça. On a la composition, les minerais qu'on retrouve dans ces zones-là, qui sont des minerais hydratés, donc qui montrent bien qu'effectivement, il y a eu de l'eau à cet endroit-là. Alors il est clair que cette idée d'avoir de l'eau liquide
sur Mars nous amène directement à l'idée de vie. Ça c'est évident et c'est pas pour rien qu'on a des missions qui vont aller sur Mars ou qui sont en chemin pour justement essayer de détecter la vie passée en plus d'une éventuelle vie contemporaine
De nombreuses missions ont été lancées au fil des ans. En 1976, lorsque les satellites américains vikings ont commencé à scanner la surface de la planète rouge, ils ont détecté des centaines de chenots, de canyons où l'eau coulait il y a plus de 3 milliards d'années. Puis, un nouveau satellite de la NASA, Mars Global Surveyor, dans les années 1990, a permis de découvrir
des ravines. Enfin, le satellite Mars Reconnaissance Orbiter, depuis une quinzaine d'années, observe, lui, des coulées considérées dès leur découverte comme de l'eau liquide en mouvement. Il y a environ 4 milliards d'années, Mars a connu un changement climatique global. Son intérieur s'est refroidi, provoquant la disparition de son champ magnétique. L'atmosphère de la planète rouge s'est donc retrouvée en proie au vent solaire, diminuant l'effet de serre et provoquant l'échappement
lent et inexorable de cette dernière. Mars est progressivement devenu un désert glacé. Malgré les nombreuses similitudes qu'ont connues la Terre et Mars lors de leurs jeunes années, elles ont fini par emprunter des chemins divergents. Ainsi, l'homme, en quête de réponses concernant son passé et son avenir, continue d'envoyer des missions vers Mars et ses satellites.
L'idée, ce n'est pas tellement que Mars ait perdu son eau. Encore une fois, sur Mars, il reste beaucoup d'eau. Non, le problème de Mars, c'est qu'elle a perdu son atmosphère. Actuellement, il a une fine atmosphère de dioxyde de carbone, essentiellement, mais la pression à la surface est à peu près 100 fois plus faible que sur Terre. Et ça, ça ne permet pas d'avoir de l'eau liquide. Donc, qu'est-il arrivé à
cette atmosphère? On pense qu'autrefois, il y a plus de 3 milliards d'années, Mars a dû avoir une épaisse atmosphère qui a permis le lac et les rivières de couler à la surface. Qu'est-ce qui s'est passé? Il y a plusieurs hypothèses. On va retenir les deux principales. Une première hypothèse, c'est qu'à cette époque-là, s'il y avait des lacs et des rivières et qu'il y avait du CO2, le CO2 a pu très souvent se dissoudre dans l'eau liquide. C'est ce
qui se passe sur Terre tout le temps. Et on sait que le CO2, quand il se dissout dans l'eau liquide, dans les lacs et les rivières, au bout d'un moment, il précipite, il forme des carbonates. En fait, il forme des roches calcaires. Sur Terre... Tout le CO2 qui était là au départ, on pense qu'il y avait 60 atmosphères de dioxyde de carbone. Tout ce CO2 s'est dissous dans l'eau et a formé des roches calcaires. Les falaises des trottas,
tout ça, c'est du CO2 sous forme minérale. Sur Terre, ce n'est pas trop grave, parce que sur la Terre, la surface est constamment recyclée. Vous avez des plaques tectoniques. Les plaques se plongent les unes au-dessous des autres, ce qui fait que ces roches calcaires qu'on trouve par exemple au fond des océans, Au bout d'un moment, ces roches calcaires, les carbonates à très haute température, vont être transformées à
nouveau en gaz et les volcans recrachent le CO2. Ce qui fait que sur Terre, on a un petit peu de CO2 dans l'atmosphère, essentiellement à cause des volcans, puis maintenant, bien sûr, à cause des humains qui en mettent trop. Mais ça, c'est une autre histoire. Donc, on a toujours maintenu un petit peu de CO2 et on n'a pas perdu notre atmosphère. Mars, la même chose a pu se passer. Par contre, il n'y a pas de tectonique des plaques.
La surface n'est pas recyclée. Ce qui fait qu'on pourrait très bien imaginer un scénario où, Tout le CO2 qui était présent dans l'atmosphère s'est dissous dans l'eau liquide, a formé des roches calcaires et qu'elles sont encore là. Donc ça c'était un syndrome qui était très à la mode jusqu'à il y a à peu près 20 ans. L'autre théorie pour expliquer pourquoi Mars a perdu son atmosphère, c'est qu'elle aurait perdu son atmosphère dans l'espace. L'atmosphère, le gaz, l'air se seraient échappés.
Le vent solaire véritablement arrache l'atmosphère martienne et donc l'eau quitte la planète comme ça. Mais pas toute l'eau. Il reste bien de l'eau actuellement, de l'eau sous forme de vapeur d'eau, de l'eau sous forme de glace. Il neige sur Mars à certaines saisons. Et puis, on a une partie de l'eau qui est dans le sol
En effet, parmi les spéculations qu'on peut entretenir sur Mars, c'est l'idée que, d'accord, la surface est aujourd'hui stérile et sèche, mais il est possible qu'en profondeur... il y ait ce qu'on appelle des nappes aquifères, tout simplement de l'eau liquide dans les portes du sous-sol, à un endroit où la pression est plus élevée, il fait plus chaud à cause de la chaleur géothermique. Et donc on aurait des nappes
d'eau liquide. Et s'il y a eu autrefois de la vie sur Mars, on peut tout à fait envisager que la vie s'est réfugiée là
La quête pour trouver des plantes ou des formes de vie avancées sur le sol martien débuta dans les années 60. Dans la continuité du programme Mariner, qui avait pour objectif d'envoyer des sondes spatiales afin d'étudier les planètes du système solaire, la NASA lance officiellement en décembre 1968 le programme Viking. Le
projet Viking comprenait deux engins, Viking 1 et Viking 2. Chacun formé d'un orbiteur destiné à se placer en orbite autour de Mars et d'un atterrisseur capable de se poser en douceur à la surface de la planète. Lancés en 1976, les sondes spatiales vikings ont permis de découvrir que de nombreuses formations géologiques à la surface de Mars avaient été formées par
l'action de l'eau. Mais malgré l'emport d'instruments d'analyse sophistiqués, elles n'ont pas permis de déterminer si des formes de vie étaient présentes sur le sol martien. Depuis, aucun autre instrument humain n'a ouvertement cherché de signe de vie sur Mars
La planète Mars, c'est un monde, un monde complexe, encore très actif. Et en plus, on pourrait dire que pour le prix d'un monde, on en a plusieurs. C'est-à-dire qu'on peut à la fois étudier la planète Mars actuelle et puis la planète Mars telle qu'elle était autrefois, en particulier à cette époque où elle était couverte de lacs et de rivières. Donc dans ce contexte-là, on se pose plein de questions scientifiques. On se demande comment fonctionne la météorologie?
le volcanisme, comment s'est-elle formée? Et donc, autour de ces très nombreuses questions scientifiques, pour y répondre, on élabore, on conçoit des missions spatiales qui sont parfois généralistes. Par exemple, actuellement, vous avez en orbite autour de Mars six satellites actifs, sans compter tous ceux qui sont morts récemment. On a envoyé beaucoup de sondes spatiales autour de Mars. Actuellement, vous
avez six satellites en fonctionnement. Et certains, par exemple, Mars Reconnaissance Orbiter ou Mars Express, Ce sont très généralistes, ils ont des caméras, des caméras spectrales, c'est-à-dire pour faire des cartes de minéralogie, mais en même temps, ils regardent l'atmosphère pour faire de la météorologie, et en même temps, ils vont avoir un radar pour sonder l'intérieur, etc. Et puis
d'autres sont plus spécialisés. Par exemple, la mission MAVEN est conçue pour étudier l'échappement de l'atmosphère dans l'espace, avec plein d'instruments, une très belle mission, mais qui est conçue pour répondre à cette question-là. Alors, ça c'est vrai pour les missions
en orbite, Et c'est pareil pour la surface. Quand on envoie une mission à la surface, la plupart du temps, on l'envoie dans un endroit bien choisi, au fond d'un ancien lac, au bord d'un delta, etc. Pour mener l'enquête, le plus souvent, comme si c'était un robot géologue
C'est grâce à l'envoi de rover que les informations les plus importantes sur les conditions martiennes, passées et actuelles, nous sont parvenues.
Initiée en 2003 par la NASA, la mission-mère Mars Exploration Rover
avait pour objectif l'envoi sur Mars de deux rovers, Spirit et Opportunity. Spirit pèse environ 185 kg et se déplace sur six roues mues par l'énergie électrique fournie par les panneaux solaires. L'engin qui s'est posé sur Mars le 4 janvier 2004 dans le cratère Gousseff avait pour but d'étudier la géologie de Mars et de déterminer en particulier le rôle joué par l'eau dans l'histoire de la planète. Sa mission, qui devait durer 90 jours,
s'est achevée officiellement en mars 2010. Cette durée de vie lui a permis de parcourir 7,73 km et de largement dépasser les objectifs scientifiques assignés. Opportunity a atterri sur le Meridiani Planum le 25 janvier 2004. Pesant environ 185 kg, le rover a découvert des roches et minéraux probablement formés sous l'eau. Il trouve un site qui confirme la présence d'argile qui n'a pu se former qu'en présence d'eau au pH neutre, c'est-à-dire plus favorable
à la vie que les découvertes antérieures. Il explore le cratère jusqu'au 10 juin 2018. date à laquelle il est paralysé par une gigantesque tempête de sable à laquelle il ne survit pas. Après de nombreuses tentatives de prise de contact, la NASA déclare officiellement la mission terminée le 13 février 2019. En 15 ans d'opération, il aura parcouru près de 45 km carrés. En 2012, c'est le rover Curiosity, plus grand et sophistiqué, qui atterrit sur Gale,
ancien cratère rempli de sédiments situés autrefois sous l'eau. Il est cinq fois plus lourd que ses prédécesseurs, ce qui lui permet d'emporter 75 kg de matériel scientifique, dont deux mini-laboratoires permettant d'analyser les composants organiques et minéraux. ainsi qu'un système d'identification à distance de la composition des roches reposant sur l'action d'un laser. Les laboratoires embarqués sont alimentés par un système sophistiqué. En effet, grâce à sa fourreuse, il peut prélever,
stocker et conditionner les échantillons. Enfin, il bénéficie de logiciels évolués pour naviguer sur le sol martien et exécuter les tâches complexes qui l'attendent. Le rover est conçu pour parcourir 20 km et peut gravir des pentes de 45 degrés. En 2018, Curiosity a découvert des traces d'éléments chimiques organiques à base de carbone dans le sol. Pas une preuve de vie en soi, mais des traces éventuelles. Parallèlement, le 5 mai 2018 était lancé depuis
l'espace le Lander Insight. Près de six mois plus tard, et après avoir parcouru plus de 300 millions de kilomètres, il atterrit le 26 novembre 2018 à la surface de la planète rouge pour se consacrer à l'étude de la structure interne de Mars. Qu'il s'agisse de Insight ou de Curiosity, l'étude des sols tente de nous révéler l'histoire de la formation martienne.
Alors oui, Curiosity a découvert dans différentes roches, dans le sable en particulier, certaines molécules organiques assez particulières. Et ça avait fait un peu la lune des journaux. En plus, c'était ma collègue Caroline Frécinet qui avait fait toutes ces découvertes, donc c'était un très bon travail. Est-ce que c'était la preuve qu'il y a une forme de vie? Non, parce qu'en fait, des molécules organiques de ce type-là, on en
trouve beaucoup dans le système solaire en particulier. Si je prends par exemple la comète Chury, la Churumov-Gerasimenko, qui était l'objectif de la mission Rosetta, on s'est rendu compte que le noyau de cette comète était constitué, peut-être pour plus de la moitié, de molécules organiques. C'était des suies, des
molécules compliquées, toutes sortes de choses. Le fait d'en trouver un petit peu sur Mars, sachant que Mars est bombardée par exemple en permanence par des micrométéorites et des morceaux de comètes finalement, des tonnes et des tonnes tous les jours, d'en trouver un petit peu dans le sable, ce n'est pas tout à fait surprenant. En plus, ces molécules sont particulières, très résistantes, qui sont là depuis très longtemps. Est-ce que c'est la preuve de vie? Non. Est-ce que c'est la
preuve qu'il n'y a pas eu de vie? Non plus. C'est quand même intriguant. On a qu'une envie, c'est de mener l'enquête. On aurait adoré pouvoir ramener dans un vrai laboratoire aussi sophistiqué que ce qu'on a sur Terre des échantillons qu'a analysé Curiosity et qui a révélé la présence de molécules organiques un peu biologiques, mais sans qu'on puisse le prouver. Insight, là, c'est pas vraiment un robot géologue, je dirais que c'est un robot géophysicien. Son but, c'est
de faire de la sismologie. On a mis un sismomètre à la surface, en même temps, on fait un peu de météo. C'est vraiment de la géophysique. Il y a une caméra juste pour voir quel temps il fait, mais à peine. Le but, vraiment, c'est de mesurer ce qui se passe à l'intérieur de Mars pour comprendre sa structure interne, voire même, si on y arrive bien, de mieux comprendre comment elle s'est formée en comparaison avec la Terre.
Mars est un démonstrateur technologique de puissance et de dominance. C'est un terrain de jeu, c'est un coup de semence au monde. Quand on maîtrise les technologies pour aller sur Mars, que ce soit robotique, automatique ou que ce soit pilotée humaine, c'est qu'on a une avance technologique sur le reste du monde. Clairement, ce que savent faire le JPL, la NASA et les Américains, personne d'autre n'a su le faire avec Curiosity. Personne d'autre,
pour l'instant, ne sait le faire. Donc c'est vraiment très important. Les technologies en jeu là sont des très très hautes technologies
À partir de 2020, de nombreuses missions internationales vont aller scruter en profondeur le sol martien. Tout d'abord, la NASA. Avec la mission Mars 2020 et son nouveau rover, Perseverance. Perseverance se posera le 18 février 2021 dans la région du cratère G0 et sera déployée pour remplir les objectifs d'analyse de la mission.
Ce site, emplacement d'un ancien lac permanent qui conserve les traces de plusieurs deltas de rivières, a été retenu parce qu'il a pu constituer un lieu favorable à l'apparition de la vie et parce qu'il présente une grande diversité géologique. Perseverance reprend l'architecture du rover Curiosity. Il dispose d'une palette d'instruments scientifiques qui doivent lui permettre d'identifier de la manière la plus efficace les échantillons de sol. L'astromobile emportera deux
expériences inédites à son bord. MOXIE, laboratoire qui aura pour but de produire de l'oxygène à partir de l'atmosphère martienne. INGENUITY, Petit hélicoptère de reconnaissance qui prendra des photos à quelques dizaines de mètres au-dessus de sa sonde. Alors mars 2020, c'est le...
quasiment le rover frère jumeau de Curiosity. C'est un peu plus d'une tonne. C'est grand comme une Twingo. Donc c'est quand même grand. Spirit Opportunity, c'était plutôt une voiturette de golf. Et Pathfinder, c'était plutôt de la taille d'un four à micro-ondes. Donc on voit bien la succession dans le temps. Pathfinder,
c'était en 97. Spirit Opportunity, 2004. Curiosity, 2012. Et là, Persévérance, 2021. Alors pour la première fois, effectivement, les Américains ont décidé de greffer à persévérance un petit hélicoptère qui s'appelle Ingenuity, qui fait 1,8 kg, qui est vraiment tout petit. Donc c'est un démonstrateur technologique, c'est un prototype qui va démontrer que le vol dans l'atmosphère de Mars, qui est une atmosphère très très ténue, il y a Il n'y a pas de poids, c'est
très léger en fait. Il va être capable de voler pendant quelques dizaines de secondes autour de Persévérance, faire des photos, se reposer. Donc c'est un hélicoptère solaire avec des petits panneaux solaires qui vont recharger une batterie qui vont lui permettre de faire un, deux, trois vols de très courte durée. dont les pales vont tourner à très grande vitesse parce qu'évidemment, dans une atmosphère aussi ténue, il faut battre aussi vite que les ailes d'un colibri.
Perseverance, au premier abord, ressemble beaucoup à une autre mission envoyée il y a quelques années par la NASA qui s'appelle Curiosity. Il y a des différences entre Perseverance et Curiosity. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes instruments.
mais vous avez toujours une caméra, d'ailleurs avec un système d'analyse des roches à distance fourni en particulier par mes collègues de Toulouse en France, donc on a toujours une participation française qui était déjà sur Curiosity et qu'on retrouve en encore mieux sur Persévérance.
Donc le 18 février 2021 précisément, on se pose sur Mars dans un cratère d'impact qui s'appelle G0. Le cratère d'impact G0, c'est un peu comme le cratère Guzef pour Spirit. C'est un cratère dans lequel une paléorivière s'est jetée. Et à la frontière, à l'exutoire précisément, de cette paléorivière et du cratère, la rivière a formé un delta, comme le delta du Nil,
comme le delta d'Amazon, c'est-à-dire une accumulation de sédiments. Les sédiments sont des sables, des limons, c'est tout ce que la rivière a charrié et a emmené avec elle sur son passage.
On va se promener dans les strates de ce delta. Un peu plus loin, vous avez un gros dépôt de roches argileuses encore plus anciens, donc il y a de quoi faire. Et on va choisir des échantillons de sédiments, les mettre dans des petits containers soigneusement scellés, puis on
va faire des petits tas. Normalement, si tout se passe bien, en 2026, peut-être 2028, la NASA, avec l'Agence spatiale européenne, va envoyer une nouvelle mission qui va se poser à côté de« Persévérance», envoyer un petit rover qui va ramasser tous ces échantillons qui ont été soigneusement ramassés depuis toutes ces années, les mettre
dans une petite fusée, les renvoyer en orbite. Et là, en orbite, une grosse sphère qui contiendra quelques centaines de grammes de tous ces échantillons va être récupérée par une sonde, principalement européenne, qui va rallumer ces moteurs, repartir vers la Terre et les renvoyer, les déposer dans un petit atterrisseur sur la Terre. Et là, on pourra... les mettre dans des laboratoires. Et on va pouvoir faire une science assez fantastique, une science qui a d'ailleurs été la priorité pour tous
mes collègues géologues martiens depuis toujours. Ça fait 40 ans qu'on rêve de ramener des scientifiques de Mars et on va enfin le faire si tout se passe bien
Pour remplir les objectifs de sa mission, l'Astromobile devra prélever jusqu'à 43 carottes de sol et de roche sur des emplacements qui ont été favorables à l'apparition de la vie et qui en conserveraient des traces. L'Europe et la Russie, quant à elles, se sont associées pour une même mission, le programme ExoMars. Ce programme regroupe deux missions spatiales à destination de la planète Mars, développées par l'agence spatiale européenne ESA,
avec une participation importante de l'agence spatiale russe Roskomov. Le rover Rosaline Franklin, dont le lancement est prévu pour la fin 2022, fera partie de la mission. L'objectif scientifique du programme sera l'étude de l'atmosphère de la planète rouge, en particulier la détermination de l'origine du méthane trouvé à l'état de trace, ainsi que la recherche d'indices d'une vie passée ou présente sur la planète.
Rosalind Franklin, c'est un rover de l'Agence spatiale européenne dans le cadre du programme ExoMars qu'on a élaboré avec nos collègues russes. Elle va être apportée à la surface par un gros atterrisseur porteur qui s'appelle Kazachok. Et il y aura Ozen Franklin, un robot quand même de 300 kg à peu près, qui va descendre à la surface et aller se promener et explorer. Alors Ozen Franklin, c'est un robot plutôt géologue et un peu exobiologiste. Pourquoi? Donc il va
se déplacer. On a choisi de l'envoyer dans un endroit particulier. C'est un endroit où on a détecté à la surface des accumulations de nombreux sédiments d'argile. Alors l'argile, vous allez me dire... C'est pas très intéressant. Sur Terre, il y en a partout. C'est vrai. Sur Terre, il y en a partout parce que l'argile, il se forme en présence
d'eau liquide. Donc, sur Terre, c'est très courant, mais là, on a vraiment des grandes quantités d'argile qui sont la signature qu'il y a eu là, une des roches qui ont été imprégnées pendant au moins des milliers d'années par de l'eau liquide. Donc, on a choisi cet endroit-là pour que la sonde puisse aller voir ce qui s'est passé autrefois.
Rosane Franklin, par rapport aux robots équivalents qui ont été notamment envoyés par les Américains, Elle a une caractéristique, c'est qu'elle est équipée comme les robots américains de micro-laboratoires pour caractériser les roches, etc. Mais sa spécificité, c'est qu'elle va pouvoir faire un forage pour aller chercher des échantillons, non pas juste près de la surface, ramasser les cailloux, mais
aller chercher des échantillons à 2 mètres de profondeur. Vous allez me dire, à 2 mètres, ça ressemblait beaucoup à ce qu'il y a à la surface. C'est vrai, c'est à peu près les mêmes roches. Ce qui se passe, c'est qu'on pense que lorsque les roches sont près de la surface, elles sont altérées. par le rayonnement électromagnétique venu du Soleil, le rayonnement cosmique, par la chimie de l'atmosphère qui est très agressive, très stérilisante, très occidente, on dit dans notre jargon.
Ce qui fait qu'en allant chercher des échantillons à 2 mètres, on pense que ces roches, les échantillons de sédiments qu'on va récupérer là, auront été beaucoup mieux conservés depuis leur formation, il y a plusieurs milliards d'années. en particulier pour les molécules fossiles qui pourraient avoir gardé la trace d'une activité biologique. L'objectif est d'aller voir si on trouve des molécules fossiles témoins d'une activité biologique il y a quelques milliards d'années.
Il vaut mieux les prendre en profondeur.
L'Agence spatiale européenne a des ambitions très importantes avec Mars en ligne de mire. Alors c'est très compliqué. On a des grands succès en orbite. Pour l'instant, on n'a pas encore des grands succès au sol. Atterrir sur Mars, c'est très compliqué. Donc on prend notre temps, on vérifie que tout fonctionne bien et on espère que tout fonctionnera bien quand on enverra ce rover sur la planète rouge. Ce n'est pas gagné. Les Soviétiques et les Russes ont beaucoup échoué.
Les Américains ont eu aussi quelques échecs cuisants. Mars n'est pas une planète facile
À l'instar des missions lunaires, la conquête de Mars est devenue une course où toutes les nations tentent de franchir la ligne en premier. La Chine a récemment lancé sa nouvelle mission, Tianwen-1, qui transportera un rover, un orbiteur et un lander. La sonde atterrira dans une région qui possède un riche passé hydrologique, illustré par l'abondance de ses vallées fluviales.
Les objectifs de la mission sont notamment l'étude du climat de Mars, de la distribution d'eau et de glace, de sa structure interne et de sa topographie.
Les Chinois ont un programme spatial assez discret, mais extrêmement ambitieux. Ils ne communiquent pas beaucoup, mais là, ils ont, contre toute attente, communiqué depuis quelques années sur Tianwen-1. qui est une mission extrêmement ambitieuse, qui va en même temps déposer un lander, c'est-à-dire une grosse plateforme fixe, sur laquelle il y aura un rover assez important qui va pouvoir se
promener à la surface de la planète. Et on voit bien que ce sont les prémices d'un programme beaucoup plus ambitieux qui, à terme, déposerait peut-être des astronautes chinois, des taïkonautes, à la surface de la planète rouge.
Au-delà de l'analyse du sol martien et de la recherche de possibles traces de vie, l'envoi de l'homme sur Mars est, à l'instar de la colonisation lunaire des années 60, l'objectif de toutes les nations prétendant au trône de la conquête spatiale actuelle et de ses découvertes futures. Toutefois, cet objectif est autrement plus complexe et coûteux à atteindre. Dans ce qui était à l'époque le jardin secret des nations et des gouvernements,
un nouveau concurrent s'est invité à la course. Le secteur privé. Qu'il s'agisse d'Elon Musk avec SpaceX ou Jeff Bezos avec Blue Origin, ces nouveaux investisseurs participent activement au développement des moyens technologiques nécessaires aux missions spatiales actuelles et futures. Là où la motivation était principalement politique, l'attrait économique est parvenu
à se faire une place dans les étoiles. Se dirige-t-on vers de nouvelles galaxies au nom de marques de chaussures ou autres fournisseurs d'accès Internet
Werner Von Braun, le père du programme Apollo, se disait que 69, on est sur la Lune, 80, on est sur Mars. C'est finalement pas si... Inenvisageable que ça. On pourrait le faire en 10 ans, tout comme on a dit en 10 ans, on va sur la Lune. Le tout est une question de moyens. Il faut bien se rendre compte qu'à l'époque des Apollo, on a consacré jusqu'à 4% du budget américain pour faire ce programme, alors qu'actuellement, la NASA se contente de moins d'un demi-pourcent.
Apollo, ça s'est fait en 10 ans parce qu'il y avait une volonté politique. À nouveau, il y avait un contexte géopolitique et géostratégique Il faut se souvenir, en 1961, la baie des cochons, Kennedy, la guerre du Vietnam, les tensions avec l'Union soviétique. Ça a mis une dizaine d'années, effectivement, avec un effort considérable, équivalent à un effort de guerre. On a dit qu'un Américain sur dix a travaillé de près ou de loin au programme Apollo
Aller vers Mars et s'y installer, ça dépend de ce qu'on veut faire exactement. S'y installer... Un petit peu, un peu comme les missions Apollo, elles sont là, elles avaient leur petite base pour quelques jours et puis elles rentraient. Bon, ça, c'est pas si compliqué. C'est-à-dire que, bon, globalement, vous amenez votre vaisseau qui vous permet de survivre, bon, quelques semaines. Bon, on pourrait même envisager des trucs qui tiennent un an. Mais bon, enfin
voilà.
Donc ça, c'est une base relativement sympa. Alors maintenant, si vous installez à long terme, là, c'est un petit peu différent. Vous n'avez pas 36 solutions, je vais dire. Soit vous vous enterrez, vous créez des bases souterraines, vous avez une protection contre le rayonnement UV, contre les rayons X, contre tout ce qui arrive à la surface parce que vous êtes en dessous, donc tout va bien. Vous pouvez plus facilement aussi avoir une atmosphère dans vos bureaux et vos chambres et tous
vos appartements souterrains. Mais bon, là, on est dans des travaux d'ingénierie qui, clairement, ne sont pas possibles actuellement. Et puis, vous avez vraiment l'idée de science-fiction qui est de terraformer Mars, c'est-à-dire d'essayer de transformer Mars en une espèce de Terre. Alors, le problème, c'est que là, on est vraiment dans la science-fiction. C'est-à-dire que je sais bien qu'Elon Musk prétend qu'il suffit d'aller bombarder de manière nucléaire les pôles de Mars et pouf,
ça y est, on va avoir de l'atmosphère. Mais il ne faut pas oublier une chose, c'est que Mars n'a pas de champ magnétique, donc elle n'a pas une espèce de bouclier contre le vent solaire comme la Terre l'a. Et donc, quoi que vous mettiez dans l'atmosphère, l'atmosphère va s'éroder. Ensuite, il n'y a pas actuellement assez de volatiles sur Mars pour pouvoir faire une atmosphère qui soit potable pour nous.
ça demande vraiment une ingénierie assez importante et une ingénierie continue, parce que vous allez devoir remplacer toute atmosphère qui part continuellement. Donc là, on est vraiment dans de la science-fiction beaucoup plus loin. Le total recall, c'est pas pour tout de suite, ça c'est clair.
Plutôt que Terraform et Mars, ça me paraît plus facile de concevoir des scaphandres ultra-modernes qui collent la peau avec des réservoirs d'oxygène liquide sans être trop massifs. Ça, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus facile et donc moins science-fiction délirante que de transformer Mars pour la rendre propice à l'homme sans se réformer.
Pourquoi on escalade l'Everest? Pourquoi on traverse les déserts? Pourquoi on explore les forêts vierges? Pourquoi on va dans la fosse des Mariannes explorer les océans? Parce qu'ils sont là et parce que c'est dans notre nature. Moi, je pense que le questionnement, la curiosité, c'est la nature même de l'espèce humaine. Mars et l'espace en général, c'est un terrain de jeu. Évidemment qu'il y a un prétexte scientifique, évidemment. Mais comme pour Apollo, la science, c'est la cerise sur
le gâteau. Par contre, il ne faut pas s'y tromper à nouveau. Moi, je dénonce une escroquerie intellectuelle quand on dit que Mars, c'est la planète B. et qu'on va aller émigrer sur Mars, on va emmener un million. Alors Elon Musk dit un million de personnes, il fait du buzz, il fait de la com. Mais en réalité, c'est complètement impossible avec les technologies qu'on a, et même avec les technologies géniales qu'Elon Musk est en train de mettre en
œuvre à Boca Chica. Donc il a SpaceX, ça marche très très bien, ce sont des belles fusées, mais on n'emmènera pas un million de personnes. dans 5 ans ou dans 10 ans, sur la planète rouge. Il y a tout un courant de pensée très fort qui, effectivement, dit allons sur Mars, continuons à polluer la Terre. Ce n'est pas très grave parce que, de toute façon, on va terraformer Mars et on va pouvoir émigrer vers Mars. Ça, c'est très dangereux. Si on fuit nos problèmes, on les emmènera avec nous.
Si on ne les a pas réglés ici, on emmènera les mêmes problèmes ailleurs, sur Mars ou ailleurs.
La planète rouge est plus que jamais une source d'interrogations et de fantasmes. Mars n'est plus un rêve inaccessible, mais la prochaine frontière, un nouveau monde à découvrir qui nous dévoilera un peu plus de son histoire. Une histoire qui est aussi la nôtre.
