Conquête spatiale : Les défis physiques et logistiques du voyage vers Mars - podcast episode cover

Conquête spatiale : Les défis physiques et logistiques du voyage vers Mars

Apr 11, 202659 min
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Tous les épisodes d’Espace Documentaire commencent de la même façon : les publicités sont placées uniquement au début, pour ne jamais interrompre votre écoute, pour respecter votre attention, et pour soutenir Espace Documentaire sans briser l’immersion. Ensuite, le silence s’installe. Ce moment précis où vous appuyez sur lecture, souvent après une journée longue, parfois tard le soir, parfois au réveil, quand vous cherchez simplement quelque chose qui vous fasse sentir plus vivant, plus curieux, plus relié au monde. Espace Documentaire naît exactement dans cet espace-là, celui où l’on veut comprendre sans être coupé, écouter sans être dérangé, ressentir sans distraction.

Espace Documentaire, c’est cette voix intérieure qui s’éveille quand les Documentaires vous rappellent que le réel est plus vaste que votre quotidien. C’est ce frisson familier quand la Nature apparaît soudain comme un refuge, quand l’Éducation devient un chemin intime plutôt qu’une obligation, quand la Connaissance cesse d’être abstraite pour devenir profondément humaine. Dans Espace Documentaire, les Documentaires ne sont jamais lointains : ils vous parlent de ce que vous avez déjà ressenti sans toujours savoir le nommer. Cette soif de Découverte, ce besoin de comprendre l’Histoire pour mieux accepter le présent, cette curiosité presque enfantine devant la Technologie qui transforme nos vies sans prévenir.

Vous l’avez vécu, ce moment de contradiction intérieure. Vous voulez apprendre, mais vous êtes fatigué. Vous cherchez de l’Information, mais trop de bruit vous éloigne du sens. Espace Documentaire reconnaît cette tension. Ici, l’Astronomie devient un miroir de vos propres questionnements, la Culture vous rappelle d’où vous venez, la Société révèle ce que vous ressentez sans toujours oser le dire. À travers Espace Documentaire, chaque Exploration devient une reconnexion. Les Documentaires prennent le temps, respectent votre rythme, et transforment l’Information en compréhension vécue.

Espace Documentaire avance doucement, mais profondément. Vous découvrez comment la Nature dialogue avec la Technologie, comment l’Éducation nourrit la Connaissance, comment l’Histoire façonne encore la Société que vous traversez chaque jour. Vous reconnaissez ces moments où la Culture vous a déjà sauvé, où l’Astronomie vous a fait sentir minuscule et pourtant essentiel. Dans Espace Documentaire, les Documentaires ne vous disent pas quoi penser : ils vous invitent à ressentir, à observer, à relier les fils invisibles de l’Exploration humaine.

Et puis vient cette récompense émotionnelle. Ce calme intérieur quand l’Information cesse d’être anxiogène. Quand la Découverte devient joyeuse. Quand la Connaissance vous apaise au lieu de vous submerger. Espace Documentaire transforme les Documentaires en expériences sensorielles, où la Nature respire, où l’Histoire murmure, où la Technologie questionne, où la Société se révèle avec nuance. Vous commencez à comprendre que l’Éducation peut être douce, que la Culture peut rassembler, que l’Astronomie peut consoler.

Espace Documentaire, c’est aussi cette impression étrange de rentrer chez soi. Vous réalisez que vous n’êtes pas seul à chercher du sens, à vouloir relier l’Information à votre vécu, à transformer chaque Exploration en croissance intérieure. Les Documentaires d’Espace Documentaire deviennent alors des compagnons silencieux, présents dans vos moments de doute comme dans vos élans de curiosité. La Nature vous ancre, l’Histoire vous éclaire, la Connaissance vous élève, la Société vous ressemble.

À force d’écouter Espace Documentaire, quelque chose change. Vous écoutez autrement. Vous regardez le monde avec plus de profondeur. Vous comprenez que la Découverte n’est pas un but, mais un mouvement. Que l’Éducation est une respiration. Que l’Information peut être humaine. Espace Documentaire ne cherche pas à impressionner, mais à connecter. À créer cet instant rare où vous vous dites : « oui, moi aussi je me suis déjà posé cette question ». Et dans ce silence partagé, entre vous et Espace Documentaire, le monde semble soudain un peu plus compréhensible, un peu plus habitable, un peu plus vrai.

Transcript

Speaker 3

100 candidats pour un projet néerlandais. La mission Mars One. Ça y est. Je la vois. J'y suis. Dieu, qu'elle est rouge. Celle qui fait rêver les hommes depuis qu'ils contemplent les étoiles. Oui, ça y est. Dans une minute, je vais fouler le sol de la planète

Speaker 4

Mars.

Speaker 3

Plus que quelques mètres, et elle va me livrer ses secrets. Celui de l'eau, celui de la vie, et peut-être surtout, celui de l'origine de l'homme. C'est un rêve, bien sûr. C'est mon rêve. Mais il deviendra réalité. Un jour, des astronautes iront sur Mars.

Speaker 5

Moi, je suis Thomas Pesquet, je suis astronaute. Je m'entraîne en ce moment pour ma mission, six mois dans la Station Spatiale Internationale. Les conquêtes spatiales de demain, je pense que c'est super important et que ça concerne tout le monde. Plus on regarde loin dans l'espace, plus on regarde dans notre passé. Et quand on va vers des planètes comme Mars, ce qu'on veut voir aussi, c'est notre

Speaker 2

avenir.

Speaker 5

On avance dans un environnement qui est difficile, mais on avance au final assez vite. C'est un voyage incroyable en fait. Embarquons ensemble dans cette aventure et puis je vous promets que vous ne serez pas déçus.

Speaker 3

Quand on est astronaute, la planète Mars, c'est le Graal

Speaker 5

Mars, ça me fait rêver, ça me fait rêver moi, ça fait rêver mes collègues aussi. Quand on a répondu à l'offre d'emploi de la sélection d'astronautes, c'était déjà mentionné en 2009 que les destinations, ça incluait aussi Mars. Donc nous, on a tous candidaté pour ça. On a ce côté explorateur. Moi, je pense, je le vois dans les profils de mes collègues. C'est des gens qui ont travaillé en Antarctique, sur des volcans. Donc, on a tous ce côté un peu voyageur, un peu explorateur

Speaker 3

Avant de fasciner les explorateurs de l'espace, celle qui, lui, dans la nuit, comme un rubis, a intrigué les premiers astronomes, grecs puis romains. Ils virent dans sa couleur rouge la marque du sang. Et puisque le sang, c'est la guerre, ils la placèrent sous les auspices du dieu des combats, Mars. Puis très vite, la planète où coulait le sang et la mort fut mise en regard avec la planète où coule l'eau et la vie

Speaker 5

Mars, c'est la soeur jumelle de la Terre. Il y a ce côté que moi j'aime bien, qui est vraiment le parallèle, la planète bleue, la planète rouge

Speaker 6

On dit parfois que Mars est la soeur jumelle de la Terre, on dit parfois que c'est Vénus. Tout dépend des critères, voilà. Si vous prenez les critères de taille, c'est Vénus. Si vous prenez les critères de l'histoire, Mars est, notamment il y a 4 milliards d'années, Mars devait peut-être ressembler étonnamment à la Terre. La vie apparaissait sur la Terre, la vie apparaissait sur Mars, c'est ce qu'on peut penser.

Speaker 5

J'y crois à la vie sur Mars. La vie sur Mars, c'est un débat qui fascine toujours les gens parce qu'on aime bien imaginer la vie ailleurs. Ça, c'est une grande question. Et puis, on voit bien que ces questions-là sont importantes pour tout le monde.

Speaker 6

Ce qu'il faut savoir, c'est que Mars est l'objet dans l'univers le plus accessible mécaniquement par nos sondes où la question de la vie dans l'univers se pose. C'est là où la réponse sera la plus facile à trouver si on la trouve

Speaker 3

Alors pour savoir si notre sœur jumelle aurait pu abriter la vie, venez, passons de l'autre côté du miroir. Cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Elle est enfin arrivée. C'est une sonde qui s'appelle ExoMars, conçue par l'agence spatiale européenne. Elle est aujourd'hui assemblée dans la fusée qui va la propulser vers la planète rouge. Sa mission est capitale, étudier la composition de l'atmosphère martienne et y détecter les gaz présents à l'état de trace

Speaker 7

Tout ça, ça nous donnera des informations sur l'histoire de l'atmosphère martienne. Qui dit histoire de l'atmosphère martienne dit histoire de l'eau martienne et qui dit histoire de l'eau martienne dit histoire de l'éventuelle vie martienne.

Speaker 3

Pour l'heure, encore faut-il que la sonde atteigne la planète rouge. Et pour cela, la fusée Proton va lui donner un sérieux coup de pouce. Lancement réussi. Mais pour les ingénieurs de l'agence spatiale européenne, rien n'est encore joué. Basé près de Francfort, il reste mobilisé. 10 heures après le lancement de la sonde, pour eux, tout commence. Car pour le moment, ExoMars dépend encore de la fusée. C'est un jouet fragile qui va devoir prendre son autonomie et suivre la bonne trajectoire.

Mais y

Speaker 8

parviendra-t-il?

Speaker 3

Voici que le dernier étage de la fusée se détache. ExoMars est livré à lui-même. Les ingénieurs attendent de sa part un signe de vie. Vous

Speaker 9

attendez juste que la première télémétrie arrive. Oui! Le signal est meilleur. Oui! Oui! Oui! Le spectre est toujours dans Sam, oui?

Speaker 3

La sonde est prête pour la poursuite. Une poursuite dans l'espace pendant laquelle elle va devoir rattraper Mars qui, comme elle, tourne autour du Soleil

Speaker 9

Le transfert dure 7, 8, 9 mois de la Terre à Mars entre les deux orbites. Et la distance que va parcourir ExoMars par rapport au Soleil sera d'environ 500 millions de kilomètres. C'est parti pour une longue,

Speaker 3

une très longue odyssée. Nous allons la suivre ensemble. Et à chacune de ces étapes, je vous dirai si comme ExoMars, l'homme lui aussi peut les franchir. Avec cette toute première question. Pourquoi un robot part-il aujourd'hui vers la planète rouge et pas un homme?

Speaker 7

Actuellement, on envoie des robots parce que c'est à peu près la seule chose qu'on sait envoyer, parce qu'on n'a pas besoin de les rapporter.

Speaker 9

Le

Speaker 7

premier point, c'est que le robot, c'est un voyage à l'aise simple. La deuxième chose, c'est qu'actuellement, on ne sait pas envoyer des hommes sur Mars

Speaker 3

Il faut beaucoup d'énergie pour propulser un engin spatial dans l'espace. Et plus le chargement est conséquent, plus l'énergie et donc la fusée doivent être puissantes. Or, l'homme est très lourd. La fusée doit emmener pour lui carburant, eau, matériel, oxygène, nourriture.

Speaker 10

Le problème de la mission habitée par rapport à une mission robotique, c'est la masse à envoyer. En fait, il faut envoyer une masse de l'ordre de 30 ou 40 tonnes vers Mars, alors qu'aujourd'hui, on envoie plutôt 2 tonnes. Donc il faut une fusée de grande taille, ce qu'on appelle un lanceur lourd, pour faire ce genre de mission. C'est ce que les Américains sont en train de développer avec le lanceur SLS qui doit voler dans quelques années

Speaker 3

Un des moteurs du futur, SLS, vient d'être testé au sol par la NASA. Une mise à feu qui, en deux minutes, a brûlé 630 tonnes de carburant. Le test a été concluant. Dans une paire d'années, ce monstre de fusée devrait donc s'élancer vers l'espace pour un premier voyage d'essai. Mais malgré sa puissance, et avant de pouvoir songer à une mission habitée vers Mars, il faudra trouver des solutions pour diminuer la masse à envoyer vers la planète rouge

Speaker 10

Sur le poids des matériaux, On va peut-être utiliser, par exemple, des habitats gonflables, des éléments gonflables. Il y a cette année, un module gonflable qui va rejoindre la Station orbitale internationale.

Speaker 11

Un module

Speaker 3

gonflable, donc léger

Speaker 12

Il n'y a pas de puissance à l'intérieur, de lumière, donc à tout moment... Les radiations

Speaker 3

Oui, dans ce module gonflable seront mesurées les teneurs en radiation présentes dans l'espace. Une information capitale. Car quand l'homme aura trouvé, notamment grâce à ces modules, le moyen de partir léger, il devra embarquer à bord d'un vaisseau comme celui-ci, un projet de la NASA à l'étude. Un vaisseau que j'aimerais tant piloter un jour. Et qui, comme les bateaux

essuient les tempêtes, devra affronter des radiations. Des radiations nocives autant pour nous, astronautes, que pour les robots, même si pour eux, il ne s'agit pas d'une question de vie ou de mort. Alors, quelles sont ces radiations? Et comment sont protégées? Pour le moment, c'est ExoMars qui est en train de les affronter

Speaker 7

Dès qu'un engin spatial sort de l'environnement proche de la Terre, il n'est plus protégé contre un certain nombre de radiations par le champ magnétique terrestre. Et donc, il se trouve dans l'espace libre.

Speaker 3

Et cet espace libre est un champ d'étoiles, sublime vu de la Terre, mais redoutable pourtant lorsque là-haut, parfois, elles explosent. Ce sont les supernovas. Celles-ci dégagent une énergie phénoménale, très agressive, qui se répand dans l'univers. C'est l'une des explications de l'origine des radiations cosmiques. l'arsenal technologique d'Exomars pourrait en souffrir pendant son périple. C'est

Speaker 7

pour ça qu'il y a des protections thermiques et des protections autour des engins, mais ça peut quand même harter, ça peut quand même user l'électronique. Et donc ça pourrait mettre en panne un certain produit.

Speaker 3

Face à cela, nous les astronautes, seront encore bien sûr plus fragiles que les robots

Speaker 13

Ces particules à haute énergie, le principal problème, c'est qu'elles recombinent l'ADN, donc elles créent des accidents génétiques cellulaires qui peuvent conduire à des aberrations et des maladies. Soit, dans le meilleur des cas, la cellule qui a des aberrations va mourir toute seule, c'est l'apoptose, soit elle ne va pas mourir et elle va faire un peu n'importe quoi. Et c'est ça qui peut déclencher derrière éventuellement des cancers ou d'autres problématiques cellulaires

Speaker 3

La Station Spatiale Internationale, l'ISS, est proche de la Terre. Nous sommes donc moins soumis aux radiations que dans l'espace profond. Mais le jour où nous voyagerons vers Mars, nous en recevrons 300 fois plus que sur Terre. Pour quelles conséquences? Scott Kelly va permettre de répondre à cette question. Il n'est jamais allé dans l'espace profond, mais ce recordman avec 520 jours cumulés là-haut vient de rentrer après une dernière mission à

bord de l'ISS. Une mission qui a duré un an, afin d'évaluer les effets physiques d'un long voyage comme celui qui nous emmènerait vers Mars. Pendant plusieurs années, sa santé va être scrutée par les médecins et comparée à celle de son frère jumeau. Sera alors évaluée l'impact des radiations. Le voyage allé vers Mars durera minimum six mois. Idem pour le retour. et nous resterons plus d'un an et demi sur la planète rouge, soit près de trois ans

au total dans l'espace. Les radiations reçues risquent d'atteindre la limite acceptable pour un être humain. Un autre danger a les mêmes effets dévastateurs sur les cellules de l'homme. Les éruptions solaires. Elle dure parfois quelques heures et dégage une quantité gigantesque de particules énergétiques qui inondent l'espace. Pendant son voyage vers Mars, un équipage pourrait être tué en quelques minutes. Mais cette fois-ci, il y a moyen de s'en prémunir

Speaker 10

Contre les rayonnements solaires, il faut pouvoir se protéger quand il y a une éruption en se plaçant dans une espèce de zone blindée qui sera entourée par exemple d'eau. Il suffit de 15 ou 20 centimètres d'eau pour que l'éruption solaire soit acceptable

Speaker 3

Si robots et hommes souffrent du soleil, les planètes aussi. C'est le drame de Mars. Un drame qu'il faut connaître pour comprendre pourquoi cette planète qui me fait tant rêver est un monde hostile. Un monde qu'il ne nous sera pas facile de conquérir. Car le soleil génère un vent solaire, un souffle qui agresse tout ce qui se trouve sur son passage. Une planète en est protégée, la Terre

Speaker 14

La Terre est protégée par un bouclier. Un bouclier s'appelle son champ magnétique qui va la protéger du vent du soleil. Le soleil souffle un vent de particules, des protons, des héliums, de l'hydrogène, de l'hélium, et puis qui vient arracher éventuellement les atmosphères. Mais nous, on est derrière un bouclier magnétique.

Speaker 3

Ces aurores boréales que je contemple depuis l'ISS résultent de ce phénomène. Le bouclier magnétique détourne jusque vers les pôles le vent solaire. Celui-ci rencontre alors l'atmosphère et cette rencontre provoque ce spectacle lumineux. L'atmosphère, c'est cette mince pellicule dorée protégée elle aussi par le champ magnétique. un champ magnétique qui résulte des mouvements au sein du noyau de la Terre.

Deux fois plus petite que la Terre, Mars, après sa formation il y a plus de 4 milliards d'années, était protégée du vent solaire de façon semblable.

Speaker 6

Ensuite, il s'est produit un phénomène qui vient de ce que Mars est petite. Il y a eu un épuisement de sa source interne, donc tout s'est figé à l'intérieur. Et son champ magnétique s'est arrêté

Speaker 3

Cet arrêt a eu une conséquence gravissime pour l'atmosphère de la petite planète rouge

Speaker 6

La protection de l'atmosphère de Mars par ce champ magnétique, qui existe sur Terre aujourd'hui, n'existe plus. À ce moment-là, l'atmosphère est en contact direct avec les ions du vent solaire qui vont bombarder l'atmosphère. Et le résultat, c'est que cette atmosphère s'échappe.

Speaker 3

Plus d'atmosphère, et donc plus d'effets de serre pour maintenir la chaleur, et donc plus d'eau liquide. Mars est devenue une planète toute nue face à l'agressivité de l'espace. Une planète nue et hostile.

Speaker 6

On est quand même beaucoup plus loin du Soleil que de la Terre. Et le résultat, aujourd'hui, c'est un gazère glacé. Il fait 0 degré l'été à midi. Il fait à peu près moins 100 degrés la nuit. C'est ça, Mars, aujourd'hui.

Speaker 3

Et si on y envoie des robots, c'est pour en savoir davantage sur ce passé de la planète rouge. Comme je voudrais être à la place d'ExoMars, quand après sept mois de voyage, la sonde abordera enfin l'orbite de Mars. Elle survolera des canyons immenses. Des volcans gigantesques. et du sable partout

Speaker 5

J'irais n'importe où si on me proposait d'y aller. Moi j'aime bien les montagnes, il y a des montagnes et des volcans absolument magnifiques sur Mars, le mont Olympe, les choses comme ça, le mont Elyséum. Donc ça c'est des choses qui m'intéressent parce que moi j'aime la montagne aussi ici sur Terre. Mais après c'est sans doute pas des

sites d'atterrissage privilégiés pour une mission spatiale. Donc non, moi j'irais où on me dira d'aller et puis je regarderais les montagnes de loin, je prendrais mes photos

Speaker 3

En attendant, Ce sont les sondes qui prennent des images. Les couleurs sont parfois traitées pour faire ressortir les différents éléments de la géologie martienne. Voici la calotte polaire. Elle, je l'aime tout particulièrement. Sa glace a enflammé les imaginaires. Et ce sont eux qui ont alimenté le désir de conquérir Mars.

Speaker 12

Oui

Speaker 3

nos imaginaires ont fait de Mars bien plus qu'une planète. Un mythe. Il prend naissance au 17e siècle, alors que les premiers télescopes se tournent vers la planète rouge. Et là, que découvrent les astronomes?

Speaker 6

La première chose que vous voyez avec une lunette, c'est une petite tache blanche, C'est la calotte polaire sud. Et donc, une calotte polaire, c'est de la glace. Si c'est de la glace, c'est de la glace d'eau. Et s'il y a de l'eau, il y a probablement de la vie. Voilà, donc le mythe vient de cette petite observation

Speaker 3

En associant les calottes de Mars à la vie, les imaginaires de l'époque ont donc inventé les martiens. Suivront des observations plus pointues, dont celle du grand astronome Schiaparelli, lequel nourrira abondamment la force du mythe.

Speaker 7

Schiaparelli a, par je ne sais quel miracle, détecté des canaux, des traces à travers son observation visuelle avec un télescope de Mars. Et il a fait un schéma des canaux martiens. Et il a expliqué que c'était fait pour ramener l'eau des pôles vers l'équateur. Et dans son esprit, dans l'esprit de pas mal de gens, Mars était habité par des martiens qui faisaient les canaux martiens.

Speaker 3

Les astronomes les plus connus de l'époque, dont Camille Flammarion, se rallieront à cette cause et c'est à peine si l'on entendra la voix de ces détracteurs

Speaker 6

La photo n'existait pas. Toutes les observations se faisaient à l'œil et au dessin. C'est-à-dire vous observez, vous dessinez, vous observez, vous dessinez. Le problème c'est que vous avez de la turbulence atmosphérique et donc les observations extrêmement fines se passe sur des durées de temps de l'ordre de quelques secondes. Ça veut dire que dans la même équipe, sur le même observatoire, dans la même pièce, certains étaient convaincus d'avoir

vu des canaux, d'autres disaient« moi j'en vois pas». Et donc tout ça a duré une cinquantaine d'années

Speaker 3

Les progrès scientifiques balayeront l'existence des canaux. Mais le mythe restera ancré dans les imaginaires

Speaker 15

La Lune, c'est être prêt. Je préfère partir dans Mars si possible. Mais c'est loin Mars quand même. Et j'espère qu'il y a des êtres humains qui vivent dans ces lieux avec beaucoup plus d'intelligence que la planète de la Terre

Speaker 3

Il faut en avoir le cœur net. Lancée en 1964, Mariner est la première sonde américaine à destination de Mars Personne ne sait encore à quoi ressemble vraiment la planète rouge. Pendant deux jours, la sonde effectue un survol de Mars et envoie les premiers clichés. Mais ce succès incroyable est presque occulté par l'immense

Speaker 14

déception qui l'accompagne. Les premières images sont noires et blancs, faibles qualités. Et là on se dit, c'est pas intéressant, ça ressemble à la Lune

Speaker 3

Mais le mythe perdure. La mission américaine Viking est lancée pour aller chercher des traces de vie martienne. Et dans la moisson de photos que la sonde envoie de la planète rouge, le mythe a encore une fois réussi à se glisser.

Speaker 14

Il y a une image assez étonnante. C'est vrai que dans la collection d'images, on en voit en particulier une qui s'appelle le visage de Mars

Speaker 6

On voit une forme de visage, de face. avec deux yeux, un nez, une bouche

Speaker 7

et une forme. Et donc, c'est devenu un fantasme pour beaucoup de gens. Ils ont dit, voilà, c'est une construction, ça racine.

Speaker 6

Elle intriguait énormément. Et la NASA a subi des pressions très longtemps après, jusque dans les années 90, en demandant que la NASA refotographie le même visage pour confirmer que c'était bien un visage.

Speaker 3

Une sonde retrouvera l'emplacement du visage. Mais le jeu d'ombre et de lumière, ce jour-là, n'est plus le même.

Speaker 6

Et là, on voit une malheureuse colline qui fait 1,2 km de long

Speaker 14

Évidemment

Speaker 6

c'est bien

Speaker 14

une montagne, ça ne ressemble pas du tout à un visage. Comme sur Terre, quand vous regardez des nuages et vous y lisez votre propre histoire, j'imagine, on a lu l'histoire de l'homme dans ce visage

Speaker 3

Parti d'une simple calotte polaire, l'homme a donc construit sur Mars... le rêve d'un autre lui-même

Speaker 14

Donc il y a un vrai mythe, un mythe qui nous a porté, et puis après c'est devenu une aventure scientifique, et plus on creuse l'aventure scientifique, plus on se dit, mais finalement, les martiens, pourquoi pas? Oui,

Speaker 3

et c'est la morale de l'histoire, pourquoi pas? Car, regardez, en arrivant au-dessus de Mars, on distingue sans peine un signe gravé sur sa croûte, un signe lié à la vie.

Speaker 7

celui de l'eau. Il y a des traces d'écoulement. Un écoulement, c'est faire un torrent, et quand un torrent devient très long, ça devient un fleuve

Speaker 6

Un fleuve asséché, c'est bien que l'eau a coulé, a creusé un fleuve. Une débâcle, ça érode un terrain, et on voit des formes en gouttes d'eau qui contournent les cratères,

Speaker 14

Mais quand vous voyez une formation morphologique, vous voyez, ah, ça a coulé, puis là, ça a tourné. Puis là, ça a tourné. Ça fait un méandre. Puis là, ça fait un delta. On vous dit, bah oui, de l'eau a coulé.

Speaker 6

Ça se voit comme le nez au milieu de la figure, que c'est de l'eau qui a créé cela

Speaker 5

C'est bien, ça veut dire qu'on a raison de vouloir aller là-bas, parce que l'eau, c'est évidemment un constituant essentiel de la vie. Ça veut dire qu'elle est peut-être encore là, sous forme de bactéries, des choses comme ça. Donc aller vers Mars, c'est la destination privilégiée dans l'exploration spatiale et c'est là qu'on va répondre à des questions importantes

Speaker 3

Il y a eu de l'eau sur Mars parce qu'il y a eu de l'atmosphère du temps où il y avait un bouclier magnétique qui la protégeait. Une atmosphère qui a permis à cette eau de ne pas geler ou de ne pas s'évaporer. Mars était alors vraiment la soeur jumelle de la Terre. Pour en savoir plus, ExoMars va venir scruter de très près cette atmosphère martienne. Mais la sonde européenne a une deuxième mission. Une mission qui me

concerne de très près. Grâce à elle, je pourrais peut-être un jour atterrir sur Mars.

Speaker 7

On a voulu que l'Europe acquière les techniques et les connaissances nécessaires pour assurer l'atterrissage d'une masse importante à la surface de Mars.

Speaker 3

La sonde a donc emmené avec elle un invité. Voici Schiaparelli, qui prendra son autonomie trois jours avant d'arriver en orbite de Mars

Speaker 7

Schiaparelli, qui a été dénommé du nom de cet astronome italien qui avait imaginé des canaux martiens. Schiaparelli qui est uniquement un démonstrateur d'atterrissage.

Speaker 3

Il testera le savoir-faire européen en matière d'atterrissage pendant que l'autre partie de la sonde analysera l'atmosphère. Schiaparelli devra relever un défi de taille, car un engin atterrissant sur Mars arrive à une vitesse vertigineuse, 6 km par seconde. La planète n'ayant quasiment pas d'atmosphère qui pourrait permettre de le freiner. Cette autre sonde européenne, Beagle 2, en sait quelque chose. Elle est arrivée sur Mars, ça oui, ici précisément.

Speaker 7

Mais malheureusement, maintenant on le sait puisqu'on l'a retrouvé, il ne s'est pas entièrement déployé. Et donc on a atterri, mais on ne sait pas comment et on ne sait pas à quelle vitesse

Speaker 3

Sa carcasse illustre le fait que personne, pour le moment, n'a très envie de prendre le risque de faire atterrir des hommes sur la planète rouge. Skiaparelli subira-t-il le même sort? Je ne peux pas vous le dire, car il n'est pas encore

Speaker 4

arrivé.

Speaker 3

Mais voici un autre de ses prédécesseurs. Américain, celui-là. Il s'appelle Curiosity. Cette mission de la NASA a imaginé pour l'atterrissage de la sonde une technique totalement innovante, du jamais vu. du

Speaker 17

jamais testé

Speaker 3

L'engin à faire atterrir pèse une tonne. On n'a jamais pu poser quelque chose

Speaker 14

d'aussi lourd sur Mars. L'atterrissage est un cauchemar parce qu'on pense qu'on n'a jamais fait quelque chose d'aussi compliqué. On les a appelés les 7 minutes de terreur.

Speaker 17

Parachute employé. Parachute. We are decelerating.

Speaker 10

Vous ouvrez un parachute, à cause de la faible densité, vous descendez quand même à 2 ou 300 km heure. Donc on ne peut pas se poser en parachute sur Mars. Il faut freiner avec des moteurs fusées juste à la fin. We

Speaker 17

are in powered flight. Yes!

Speaker 7

Le véhicule lui-même fait une tonne. Il voulait être sûr qu'il puisse se déployer. Et pour être sûr qu'il puisse se déployer, il faut qu'il puisse diriger l'atterrissage Le plus simple, c'est de se mettre

Speaker 4

au-dessus.

Speaker 7

Il doit choisir l'endroit où on va le mettre et déposer. Et donc, c'est comme ça qu'ils ont inventé le Sky Crane. C'est une grue propulsée. Il y a un filet qui descend et qui dépose le truc à l'endroit où l'on veut.

Speaker 4

C'est

Speaker 17

parti. 40 mètres d'altitude.

Speaker 8

C'est

Speaker 18

bon. C'est bon. C'est

Speaker 8

bon.

Speaker 3

D'autres engins ont déjà atterri sur Mars, mais jamais aussi lourds. Celui-ci vient d'ouvrir une voie royale aux hommes qui fouleront un jour le sol de la planète rouge. C'est un véhicule, un rover nommé Curiosity... Parce qu'il va du haut de sa tête chercheuse tenter de comprendre si Mars a pu un temps être propice à la vie. Déjà, il se

Speaker 8

déploie.

Speaker 3

Déjà, il envoie sa première photo. Curiosity est un rêve devenu réalité. Un rêve qui a coûté 2 milliards et demi de dollars, tout de même. Bardé d'une dizaine d'instruments, stations météo, caméras, spectromètres et autres lasers, en tout 80 kg de matériel scientifique à son bord, le petit rover a aujourd'hui une planète entière à explorer. Mais y a-t-il quelque chose qu'ils puissent

trouver au milieu de toute cette rouille? Sur ce sol rouge d'avoir été oxydé, altéré par les rayonnements cosmiques et solaires

Speaker 6

Ces rayonnements ont haché menu, on va utiliser cette expression, toutes les molécules prébiotiques éventuelles qui pourraient exister dans le sol. Quand je dis haché menu, ça veut dire que ces molécules ont été détruites, Et finalement, ça oxyde, ça fait du CO2, le CO2 s'échappe

Speaker 3

Les molécules prébiotiques sont les premières briques nécessaires à l'émergence de la vie. Curiosity va tenter d'en trouver ne serait-ce que la trace. Et pour ce faire, il va tirer.

Speaker 14

On est des petits tueurs à notre façon. Dès qu'on voit un caillou, on aime bien tirer dessus pour savoir de quoi il est fait. Celui-là est fait de tant de magnésium, tant de calcium ou bien tant de fer. Et donc, on va commencer à tirer. À distance

Speaker 3

et jusqu'à 7 mètres, le laser de Curiosity est capable d'analyser instantanément la composition du sol et des roches. Ce laser s'appelle ChemCam. C'est un outil franco-américain. Sa réplique est à Toulouse. Il a été conçu par les chercheurs du CNRS et de plusieurs universités françaises.

Speaker 14

Tout marche bien? Tout marche bien, oui. On fait une dernière série, peut-être

Speaker 3

Aujourd'hui, Kem Kam va analyser l'un des éléments composant les molécules prébiotiques et qu'on aimerait tant trouver en quantité sur Mars, le carbone. Pour cela, il va s'entraîner sur ces échantillons de carbone terrestre.

Speaker 19

Alors, je vais mettre l'atmosphère de Mars

Speaker 3

Cette atmosphère est reproduite pour que ChemCam ait toutes les données chimiques de l'environnement martien, afin que ses analyses soient les plus fidèles possibles. Il va ensuite tirer sur ces différents échantillons.

Speaker 14

Regardez, on le voit, là, il est en train de tirer. On descend sur Mars

Speaker 3

La chaleur du laser sur les échantillons transforme des particules microscopiques

Speaker 19

qui

Speaker 3

vont ensuite être analysées.

Speaker 19

Voilà, on obtient les spectres. Là, il y a des rays de carbone par ici, celle-là. Si un jour on voit des carbonates, on serait presque les premiers à le voir parce qu'on a cette exploration à distance qui permet de guider un peu le rover dans ses analyses plus précises.

Speaker 3

ChemCam a désormais toutes les données pour que le rover soit capable un jour de reconnaître sur Mars ses carbonates, peut-être corrélées à la vie. Mais en trouvera-t-il? C'est l'espoir des concepteurs de ce laser qui, à Toulouse, au CNES, travaillent tous les soirs à l'heure américaine, en direct avec la NASA. Ici, nuit après nuit, et avec les Américains, on programme les déplacements de Curiosity en fonction des roches qu'on aimerait le voir

Speaker 16

analysées.

Speaker 3

Concentration maximum, car la moindre erreur pourrait perturber le fonctionnement du rover. On

Speaker 16

vient

Speaker 14

de terminer l'étude des dunes de Mars, qui était une grande

Speaker 2

première

Speaker 14

Et là, on

Speaker 2

vient de monter sur un plateau qui est

Speaker 14

assez étonnant par la diversité de ce qu'on y voit. On a vraiment l'impression

Speaker 2

qu'il y a une histoire complexe qui se déroule sous nos yeux qu'on n'a pas encore comprise,

Speaker 14

avec différentes étapes, presque différentes

Speaker 3

histoires. Des histoires aux apparences parfois trompeuses. C'est ce que va démontrer la foreuse de Curiosity, perchée au bout de son bras robotique. Elle va faire des trous dans ce sol oxydé par les rayonnements et donc, en principe, incapable de préserver la vie. En forant, Curiosity va mettre au jour une nouvelle perspective

Speaker 6

Quand il a fait ses forages, il a démontré que le milieu, c'est pas cette couleur rouille.

Speaker 14

Curiosity, qui en forant, elle a sorti de la poudre et nous on est étonnés, dans l'interstitial de commande, on voit la poudre qui sort, elle était toute grise

Speaker 3

Cette poudre grise recueillie quelques centimètres sous la surface est analysée dans le laboratoire interne du rover. Les chercheurs constatent alors que contrairement au sol en surface, elle n'est pas oxydée. Curiosity a montré ainsi qu'elle pouvait potentiellement préserver la vie.

Speaker 6

NASA a démontré que ce milieu était habitable. Alors qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que si cette roche, je reviens 4 milliards d'années en arrière, la température est un peu plus chaude, il y a de l'eau liquide, et bien finalement ces roches, des petites bactéries pourraient vivre dans ces roches.

Speaker 14

qui démontrait qu'il y a 3 milliards, un peu, alors qu'on n'a pas donné la date, mais plus de 3 milliards d'années, que Mars fut une planète habitable. Ça, c'est extraordinaire. Extraordinaire, dans le système solaire, on a 8 planètes. Jusqu'il y a 2 ans, moi, j'en avais qu'une seule d'habitable, c'était la Terre. Maintenant, j'en ai 2.

Speaker 3

Une planète habitable ne devient pas forcément une planète habitée. Mais la découverte est cruciale. Curiosity a fait à ce jour plus de 350 000 tirs laser. En 4 ans, il a parcouru 14 kilomètres. Comme on cherche une aiguille dans une botte de foin, il continue de traquer les molécules nécessaires à l'apparition de la vie

Speaker 5

Curiosity, c'est une prouesse et c'est formidable. Moi, je tire mon chapeau à tous les gens qui ont travaillé sur ce projet-là, mais les scientifiques sont un peu frustrés parce que Ils envoient une commande, et puis là-haut, il faut attendre d'être en communication avec le robot, qu'il intègre sa commande, il essaie de le faire, il y a un petit problème.

En gros, en 24 heures, on a fait 2 cm, les astronautes sur la Lune, ils ont fait 200 km dans leur petit rover lunaire, donc c'est des scientifiques qui disent« on a hâte, on a hâte qu'il y ait des hommes sur Mars, parce que là, du coup, le retour scientifique va être décuplé».

Speaker 3

Mais quand les agences spatiales enverront-elles enfin des astronautes sur Mars? En attendant, une association prend les devants et teste les conditions d'exploration martiennes sur Terre. Les traces d'une vie passée sur Mars se trouveront certainement en profondeur, peut-être dans ces cratères effondrés.

Speaker 7

Lucie, tu peux descendre

Speaker 20

Ok

Speaker 3

Une des activités de l'association internationale Mars Society est de tester combinaisons escaphandres, aujourd'hui dans une grotte normande ressemblant au cratère effondré de Mars. On va

Speaker 10

laisser repartir

Speaker 3

Alain est ingénieur sur la fusée Ariane 5. Lucie est étudiante en botanique spatiale. Faut que tu te

Speaker 20

baisses. Ok. Ouais, c'est bon.

Speaker 21

Et bien là on voit la difficulté qu'on peut avoir à progresser avec un scaphandre volumineux dans des couloirs un peu étroits. On voit aussi qu'on y passe beaucoup plus d'efforts.

Speaker 22

Tout devient beaucoup plus difficile.

Speaker 20

Les questions à se poser après, c'est comment est-ce qu'on peut faire pour optimiser tout ça? Des scaphandres plus adaptés à l'exploration martienne, notamment les tunnels de lave, les grottes,

Speaker 3

etc. Ces simulations font ensuite l'objet de rapports détaillés, soumis aux agences spatiales afin de nourrir leurs études et leurs réflexions. Mais ce type d'association a un autre objectif. Entretenir un rêve. celui du premier pas de l'homme sur Mars. L'association possède même un habitat martien, planté quelque part dans le désert de l'Utah, aux États-Unis. Mais même quand on est passionné par Mars, il faut bien un jour revenir sur Terre.

Ils ont vécu ensemble cette expérience dans le désert de l'Utah. Alain, Olivier et Pierre, deux architectes spécialisés dans le spatial, ont ensuite réfléchi à une base martienne dont la maquette est exposée dès qu'une conférence scientifique évoque la conquête de la planète rouge.

Speaker 23

La poussière martienne est faite avec de la brique ou de la tuile pilée. C'est ce qui ressemble le mieux à la poussière martienne technique.

Speaker 10

Alors, là, nous

Speaker 23

avons quelque chose de très important. C'est ce que vous connaissez, puisque c'était votre idée que vous aviez testé dans l'Utah. C'est le ballon. Un

Speaker 3

ballon muni d'une caméra pour suivre les déplacements des astronautes. Mais le succès, ce jour-là... Vous ne savez pas comment marchait notre expérience dans l'Utah? Si,

Speaker 25

si, si.

Speaker 23

Après, à la fin

Speaker 25

oui. Voilà

Speaker 23

Bon, je crois qu'on a tous les petits bons hommes, là, il me semble.

Speaker 24

On a construit toute la partie habitat dans une vallée pour deux raisons principales. C'est que les gens vont casser le rayonnement solaire et puis ça profite à l'inclinaison des panneaux solaires. Vers le soleil. Alors là, vous avez le module énergie qui va centraliser et capitaliser toute l'énergie qui provient des panneaux solaires. Si on part sur du solaire?

Speaker 10

Si on part sur du solaire. Si c'est un réacteur nucléaire, de toute façon, il sera à un kilomètre, un peu enterré.

Speaker 3

Il faudra penser à tout cela une fois sur Mars. Le problème de l'énergie ou bien la légèreté des matériaux. Le

Speaker 24

gros avantage de ce concept, c'est que la partie gonflable peut se déployer soit à hauteur, soit sur les côtés, pour les cerfs par exemple

Speaker 10

Donc ça c'est des gonflables, les œufs sur le côté c'est des gonflables et ce sont les cerfs. Ça c'est les cerfs

Speaker 3

Si les associations s'engagent activement dans la réflexion sur la conquête de Mars, c'est parce que celle-ci, à leur goût, tarde à venir. Je crois qu'il faut laisser du temps aux ingénieurs. Mais c'est vrai que la Lune avait provoqué moins d'atermoiements.

Speaker 10

Quand les Américains ont décidé d'aller sur la Lune, l'accès à l'espace était relativement nouveau. Les Américains n'avaient pas encore fait de vol orbital, n'avaient pas encore fait de rendez-vous spatial autour de la Terre. Personne n'avait réussi à poser une sonde, une petite sonde en automatique sur la Lune

Speaker 3

Mais ces années-là, La rivalité Est-Ouest fait rage. Elle propulsera la conquête de l'espace vers un destin que nul

Speaker 11

n'imaginait alors

Speaker 10

C'était vraiment extraordinaire pour l'époque. On a un peu oublié aujourd'hui et on considère effectivement que sur le plan technique, on est beaucoup plus prêt maintenant à envoyer les hommes vers Mars en une dizaine d'années que les Américains ne l'étaient d'envoyer des hommes sur la Lune en moins de 10 ans, dans les années 60.

Speaker 3

Aujourd'hui, après que la station Mir ait inauguré la coopération Est-Ouest dans l'espace, et à l'heure de l'ISS, où plus de 15 nationalités se côtoient, le contexte politique n'est plus le même. Sans parler du contexte économique. Poser le pied sur Mars coûterait entre 150 et 300 milliards de dollars. Autant dire que le président Obama n'a pas les moyens de jouer les Kennedy, même s'il tente de lui emboîter le

Speaker 18

pas.

Speaker 3

Aux États-Unis, donc, l'atterrissage d'un homme sur Mars n'est pas clairement programmé, encore moins dans les autres pays. Il faudra attendre 2040 voire 2050. À moins que... À moins que les sociétés privées ne damnent le pion aux agences spatiales. Milliardaire et cofondateur du système de paiement en ligne PayPal, Elon Musk a monté sa société spatiale SpaceX et vend ses services à la NASA Il a créé cette capsule, Dragon. Elle dessert déjà l'ISS.

Elle sera ensuite aménagée pour Mars, avec un atterrissage prévu pour 2018, sans astronaute à

Speaker 2

l'intérieur.

Speaker 3

Pour une mission habitée, l'échéance est plus vague

Speaker 12

Je pense que si les

Speaker 26

choses vont comme prévu, nous devrions pouvoir... En

Speaker 3

l'état actuel de la technologie, 2025 semble peu réalisable. D'autant qu'il ne suffit pas d'atterrir sur Mars. Encore faut-il en repartir. Aucun test n'a jamais été fait pour redécoller de la planète rouge. Alors, certains en ont assez d'attendre. Jérémy est médecin sur des vols paraboliques. C'est un fondu de Mars. Il

Speaker 13

y a 20 ans, je suis tombé en admiration en lisant un article des missions habitées vers Mars. Et je veux à tout prix voir ça de mes yeux voir. Et j'ai été très surpris de voir que les projets étaient sans cesse repoussés à l'époque où on le projetait en 2020. Je me suis dit, c'est ma génération, c'est incroyable, on va voir ça. Et puis c'est aujourd'hui encore dans 30 ans, donc il faut y aller. Ils

Speaker 3

sont 200 000 à vouloir y aller, là, maintenant. Ils ont été sélectionnés sur des critères psychologiques. Il en reste 100, dont Jérémy. Un projet, disons, hors normes

Speaker 25

Les agences de l'espace, si elles ne vont pas le faire, nous devons commencer à le faire nous-mêmes.

Speaker 8

La mission de Mars One est celle d'une réunion permanente, une voyage en une seule voie. On va établir la première réunion humaine sur Mars en 2027. Beaucoup ont

Speaker 12

appelé la mission de Mars One une mission de suicide, dans laquelle nous allons aller et mourir. Non.

Speaker 3

Pas de retour prévu pour les colons de Mars One. En attendant qu'un jour, peut-être, les technologies soient au point pour les ramener sur Terre. Un projet qui, évidemment, pose des questions éthiques.

Speaker 13

L'éthique sociétale, ça pose un problème. Parce que si, en pleine conscience, une société envoie des êtres humains sur une planète et qu'ils ne reviennent pas, évidemment, ça peut être une problématique d'éthique sociétale qui est difficile à résoudre. mais qui se résout par contre sur l'éthique individuelle. L'éthique individuelle, c'est je me pose des questions, j'ai pleine conscience de ce que je fais, je suis prêt à prendre ce risque parce que ça me dépasse, parce que finalement, c'est

ma façon de donner de la valeur. Je pense qu'une vie s'inscrit dans quelque chose qui le dépasse et dans quelque chose de collectif

Speaker 22

Des projets comme Mars One méritent que nous y réfléchissions de manière sérieuse. Il ne faut pas nous en moquer. Ce sont des contemporains qui les proposent, ce sont des contemporains qui s'y engagent. Eux aussi, à leur manière, sont des explorateurs. Bon, laissons-leur au moins ce titre-là. Ils nous disent quelque chose de nous-mêmes.

Speaker 3

Ils nous disent peut-être leurs doutes sur une société où règne en maître le principe de précaution. Ils sont en tout cas prêts à courir tous les risques, même s'ils ont une famille, comme Jérémie.

Speaker 13

Comment on peut envisager en étant père de famille, en étant aimant, en étant très heureux sur Terre, ce type de projet aussi extrême et radical? Alors ça se gère en étant très présent dans sa vie de papa et d'époux. C'est prendre conscience de l'importance de vivre sa vie, de ne pas mettre sa vie entre parenthèses, de vivre son moment présent de façon très très intense

Speaker 3

Jérémy n'est pas sûr de partir. Sur les 100 candidats encore en lice, 6 groupes de 4 seront sélectionnés et partiront les uns après les autres. Financés par des investisseurs, la pub et les projets télé, Mars One coûterait 6 milliards de dollars. Un budget impossible à tenir selon de nombreux experts. Je refuse d'imaginer cette allée simple sur Mars. L'aller et retour me semblent déjà suffisamment problématiques.

Speaker 5

La plus grande inconnue, elle est psychologique. Qu'est-ce qui va se passer dans la tête des gens quand on va perdre de vue la Terre? C'est jamais arrivé. Et puis surtout, on va être tout seul, tout seul, tout seul

Speaker 3

Comment vivrons-nous cet isolement extrême? À Hawaï, on tente de cerner le problème. Sur les flancs du volcan Mauna Loa est installée la mission de simulation... High Seas 4, financé par la NASA. Objectif, étudier le comportement d'un groupe enfermé pendant un an. Pas de communication directe avec l'extérieur, le groupe se filme lui-même. Leurs ressources en eau et en électricité sont limitées, comme elles le seraient sur Mars. Une vie sous cloche pour trois femmes et trois hommes. Cyprien est

le biologiste de l'équipe. Son rôle, faire pousser des plantes

Speaker 27

C'est notre premier litre d'eau. Ce n'est pas beaucoup pour l'équipe parce que c'était juste un test. Mais je pense que les gens seraient heureux de l'avoir après deux mois sans nourriture fraîche. En fait, comme vous pouvez le voir, il n'y a pas de sol. C'est juste un setup hydroponique. Donc, si vous avez de l'eau ici avec tous les nutriments et les plantes nécessaires, vous pouvez voir les routes. Imaginez habiter avec cinq colocataires. Ces cinq colocataires sont vos collègues.

Imaginez ne jamais quitter l'appartement. Vous êtes toujours en permanence avec ces cinq personnes et vous ne voyez personne d'autre. C'est difficile de cacher, c'est même impossible de cacher ses défauts en permanence pendant un an. Du coup, on voit nos coéquipiers sous leurs pires jours.

Speaker 20

Knock knock. Hey! On est toujours au même

Speaker 27

endroit, toujours avec les mêmes personnes. Là, ça fait 10 mois que j'ai vu ou parlé à personne en dehors de mes 5 coéquipiers Je pense que le plus difficile ici, c'est le fait de jamais être à l'extérieur. Puisque même quand on sort, pour des missions en géologie, en dehors du dôme, on a des combinaisons spatiales. Du coup, on sent jamais le vent, le soleil. Tout ce qu'on touche, c'est à travers nos gants, et tout ce qu'on voit, c'est à travers une visière

Speaker 3

Cette mission permettra de déterminer comment évolue sur un an l'humeur des coéquipiers et leur interaction. Mais quels que soient les résultats de cette étude, j'ai une certitude. Nous partirons. Nous partirons sur Mars. Parce que pour moi, partir, c'est le propre de l'homme.

Speaker 10

Il faut voir que chaque fois que l'homme a été confronté à des mondes différents, il en est résulté des progrès. Quand nos ancêtres ont quitté l'Ethiopie pour se répandre dans le monde, monter vers des pays où il faisait plus froid, où il a fallu inventer le vêtement, il a fallu inventer le feu. Après, l'homme s'est aventuré sur les mers, il a fallu améliorer les vaisseaux, il a fallu inventer la navigation.

Speaker 5

Quand on a inventé l'avion, on se doutait bien que l'intérêt, ça allait de traverser l'Atlantique, par exemple. Mais on n'était pas capables de le faire, on n'avait pas la technologie. Donc on a développé la technologie. Un jour, on était prêts, on s'est lancés, on a fait la traversée de l'Atlantique. Pour Mars, c'est la même chose. On sait que la

destination qu'on a envie d'atteindre, elle est là-bas. On n'a pas la technologie pour y aller aujourd'hui, mais on va la développer et on va faire notre traversée de la Manche, notre traversée de l'Atlantique. Un jour, on sera prêts.

Speaker 3

Oui, un jour, on sera prêts. Et à la suite des Magellan, des Christophe Colomb et des Lindbergh, nous ouvrirons ce nouvel horizon. Nous ferons de la planète rouge une terre d'accueil.

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