170: Les familles multiculturelles - podcast episode cover
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Summary

Hélène et Judith discutent des familles multiculturelles, élargissant la définition au-delà de la nationalité pour inclure les différences de religion, de classe sociale et de région. Elles partagent leurs expériences personnelles, celles de leurs proches, et abordent les questions de transmission culturelle et linguistique. L'épisode déconstruit également les clichés courants, offrant une perspective riche et nuancée sur les joies et les défis de la diversité familiale.

Episode description

Quand il y a plusieurs origines ethniques, religions ou langues dans une même famille, c'est une grande source d'enrichissement, mais aussi de questionnements. Entre anecdotes personnelles et déconstruction des clichés, on vous partage notre expérience avec les familles multiculturelles.

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Show Notes

Episode du podcast "Kiffe ta race" sur les couples mixtes

Episode du podcast "Parentalité(s) - Éduquer c'est comprendre" sur la famille multiculturelle

Transcript

Intro
Hélène:
[0:17] Salut les amis ! Salut Judith !

Judith:
[0:20] Bonjour Hélène !

Hélène:
[0:21] Bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast Easy French. Alors aujourd'hui, nous allons parler, sur une suggestion d'un membre de la communauté Easy French, nous allons parler des familles multiculturelles.

Judith:
[0:37] Sujet très intéressant.

Hélène:
[0:39] Oui, enfin la personne avait suggéré les couples multiculturels et j'ai voulu élargir un peu et parler aussi des familles.

Hélène:
[0:47] Ok, alors si tu es prête, on va y aller, mais d'abord, on commence par un petit message à écouter.

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Transcript

Intro / Opening

Y yo que soy Brasil, mi amor, mi amor, mi amor, mi amor, mi amor, mi amor, mi amor, mi amor, mi amor.

Salut les amis ! Salut Judith !

Salut les amis ! Salut Judith ! Bonjour Hélène ! Bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast Easy French. Alors aujourd'hui, nous allons parler sur une suggestion d'un membre.

Bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast Easy French. Alors aujourd'hui, nous allons parler, sur une suggestion d'un membre de la communauté Easy French, nous allons parler des familles multiculturelles.

de la communauté Easy French, nous allons parler des familles multiculturelles. Un sujet très intéressant. Oui. Enfin, la personne avait suggéré les couples...

Oui, enfin la personne avait suggéré les couples multiculturels et j'ai voulu élargir un peu et parler aussi des familles.

multiculturel et j'ai voulu élargir un peu et parler aussi des familles. Alors, si tu es prête, on va y aller. Mais d'abord, on commence par un petit message à écouter.

Ok, alors si tu es prête, on va y aller, mais d'abord, on commence par un petit message à écouter.

Coucou Hélène, coucou Judith. Félicitations énormes pour votre million d'abonnés YouTube. Moi, c'est Christina et je suis américaine. J'écoute votre podcast absolument tout le temps et j'adore votre chaîne YouTube. Je suis profondément touchée. et inspiré par votre authenticité en général et par votre courage de vivre vos rêves. Alors, j'ai écrit un poème pour vous. Le vois ici.

Dans les roses intemporelles de Paris, deux âmes rayonnantes s'épanouissent au sein de vivre leur rêve. Que dire plus? Le cœur chante librement, faisant écho aux rêves des autres. révélons le secret caché de la muse éternelle en tout chose. Que c'est beau! Des rêves qui vivent, des rêves qui vivent, des rêves qui vivent. Voilà! Un immense merci pour votre courage et votre travail exceptionnel. Wow!

Je pense que c'est un des meilleurs messages qu'on ait reçu sur ce podcast. Carrément. Merci à toi, Christina, d'avoir le courage aussi de partager une création originale. Oui, dans une langue étrangère. Dans une langue étrangère. C'est assez impressionnant. Et merci beaucoup pour tes félicitations. Merci. On a vraiment de la chance quand même de recevoir de tels retours de la part des gens. Oui, parfois on se demande ce qu'on a fait pour avoir une si belle communauté. Le sujet de la semaine.

Pour ce sujet, j'ai pensé qu'on pourrait commencer par définir un peu la notion de famille multiculturelle Je suppose que les gens peut-être se diraient que c'est une famille avec des parents qui ont une nationalité différente, mais je pense que ça peut être plein d'autres choses que ça. Ce n'est pas forcément une question de nationalité.

Oui, on peut avoir des parents qui ont deux religions différentes. Est-ce que tu dirais que deux origines sociales différentes, ça peut rentrer dans la définition ? J'y ai pensé. Et oui, je suppose, parce que c'est vrai que les classes sociales ont chacune leur code culturel. Oui, je suis d'accord. Parce que c'est vrai que si on vient de deux pays différents, mais d'exactement la même classe sociale, on a les mêmes codes, les mêmes références. Oui.

Alors que parfois, deux personnes qui viennent d'un même pays et de classes sociales très différentes peuvent ne pas forcément se comprendre. Et avoir les mêmes références culturelles, les mêmes habitudes. Et puis parfois, il peut y avoir aussi des différences dans un même pays, de régions. Ouais. Exactement. C'est vrai que, par exemple, si on prend le cas de la France, une personne qui vient de la Lorraine, donc à l'est de la France, aura probablement un héritage culturel vraiment différent.

d'une personne bretonne ou d'une personne... Corse. Corse, par exemple, ou des territoires ultramarins comme la Guadeloupe. Donc oui, c'est large la définition de famille multiculturelle. Qu'est-ce qu'une culture en fait ? Ouais, ça c'est vraiment un sujet extrêmement vaste, mais c'est vrai que je pense qu'il y a plein de familles qui sont multiculturelles, même si on n'y pense pas forcément d'emblée.

Et on est tous entourés, je pense, de familles ou de couples multiculturels. On en a forcément autour de soi. Clairement. Ou soi-même. Ouais, c'est ça. Bon, bien sûr, j'ai pensé à ce sujet aussi parce que je suis dans un couple multiculturel ou biculturel, on pourrait dire peut-être. Et comme on a maintenant un bébé...

On est devenu une famille multiculturelle franco-éthiopienne. Et c'est vrai que ça fait se poser plein de questions. Par exemple, comment transmettre les différentes cultures aux enfants ? Comment faire pour que les deux membres du couple sentent que leur culture a autant de valeur dans la famille ? Comment ne pas heurter la culture de l'autre ou la minimiser ? Ou avoir même des clichés, parce que ce n'est pas parce qu'on est ensemble.

qu'on n'a pas des gros clichés sur les cultures étrangères. Même si on est avec quelqu'un d'étranger, on peut quand même avoir beaucoup de préjugés, de clichés. Et donc, je pense qu'on se demande tout le temps, tout au long. Du temps passé ensemble, comment faire pour que ça coexiste, ces deux cultures ? En tout cas, le premier mot que tu as dit, ça a été la transmission. Oui, parce que comme je viens d'avoir un bébé, forcément...

Cette question, on me la pose beaucoup déjà. Qu'est-ce que tu vas transmettre à ton enfant ? Quelle langue vous allez lui parler ? Quelle langue tu penses qu'il va parler en premier ? Est-ce que vous allez l'emmener en Éthiopie ? Est-ce que vous allez... essayer de l'éduquer aux différents goûts, par exemple, en incluant la cuisine éthiopienne. Et donc, on me pose beaucoup ces questions et forcément, du coup, j'y réfléchis aussi. Alors toi, est-ce que tu as autour de toi ?

ou chez toi, des familles multiculturelles ? Eh bien, forcément, j'ai un enfant avec un homme qui est corse. Sachant que j'ai grandi à Paris, en banlieue parisienne, donc ça reste deux cultures différentes. Clairement pas incompatibles, mais c'est des choses plutôt enrichissantes. Et puis surtout, on est deux confessions différentes, puisque je suis juive. Et le père de mon fils est chrétien, catholique, pas pratiquant du tout, mais en tout cas de culture catholique. Bien évidemment que cette...

question de la transmission, elle est fondamentale. Pas tant de savoir ce qu'on transmet, mais comment on le transmet, quand on le transmet, comment on explique les choses. Je trouve que cette question est d'autant plus compliquée. qu'on est très investi dans sa culture. Moi qui ne suis pas très pratiquante, encore ça va, même si je me pose des milliers de questions, ça va. Mais je peux comprendre que quand on est pratiquant, en tout cas ça m'a fait comprendre que quand quelqu'un est pratiquant,

C'est compliqué d'être avec quelqu'un qui n'a pas exactement la même culture parce que la transmission, c'est extrêmement compliqué. Ouais. Déjà, tu peux avoir même la même religion, mais ne pas vouloir la transmettre de la même manière. Même pas le même niveau de pratique. Ouais.

Peut-être pas exactement les mêmes choses, peut-être pas avec la même intensité. Et si en plus de ça, on ajoute des religions qui sont différentes ou alors une personne qui a une religion et l'autre qui n'en pratique pas du tout. c'est presque encore plus différent que deux religions différentes. On est obligé de se poser beaucoup de questions. Et le temps passe vite.

Et tout ça participe à la construction de l'identité d'un enfant, d'une personne. Et donc, je crois qu'il faut être très actif de cette transmission. Je ne crois pas que les choses se fassent toutes seules. Oui, nous, on en est au tout début avec notre bébé, mais déjà, on peut voir des choses. Par exemple, la parole, le langage. Moi, je lui parle en français puisque...

C'est complètement naturel pour moi. C'est drôle. Au début, je me disais peut-être que je vais lui parler aussi un peu anglais parce qu'à la maison, on parle anglais avec mon mari. Mais en fait, avec mon enfant, ce n'est pas du tout naturel de lui parler anglais. Quand je lui parle en anglais, je prends un accent français. Je n'arrive pas à lui parler anglais comme je parle anglais à des anglophones. C'est étrange, je ne m'y attendais pas. Et donc forcément, je suppose.

que le français sera sa première langue puisqu'il passe la majorité de son temps avec moi. Et en plus de ça, mon mari lui parle souvent français aussi. Alors qu'il ne me parle pas français à moi. Et je pense que de m'entendre... Parler français au bébé, ça l'influence en fait. Peut-être qu'il a déjà l'impression que ce bébé est francophone.

Alors qu'il n'a pas encore développé ça, mais ça fait que finalement, ce bébé entend beaucoup plus de français que d'autres langues. Il faut bien commencer par une langue. Eh oui ! C'est ça. Mais c'est vrai, comme tu dis, ça ne va pas de soi, ces choses-là. Ce n'est pas automatique de transmettre sa langue, parce que, par exemple, mon mari ne lui parle pas beaucoup dans sa propre langue maternelle, qui est la marique. Donc, ce n'est pas forcément automatique, ce n'est pas forcément...

spontané. Et comme tu disais, c'est quand même un travail. Moi, par exemple, la langue maternelle de mes parents, c'est l'espagnol. Entre eux, ils parlent l'espagnol. Et comme on était en France, à moi, ils m'ont toujours parlé que français. Et ouais, donc, quelque part, ta langue maternelle, c'est le français. Mais pourtant, la langue de ta mère, ce n'est pas le français. Non. C'est un peu vertigineux. C'est fou de te dire qu'entre eux, ils se parlent en espagnol.

Qui est leur langue maternelle. Et leur langue maternelle. Et quand ils s'adressent à moi. Et à ton frère aussi. Et à mon frère aussi, oui. C'est ce qu'on leur avait dit de faire à l'époque. Je pense que dans les années 90, on disait aux parents de ne pas parler plusieurs langues aux enfants, en France en tout cas, parce qu'on disait que ça allait créer de la confusion, des retards de langage, ce qui est complètement stupide parce que...

des tas de pays dans le monde où tout le monde parle deux ou trois langues à la maison et personne ne se pose la question de savoir si ça va être problématique ou pas. J'ai une amie dont la maman est anglophone native. Pareil, ils habitaient en France et on lui a dit de parler seulement français à sa fille. Et donc, elle lui a parlé français et ensuite, elle a appris l'anglais, mais pas grâce à sa mère. Oui, je pense que c'est une histoire assez banale au final.

Il y a d'autres familles multiculturelles que tu connais ? Là, comme ça, ça ne me vient pas. Et je crois que j'ai souvent eu l'occasion de dire qu'effectivement, j'évoluais dans un monde assez lisse. Et assez homogène. Et que c'était moi qui faisais toujours un peu figure d'original. En tout cas, dans mon entourage proche, non. Et toi ?

Alors moi, j'ai une cousine qui est française et qui va se marier bientôt avec un Russe. Eux, ils ont un couple... clairement multiculturel ou biculturel ou binational parce qu'il est russe et il a vécu en Russie jusqu'à ses 20 ans à peu près.

Quelqu'un qui est seulement d'origine russe, c'est vraiment quelqu'un qui a grandi là-bas et donc qui a une culture vraiment, vraiment différente de la culture française. On en parle beaucoup avec ma cousine et elle me raconte souvent des anecdotes, des choses notamment sur...

La manière de faire des projets, d'imaginer sa vie, qui sont parfois vraiment très, très différentes. Je ne sais pas si c'est typiquement russe, mais j'ai vu quand même un peu sur les réseaux sociaux que ça pouvait l'être, de vouloir assez rapidement se marier quand on rencontre une personne.

de vouloir assez rapidement avoir des enfants faire les choses comme ça de manière pour nous très rapide et en France on peut rester 5 ans 6 ans avec quelqu'un avant de se marier on ne peut pas se marier du tout exactement Et puis même dans la cérémonie du mariage, c'était très très important pour lui de faire une cérémonie avec tout le monde, toute la famille. Alors que ma cousine voulait faire comme moi et se marier juste à la mairie avec personne. Aïe, aïe, aïe.

Moi aussi, j'ai cette image des mariages russes assez fastueux. Oui, il faut vraiment inviter toute la famille, c'est très important. Il faut faire beaucoup de compromis. Qu'elle arrive à faire ? Oui, ils ont fait un compromis. Ils ont organisé un mariage sans faire de cérémonie religieuse, avec juste la mairie et chez eux, sans louer de lieu, etc. Mais quand même avec la famille, mais quelque chose de plus fait maison, on va dire.

moins grandiloquent. Et ça se passe bien ? Oui, vu qu'ils ont décidé de se marier et ça fait, je pense, 6-7 ans qu'ils sont ensemble. Et elle apprend le russe, elle parle plutôt bien le russe maintenant. Oui, parce que sa famille, à lui, c'est sa mère. Son frère ne parle pas du tout français, ni même anglais. Donc, elle n'a pas d'autre moyen de communiquer avec eux que d'apprendre le russe. Oui, c'est ça. Et elle est déjà allée en Russie ? Oui, ça avait l'air...

assez fou. Enfin, le choc des cultures est vraiment énorme parce qu'en plus, lui, il vient de Russie, mais d'une partie de la Russie, je pense, qui est vraiment éloignée culturellement, la Sibérie. Donc, elle m'a montré les photos, les vidéos. Ils étaient dans la neige jusqu'aux genoux. Et puis, elle m'a raconté plein de choses. Les journées entières passées au sauna.

qui vous paraissent complètement dingues un peu chez nous. De toutes les personnes qu'elle aurait pu rencontrer, avec qui ça aurait pu matcher, il a fallu qu'elle trouve un russe de Sibérie. Et que ce soit lui... avec lequel elle est le plus d'atomes crochus. Et oui, c'est fou. Il y a des choses qui ne s'expliquent pas quand même. Comme moi, avec un Éthiopien. Ah, je ne sais pas.

Tu trouves que c'est moins éloigné ? Ouais. Attends, c'est loin. Ouais, c'est loin. Mais vous vous ressemblez beaucoup quand même. Oui, c'est ça. On se ressemble malgré toutes ces différences, ouais. D'accord ? Pas d'accord. Dans cette section d'accord, pas d'accord, je voudrais te demander de dire ce que tu penses de certaines affirmations concernant les familles multiculturelles. Pour commencer.

Est-ce que tu es d'accord ou pas d'accord avec le fait qu'il y a forcément une culture dominante dans une famille multiculturelle ? Si Axel était là, il dirait ça dépend. il veut pas se mouiller moi j'aime bien trancher et je dis que je suis d'accord il y a forcément une culture dominante

Dans une famille culturelle, je pense que c'est la nature humaine qui veut ça. Je suis plutôt d'accord aussi. En tout cas, parmi les familles multiculturelles ou couples que je connais, il y a une culture qui domine généralement. Puis surtout, si on est dans le pays... d'une des deux cultures. Un couple franco-éthiopien en France, on peut supposer que la culture française sera dominante par nature.

Oui, je suis d'accord. Peut-être que vous ne serez pas d'accord avec moi sur ça, les amis, mais souvent, j'ai quand même l'impression que c'est la culture de la femme qui prédomine. Tu étais sûre que tu allais dire ça ? Peut-être que c'est un peu... Pas politiquement correct de dire ça, mais je pense que c'est souvent le cas. C'est ce que tu as vu, en tout cas, autour de toi. Ouais, voilà. Alors, deuxième affirmation, chaque parent est responsable de transmettre sa culture aux enfants.

Pas d'accord, parce que dans un couple, je pense que tout le monde n'est pas intéressé et sensibilisé de la même manière à la question de la transmission. Mais il n'empêche qu'un enfant doit comprendre et connaître d'où il vient. Par exemple, si j'étais avec quelqu'un qui ne faisait pas d'efforts pour transmettre sa culture, je le ferais à sa place parce que je pense que c'est un devoir qu'on a d'expliquer à un enfant d'où il vient et quelle est la culture de ses parents.

Ouais, je suis assez d'accord sur le fait que c'est pas chacun est responsable de transmettre sa culture, mais... Je trouve que les deux parents, idéalement, peuvent s'impliquer à transmettre les deux cultures. Oui, bien sûr. Bon, ça, c'est une version idéalisée. Toi, peut-être que c'est plus quelque chose de terrain, on va dire, qu'il y a une personne qui sera peut-être moins intéressante.

intéressée par la transmission culturelle que l'autre. Et c'est pas pour autant que je vais expliquer à mon fils tout ce qui est la partie culture juive et rien lui expliquer de la culture catholique. Je ferai les deux. Ouais, je pense aussi que c'est bien comme ça. Non, mais ouais, je suis assez d'accord. Parce que même, c'est intéressant pour nous aussi. Toi, par exemple, en tant que juif, c'est intéressant pour toi aussi de découvrir la culture catholique ? Oui.

On peut toujours apprendre des choses. J'ai encore des choses à apprendre, mais je veux dire, ce n'est pas un monde mystérieux pour moi. Je peux déjà, à l'âge de Gabriel, lui expliquer certaines choses. Oui, et dans mon cas, je trouve ça aussi intéressant d'essayer, moi, parfois, de lui parler en Amérique, même si je le parle très peu. J'aime bien le faire un peu et je me dis que c'est sympa aussi pour moi.

de me mettre dans cette posture-là et de pratiquer un peu et de découvrir de nouvelles choses aussi, en même temps que j'essaye de les transmettre. Je suis d'accord. Alors, ça, on l'a déjà un peu discuté. Il est plus naturel de parler sa propre langue maternelle à son enfant. Oui, je suis d'accord et je crois qu'il le faut.

Dans le sens où je crois que parler une langue qu'on maîtrise mal à un enfant, c'est lui apprendre une mauvaise version de la langue, d'une certaine manière. Sans vouloir... Je me sens attaquée, là !

Non, mais tu lui parles en français. Oui, oui. Mais oui, effectivement, je trouve ça normal que tu lui parles en français et pas forcément en anglais. Et comme tu le dis, en fait, naturellement, tu parles un anglais un peu bizarre avec un accent français. Oui, qui n'est même pas mon anglais habituel. Et en fait, ça lui enseignerait juste un anglais français, quoi. Toi, t'es pas d'accord.

Pas totalement, parce que j'ai vu mon mari ne pas avoir vraiment le réflexe de parler à notre enfant dans sa langue maternelle. C'est fou ça. Je ne comprenais pas, en fait. Je lui disais, mais comment c'est possible que spontanément, tu ne lui parles pas ta langue maternelle à ton enfant ? Et en fait, il me disait qu'il se sentait un peu loin de sa langue maternelle dans son quotidien.

Parce qu'il ne la parle pas tous les jours. Il utilise beaucoup plus l'anglais, que ce soit au travail, à la maison, même dans ses lectures. Et donc, ça ne lui venait pas forcément spontanément. Ça demande un petit effort. Mais pourtant, il ne parle pas en anglais. Non. Après, il parle bien en français. Oui, il fait des petites erreurs, mais il parle bien. Mais il lui parle aussi anglais. Il lui parle français et anglais.

et Amaric, mais quand il lui parle Amaric, c'est plutôt quand il se force un petit peu. C'est fou, ça. Donc, je pense que dans la majorité des cas, c'est plus naturel de parler sa propre langue maternelle, mais pas toujours. Et ma dernière affirmation...

C'est quand on a deux cultures ou plus, on est vraiment à l'aise dans aucune. Ça, c'est dur de répondre. D'accord, pas d'accord. Je crois que tout dépend du milieu dans lequel on est. Si on est entouré de gens avec plusieurs cultures... Ça peut simplement être une source d'enrichissement et on navigue comme ça dans son milieu.

et on prend un peu de chaque culture et tout se passe bien. Je pense que ça peut être dur, notamment pour les gens qui sont immigrés ou expatriés. Tu vois par exemple ton mari, je ne serais pas étonnée que tu me dises quand il retourne en Éthiopie, il ne se sent pas vraiment éthiopien. Il ne se sent pas toujours à l'aise. Il ne se sent pas toujours à l'aise parce qu'il a passé beaucoup de temps en Europe, il a passé beaucoup de temps en France, en Hollande, qu'il a pris des réflexes.

des cultures dans lesquelles il a été. Et quand il revient en Éthiopie, c'est un peu le français parmi les Éthiopiens et l'Éthiopien parmi les Français. Il y a un peu ce truc du choc culturel inversé. Quand on revient dans son pays d'origine, parfois... On a des chocs culturels parce qu'on n'en a plus l'habitude. Mais bon, ce n'est pas forcément négatif d'être un peu caméléon comme ça. Moi, c'est un sentiment que je n'aime pas forcément.

J'ai l'impression que pour être heureux, il faut quand même avoir un sentiment d'appartenance assez fort à là où on est. Et quand on est dans un endroit où on n'a pas tous les codes, on ne se sent pas exactement à l'aise, je trouve que c'est quand même une entrave à l'épanouissement.

J'avoue que dit comme ça, je comprends. Et c'est vrai que c'est tellement quelque chose qui fait du bien. C'est tellement quelque chose de rassurant de rentrer chez soi, d'être chez soi, d'être dans son pays, dans sa ville où on connaît tous les codes, où on comprend tout ce qui... se passe. C'est tellement un sentiment doux et réconfortant que ne jamais l'avoir ou rarement, je peux comprendre que ça soit difficile de devoir s'adapter.

Je n'ai jamais vraiment ressenti ça, mais je l'ai beaucoup lu ou on me l'a raconté. J'ai vraiment l'impression que c'est une sensation vraiment désagréable et ça prend beaucoup d'énergie de devoir s'adapter. Oui, mais je pense que tu as bien résumé l'idée que...

Ce n'est pas forcément vrai qu'on est à l'aise nulle part. On peut être à l'aise quand on est entouré d'autres personnes qui ont aussi plusieurs cultures, même si, effectivement, c'est peut-être plus facile pour les gens qui se sentent vraiment familiers avec une culture d'être à l'aise.

La Minute Culture. Dans cette Minute Culture, je voudrais parler de deux épisodes de podcast qui traitent un peu de ce sujet, mais de manière vraiment différente. Est-ce que tu connais le podcast Kif Taras ? Non, je ne connais pas. Ah, dommage ! C'est vraiment un super podcast qui est co-animé par Rokaya Diallo, dont j'ai déjà parlé. Et ça parle de toutes les questions raciales en France. Et il y a un épisode qui parle des couples dits mixtes, donc des couples avec des personnes...

d'origine différente, mais plutôt vraiment dans le cas de pays différents et de quelque chose de visiblement différent aussi, qui puisse se voir de l'extérieur. Par exemple, une personne noire et une personne blanche, ou une personne asiatique et une personne maghrébine. Et c'est un épisode qui traite de cette question de manière vraiment très, très politique. Et j'ai trouvé ça hyper intéressant.

Ça a l'air hyper intéressant. Moi, j'ai encore du retard sur toutes tes recommandations. Je me suis mise au podcast de Judith Duportail, dont tu as parlé dernièrement, et j'ai beaucoup aimé. Donc, c'est sur la liste, Hélène. Super, c'est vraiment un podcast excellent. Il a d'ailleurs énormément eu de succès quand il a été lancé. Et il y a un autre podcast dont j'ai déjà parlé qui s'appelle Parentalité.

Et il y a un épisode sur la famille multiculturelle et c'est une femme qui, elle-même, a deux origines culturelles. Elle a grandi en France de parents iraniens et polonais, donc un père polonais et une mère iranienne. Elle s'est mariée avec un Français dont les parents sont également Français. Elle raconte un peu comment elle vit dans sa famille au quotidien, ce qu'elle transmet à son enfant. J'ai trouvé ça assez passionnant.

Parce que toutes ces cultures, l'Iran, la Pologne, ça semble tellement différent. Il y a des couples quand même. Ouais, c'est fou. Et même dans le podcast, elle parle d'autres familles. polonaise-iranienne. Ah oui, on a plusieurs couples d'amis qui sont aussi polonais-iraniens et je me dis mais c'est dingue ! Comment c'est possible ?

Ok, et bien écoute, on ajoute ça sur la liste. Vous aurez bien sûr toutes ces recommandations dans les show notes. Et je pensais que tu nous parlerais de Leïla Slimani, Le Pays des Autres. J'ai failli et je me suis dit que j'allais changer parce qu'on l'a déjà recommandé plusieurs fois.

Bon, c'est la section, je râle, mais c'est aussi un peu pour rigoler. Les clichés sur les couples, sur les familles multiculturelles, qui sont un petit peu énervants, quand même. Gays, comme quoi ? Par exemple, les enfants métisses sont les plus beaux. C'est vraiment énervant, ça. Je trouve que tous les enfants sont beaux. Oui. Les enfants métisent quand même, ils sont vraiment beaux. Mais tous les enfants sont beaux. Oui, oui, tous les enfants sont beaux. Pardon, pardon.

En tout cas, ton enfant est très beau. Il est très beau, oui. Mais moi, je trouve que tous les enfants de toutes les ethnies sont beaux. Oui, mais moi, ça ne me dérange pas que les gens disent ça parce que dans le monde dans lequel on vit, je trouve que c'est aussi bien de célébrer le mélange. Oui, je vois ce que tu veux dire. Ça fait des belles choses, mais je comprends que ça puisse être agaçant.

C'est comme, par exemple, moi, mon fils, on ne sait pas pourquoi, il a les cheveux blonds. Ça ne va pas durer, mais il a les cheveux blonds. Et tout le monde s'émerveille du fait qu'il a les cheveux blonds. Et je trouve qu'il y a un côté un peu...

Presque raciste. Moi, j'allais dire un peu fétichiste. Un peu fétichiste, mais un peu sous-entendu. Les cheveux blonds, c'est plus beau que les cheveux bruns. Alors que pas du tout. Je comprends ce que tu veux dire, mais pour une fois que le métissage est associé à quelque chose de positif...

Moi, je prends. Oui, mais je trouve que, bon, peut-être que tu penseras que je vais loin, mais je trouve qu'il y a presque un côté un peu raciste aussi dans le sens où, pourquoi un enfant métisse serait plus beau sous-entendu qu'un enfant noir, par exemple ?

Ah, dans ce sens-là ! Mais ça, peut-être tu vas penser que je vais un peu loin. Pourquoi, par exemple, un enfant à la peau foncée avec des yeux bleus ou verts serait plus joli qu'un enfant à la peau foncée avec des yeux marrons, tu vois ? Je vois ce que tu veux dire.

Mais clairement, tout le monde ne dit pas ça avec cette intention et cette échelle-là. Non, non. Mais on peut imaginer, par exemple, que les enfants de ce couple iranien et polonais, il y a des spécificités qui font que les gens sont beaux. Une beauté iranienne n'est pas la même qu'une beauté polonaise.

Et du coup, dans les métissages, il y a une espèce de truc où on crée un truc hybride avec un peu de la beauté de chaque et ça crée quelque chose de nouveau et d'étonnant. Oui, il y a la rareté aussi qui fait qu'on dit que c'est beau. Autre chose sur les enfants. que les enfants de familles multiculturelles sont forcément polyglottes. Oui, et du coup, la déception quand on voit qu'ils ne le sont pas. Oui, c'est beaucoup d'attente quand même.

Oui, c'est beaucoup d'attentes. Et puis, comme tous les enfants, comme tous les êtres humains, il y en a qui ont plus ou moins de facilité avec les langues. Ça dépend plus de facteurs qu'on l'imagine. On peut être dans un couple biculturel et puis décider de ne transmettre qu'une langue à un enfant. Et c'est comme ça, quoi. Et puis dans la même veine, il ou elle, donc le mari ou la femme, apprend la langue en trois mois par amour.

Je comprends que ça puisse être agaçant d'entendre ça. On peut supposer que ce n'était pas par amour, mais par nécessité. Surtout si c'est en trois mois. Ce n'est pas par amour, c'est qu'il a fallu apprendre très vite pour pouvoir s'intégrer dans un pays. Et puis, ça sous-entend aussi que si la personne n'apprend pas ou n'apprend pas encore très bien, ça sous-entend qu'il y a un manque d'amour. Ah oui, donc effectivement... Enfin, en tout cas, moi, j'entends ça un peu.

On va penser que je suis tellement négative que j'interprète tout de manière hyper négative. Non, mais une langue, ça ne s'apprend pas en trois mois. Non, pas du tout. Et on a beau aimer, aimer, aimer, ça ne suffit pas.

Mais c'est vrai que ça peut aider. Oui, ça aide. C'est vrai que je me mets dans ta position à toi. À un moment, l'important, c'est de communiquer. Oui. Et c'est compliqué. À un moment, on passe à l'anglais. À un moment, il faut se faire comprendre. Oui, c'est ça. Et ce n'est pas forcément moins bien. Non, non, pas du tout.

Un autre cliché, bon ça pour le coup c'est vraiment négatif je pense, il se dispute plus que les autres à cause des différences culturelles. La question c'est pourquoi on se dispute ? Ouais, ce qui est un peu énervant dans ce cliché c'est que forcément s'il y a une dispute...

dans un couple multiculturel ou des tensions ou même des séparations. Tout de suite, on suppose « Ah oui, mais ils ont des cultures différentes, c'est compliqué. » Parce que ça peut faire naître des incompréhensions. Mais je veux dire, c'est des choses qui se disent. On en parle. l'explique. Je vois pas pourquoi une différence culturelle serait la cause d'un conflit, d'autant plus que les couples d'une même culture se disputent aussi.

Oui, c'est ça en fait. C'est que les disputes d'un couple qui a deux cultures différentes peuvent venir de choses qui n'ont rien à voir avec cette histoire de culture. On peut se disputer pour des choses pour lesquelles les couples qui ont la même culture se disputent aussi. Je peux comprendre que les différences culturelles peuvent...

donner lieu à des mauvaises interprétations, à des incompréhensions. On n'a pas les mêmes attentes. Mais encore une fois, si on sait communiquer, je ne pense pas que ce soit vraiment un sujet de dispute. Dispute. Oui. Et puis en plus, ne pas avoir les mêmes attentes, ça peut arriver aussi entre deux personnes de la même culture. Oui, bien sûr. Non, mais je veux dire, ça peut être diamétralement opposé, comme dans ton exemple de ta cousine. Ils n'ont pas du tout la même attente sur le mariage.

L'un peut dire, moi, dans ma tête, un mariage, c'est comme ça. Et l'autre, moi, un mariage dans ma tête, c'est comme ça. Et maintenant, comment on fait ? Ça crée des débats, ça peut créer des tensions. Mais non, effectivement, c'est un peu facile de mettre les disputes sur le compte des différences culturelles. Et alors, quelque chose que je trouve... C'est énervant parce que c'est très cucul. La différence culturelle est d'abord un obstacle, puis...

Une force magique. C'est marrant, moi, j'aurais plus dit l'inverse, à la limite. Au début, c'est nouveau, c'est différent, c'est enrichissant, c'est intéressant. Et puis après, on se heurte, effectivement. à des choses un peu plus complexes, mais qui, encore une fois... C'est pas irrésolvable. Ça amène à des discussions. Et puis même les conflits, c'est pas grave. Non, mais je veux dire conflits dans le sens où... Dit la fille qui évite les conflits tout le temps.

C'est pour s'auto-persuader. Ce que tu as dit est plus réaliste que le cliché de « au début, c'est un obstacle et puis finalement, ça devient une force ». Ça, c'est un peu un cliché qu'on peut retrouver peut-être dans des films. Bon, en fait, j'ai trouvé ces phrases grâce à ChatGPT.

Mais je trouve que ça représente quand même certains clichés, certains stéréotypes qu'on peut retrouver dans des comédies romantiques, des films. Au début, des gens que tout sépare et puis finalement, l'amour fait que... ils sont plus forts que tous, que leur différence devient une force. Non, je comprends. Et moi, je trouvais ça juste un peu nié, quoi. Non, c'est vrai.

Parfois, ce qu'il y a aussi dans les couples mixtes, vu de l'extérieur, c'est que quand on parle de la personne qui n'a pas la culture dominante, on va le voir comme quelque chose d'un peu exotique. Et pas vraiment juste une culture égale à part entière, mais quelque chose d'intéressant parce qu'exotique. Et on projette aussi beaucoup de choses. Forcément, une personne chinoise va manger du riz. Je dis des trucs vraiment stupides, mais c'est ça en fait.

Non mais c'est ça, elle doit super bien cuisiner tel plat asiatique. Si t'es indien, forcément, tu manges du curry tout le temps, tu mets du curry dans tout. Si t'es mexicain, c'est du piment. Bon, ça, je crois que c'est vrai quand même. Non, non, mais oui, on a des stéréotypes qui sont quand même bien ancrés. Bon, j'espère qu'on n'a pas dit trop de bêtises dans cet épisode. C'était risqué. La pente était glissante.

Mais vraiment, je sais qu'il y a beaucoup de gens dans cette communauté qui ont un conjoint ou une conjointe d'une autre origine culturelle ou une famille élargie d'une autre origine culturelle, donc n'hésitez pas à nous raconter vos histoires, vos anecdotes. Et puis dites-nous, comment vous faites si vous venez de familles, de cultures différentes, de religions différentes ? Comment se passe la transmission ? Est-ce qu'il y a des règles qui ont été établies, ce genre de choses ?

Je n'ai pas mentionné, mais ma cousine et son futur mari, eux, ils ont un jour où ils ne parlent que russe à la maison. Vous voyez, il y a forcément des règles. Il en faut. Merci de nous avoir écoutés. Et si vous êtes membre, restez pour le bonus. Au revoir les amis, à bientôt !

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