¶ Intro / Opening
Curieux de science. Un podcast image doc. Coproduit par Bayard Jeunesse et le Muséum National d'Histoire Naturelle.
¶ Le Mystère du Continent de Plastique
Ah, la plage ! J'adore ! Et puis, ça sent quelque chose de particulier, la mer. Le sel, le sable, les algues. Je sais pas, mais moi, j'adore. Je trouve que ça sent les vacances. Et ce que j'aime par-dessus tout pendant les vacances, c'est de rencontrer des gens. D'ailleurs, tiens là-bas, on dirait des petits curieux de science !
Bonjour les enfants ! Bonjour ! Vous faites quoi là ? On ramasse du plastique. Pourquoi vous faites ça ? Pour protéger l'environnement. Vous avez ramassé quoi là par exemple ? Des bouteilles en plastique, des canettes. Et vous faites ça souvent de ramasser des déchets comme ça sur la plage ? Oui, beaucoup. À l'école, ils organisent ça.
On prend un sac plastique, on se met en gilet jaune, on marche jusqu'à la plage parce que l'école, elle est tout prête. On retrouve des plastiques, on les ramène à l'école et on les jette dans une poubelle et on les trie. C'est trop bien tout ça, c'est autant de plastiques qui n'iront pas dans la mer. Vous avez déjà entendu parler du continent ?
Et bah ça tombe bien parce qu'on est vraiment à deux pas de la station marine de Concarneau. Je pense qu'on va pouvoir trouver quelqu'un pour nous parler de tout ça. Vous venez ? Bonjour ! Vous êtes Isabelle Leviole ? Oui, et bienvenue à la station. Je suis écologue biologiste de la conservation et je travaille à la station marine de Concarneau. Et vous ? Moi, Gabrielle. Youn. Thomas.
Jaël, Adèle, Alice. Alors je vous propose qu'on monte, on va aller dans une petite pièce pour prendre nos gestes pour discuter. Isabelle Leviol, quand vous nous avez accueillis, vous nous avez dit que vous êtes écologue et biologiste de la conservation. Ça veut dire quoi ? Alors, ça veut dire que je m'intéresse aux relations qui existent entre les êtres vivants.
Donc les animaux, les plantes, les algues et leur environnement. J'ai étudié comment nos activités humaines touchent cette biodiversité et surtout qu'est-ce qu'on peut faire pour qu'elles soient en moins mauvaise santé. Donc vous avez parlé du...
Continent plastique, qu'est-ce que vous pensez que c'est ce continent ? C'est un endroit où tout le plastique se retrouve dans la mer. Et alors est-ce que c'est sur une toute petite zone ? Une grande zone quand même. Une très grande zone. Et vous avez une idée de ces endroits ? Dans l'océan Pacifique. Entre autres dans l'océan Pacifique. Effectivement, c'est une immense surface où se concentrent toutes sortes de plastiques.
des filets, des sacs mais aussi plein de petits bouts de plastique et quand on parle d'un continent plastique, est-ce que pour vous on peut marcher dessus ? Non, une île flottante sur l'eau mais on ne peut pas marcher dessus. Voilà, alors ça fait plutôt penser à une sorte de soupe de plastique. On parle de microplastique, notamment lorsqu'ils font moins de 5 mm en termes de taille. En fait, il existe 5.
Gros agglomérations de plastique dans l'océan. Celui du Pacifique Nord, c'est le plus grand. Il s'étend sur presque trois fois la France. Vous imaginez que c'est une zone qui est immense.
¶ Impacts Profonds et Invisibles du Plastique
Tous les plastiques, ils arrivent à cet endroit et pas un peu partout dans la mer. Alors, il y en a certainement un petit peu partout dans la mer, mais comme tu dis, ils se concentrent en particulier à cet endroit-là parce qu'ils sont entraînés par les courants marins. qui sont liés à la rotation de la Terre. au vent et au courant en grande profondeur. Et donc ça fait comme des immenses tourbillons qui entraînent les plastiques dans leurs mouvements, ce qui fait que ça se concentre à un endroit.
Pour vous montrer ça, j'ai pris une bouteille dans laquelle j'ai mis des petits morceaux de plastique. Et donc, si je tourne la bouteille pour simuler effectivement ces courants... Vous pouvez décrire ce que vous voyez, les enfants ? Une tornade d'eau ? Des déchets agglomérés au même endroit. Au milieu. Les tout petits plastiques, ils sont tout au fond. Et les plus gros, au-dessus. Et en surface, il y aura aussi des petits plastiques, mais effectivement, on ne les voit pas toujours.
Ce septième continent, il faut l'imaginer un peu comme un iceberg. Il y a une immense quantité en profondeur qu'on ne voit pas. Et pour les plastiques, si on en voit un en surface, il y en a au final... 99 dans la colonne d'eau et au fond. Donc ce qu'on voit en surface, même si c'est très impressionnant,
C'est qu'une toute petite partie de toute la pollution plastique qu'on a mis dans les océans. Là, on a vraiment de quoi s'inquiéter. Pour les années à venir, c'est honteux. Quand on jette les plastiques dans les égouts, ça va vers la mer et ça part vers le continent de plastique.
Parce qu'il prend du temps à se décomposer. Il prend énormément de temps à se décomposer. Justement, vous avez vu des algues là, sur la plage, pour vous, ça met combien de temps à peu près à se décomposer ? Deux à trois mois. Ouais, même moins. Des fois, c'est juste quelques semaines. Parce qu'il y a plein de micro-organismes qui sont adaptés pour décomposer ces algues. Une pelure de clémentine, c'est à peu près 6 mois pour être décomposée et disparaître.
On a vu du verre sur la plage et je pense que ça se met beaucoup de temps à se décomposer. Là, pour le coup, oui, c'est très, très important. Vous avez peut-être trouvé aussi du fer. Une boîte de conserve, ça va mettre à peu près 100 ans. Alors qu'une bouteille de plastique... C'est 400 ans. Quatre fois plus ! Alors ça se dégrade quand même un petit peu parce qu'effectivement, notre bouteille là, elle est emportée par la rivière. Elle va frotter contre les rochers.
Et du coup, elle va se décomposer, se fragmenter en morceaux de plus en plus petits, ce qui va donner les microplastiques qui se mélangent dans les anciens, notamment avec le plancton. Mais le plancton, tout simplement, il est tout en bas de la fenêtre alimentaire. Mais si elles attrapent du plastique, du coup elles vont manger du plastique et elles vont mourir. Voilà, c'est un peu comme si on mangeait tout le temps du chewing-gum, on aurait très mal au ventre.
Et en fait, on n'aurait pas forcément faim pour se nourrir et s'alimenter. Et on peut mourir comme ça, au final, de faim. Alors qu'on a l'estomac qui est rempli. Par exemple, en Méditerranée... Actuellement, les poissons peuvent avoir une chance sur deux de se tromper. Si les poissons mangent du plastique, nous on mange du plastique. Alors, quand on mange du poisson, on enlève quand même.
l'estomac. Donc on ne mange pas ces plastiques-là, on les élimine. Et c'est surtout important pour les moules, parce que vous savez que les moules, elles filtrent l'eau, elles retiennent justement le plancton et notamment les microplastiques. Et elle filtre à peu près 25 litres d'eau par jour. On considère comme ça que lorsqu'on prend une assiette de moule, au final, on a jusqu'à 300 microplastiques différents. Et bien là, pour le coup, on mange du plastique.
L'homme, il ingère à peu près 5 grammes de plastique. C'est un peu comme une carte bancaire par semaine. Par semaine ? C'est beaucoup. Oui, c'est beaucoup. Au-delà de ça, ces petits plastiques vont fonctionner un petit peu comme des sortes d'îles. Et en fait, les polluants qui sont dans l'eau vont venir se fixer sur ces micro-plastiques.
Et du coup, lorsqu'on ingère le plastique, on ingère aussi ces polluants. Pour le coup, c'est embêtant pour la santé parce qu'effectivement, ça peut causer des maladies graves. Des fois, il y a aussi en plastique des choses qui sont très résistantes, ce sont les filets perdus en mer. Les filets de pêche, par exemple. Et en fait, les animaux peuvent se prendre dedans et donc ils peuvent aussi mourir. Comme ça, ça a aussi cet impact-là.
¶ Solutions et Actions Contre la Pollution Marine
Évidemment, on a envie d'enlever ces déchets qui sont sur les plages, comme vous. Les enfants, c'est ce que vous faites, hein ? Oui. Que vous faites régulièrement, mais du coup, comment est-ce que vous nettoyez ces plages ? On ramasse les plastiques qu'on trouve, comme des mégots, des bouchons, des bouteilles, des sacs plastiques.
On les ramène, on les traite et on les jette. Ça veut dire que vous choisissez bien. Or, dans certains endroits où il n'y a pas de ramassage manuel, on utilise des gros engins. Le problème, c'est que ça enlève le sable et ça va aussi enlever les algues qui sont en décomposition. Or, elles fournissent plein d'éléments nutritifs.
qui repartent dans la mer, alimenter à nouveau le phytoplanton, le zooplanton, les poissons. Et surtout, elles sont aussi décomposées par des bactéries sur la plage, et puis par plein de petits animaux qui vont venir les manger et qui rentrent dans la chaîne alimentaire. Quand on aime la nature comme ça, ça vous fait quoi vous de voir du plastique dans la mer ? Évidemment, j'aimerais que...
Ça soit limité, réduit. Au lieu de produire du plastique comme ça, qu'est-ce qu'on pourrait faire à la place ? Le recycler. On peut le recycler. Sinon, l'autre chose, on peut aussi remplacer les plastiques qui sont produits à partir du pétrole. par les plastiques qui sont biodégradables. Oui, par exemple, au magasin, ils étaient faits en fécule de pommes de terre ou de maïs, je ne sais plus.
Tout à fait ! Maintenant, le fait que vous vous sentiez concernés, les enfants, que vous ayez envie d'agir, que vous agissiez, c'est un message super positif. Je pense qu'il faut qu'on fasse tous ensemble pour que ça aille mieux. On va passer le mot en tout cas. On va en parler autour de nous. On va faire des affiches. Merci beaucoup Isabelle. Avec plaisir, merci à vous. coproduit par Bayard Jeunesse et le Muséum National d'Histoire Naturelle.
