De la Panthère rose en 1963 jusqu'à sa mort en 1980 et même au-delà, Peter Sellers est tombé, s'est cogné, s'est électrocuté, a glissé, a reçu divers objets sur la tête, a trébuché, s'est coincé les doigts, a déchiré ses vêtements. Et Blake Edwards l'a regardé comme un médecin observe un spécimen atteint d'un mal incurable : la maladresse.
Oct 12, 2011•1 hr 18 min
Qu'est-ce qu'un homme selon Blake Edwards ? Qu'est-ce qu'une femme ? Quels sont les points de contact de ces deux entités ? Comment se télescopent-elles ? Comment deviennent-elles perméables ?
Sep 26, 2011•1 hr 20 min
La plupart des cinéastes laissent les choix des objectifs et des lumières et autres équipements de prise de vues à leur directeur de la photographie, en leur confiant ainsi le style et l'aspect visuel du film. Ce n'est pas le cas de Kubrick qui travaille toujours avec des artistes et des techniciens de renom, mais qui se tient prêt en permanence à utiliser les innovations techniques et les procédés qui l'aideront à trouver la solution parfaite. Tout au long de sa carrière, il achète, modifie et ...
Apr 22, 2011•1 hr 46 min
Dans L'Image-temps, Gilles Deleuze voyait en Stanley Kubrick, à l'instar d'Alain Resnais, un cinéaste "de l'identité du monde et du cerveau". En partant de Shining, nous questionnerons et prolongerons ce rapprochement en avançant trois autres noms de cinéastes explorateurs d'états limites du monde et de la conscience : David Lynch, Michael Haneke et Gus Van Sant.
Apr 18, 2011•1 hr 18 min
Dès le début de son œuvre, Kubrick s'est démarqué des styles hollywoodiens dominants, privilégiant la recherche de la singularité et de la nouveauté. C'est ainsi qu'il élabore son odyssée de l'espace, destinée à révolutionner la science-fiction. Nourri de plusieurs films des années 1950, qu'il améliore techniquement, 2001 puise dans les registres des cinémas expérimental et scientifique, comme dans la musique classique, avec l'idée, a priori paradoxale, d'un grand spectacle sidérant en Cinerama.
Apr 04, 2011•1 hr 37 min
Un fil rouge relie les films de Kubrick qui sont autant d'avertissements en forme de fables : le rapport au cœur de chaque homme et dans la société entre une volonté de contrôle, l'affirmation de la raison et l'irruption de la passion, de la violence et du refoulé.
Mar 28, 2011•1 hr 16 min
Comme beaucoup des personnages féminins qui l'ont précédée, mais plus encore, Marnie néglige les lois et ouvre un espace cinématographique inédit de fuite et de filature. Et c'est dans sa période américaine qu'Hitchcock, systématiquement, flanque ses héroïnes à la porte. Sans foyer, ce sont des délinquantes dont le destin s'accomplit dehors, dans les rues, sur les quais de gare, dans les cimetières et les motels... Critique aux Cahiers du cinéma pendant douze ans, Marie Anne Guerin écrit réguliè...
Mar 01, 2011•54 min
Dans certains films d'Hitchcock, on se déplace sans cesse. Dans d'autres, on voudrait bien sortir de la maison. Dans tous les cas, le casse-tête semble le même : comment vivre hors-les-murs ? La réponse d'Hitchcock serait un peu celle de la psychanalyse : habitez-donc une fiction. Tanguy Viel est romancier. Il a publié, entre autres, Cinéma, L'Absolue perfection du crime, Insoupçonnable, Paris-Brest, tous parus aux éditions de Minuit. Il a aussi écrit en 2010 Hitchcock, par exemple (éditions Naï...
Feb 07, 2011•1 hr 3 min
De 1955 à 1962 sur CBS et NBC, Alfred Hitchcock a créé, produit et présenté presque 270 épisodes d'une série TV restée célèbre : « Alfred Hitchock Presents ». Comment Hitchcock est-il devenu une figure télévisuelle qui a construit son personnage ? Comment la télévision, révolution esthétique, est-elle entrée dans son cinéma ?
Jan 31, 2011•1 hr 2 min
Les partisans de "la politique des auteurs", qui firent d'Hitchcock un exemple, étaient à la fois hollywoodophiles et hostiles au cinéma anglais. Ce qui engendra une certaine minoration de la période anglaise du cinéaste. L'opposition entre les deux périodes s'avère aujourd'hui bien schématique et injuste, et les films anglais d'Hitchcock méritent d'être considérés autrement que comme d'intéressants tâtonnements : le génie y fait plus que sommeiller. Marcos Uzal a notamment écrit pour les revues...
Jan 17, 2011•1 hr 12 min
Longtemps, "le maître du suspense" ne fut pas pris au sérieux, autant aux Etats-Unis qu'en France. Par quelles voies critiques son nom est-il devenu, au tournant des années 1950-1960, synonyme presque à lui seul du 7ème art et le cinéaste préféré de tant de cinéastes ?
Jan 10, 2011•1 hr 7 min
Marilyn Monroe est souvent assimilée à la pin-up. Elle est la "dumb blonde", la gourde dont les studios hollywoodiens voulaient se satisfaire. Mais Norma Jeane, devenue Marilyn, est une femme déterminée, qui veut échapper à son cliché pour développer ses formidables talents d'actrice à travers la formation très exigeante de l'Actors Studio. En décembre 1954, elle quitte Los Angeles pour New York, où elle fonde notamment sa propre maison de production. Une autre dimension apparaît, celle d'un rap...
Nov 15, 2010•1 hr 32 min
Le fétichisme ne peut plus être regardé par la clinique, parce qu'aujourd'hui, le rapport fétichiste à l'objet est devenu la norme sociale. L'œil du cinéma se montre bien plus acéré pour "cliniquer" les nouvelles perversions.
Nov 08, 2010•1 hr 20 min
Le cinéma de Lynch voit double en concevant ses personnages. D'un côté, le geste de l'artiste, modelant ses créatures et animant des figures, jusqu'à les transformer. De l'autre, le désir du metteur en scène de s'attacher au corps d'un acteur, de le rediriger vers un autre rôle, de changer son image. Miroitement incessant entre création et fiction qui reflète les troubles du sujet, d'Eraserhead à Inland Empire.
Oct 25, 2010•1 hr 16 min
Film sur le double, la dualité, les reflets, Mulholland Drive a lui-même été beaucoup dupliqué. Il a livré un modèle de récit – affecté d'une césure – qui, à mesure qu'on le retrouve dans d'autres films, est devenu le signe d'une époque (les années 2000). Ce modèle, il ne l'a pourtant pas inventé, on peut en pister les ancêtres dans le cinéma hollywoodien classique. Mais parce qu'il lui a donné une forme particulièrement frappante, à la fois glamour et moderne, c'est désormais presque à lui seul...
Oct 18, 2010•1 hr 20 min
Tous les cinéastes ont filmé des cheveux de femmes. Mais les grands cinéastes de la chevelure féminine sont finalement peu nombreux. A quoi les reconnaît-on ? A ce que les cheveux de femmes, chez eux, ne sont pas seulement décoratifs, mais relèvent d'une émotion intime et singulière qui ébranle souterrainement leurs films.
Oct 11, 2010•1 hr 27 min
Lubitsch croit à une discipline du plaisir. Car la vie ressemble à un casse-tête épicurien où chaque instant serait volé à la mort. Il faut donc vivre, sourire et prendre ce qui vient. Plaisir immédiat, physique, mais plaisir aussi de société. Il n'y a de plaisir que dans l'instabilité permanente.
Sep 27, 2010•1 hr 8 min
La Paramount fut le paradis d'Ernst Lubitsch. Avec sa manière extravagante et raffinée, le studio permit au roi de la comédie de tourner ses œuvres les plus virtuoses. Puissant et respecté, Lubitsch y fut cinéaste et producteur avant de passer, en 1939, à la MGM et à la 20th Century Fox. Pendant dix ans, la célèbre "touche" du maître s'épanouit dans ce studio de rêve. Avant qu'elle ne connaisse de nouvelles aventures au cours des années 1940, face à l'Histoire et dans de nouveaux studios.
Sep 20, 2010•1 hr 9 min
Cluny Brown (La Folle Ingénue, 1946) est le dernier film terminé par Lubitsch. Il se comparait alors à un danseur qui s'est cassé une jambe et découvre qu'il peut de nouveau danser. Alors, un testament, un post-scriptum ? Et s'il s'agissait plutôt d'une nouvelle chorégraphie, d'un tournant, en phase avec les bouleversements du monde – et du cinéma ?
Sep 13, 2010•1 hr 3 min
"Enfant, mes parents m'ont emmené voir La Strada au cinéma. Je devais avoir cinq ou six ans. J'en ai alors conçu une véritable aversion pour ce film : peur, angoisse, refus de voir le monde (forain) tel que le représentait Federico Fellini. Ayant grandi depuis, il est temps pour moi de revenir sur ce film, et sur cet épisode assez flou de ma cinéphilie en herbe, pour voir les choses avec davantage de sérénité. Cette rétrospective complète de l'œuvre de Fellini m'en donne enfin l'occasion." - Ser...
Nov 17, 2009•58 min
Montrer le cinéma en train de se faire, c'est la garantie d'une authenticité plus forte que le cinéma lui-même. Comme si le dispositif comptait tout autant que le résultat, qu'il fallait, non pas montrer le champ et le hors champ, mais l'image et la fabrique de l'image. Comme si le cinéma n'était qu'une illusion, et qu'en montrant le cinéma en train de se faire, on pouvait espérer devancer l'illusion... Dans un de ses rêves de 1980, Fellini avouait, face à la projection de l'image d'une femme : ...
Oct 29, 2009•1 hr 36 min
Federico Fellini, pendant toute sa carrière, a raconté des histoires pour contourner le thème de la maturité, ce temps où l'âge adulte devient une sorte de centre vide, une ligne de démarcation indéfinie et indéfinissable entre une jeunesse éternellement mélancolique, et une vieillesse sombrement nostalgique.
Oct 12, 2009•1 hr 1 min
Il y a toujours eu chez Godard, cinéaste réputé sérieux, une tentation burlesque. Mais le burlesque, dans ses films, est erratique et discret. Comme chez Tati, avec le même goût du gag visuel et des breaks rythmiques. Godard a aussi rêvé de s'inventer un corps burlesque, celui d'un clown qui jouerait à l'idiot. On circulera entre extraits de Tati et extraits de Godard sur la piste d'une légèreté perdue.
Apr 30, 2009•58 min
Où il sera question des scénarios écrits par Tati, mais non réalisés, de courts métrages dans les années 30 − jusqu'alors inconnus et découverts à l'occasion des recherches pour l'exposition de la Cinémathèque "Tati, deux temps trois mouvements" − à Confusion, son tout dernier projet au long cours, en passant par L'Illusionniste (que Sylvain Chomet est en train de réaliser en film d'animation).
Apr 23, 2009•1 hr 10 min
Tout enfant sait vite que le plus court chemin pour aller à l'école n'est pas forcément le plus instructif. Tati aussi. Alors, qu'apprend-on à faire des tours et détours ? Qu'est-ce qu'on risque ? Rien peut-être, sinon de trébucher (et de se rattraper en beauté), d'entrevoir d'autres horizons et de faire chemin faisant l'expérience de sa liberté.
Apr 16, 2009•1 hr 25 min
Tentative de cerner comment Danielle Darrieux incarne à la fois le dégagement d'un jeu façonné par le théâtre et l'invention d'une théâtralité propre, coupée du théâtre ; une théâtralité de cinéma, dans laquelle s'origine, à partir des années 60, une certaine veine du cinéma moderne.
Feb 19, 2009•52 min
C'est après-guerre que Danielle Darrieux entre dans la danse des films de Max Ophuls (La Ronde, Le Plaisir, Madame de...). Valse à trois temps où l'un et l'autre s'entendent à ravir et se réfléchissent. Un accomplissement, en somme. Comme après une longue attente qui trouve enfin, à l'inverse du tragique des films d'Ophuls, son heureux dénouement. D'elle, il ne voulait plus se passer et désirait même en faire sa Lola Montès ; de lui, elle a dit : "Max Ophuls m'a permis de découvrir le cinéma ou,...
Jan 22, 2009•1 hr 8 min
Mauvaise graine, La Crise est finie, Dédé, Mademoiselle Mozart, J'aime toutes les femmes... Autant dire Billy Wilder, Robert Siodmak, mais aussi René Guissart, Yvan Noé, Henri Decoin... Dans les premières années 30, la toute jeune Danielle Darrieux électrise un cinéma français chamboulé de ne plus être silencieux et prêt à quelques expériences. Un cinéma français ouvert aussi aux étrangers et en quête d'une nouvelle chair : une voix qui chanterait, un visage qui prendrait la lumière, un corps qu...
Jan 15, 2009•53 min
Il s'agira de mettre en évidence ce qui, dans le cinéma hollywoodien des années 1970, a pu critiquer l'esprit dit de la "contre-culture". Car si celle-ci a simplement réaffirmé, par d'autres voies, une certaine tradition consolante et conformiste du cinéma américain, les films qui s'y sont opposé l'ont, plus subtilement et plus radicalement, marqué et transformé en profondeur. Il n'y a de mélancolie que dans la réaction.
Dec 18, 2008•1 hr 1 min
Après la génération de l'Actor's Studio, puis les folles embardées d'un Cassavetes, les acteurs américains des années 70 marquent-ils une approche nouvelle du jeu cinématographique ? Faut-il voir dans l'avènement d'un Nicholson, d'un de Niro, d'un Hackman une liberté nouvelle du corps, une autre façon d'occuper le monde, ou un retour à un certain classicisme dramatique ?
Nov 20, 2008•43 min