Netflix : comment l'ancien vidéo-club s'est imposé à Hollywood - podcast episode cover

Netflix : comment l'ancien vidéo-club s'est imposé à Hollywood

Dec 16, 202522 minEp. 1677
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Summary

Cet épisode explore l'incroyable ascension de Netflix, d'une entreprise de location de DVD à un acteur incontournable d'Hollywood, capable de produire des contenus originaux et d'attirer de grands réalisateurs. Il détaille la proposition de rachat de Warner Bros. par Netflix, les enjeux d'un tel monopole pour l'industrie cinématographique traditionnelle, et la contre-offre de Paramount, tout en questionnant l'avenir des salles de cinéma face à l'écran du salon.

Episode description

Les enchères montent. Alors que le géant du streaming, Netflix, pensait s’emparer de Warner Bros, son concurrent : Paramount a fait une contre proposition plus alléchante. 


Netflix, s’il raffle la mise, détiendrait alors des studios Warner, la chaîne HBO et des actifs streaming de Warner Bros Discovery. Une acquisition qui inquiète le monde du cinéma. James Cameron, réalisateur de Titanic ou Avatar, qualifie même cette opération de désastre. 


Créé en 1997, Netflix a su se hisser au plus haut sommet d’Hollywood. Comment l’entreprise est-elle passée de vidéo-club à acteur incontournable ? Éléments de réponses avec Loïc Pialat, correspondant pour le Parisien et Radio France basé à Los Angeles.


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Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Anaïs Godard, Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : CNN.

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Transcript

Intro / Opening

Hannah Berner, are those the cozy Tommy John pajamas you're buying? Paige DeSorbo, they are Tommy John. And yes, I'm stocking up because they make the best holiday gifts. So generous. Well, I'm a generous girly, especially when it comes to me. So I'm grabbing the softest sleepwear, comfiest underwear, and best fitting loungewear. So nothing for your bestie. Of course I'm getting my dad, Tom John. Oh, and you, of course.

It's giving holiday gifting made easy. Exactly. Cozy, comfy, everyone's happy. Gift everyone on your list, including yourself, with Tommy John and get 25% off your first order right now at TommyJohn.com slash comfort. Bonjour, c'est Thibaut Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.

Netflix : L'acquisition de Warner et la peur d'Hollywood

Cet impossible rachat qui agite Hollywood depuis qu'il a été annoncé le vendredi 5 décembre. Netflix, le géant du streaming aux 300 millions d'abonnés dans le monde, est prêt à mettre la main sur les studios Warner Bros et ses filiales pour un montant estimé à 82 milliards de dollars.

Si l'accord de vente aboutit, ce qui n'est pas certain à ce stade, la plateforme de streaming s'offrirait un géant du cinéma avec un catalogue rempli de séries et de films cultes comme les sagas Matrix et Harry Potter ou encore Friends et Game of Thrones. Alors comment Netflix a-t-elle réussi en moins de 15 ans son hold-up sur l'industrie du cinéma ?

Quels sont les obstacles qui s'opposent encore à elle pour cette vente ? On fait le point aujourd'hui dans Code Source avec Loïc Piala. Il est notamment le correspondant de Radio France à Los Angeles. Loïc Piala, le vendredi 25 avril 2025, à New York, le prestigieux magazine Time organise une grande conférence avec des personnalités classées parmi les 100 plus influentes de la planète à la fin de la journée.

Ted Sarandos, le co-PDG de Netflix, monte sur scène pour un échange avec un journaliste, un journaliste qui n'y va pas par quatre chemins avec lui. Alors les deux hommes sont assis face à face sur scène, séparés par une petite table et deux verres d'eau. Et le journaliste salue Tetzar en dos. Et puis il commence par un point sur la situation de l'industrie du divertissement. Il évoque les résultats décevants du box-office, les difficultés en général du monde du cinéma.

Il fait le parallèle avec Netflix qui va très bien et continue à gagner des parts de marché sur la concurrence. Alors, il pose cette question. Avez-vous détruit Hollywood ? Sans hésiter, Ted Sarandos répond « Non, nous sauvons Hollywood ». Il insiste sur le fait que Netflix se concentre avant tout sur le consommateur, c'est-à-dire qu'il lui livre des programmes tels qu'il veut les regarder. Il reprend justement l'exemple du box-office en berne.

Et pour lui, le message du consommateur, c'est qu'il veut voir les films chez lui et que le modèle économique des films en salle est, c'est ce que dit Ted Sarandos, dépassé. Par ailleurs, vous, vous avez déjà croisé lors d'événements ou sur des tapis rouges Ted Sarandos. Il fait quelle impression ? Il est souriant, il est d'apparence moins dure que certaines autres personnalités d'Hollywood. Il était, il y a encore quelques semaines, au festival TAF.

du film français à Los Angeles pour présenter un film qui s'appelle Nouvelle vague sur le tournage à bout de souffle de Jean-Luc Godard il a parlé à la foule encore une fois en dégageant cette impression sympathique qui va à l'encontre quand même de sa réputation en termes de négociateur. Apparemment, c'est quelqu'un de très difficile avec qui négocier, un tueur presque. Loïc Piala, l'industrie du cinéma aux Etats-Unis, a changé de regard au fil des années sur Netflix.

À ce moment-là, au moment de cette conférence au printemps 2025, c'est une firme qui lui fait sincèrement peur ? Oui, un peur, c'est le mot, parce que Netflix remet en cause le modèle de la salle, qui est aussi vieux qu'Hollywood lui-même, finalement, et que Netflix...

a le pouvoir, la force de frappe, justement, pour soutenir cette vision. Derrière cette peur, il y a aussi une forme de rancœur, peut-être un peu de mépris, mais on est loin de l'époque où Netflix avait été comparé à l'armée albanaise, en gros, qui n'avait pas grand-chose à craindre. de ce nouvel arrivant. Ce n'est vraiment plus le cas aujourd'hui.

L'Évolution de Netflix : du DVD au Contenu Original

Vous allez nous raconter dans cet épisode de Codesources comment Netflix est parvenu à s'imposer comme un géant en passe de conquérir Hollywood. Logi Piala, au tout départ, Netflix, c'est une toute petite société créée le 29 août 1980. 1997 en Californie, quelle est son activité ?

D'abord, il faut signaler que Netflix naît en Californie, oui, mais ne naît pas à Hollywood. Netflix naît dans la Silicon Valley, c'est-à-dire qu'elle est liée au monde de la tech. Et ça, c'est important parce que Netflix commence en fait par louer des DVD à distance qui ne se fait pas.

pas à l'époque, donc plus besoin d'aller dans les vidéoclubs, c'est Netflix qui vous envoie le DVD que vous avez commandé sur internet. Et petit à petit, le modèle de l'entreprise évolue, qu'est-ce que ça devient ensuite ? Très tôt, Amazon propose de racheter Netflix. Reed Hastings, son cofondateur, s'y oppose. Au départ, Netflix loue les DVD à l'unité puis met en place un système d'abonnement, ce qui est moins contraignant pour le consommateur et son succès, dit-on, contribue.

au crépuscule des vidéoclubs. Netflix entre en bourse en 2002, travaille sur un algorithme capable de comprendre les goûts de ses abonnés. En 2007, la firme se lance dans le streaming, la diffusion de films en ligne. C'est très nouveau à l'époque. Si au départ, son catalogue est réduit par rapport à sa collection de DVD physique.

Au début des années 2010, Netflix a la volonté de produire et distribuer ses propres programmes. Le premier fait son entrée dans le catalogue en février 2013. Il s'appelle House of Cards. Que raconte cette série ? C'est un remake d'une série britannique centrée sur les jeux de pouvoir à Washington ou comment un ambitieux député démocrate de Caroline du Sud, frustré de ne pas avoir été retenu dans le cabinet du président américain, décide de prendre le pouvoir avec des méthodes.

cynique, voire carrément criminel, l'histoire d'un outsider qui arrive au sommet de la vie politique dans la capitale. Et qui réalise et produit les premiers épisodes ? David Fincher, le réalisateur de Seven, The Fight Club, du Social Network, l'un des plus grands cinéastes d'Hollywood, tout simplement. Donc c'est un très beaucoup pour Netflix, d'autant que la série a dans son casting Kevin Spacey et l'actrice Robin Wright.

Netflix s'installe dans de plus en plus de pays, notamment en France, et il gagne en abonnés. Qu'est-ce qui séduit les spectateurs qui s'abonnent à la plateforme ? En anglais, on dit « convenience », c'est-à-dire que c'est plus simple, c'est plus pratique. On n'a plus à attendre une semaine, par exemple, pour voir l'épisode suivant d'une série qu'on aime. On peut regarder les 10 ou 13 épisodes en un seul week-end, si on veut la binger. C'est là que le terme apparaît.

L'algorithme est redoutable d'efficacité, les recommandations font souvent mouche, les recommandations de films qui correspondraient à vos goûts, et puis certaines séries sont remarquables par leur qualité, House of Cards, Orange is the New Black notamment. Sous-titrage Société Radio-Canada

La Quête de Prestige et les Oscars

Le film est encensé par la critique, mais il n'est pas nommé aux Oscars. Pour quelle raison ? Alors, il y a bien une sortie en salle aux Etats-Unis, mais elle est très réduite. 50 000 dollars de gagnés seulement au box-office parce que Netflix ne veut pas forcément faire plus et parce que des chaînes de cinéma boycottent le film.

film aussi, indépendamment de ses qualités. Mais il y a une espèce de tension, de conflit avec Netflix par rapport à sa politique avec les salles. Et puis aussi, on est dans l'année de la campagne Oscar So White. Cette année-là, aux Oscars. Tous les nominés, quasiment, sont blancs. Il y a une campagne qui dénonce le manque de diversité de ces Oscars. Et Beasts of No Nation, justement, est un film qui parle des enfants soldats en Afrique. Idris Elba joue un général, un soldat qui...

commande ses enfants soldats, il est nommé et récompensé dans d'autres cérémonies, mais pas aux Oscars. À partir de là, Netflix se met à produire des films maison, à la chaîne. Quelle est sa stratégie ? Le contenu, il faut que l'abonné...

et du choix où il ira voir ailleurs. Et les studios traditionnels, avec leur siècle d'histoire, ont un catalogue beaucoup plus vaste. Donc Netflix cherche à les rattraper en produisant à la chaîne de façon quasi industrielle, sans forcément prêter une attention. forte sur la qualité du film lui-même. Quelques années plus tard, le 21 novembre 2018, Roma sort sur la plateforme. Il est signé Alfonso Cuaron, le réalisateur de Gravity ou encore d'Harry Potter 3.

Ce n'est pas un blockbuster avec de l'action et des gros effets spéciaux. Et pourtant, Netflix y a mis de très gros moyens. Alors le budget du film en soit reste modeste, 15 millions de dollars, mais ce qui est frappant c'est que...

Peu de studios auraient dépensé autant d'argent pour un long métrage en noir et blanc, en espagnol, centré sur une femme de ménage dans le Mexique des années 70. C'est le signe que, même si Netflix produit de façon industrielle, le studio est aussi capable de produire des films comme Oroma.

des films de prestige mais au-delà du film lui-même ce qui est frappant avec Roma c'est le budget que Netflix consacre à la promotion du film on parle de 60 à 70 millions de dollars c'est gigantesque ça veut dire de l'affichage, de la publicité à la télévision, faire en sorte que le film soit très visible, tout simplement pour faire, comme on dit ici, campagne pour la saison des récompenses, avec l'espoir que le film soit vu par assez de votants.

pour les Oscars notamment, parce que l'Oscar du meilleur film, ça reste l'objectif ultime de Netflix. Et avec Roma, Netflix pense tenir un candidat sérieux. Et justement le film rafle beaucoup de récompenses dont le prestigieux Lion d'or à la Mostra de Venise. Sa sortie dans une poignée de salles aux Etats-Unis lui permet de concourir pour les Oscars où il est nommé dans 7 catégories. La cérémonie a lieu le 24 février 2019 au Dolby Theater de Los Angeles. Qu'est-ce que ça donne finalement ?

Pas d'Oscar, du meilleur film, mais Romain repart avec trois statuettes pour le meilleur film étranger, le meilleur réalisateur, Alfonso Cuaron, et la meilleure photographie. Ce n'est vraiment pas si mal pour un film, encore une fois, en noir et blanc, long, sur une histoire très loin. Toujours en 2019, Netflix s'associe à un grand cinéaste en produisant The Irishman de Martin Scorsese. Le film de 3h30 sort encore une fois directement sur la plateforme.

Qu'est-ce qui séduit des réalisateurs puissants et renommés comme lui à s'allier à Netflix plutôt que de continuer à faire des films qui sortiront en salles dans le monde entier ? C'est vrai que dans le cas de Martin Scorsese, ça peut surprendre parce que c'est un amoureux notoire de la salle. Il finance la restauration de vieux films. Mais les réalisateurs veulent aussi que leur film, avant d'être vu, soit fait.

Et il a trouvé avec Netflix un partenaire pour que The Irishman existe. 3h30, un budget estimé à au moins 150 millions de dollars à cause de la technologie. Il y a un effet spécial appelé The Aging pour que des acteurs du film paraissent plus jeunes au début.

du film, jamais un studio n'aurait donné autant d'argent à Martin Scorsese, réalisateur génial, certes, mais qui n'a pas non plus cumulé les énormes succès au box-office. Et c'est un peu la même chose avec David Fincher, qui peut financer manque un film. noir et blanc sur les coulisses d'Hollywood. C'est libérateur. pour beaucoup de réalisateurs, quitte effectivement à accepter l'idée que le film ne soit pas vu en salle par le plus grand nombre, mais dans le salon des spectateurs.

Niro est un succès. Difficile à dire parce qu'en salle, ça n'a pas été le cas. The Irishman est sorti vraiment sur un nombre très réduit d'écrans aux Etats-Unis. Sur la plateforme, oui, ça a été un succès. Si l'on en croit Netflix, qui ne communique pas tout... les chiffres qu'elle a à sa disposition et en ce qui concerne les récompenses, aux Oscars c'est une grande déception. Le film est nommé 9 fois et ne gagne aucune statuette.

Pandémie, Qualité des Films et Changement de Stratégie

En 2020, pendant la pandémie de Covid-19, les salles de cinéma ferment pendant des mois dans le monde entier. Que se passe-t-il au même moment pour Netflix ? Netflix, comme d'autres entreprises de la tech, bénéficie de la pandémie. Son action explose en bourse. Le nombre d'abonnés augmente de 26 millions dans le monde durant le premier semestre 2020. Et puis l'action en bourse à Wall Street explose pour Netflix.

En décembre 2021, vers la fin de la crise Covid, Netflix sort sur sa plateforme un nouveau film maison, Don't Look Up. qui raconte comment l'humanité se mûre dans le déni alors qu'une météorite va détruire la planète. On devine le parallèle qui est fait avec ce qui nie l'urgence climatique.

Ce film, c'est un grand succès ? Oui, Don't Look Up avec un casting spectaculaire. Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Cate Blanchet, Timothée Chalamet. Un film qui parle du déni face à la fin du monde. Nous avons découvert une très grosse comète. Bravo. Qui se dirige droit sur la Terre. Cette comète, c'est ce qu'on appelle une tueuse de planètes. Pour l'instant, je propose qu'on patiente et qu'on avise. Qu'on patiente ?

Et qu'on avise. On patiente. Et ensuite, on avise. Il y a une première phase où on patiente et ensuite on digère. Ça, c'est la phase où on avise. C'est un succès si l'on en croit Netflix. C'est même le deuxième film le plus vu à ce moment-là sur la plateforme. En revanche, les critiques n'apprécient pas beaucoup Don't Look Up. C'est une déception sur ce plan-là.

Mais vous l'avez dit, c'est un succès d'audience, au point que le film est cité en référence pour parler des climato-sceptiques par exemple. Mais au regard de tous les films que produit Netflix, on dirait que très peu d'entre eux parviennent à marquer les esprits, c'est juste.

C'est même très juste, on a par exemple peu de suites qui sont réalisées sur les films Netflix, ils n'entrent pas finalement dans les conversations. Alors c'est le cas pour les séries de Netflix, House of Cards, Stranger Things notamment, mais c'est vrai qu'on vous...

parle rarement d'un film qu'on aurait vu sur Netflix et qui devient une sorte de phénomène. Et pourquoi ça ? Alors, une des explications possibles, c'est qu'on reproche parfois aux films de Netflix d'être... sous-produit, parfois sous-écrit, de ne pas être suffisamment cadré pendant la préparation et le tournage.

Quand on regarde beaucoup de films sur Netflix, il peut vous arriver après une heure peut-être de vous détacher un peu de l'histoire. L'autre question aussi, c'est le rapport à son écran de télévision. Est-ce qu'on est aussi investi quand on regarde le film qui dure plus longtemps qu'une série ? sur un écran de télévision plutôt qu'au cinéma quand on n'a pas une expérience collective. Autour de 2022 et 2023, la firme décide justement de revoir sa stratégie. Oui, et justement, la firme...

commence à privilégier la qualité à la quantité, parce que ça fait plusieurs années qu'elle produit jusqu'à 50 films par an. Elle décide de réduire... sa production avec l'envie de faire justement plus de films marquants ou qui vont rester dans les mémoires. Il y a notamment The Killer de David Fincher, encore lui, ou encore Mad December qui est un film nommé aux Oscars quelques mois plus tard.

Loïc Piela, à la même période, comment se portent les firmes qui dominent Hollywood depuis plus d'un siècle, comme Warner, Paramount ou encore Disney ? Tous ces studios ne sont pas au mieux. Ils ont du mal à se remettre du Covid, du changement d'habitude des spectateurs.

qui commencent à regarder plus de films chez eux et vont moins en salle. La fréquentation peine à revenir au niveau d'avant la pandémie. Et puis il y a cette guerre du streaming qui continue. Tous ces studios doivent eux aussi être présents sur ce front. pour concurrencer Netflix, mais aussi Amazon, qui a lancé sa plateforme. Apple également, des entreprises de la tech. Donc, ces grands studios, avec leurs énormes structures, doivent s'adapter. C'est un moment difficile. leur histoire.

La Bataille pour Warner Bros. et les Enjeux de Monopole

On en vient à l'actualité la plus récente, cette année, au mois de septembre, le groupe Warner Bros Discovery, qui regroupe... des studios de cinéma mais aussi des chaînes de télé américaines dont HBO et sa plateforme HBO Max lancent un appel d'offres pour être racheté par l'un de ses concurrents et le 5 décembre, Netflix annonce entrer en discussion exclue Netflix ?

prévoit de racheter Warner pour 72 milliards de dollars et prendre aussi à sa charge 10 milliards de dollars de dettes du groupe. Dans Warner, il y a les studios, évidemment. le catalogue surtout avec 100 ans d'histoire du studio des films qui vont de Casablanca à des franchises comme Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux ou Batman plus des titres majeurs de l'histoire

histoire de la télévision, Friends par exemple, les séries aussi de HBO comme Game of Thrones. Donc ça donne à Netflix un catalogue... extraordinaires à ajouter aux siens, ce qui permet soit d'attirer de nouveaux abonnés, soit de garder ceux qui sont déjà présents. Ils sont très nombreux et donc avoir accès à un immense catalogue, c'est vraiment le cœur

de ce deal pour Netflix. Très vite, on entend le syndicat des exploitants de salles qui n'est pas du tout enchanté par cette... fusion annoncée, la Directors Guild of America, le syndicat des réalisateurs, présidé actuellement par Christopher Nolan, le réalisateur de Batman Begins et de Oppenheimer, n'a pas l'air non plus très emballé par l'idée, même s'il a

On invite plus à se poser des questions qu'à dénoncer directement cette fusion. On avait entendu aussi quelques jours avant la fusion, James Cameron, le réalisateur de Titanic, d'Avatar, être particulièrement véhément rappelé.

que Ted Sarandos avait dit que le modèle de la salle était dépassé. Pour lui, c'était très inquiétant. Et là où c'est important de mentionner James Cameron, c'est qu'il n'a rien à craindre, lui. Il sait que ses films ont tous énormément de succès, qu'il a une porte ouverte.

dans tous les studios, mais ce n'est pas le cas de tout le monde et notamment de ces producteurs qui ont écrit au Congrès américain pour signaler leurs doutes, leurs inquiétudes, leur scepticisme avec une fusion entre Netflix et Warner et qui n'ont pas signé cette lettre par peur des représentants. Netflix s'empresse d'annoncer la nouvelle à ses abonnés par mail dans le monde entier.

Et pourtant, il n'est pas certain que la plateforme, à ce moment-là, va bel et bien racheter le groupe Warner. Expliquez-nous pourquoi. Alors, il y a deux enjeux. Et le premier, c'est le risque de monopole. Netflix, c'est 300 millions d'abonnés. Warner, à travers la plateforme. HBO Max, c'est 120 millions. Est-ce qu'il n'y a pas un risque de voir une position trop dominante de ce nouveau géant par rapport à la concurrence Disney+, Hulu, Apple TV+, ou Amazon Prime ?

Mais ça, c'est aux autorités de décider à quel point cette fusion va peser sur le marché. Et ça va prendre des mois. Quel est le deuxième enjeu ? Le deuxième enjeu, c'est Paramount. Paramount, c'est un studio historique d'Hollywood qui était candidat également au rachat de Warner. Warner qui a préféré l'offre de Netflix et ça a mis en rage le propriétaire.

de Paramount, David Ellison, le fils de Larry Ellison, l'un des hommes les plus riches du monde, qui vient du monde de la tech, et donc David Ellison annonce très rapidement qu'il va lancer une OPA. C'est-à-dire qu'il va tenter, plutôt que de convaincre les dirigeants du groupe, de convaincre les actionnaires en proposant encore plus d'argent. que Netflix, en proposant de ne pas racheter seulement les studios de cinéma HBO Max, mais aussi les chaînes câblées qui font partie du groupe.

Et David Ellison a plusieurs atouts dans sa manche. D'abord, la fortune immense de sa famille. Ensuite, des liens très forts avec la Maison Blanche. Larry Ellison est un ami personnel de Donald Trump. Parmi les investisseurs de Paramount pour le rachat de... On trouve Jared Kushner, qui n'est autre que le gendre du président américain.

Et donc à Hollywood, on pense que David Ellison peut jouer de son influence auprès de la Maison Blanche pour que les autorités ne valident pas, n'approuvent pas la fusion entre Netflix et la Warner.

Netflix, Hollywood et l'Avenir du Cinéma

Loïc Piala, projetons-nous un peu dans le temps, si jamais ce rachat de la Warner par Netflix se concrétise, que représenterait la plateforme à Hollywood ? Netflix deviendra un Titan plus puissant encore qu'il ne l'est déjà, un Titan à la hauteur de Disney, l'autre géant depuis sa fusion avec les studios Fox il y a quelques années. Ce serait l'alliance entre le monde de la tech.

et le Hollywood à l'ancienne, avec cette question centrale de l'avenir de la salle. Tetsar Andos, le patron de Netflix, assure qu'il maintiendra les sorties des films Warner en salle, mais sous quelle forme ? Est-ce que les films resteront en salle ? 3 semaines au lieu de 6 ? Est-ce qu'ils sortiront sur 1000 écrans au lieu de 3000 ? Donc il y a beaucoup de questions et des questions existentielles sur ce que peut devenir Hollywood, passer d'un modèle de la salle de cinéma à l'écran du salon.

aussi un aboutissement incroyable pour une entreprise qui, il y a encore moins de 15 ans, était une simple plateforme de streaming, parfois moquée à Hollywood, et qui va peut-être devenir le numéro 1 ou le numéro 2 de l'industrie. Merci à Loïc Piala. Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou et Anaïs Godard. Réalisation Julien Moncouquiole.

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